‹ Zoologie descriptive, anatomiehistologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 10 sur 89 · II · texte numérisé non relu

II

148 ZOOLOGIE DESCRIHTIVE

Placées à leur origine de chaque côté de la précédente, les artères antennaires obliques et antérieures passent au-dessus de la glande digestive, contournent Testomac et se terminent dans les antennes et les antennules. Sur leur trajet, elles fournissent des vaisseaux

Homarus vulgaris. — Système circulatoire (d'après Gegexbaur).

o, œil. — ae, antenne. — a/, anteunules. — 6r., branchies. — c, cœur. — />c, péricarde. — ao^ artère antennairc. — aa, artère hépatique. — ap, artère abdominale supérieure. — a, tronc de l'artère sternale ou artère sternale. — ar, artère sternale proprement dite ou niaxillo-pédieuse. — r, sinus sanguin ventral. — br, vaisseaux afl'ércnts. — r.ôr., vaisseaux elTérents ou vernis branchiales.

aux téguments voisins, aux organes génitaux et à Testomac.

Par les artères et leurs lins capillaires, le sang artériel est charrié du cœur jusque dans des lacunes interviscérales aboutissant à trois sinus principaux qui sont situés dans le céphalothorax. L'un médian et ventral communique avec les deux autres latéraux et situés à la base des pattes thoraciques et des branchies.

Il en part des vaisseaux afiférents se rendant aux branchies (fîg. 378). De celles-ci le sang, redevenu artériel, est transporté par des vaisseaux efférents dans le sinus

THORACOSTRACÉS. — L*ÉCREVISSE 149

péricardique, d'où il arrive au cœur par six ouvertures percées dans l'épaisseur de cet organe : deux ovales

Fig. 378.

Aslacus fluvialilis, — Diagramme d'une section transversale du thorax au niveau du 12« somite pour montrer le cours de la circulation (d'après Huxley).

arb 12, arthro branchieantérieurc et arb' li, arlhroLraiicliie postérieure du 12* somite. - a.r,, vaisseau branchial aflTérent. — b.c.v., veine branrhio-cardiaque. — 6», branchiostégite. — e.m., muscles extenseurs de Tabdomen. —e.p., paroi épimérale de la cavité thoracique. — e.r., vaisseau branchial clTérent. — fm, muscles fl<^chisseurs de l'abdomen. — /p, plancher du péricarde. — gn 6, 5* ganglion thoracique.

— A, cœur. — kg, intestin postérieur. — i.a.a.^ artère abdominale inférieure. — la, ouvertures latérales du cœur.— /r, glande digcstive. — m. p., indique la position du mésophragme qui limite latéralement le canal stcrnal. — p., sinus péricardique.

— pdb 12, podobranchie, et plb 12, pleurobranchia du 12» somite. — «.a., artère sternale. — s.a.a.^ artère abdominale supérieure. — s.c, canal sternal. — t.^ testicule.

— XII, sternum du 12* somitcs. Les flèches indiquent la direction du cours du sang.

avec valvules sont dorsales ; deux ventrales et deux latérales.

Appôjreil branchiaL — De chaque côté du céphalothotax, s'étend une chamhi*e branchiale limitée en dedans par une lamelle Chitineuse plus ou moins calcifiée qui la sépare de la cavité du Corps, en formant la paroi propre

il 10..

iCRIPTIVE

les branchiostégites qui se es pattes dont elles sont nte.

m avant et en dessous pour sa partie antéro-inférieure, i débouche au point d'union ^ canal fait saillie une lame ovale (le scaphognathite) attachée à la deuxième mâchoire et dont les battements, joints à ceux des branchies, font progresser Teau d'arrière en avant (fig. 379).

Dans chaque chambre se dressent dix-huit branchies complètes et deux rudimentaires. Des dixhuit complètes, six (podobranchies) sont fixées aux corps des 2^ et 3® maxillipèdes, de la patte e la 4® patte thoracique ; t respectivement à la memlipède, du 3® maxillipède, îlates et de la 4^ patte thoirobranchie) est reliée à la îssus de la dernière patte pendante. Enfin, en avant ux parois thoraciques, au- Touve un filament délicat

THORACOSTRACKS. — l/ÉCREVISSE toi

de 1 millimètre et demi de long (pleurobranchie rudimentaire).

Une podobranehie (fig. 380) comprend un article basilaire large, aplati, garni de soies pennées et une tige étroite, pourvue en avant et sur le bord externe de filaments branchiaux, subdivisée inégalement à son sommet

Fig. 380.

