‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 81 sur 139 · LE B R A C II ION · texte numérisé non relu

LE B R A C II ION

moins bombée dans sa région médiane, se déprime brusquement en arrière où elle se termine en une arête transversale dessinant avec les bords postéro-latéraux de la dite carapace une pseudo-ouverture carrée (fig. 159 et 160).

La face ventrale presque plane est perforée d’une ouverture ovale par où sort le pied (fig. 161).

A l’avant, la carapace est ouverte et par cette ouverture sort librement l’organe rotatoire. Le bord antérieur dorsal de la lorica est surmonté de six épines larges à la base, dont les deux médianes, plus longues que les autres, sont légèrement courbées de côté et laissent entre elles une encoche profonde au travers de laquelle passe le tentacule dorsal. Les deux épines adjacentes sont plus courtes. Ces quatre épines se prolongent postérieurement en quatre légères arêtes (fig. 159).

Les épines extérieures sont latérales et un peu plus longues que les précédentes, placées à l’intersection des plaques dorsales et ventrales. Entre ces épines sont découpées des encoches arrondies.

A la région postérieure de la face dorsale sont marqués trois plis transversaux. Le bord antérieur de la face ventrale de la carapace dessine une ligne sinueuse plus ou moins échancrée vers le milieu. De chaque côté de cette échancrure part une arête descendant jusqu’au niveau du mastax (fig. 161).

Dans la même espèce de Brachion on rencontre du reste une grande variation de forme quant aux épines dorsales et quant à la courbure de la ligne fronto-ventrale de la lorica. Chez les uns, les épines dorsales sont presque toutes de même longueur et chez d'autres, au contraire, la paire médiane est plus accentuée ; il en est

de même pour les sinus compris entre les épines et pour l’échancrure ventrale de la carapace.

Par l'ouverture antérieure sort l'organe rotatoire, le

tr>oc}iALS

Vue latérale de Bracliionus urceolaris (d’après Gosse et Hudson).

tentacule dorsal; par l'échancrure ventrale postérieure sort le pied.

Ce dernier est un tube long très rétractile, ridé transversalement à l'état de contraction (fîg. 159). Il est terminé par deux doigts émoussés, coniques, qui servent à fixer passagèrement l'animal. Ces doigts sont perforés à leur extrémité et par cette petite ouverture le produit des

ROTATEURS.

LE BRACHION

glandes pédieuses s'écoule et sert à la fixation temporaire..

La carapace du Brachionus étant transparente ainsi que la peau du pied, il est assez facile d’étudier par transparence l'anatomie interne de cet animal.

On peut facilement diviser le corps en trois régions : 1° la tête, comprenant l’organe rotatoire, le tentacule dorsal, le cerveau, l’entonnoir buccal ; 2° le tronc, contenant les viscères, les organes excréteurs et les organes reproducteurs ; 3° le pied avec sa forte musculature et ses glandes.

La face dorsale de l’animal est facilement reconnaissable à sa forme bombée, aux épines de la carapace, au tentacule et à l’ouverture cloacale qui se trouve au bas de la dépression de la plaque dorsale, au-dessus delà base

du pied.

La face ventrale, par contre, est caractérisée par son bord antérieur sinueux et par l’ouverture ovale d’où sort le pied (fig. 160 et 161).

Description des téguments, carapace. — Les téguments de Brachion sont également d’une extrême transparence malgré leur chitinisation avancée et leur formation en carapace, épaisse et résistante, mais lisse ou très finement granulée, qui recouvre tout le tronc de l’animal.

La cuticule chitineuse est très mince et flexible sur la tête et le pied, mais s’épaissit considérablement sur le tronc pour constituer la carapace oulorica dont nous avons donné la description précédemment et qui forme un étui protecteur dans lequel l’animal peut se retirer complètement.

L ' hypoderme est représenté sous la carapace par une

couche très mince dans laquelle on ne peut reconnaître de cellules, mais seulement quelques rares noyaux. Dans l’organe rotatoire, l’hypoderme est plus développé et forme de nombreuses digitations arrondies soutenant les lobes de l’organe rotatoire et contenant plusieurs noyaux (fig. 159 et 161).

La cuticule du pied est d’une extrême transparence, très flexible et généralement plissée transversalement d’une manière irrégulière. Elle est un peu plus épaisse dans les doigts qui* sont rigides, mais qui peuvent se mouvoir sur leur point d’insertion comme deux pinces.

Glande pédieuse. — La glande pédieuse ou visqueuse comprend deux masses en forme de massues situées à la partie antérieure du pied de chaque côté du cloaque. Elles descendent tout le long du pied comme deux boyaux de contour irrégulier, séparés et viennent déboucher à l'extrémité des doigts par un petit orifice rond. Les cellules de ces glandes forment, d’après Plate1, un syncytium de texture granuleuse et parsemé de noyaux. Ces glandes sécrètent un mucus visqueux qui permet au Bracliion de se fixer temporairement aux objets qu’il rencontre (fig. 159).

