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entourée d’une lèvre épaisse, renferme cinq dents visibles au dehors. L’œsophage est entouré d’un puissant appareil masticateur 1 (lanterne d’Aristote, fig. 116 et 119), formé de cinq pièces interradiales, tétraédriques (pyramides), por-
miLScle. transversal- des compas
Fig. 119.
Appareil masticateur et anneau pérignathique, montrant les différents muscles.
tant chacune une dent revêtue d’émail très dur. Les cinq pyramides sont réunies en une seule masse par des muscles insérés sur leurs faces latérales et par cinq pièces solides intercalées entre elles comme des coins (rotules) ;
1 Voir pour la structure intime Giesbreeht, Ber feinere Bau der Seeigelzâhne , Morph. Jahrbuch, Bd 6, 1880, p. 79. Pour la morphologie des pièces : Lovén, Echinologica , Bih. T i 1 1 . K. Svenska Vet..- Akad. Ilandlingar, Bd 18, 1892.
au-dessous des rotules se trouvent les compas ou pièces en Y, sur lesquels s’insèrent des muscles transverses et obliques. Tout autour de l’appareil masticateur, à la face interne du test, les plaques ambulacraires et interambulacraires forment une saillie prononcée ( anneau périgna-
j) debicL de. la- i'f' courbures
organe- gcnùevb P'ig. 120.
Tube digestif vu par la face aborale.
(Le calice et les radias ont été indiqués schématiquement ; pour simplifier la figure l’organe génital AR a été seul représenté.)
thique ), sur laquelle s’insèrent de nombreux muscles destinés à faire manœuvrer en tous sens les pyramides. Les pièces ambulacraires portent de fortes éminences (i apophyses myopliores ou auricules) qui se rejoignent en formant une sorte d’arche sous laquelle passent les organes radiaux.
Au sortir de l’appareil masticateur, l’œsophage descend
ECU INI DES .
verticalement, puis se porte vers l’iuterradius CD (fîg. 120) ; l’intestin décrit alors, appliqué contre le test par ses mésentères, un cercle presque complet, dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre (première courbure); arrivé en CD, il se recourbe et refait un second tour en sens inverse (deuxième courbure) ; enfin dans l’interradius DE, le rectum descend vers l’anus, appliqué contre la glande génitale de cet interradius.
L’intestin est pourvu d’un siphon intestinal , tube creux débouchant à ses deux extrémités dans le tube digestif, une première fois au début de la première courbure, une seconde fois à la fin de cette première courbure ; il est tapissé d’un épithélium cylindrique très vibratile. La digestion et l’absorption se font dans la première courbure, entre les deux orifices du siphon ; celui-ci transporte l’eau avalée avec les aliments dans la seconde courbure, de sorte qu’elle ne passe pas dans la région active de l’intestin. Les résidus de la digestion s’accumulent dans la seconde courbure et le rectum.
L’Oursin gratte avec ses dents la surface du fond sur lequel il vit, et avale indistinctement les petits animaux incrustants, les algues fixées et des grains de sable.
Préparation anatomique. — L'Oursin reposant sur la région équatoriale de l’interradius CD, faire une fenêtre dans le test, au niveau du radius A, sans laisser écouler le liquide cœlomique ; avec un peu de précaution, on peut décoller les anses qui passent dans le radius A ; le tube digestif flottant dans le liquide, on peut se rendre compte très facilement de son trajet et surtout des rapports de l’œsophage et du rectum.
Histologie. — Le tube digestif est constitué par un très haut épithélium cilié, reposant sur une couche conjonctive lâche, dans laquelle sont logées des fibres musculaires circulaires et longitudinales ; en dehors, l'intestin est recouvert de l’épithélium péritonéal ; même structure pour le siphon intestinal. Dans la première courbure, l’épithélium intestinal est vivement coloré en brun par des granulations, qui sont sans doute des ferments digestifs ; dans la seconde courbure, l’épithélium est à peu près incolore ; il est aussi le siège d’une sécrétion active (élimination de produits d’excrétion, comme nous le verrons plus tard), et renferme une quantité considérable de globules migrants (surtout amibocytes à échinochrome) L
Globules sanguins. — Le liquide cœlomique renferme en suspension une quantité considérable de globules amiboïdes que l’on retrouve d’ailleurs dans les divers sinus, l’appareil ambulacraire, aussi bien qu'en voie d’émigration dans le tissu conjonctif et les épithéliums. Ils appartiennent à trois catégories (tlg. 121) : l°‘des amibocytes incolores, à très longs pseudopodes de forme bizarre, qui ont un pouvoir phagocytaire très développé et une réaction acide (virage au rouge des grains de tournesol bleu ingérés) ; 2° des amibocytes à pseudopodes lobés, qui sont bourrés de petits granules d’un rouge intense ( échinochrome ) ; 3° des amibocytes à pseudopodes lobés, remplis de gros granules incolores, faiblement
’ Voir Frenzel, Der Darmcanal der Echinodermen , Archiv für Physiologie, 1892, p. 81. — Saint-IIilaire, Ueber die Wanderzellen in der Darmvcand der Seeigel, Travaux Soc. Imp. Natur. Saint-Pétersbourg, t. 27, 1897, p. 221.