Aslacus fluvialilis. — Podobranehie et arthrobranchie

(d'après Huxley).

A, podobranehie vue du côté externe. — B, podobranehie vue du côté interne. — C, arlhrobranehie. — cxp, coxa. — 6., base de la podobranehie. — /., tube du eoxa où s'insèrent les soies. — es, soies, — sf, tige de la podobranehie. - /., lame. — pi,, plume.

en deux plaques : Tune, la lame postérieure, couverte de soies en crochet, dessinant sur la face postéro-interne un pli dans lequel est reçue l'autre plaque (la plume) qui rappelle le sommet d'une arthrobranchie.

Les arthrobranchies (fig. 380) se composent d'une tige contenant deux canaux, Fun interne, l'autre externe, que sépare une partition longitudinale. Cette tige porte de nombreux filaments branchiaux délicats et recouverts

d'une chitine très mince. Chaque filament est traversé de larges conduits vasculaires qui forment un réseau superficiel. Le sang, après avoir parcouru le réseau, est enfin versé dans le canal interne qui communique avec les vaisseaux efférents.

Enfin, à la base des podobranchies et s'étalant dans l'espace qui les sépare, sont des faisceaux de longues soies coxales ou coxopoditiques qui empêchent Tintroduction des corps étrangers dans les chambres branchiales.

Appareil excréteur, glande verte. — L'appareil excréteur (fig. 381) comprend de chaque côté, dans une ^^ ag. \ dépression correspondant à la base de l'antenne, une masse discoïde vert sombre (glande verte) dont la sécrétion s'emmagasine dans un sac spacieux (vessie urina ire) et délicat, situé en avant et au-dessous de la chambre cardiaque. Ce sac se continue en un court canal à revêtement interne chitineux et qui s'ouvre par l'article basilaire de l'antenne.

La glande verte qui sécrète de la guanine, substance azotée analogue à l'acide urique, mais moins fortement oxydée, se compose de tubes glandulaires pelotonnés, tapissés de cellules endothéliales cubiques et cylindriques avec canal central. Elle offre

Fig. 381.

Aslacus fluvialllis, — Glande verte et ses rapports (d'après Huxley).

a.g.^ muscle gastrique antérieur gauche. — es., sac cardiaque. — c , connectif péri -œsophagien. — x, soie passée par l'orifice de la glande et pénétrant dans le sac. — Q.Q.-, glande verte. — s., sac de la glande.

THORACOSTRACES

trois zones concentriques, 1 blanche et Tinterne jaune-b soift surtout localisées dans la zone blanche sont plutôt duit sécrété.

La glande verte reçoit di artères antennaire et sternale.

L'étude de la glande se fait après action d'un fixatif tel que alcool ou acide picrique.

Organes génitaux mâles.

— Le mâle est plus étroit que la femelle (fig. 356) ; ses rames caudales sont moins étalées; les orifices génitaux externes se trouvent à la base des 8® pattes thoraciques et non à la base des 3® comme chez la femelle ; enfin, les deux l""^^ pattes abdominales sont transformées en organes copulateurs, tandis que, chez la femelle, la V^ est atrophiée et la 2® semblable

Situés dans le céphaloth au-dessous du cœur, au-dess (fig. 371 et 382) forment cha(

154 Z00L0r.IÏ2 DESCRIPTIVE

lobes sont antérieurs ; le troisième est postérieur. Chacun est formé par 'des acini renflés en vésicules à Tune de leurs extrémités et pédoncules à l'autre bout. La réunion de ces pédoncules constitue le canal spermatique.

Dans la portion vésiculaire (fig. 383), les acini ont une

Aslacus fluviatilis. — A, vésicule terminale d'un aciniis tesliculaire. — B, coupe de la portion glandulaire du canal déférent (d'après Yung).

a, spermatoblasle . — 6, germe de remplacement. — f. endothélium des canaliculc^ pxcpùlours. — d, muscles. — e, enveloppe du testicule. — f, cellules de TendollK^'lJum. — g, muscles longitudinaux. — /«, muscles circulaires.

paroi conjonctive avec fibrilles musculaires que tapisse un endothélium comprenant, d'après Grobben*.

1^ De grosses cellules polygonales pourvues d'un noyau sphérique (spermatoblastes, cellules spermatiques) ;

2^ De gros noyaux épars dans une masse protoplasmique (germes de remplacement).

Dans la portion pédonculaire, l'endothélium est cylindrique ou cubique ; il est sécrétoire d'après Grobben.