Musculature. — Le système musculaire comprend deux paires de grands muscles dorsaux et une paire de ventraux, rétracteurs de l’organe rotatoire. Ils sont attachés à la partie postérieure de l'organe rotatoire, de chaque côté du ganglion, se dirigent en arrière obliquement et s’insèrent sur la lorica à la hauteur de l'ovaire.

1 Plate. L oc. cit.

ROTATEURS. — LE BRACHION 369

Ces muscles se divisent dans l’organe rotatoire en plusieurs faisceaux disposés en éventail (fig. 159 et 161).

De chaque côté de l’organe rotatoire se trouve à l’angle des plaques dorsales et ventrales de la carapace, une paire de muscles plus étroits et plus courts, servant également à la rétraction de l’organe rotatoire. Ces muscles viennent s’insérer dans les lobes latéraux. Ces quatre paires de muscles servent à retirer brusquement l’organe rotatoire et la tête dans la carapace.

Les trois premières paires ont la forme de rubans plats légèrement striés et montrent une fine granulation au centre.

Hudson et Gosse 1 mentionnent deux paires de fines bandes musculaires divergentes s’étendant de la tête à la lorica où elles se fixent à la base des épines et opposent leur action aux grands muscles rétracteurs.

Deux paires de muscles rétracteurs du pied sont faciles à voir vu la transparence de cet organe. La paire centrale, fixée d’un côté aux doigts du pied, remonte parallèlement et va s’insérer sur la lorica ventralement à la hauteur de l’intestin après s’être divisée en deux bandes. La paire extérieure s’attache à la base de la lorica à droite et à gauche de la paire centrale, mais un peu plus en arrière. Les muscles de cette paire extérieure descendent le long du pied et aboutissent également à la base des doigts. Ce sont également des muscles plats, mais plus étroits que les rétracteurs de l’organe rotatoire. .

Une troisième paire n'est visible qu’à la base du pied et les muscles qui la composent sont encore plus diver-

4 Hudson et Gosse. Loc. cit.

gents et plus courts que ceux des deux premières paires (fi g. 161).

A part ces grands muscles, on rencontre toute une série de muscles lisses composés d'une seule fibre qui relient les organes entre eux et à la paroi du corps. Mentionnons enfin les muscles serrés et feutrés du mastax.

Hudson et Gosse 1 distinguent aussi de fines fibres transversales enserrant les organes.

Les organes intérieurs tels que la vessie par exemple, ont des parois éminemment contractiles contenant sans doute des fibres musculaires très fines, mais que l'on ne peut distinguer.

Organe rotatoire. — Pour l’étude de cet organe, il faut employer la narcotisation afin de calmer les mouvements incessants des cils et des lobes et de garder l’animal en plein état d'extension. Dans cet état, la tête apparaît au-dessus de la carapace comme un cône tronqué élargi au sommet. Elle est presque uniquement formée par l’organe rotatoire. La surface de ce dernier est recouverte d’une cuticule très fine, continuation directe de la cuticule épaisse du tronc.

.La masse formant l’organe rotatoire, masse sur laquelle sont implantés les cils, est épaisse et composée de grosses cellules granulées formant une série de lobes arrondis faisant saillie dans la cavité générale du corps. Cette masse est parcourue par des fibres musculaires provenant de la division des faisceaux des muscles rétracteurs.

V organe rotatoire (fig. 159 et 161) proprement dit se

' Hudson et Gosse, hoc. cil.

Vue ventrale de Brachionus urceolaris, figure légèrement schématisée.

compose d’une couronne ciliaire externe ou cingulum , continue, à cils fins et serrés, laquelle s’épanouit de chaque côté en un large lobe, débordant la lorica et se recourbant au-dessus d’elle (fig. 161). Cette couronne s’infléchit légèrement au niveau de l’échancrure ventrale de la carapace et en ce point semble dépourvue de cils. A l’intérieur de cette couronne, nous en trouvons une seconde, le trochus , composée de deux lobes latéraux élevés, qui dessinent chacun un arc ciliaire à concavité interne. Le bord antérieur de ces lobes présente une légère dépression et s’infléchit abruptement, au niveau de l’échancrure ventrale de la carapace, pour constituer l’entonnoir buccal.

Les lobes trochaux portent de longs cils, élargis à leur base, qui oscillent plus lentement que ceux de la couronne externe. Le bord antérieur des arcs trochaux, bord qui plonge dans l’entonnoir buccal, n’est muni que de cils courts. Entre les deux lobes trochaux, mais plus dorsalement, s'élève un troisième lobe cylindrique qui appartient aussi à la couronne trochale. Le sommet de ce lobe est élargi et porte de longs cils raides.

De chaque côté de ce lobe nous voyons une proéminence conique surmontée d’une longue soie ou style tactile. De même, entre les lobes élargis de la première couronne et les lobes latéraux de la deuxième s’élève de chaque côté une proéminence semblable à la base de laquelle Eckstein 1 a vu une tache oculaire que je n’ai jamais pu découvrir (fig. 161).

Ces couronnes ciliaires de l’organe rotatoire servent par leurs mouvements combinés à la natation du Brachion

1 Eckstein. Loc. cit.

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