G L AT H RI N E
encore ; comme type, nous prendrons l'espèce voisine,
Clathrina blanca , MM., dont l'on trouve abondamment
les larves à Banvuls au mois de mai.
L’œuf se segmente régulièrement et la larva sort au stade blastula. Elle est de forme ovale, avec une grande cavité dont la paroi est composée d'une simple couche d'épithélium cylindrique flagellée, sauf au pôle postérieur, où l’on trouve deux grandes cellules granuleuses, de forme arrondie. Ces derniers ne sont probablement que des blastomères de l’œuf, restés dans un état non différencié.
Pendant la vie larvaire libre, qui dure dans cette espèce à peu près vingt-quatre heures, une masse interne de cellules se forme par immigration des cellules flagellées (fig. 51, a). On voit partout dans la paroi de la cavité des cellules vibratiles qui éprouvent les modifications suivantes; le flagellum se rétracte ; le noyau devient plus grand et de forme arrondie, et sa structure intime change ; enfin la cellule devient amiboïde et se déplace vers la cavité interne (fig. 51, ô, d (1) — d (5).
A la fin de la vie larvaire, la cavité est remplie de cellules différenciées de cette manière.
La larve prête à se fixer est composée des couches suivantes1 :
1° La couche vibratile de cellules restées dans leur état primitif, la future couche gastrale ;
2° La masse interne de cellules immigrées, la future couche dermale ;
3° Les deux grandes cellules granuleuses postérieures, mères des amibocvtes de l’adulte.
La larve se fixe par le pôle antérieur et perd complète-
ZOOLOGIE DESCRI P T IV E
ment sa forme, en devenant une petite plaque solide et très aplatie, rappelant l’apparence d’une amibe. Le bord est très mince et, pendant la métamorphose, émet souvent des pseudopodies.
Après la fixation les couches de la larve changent complètement de position. La couche ciliée passe à l’intérieur, tandis que les cellules de la masse interne de la larve
ep.cL.
aiTt.c.
Fig. 52.
Coupe d’un embryon à la fin de la métamorphose, X 1000. am.c ., amœbocvtcs. — />.c., porocvtes.
émigrent à l’extérieur pour devenir l’épithélium dermai (fig. 5:2, c. g ., ep. d.). Quelques-unes seulement des cellules dermales restent à l’intérieur; ce sont les premiers porocvtes.
En même temps les deux cellules granuleuses postérieures se multiplient pour former une grande quantité de cellules minuscules, d’aspect bizarre, qui se répandent dans tout le corps (fig. 52, am. c.), quelquefois même avant la lixation de la larve.
L’embryon à la tin de la métamorphose (quelques heures après la fixation) est composée :
1° D’un épithélium aplati externe (ep. d.) ;
ÉPONGES CALCAIRES. — CLATHRINE 143
D’une masse compacte interne de cellules gastrales (c. g.), au centre desquelles on trouve ;
3° Les porocytes (p. c.), tandis que partout dans l’embrvon ;
4° Se trouvent les petites amibocytes (am. c.).
Pendant les quatre jours suivants l’histogenèse se fait exactement comme chez l’adulte. Les spiculés sont sécrétées par les scléroblastes, filles des actinoblastes qui immigrent de l’épithélium dermal.
Dans le centre les cellules. s’écartent pour former une cavité, entourée d’abord par les porocytes, mais plus tard par l’épithélium gastral, dont les cellules se disposent à la fin en une simple couche et prennent leur forme définitive, tandis que les porocytes émigrent vers l'extérieur, pour former les pores.
La cavité se forme, en effet, tout à fait comme chez l’adulte dans les échantillons contractés qui s’épanouissent, et pour arriver à comprendre le stade compact qui résulte de la métamorphose, il faut le comparer à un échantillon adulte contracté.
L’oscule se forme au cinquième jour et la jeune éponge commence à se nourrir et à croître.
Chez les autres espèces on observe une série de modifications é- 1 progressives dans les larves, qui nous conduisent d’une larve ]e I p arenchy niella, telle que nous venons de décrire, jusqu’à une i amphiblaslula, type bien connu chez les Sycones. Clathrina
coriacea ne paraît avoir qu’une seule cellule granuleuse postérieure ; Cl. contorla en a quatre, comme aussi Ascandra falcata. Chez Cl. cerebrum et Cl. réticulum les cellules granuleuses postérieures manquent complètement, mais la cavité de la larve contient une masse de petits amibocytes ; chez ces deux espèces en effet les cellules granuleuses postérieures
se sont multipliées avant le stade larvaire comme elles le font chez blanca après, ou même pendant ce stade. Chez cerebrum l’immigration des cellules flagellées pour fournir la couche dermale, se fait à n’importe quel point de la larve ; mais chez réticulum, l’immigration se fait seulement au pôle postérieur. .
D’une larve comme celle de réticulum, avec les amibocytes placés à l’intérieur, et avec immigration au pôle postérieur, la transition aux amphiblastules est très simple. On n’a qu’à imaginer que chez une larve ainsi caractérisée la cavité interne devient très petite, et se remplit complètement à l’aide des amibocytes.
Alors les cellules flagellées qui, se modifient au pôle postérieur doivent rester en place, puisqu’elles ne peuvent entrer dans la cavité qui, par hypothèse , n’existe plus. Il en résulte une masse postérieure de futures cellules dermales sans cils, homologue à la masse interne d’une larve parenchymelle. Une larve de cette forme se trouve en effet chez le genre Leucosolenia et chez la plupart des Heterocæla.
Dans l’amphiblastule de Leucosolenia on trouve au pôle antérieur des cellules flagellées, homologues à celles de la parenchymelle de Clathrina ; au pôle postérieur des cellules arrondies sans cils, homologues à la masse interne de Clathrina , et formées de même manière par modifications des cellules flagellées ; entre les deux une zone de cellules flagellées intermédiaires en train de se modifier, et enfin, au centre, les cellules granuleuses qui représentent les amibocytes.
Il résulte de tout ça que les cellules non ciliées au pôle postérieur de l’amphiblastule n’ont rien à faire avec les cellules granuleuses postérieures de la parenchymelle, quand il s’en trouve l.
1 L'embryogénie des Ascones est aussi embrouillée dans la littérature que l’histologie. L’auteur a décrit récemment le développement de Leucosolenia [Proc. lioy. Soc., vol. LX, 1895, p. 42), mais sans reconnaître la vraie signification des cellules centrales (amibocytes). La larve de la Clathrine blanche a été vue, mais mal interprétée, par Metschnikolf (Sponyioloyiscbe Studien , III, cité plus haut). Il confondait les cellules granuleuses postérieures avec les
SCHEMA DES TYPES LARVAIRES DES ASCONES