ÉPONGES CALCAIRES. — CL AT HR INK
nombreux. Lorsqu’elle est mûre, elle se pousse, pour ainsi dire, vers l’épithélium gastral et forme un pore, en écartant les cellules à collerettes.
Les porocytes ont reçu des interprétations très diverses dans la littérature. La plupart des auteurs ne les ont vus que dans l’état contracté, c’est-à-dire en forme de cellules très compactes et granuleuses. Ainsi Ilæckel paraît les avoir confondus avec les masses spermatiques; Kent les considérait comme « masses sporulaires » ; Metschnikoff les appelait cellules granuleuses (« Kôrnerzellen ») mésodermiques, et croyait que les spiculés triradiés prenaient leur origine dans ces cellules, ce qui est une erreur d’interprétation ; Dendy croyait qu’il avait affaire à des algues symbiotiques ; Lendenfeld les a considérées tantôt comme algues symbiotiques, tantôt comme cellules mères des choanocytes ; moi, je les confondais d’abord dans l’état contracté avec les amibocytes; Topsent, en corrigeant cette erreur, appelait ces éléments « cellules sphéruleuses du mésoderme » et leur attribuait le rôle de réserves nutritives, ce qui est peutêtre vrai; Bidder, enfin, le premier, qui les a reconnus dans l’état contracté comme porocytes, croyait les avoir vus naître par modification de choanocytes, et avoir constaté chez elles une fonction d’excrétion.
Nous avons vu que les organes spéciaux de fonction contractile, tels que le sphincter ou membrane cribriforme, sont composés de porocytes, un fait qui prouve une contractilité très accentuée dans ces cellules. Dans les espèces caractérisées par des spiculés à quatre rayons, c’est encore un porocyte qui sécrète le quatrième rayon ou « rayon gastral » et le soude au système basal triradié, formé par avance comme d’ordinaire (voy. plus bas) ; les spiculés quadriradiés sont en effet des corps composés, d’origine double.
3° Scléroblastes. — Chaque spiculé triradiée doit son origine à trois cellules mères, qui proviennent directement de l’épithélium par immigration. Chacune de ces trois
cellules a à sa charge, pour ainsi dire, un rayon du spiculé, on peut donc les appeler les actinoblastes.
Les trois actinoblastes se rapprochent et se touchent, de manière à former une figure de trèfle (fig. 49, a). Puis chaque actinoblaste se divise en deux cellules formatives, disposées de manière que l’une, la cellule formative externe, se place vers la surface dermale, et l’autre, la
Fig. -il).
Formation des spiculés, x 1000.
slade des trois actinoblaslcs ou trio ; — b, stade de scxtette avec le petit spiculé. — c, stade après la disparition des cellules formatives apicales. (Voir aussi ligure 43 j. sp. et set.)
cellule formative interne, vers la surface gastrale de la paroi. Il en résulte deux trèfles superposés.
Les rayons du spiculé apparaissent avant que la division des cellules soit complète, un rayon entre chaque paire de noyaux (fig. 49, b).
Lorsque la longueur des rayons dépasse le diamètre des cellules formatives, la cellule interne se trouve comme empalée sur la pointe du rayon, et prend une forme irrégulière, tandis que la cellule formative externe reste à la base du rayon et se présente comme une cellule fusiforme (iig. 43, j. sp.).
Après que le rayon a atteint une certaine longueur — c’est un point très variable du développement — la cellule
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apicale disparait; on ne sait où, mais, probablement, elle se fond dans l'épithélium dermal. A partir de ce moment, la cellule basale complète le rayon toute seule ; après avoir sécrété le rayon à sa base et lui avoir donné son
épaisseur définitive (fïg. 49, c), elle se déplace lentement vers l'extrémité où elle se trouve dans le spiculé parfait (fig. 43 , sel.). Pendant cette migration, elle construit le rayon et lui donne son épaisseur et longueur définitive.
Les scléroblastes ou cellules formatives sont au commencement très granuleuses, comme les cellules de l’épithélium dermal. Pendant le développement du spiculé, les scléroblastes perdent peu à peu leurs granules et leurs noyaux diminuent de taille. Le scléroblaste sur le spiculé complet est très clair et ne contient que des granulations très fines ; il dérive, en résumé, de la cellule formative basale, qui n'est que la cellule formative externe, une des deux cellules filles de l’actinoblaste primitif, provenant de l’épithélium dermal.
Les spiculés sont composés de calcite et chaque spiculé réagit optiquement comme un simple individu cristallin. Ils sont enveloppés dans une gaine organique sans structure , dont la substance parait être identique au mastic gélatineux de la paroi ; on les voit très clairement après décalcification. On a beaucoup discuté si le spiculé contient un filament organique axial ou non ; Ebner nie son existence, affirmée parllæckel et Sollas, et on peut le démontrer très nettement par la coloration avec la nigrosine et l’acide picrique1.
1 Pour la structure et les caractères physiques des spiculés calcaires, voy. Ebner, Ueber den feineren Bau , etc., Sitzber. d. k. Akad. d. Wiss. Wien (Vienne), 1 Ablh. XCV (1887), p. 55-140. pl. I-1V, et ses références bibliographiques ; llidder, The Skeleton, etc. , of calcaveous sponges, Proc. Roy. Soc. 61 (1898), p. 61-78.