CHAPITRE XI Y
LE PHASGOLOSOME Par L. GUÉNOT
Professeur à la Faculté des Sciences de Nancy.
PHASCOLOSOME COMMUN
Phascolosoma vulgare (Blàinville).
Place du Phascolosome dans la systématique.
— Le Phascolosome est un type de Sipunculiens, classe autrefois réunie aux Echiuriens , sous le vocable de Géphyriens ; mais comme les ressemblances entre ces deux groupes sont purement superficielles et dues probablement à des phénomènes de convergence, on s’accorde très généralement à les séparer ; les Echiuriens (anciens Géphyriens armés) sont placés au voisinage des Annélides, tandis que les Sipunculiens (Géphyriens inermes) constituent un groupe autonome, voisin des Priapuliens, Phoronidiens, Bryozoaires et Brachiopodes ; comme toutes ces classes, les Sipunculiens appartiennent à la série des Néphridiés , caractérisés par la présence de néphridies et d’une larve trochophore.
Synonymie1. — Le Phascolosome vulgaire a été décrit
1 Selenka, Report on the Gephyrea of the Challenger, vol. XIII, part 36, 4885. -=■ Selenka, Bülow et de Man, Die Sipimculiden. Senipers, Reisen im Archipel der Philippinen, 2 Th., Bd 4, 1883-84.
SIPUNC ULIENS .
LE PHASGOLOSOME
en 1827 par de Blainville sous le nom de Sipunculus vulgaris; il a reçu depuis d’autres noms, qui tombent en synonymie, Syrinx Harvey i Forbes, Sipunculus obscurus Quatrefages, Phascolosoma margaritaceum Keferstein, Ph. validum et luteum Théel. Le nom générique Phascolosoma a été créé par F. -S. Leuckart, et vient des deux mots <kaaxw‘Xoç, sac, et corna, corps.
Habitat, mœurs. — Le Phascolosoma vulgare est une espèce à grande répartition géographique et bathymétrique.
Sur nos côtes, et notamment à Roscoff, on le trouve par endroits en grande abondance, dans les fonds vaso-sableux d’herbiers, découverts par des marées de 10-15, toujours associé avec une espèce plus petite, le Phascolosoma elongatum Kef. ; il habite, à 50 centimètres environ de la surface, une galerie bien limitée, à trajet irrégulier. D’autre part, le Porcupine en a trouvé à 838 mètres de profondeur et le Talisman à 1 050 mètres. On le connaît dans la mer du Nord, la Baltique, sur les côtes anglaises, les îles anglo-normandes et la côte de France (le Portel, Dieppe, Saint-Vaast, Saint-Malo, Roscoff, golfe de Gascogne), sur la côte du Maroc, dans la Méditerranée (Provence), l’Adriatique et la mer Rouge.
Description extérieure de ranimai. Principaux orifices. Méthode pour l'orienter. — Un Phascolosome complètementétendupeut mesurer jusqu’à 170 millimètres de long (spécimens de Roscoff) ; il présente deux régions bien distinctes (fig. 166) : en avant, une partie cylindrique et rétrécie, Yintrovert (trompe), suivie du corps plus
volumineux, se terminant par une extrémité conique.
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Au sommet de l’introvert se trouve la bouche, entourée
d'un cercle ondulé de petits > uïtrovert tentacules rosés ; exactement
au-dessous de cette couronne, on voit d’un côté une petite
granuleuse surface cordiforme , qui est
Y organe nucal (fig. 173) ; puis vient une zone courte et renflée portant un grand nombre de crochets épars, et enfin une région lisse qui passe insensi¬
blement à la région antérieure
du corps, d’aspect très rugueux ( zone granuleuse antérieure).
La région moyenne du corps est lisse et se termine par une zone granuleuse postérieure.
L'anus est facilement visible comme un point saillant, en dessous de la zone granuleuse
°granui£ise antérieure ; avec un peu d'at¬
tention, on distingue un peu au-dessus, mais sur l’autre
Fig. 166.
face du corps, deux petits orifices latéraux (népliridies).
Phascolosoma vu Ig are complètement étendu, vu du côté dorsal. Grandeur naturelle.
Quand le Phascolosome est
contracté, l’introvert disparaît totalement à l’intérieur du