‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 85 sur 139 · LE B H AG H ION · texte numérisé non relu

LE B H AG H ION

soies de l'organe rotatoire. Le tentacule dorsal est réduit à une touffe circulaire de cils tactiles. Les tentacules latéraux existent, mais sont difficiles à observer (fig. 165).

L 'organe excréteur est peu développé et ne possède pas de vessie contractile. Il comprend deux canaux latéraux simples, sans pelote, remontant le long des parois du corps jusqu’à la tête. A la partie postérieure du corps ces canaux débouchent à la base du pied, directement au dehors par deux petites ouvertures rondes légèrement ciliées. Chaque canal latéral porte trois flammes vibratiles.

Chez le mâle de Brachionus urceolaris il y a régression totale du système digestif, absence de bouche, de pharynx, d’estomac, d'intestin et de cloaque.

La majeure partie de la cavité du corps est occupée par le testicule , vaste sac de forme oblongue se rétrécissant postérieurement et se continuant en un court tube protactile, à parois épaisses, musculeuses, le pénis.

Le testicule possède également des parois épaisses et musculeuses. A sa partie antérieure on distingue les cellules mères des spermatozoïdes de forme arrondie et à sa partie postérieure on voit fourmiller les spermatozoïdes, dont la longue queue est munie d'une membrane ondulatoire.

Le pénis est terminé à son extrémité libre d'une couronne de cils courts et raides; en plein état d’extension il n'atteint pas la longueur du pied; il est placé dorsalement à ce dernier (fig. 165).

On aperçoit deux glandes claires à la base du pénis, qui sont probablement des glandes prostatiques. On voit enfin disposées d’une façon irrégulière et changeant avec chaque individu trois ou quatre accumulations de granules foncés qui sont peut-être des restes vitellins.

Les mâles de Brachion ne se rencontrent que rarement et sont beaucoup moins nombreux que les femelles; ils sont difficiles à observer, vu leur petitesse et leur vivacité. Il est bon de les narcotiser pour les étudier.

Quant à la copulation, quoi qu’en pensent certains auteurs, elle n’a vraiment lieu que par le cloaque et il est impossible à un mâle de perforer avec son pénis la cuticule chitineuse d’une femelle.

Développement de Brachionus urceolaris. — Le

développement de Brachionus urceolaris répondant dans ses grands traits à celui de Melicerta ringens , nous ne décrirons pas à nouveau le mode de formation des feuillets embryonnaires chez notre Brachion. Rappelons seulement que l’œuf du Brachionus urceolaris , après sa segmentation, passe par une phase sterroblastule et par une phase sterrogastrule dont le blastopore ou prostoma est bordé par des cellules granuleuses dérivant, comme celles de la Mélicerte, de l’ectoderme.

Le blastopore se ferme, les cellules granuleuses pénètrent entre l’ectoderme et l’entoderme, s’y multiplient et en ce point se produit une invagination ectodermique représentant la cavité buccale du Brachion.

Ce sont ces cellules granuleuses que Tessin 1 considère, mais à tort, comme un mésoderme.

Ainsi que nous l’avons déjà dit, les Rotateurs ne paraissent pas posséder de mésoderme proprement dit tel qu’on le définit chez les autres Métazoaires.

La dépression buccale est en relation avec un amas de

1 Tessin. Loc. cit.

ROTATEURS.

L E B R A G If I O X

ces cellules granuleuses constituant l’ébauche clu pharynx ou mastax. Ce dernier n’a donc pas une origine entodermique, ainsi que l'affirme Tessin.

L’entoderme donne naissance à l’intestin moyen (estomac et intestin proprement dit). Quant à la portion terminale du tube digestif (cloaque et orifice anal), elle provient d’une invagination ectodermique se creusant à la face dorsale de la base du pied.

Ce dernier se forme à la face ventrale de la larve. Tout d’abord replié sur cette face ventrale, il devient plus tard postérieur par rapport au corps de l’embryon. Il est allongé, ne subit pas de régression comme chez Mélicerte et possède à l’origine un axe entodermique s’atrophiant par la suite.

La région céphalique de la larve de Brachion se différencie de bonne heure en un lobe céphalique médian, bombé et en deux lobes latéraux. Ces trois lobes médian et latéraux se fusionnent dans le cours de l’évolution embryonnaire; des cils y apparaissent et c’est aux dépens de ces lobes, principalement des latéraux, que se constitue l’organe rotatoire.

Un épaississement ectodermique de la face dorsale de la région céphalique produit le cerveau, ainsi que la tache oculaire qui lui est annexée.

La carapace ou lorica protégeant le corps du Brachion adulte dérive de l’ectoderme. Elle apparaît tout d’abord dans la région moyenne et postérieure du corps de la larve, puis s'allonge d’arrière en avant et finit par envelopper le corps entier du Rotateur.

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