Les germes de remplacement forment de nouveaux spermatoblastes, tandis que les cellules spermatiques se

* Grobben. Beitrâge zur Kenntniss der mânnlichen Geschlechsorgane der Dekapoden, 1878.

THORACOSTRACÉS. — L*ÉCREVISSE 155

détachent de la paroi et, par une série de changements, se convertissent en spermatozoïdes qui, peu à peu, arrivent à maturité. A ce moment, les spermatozoïdes ont un corps sphéroïdal aplati avec noyau excentrique et corpuscule annelé, orné de stries rayonnantes, d'où partent des rayons protoplasmiques externes, grêles, courbes et plus ou moins longs.

Au point de réunion des lobes testiculaires et à la face ventrale, sort un canal déférent long, plusieurs fois contourné, s'élargissant et s'épaississant progessivement. Liquide et demi-transparent à l'origine, le contenu spermatique s'épaissit et devient blanc opaque, à mesure qu'il progresse et il sort enfin sous forme de cylindres pâteux durcissant au contact de l'eau.

La structure du canal diffère peu de

celle des testicules. La paroi conjonctive

(fig. 383, B) comprend un plan externe de ^ ^^

muscles circulaires et un plan interne de

muscles longitudinaux. Quant à l'endo-

ihélium, il consiste en cellules cylin- Asiacus fluvuih-

•^ hs. — Sper-

driques avec noyau elliptique et proto- matozoïde

plasme granuleux sécrétant une matière (d'après Vaysblanchâtre, visqueuse, enveloppant les spermatozoïdes (fig. 384) dans un fourreau blanc et amorphe (spermatophore). Près de l'orifice externe, ces cellules s'allongent, tandis que leurs noyaux sont refoulés près de la face externe.

Pour les dissociations on peut employer, d'après Sabatier*, la liqueur cuprique de Ripart et Petit soit pure,

* A. Sabatief. De la spermalogenèse chez les Crustacés décapodes. Travaux Institut Zoologie. Montpellier, 1893.

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i56 ZOOLOGIE DESCRIPTIVE

soit additionnée de quantité égale de solution d'acide osmique à 1 p. 100 laquelle agit sur les cellules spermatiques sans les déformer. Pour les coupes, on fixe soit avec une solution chromique ou acéto-chromique, soit avec une dissolution à saturation à froid de bichlorure de mercure dans Teau additionnée de 5 ou 10 et quelquefois de 20 p. 100 d'acide acétique cristallisable. On durcit ensuite à Talcool (de 50 à 100*) et on colore par une solution carminée.

Organes génitaux femelles. — Occupant la même position et également composé de trois lobes qui sont moins longs et plus arrondis, Tovaire (fig. 385) offre une paroi conjonctive très mince que revêtent des cellules endothéliales dont la croissance dans la cavité centrale, sous forme de papilles, finissent Fig. 385. P^^ produire des ovisacs ; Tune des

Asiaciis fliiviaiiiis, ccllules de chaque ovisac tend, en se

7 ^^^«^"^s repro- développant plus vite que les autres,

ducteurs femelles r-r r t. ^

, . à en occuper le centre. Cette cellule

or , ovaire. — od, ovi- ^

ductc. - od\ sou ori- devieutpeu à peu un ovule. Les ovules, par rupture des ovisacs, finissent par occuper le centre de l'ovaire où, par pression réciproque, ils acquièrent un contour polygonal.

L'oviducte, homologue du canal déférent, est un large canal dirigé en arrière et en dehors.

Enfin les œufs, au moment de la ponte, sont enveloppés du produit visqueux des glandes cém'entaires abdominales (LerebouUet) qui les fixé aux fausses pattes.

THOHACOSTHACKS. I

Développement embryogénii

parRathkeS Lereboullet *, Reiche Les premières phases de la s( encore été suivies ; mais, dans le loppement est presque identique à segmentation est totale, sans toute tula, et la morula est une sorte d

FifT, 380.

Palœmon. — Premières phases ( (d'après Bobretzj

A/., blastoderme. — r, cellules ja

cellules pyramidales à bases touri et à sommets tournés vers le eenti tomères ont chacune un noyau d ri que où se trouve la plus grande lutif, tandis que la plus grande pa est centrale. Le contour de ces blaî

* Rathke. Untersuchungen ueber die BU Flusskrebses. Leipzig, 1829.

* Lereboullet. Recherch. Embryologie c Ecrevisse ; Paris, 1862.

* Reichenbach. Die Embt^yonalaulage i Flusski^ebses. Zeit. f. w. Zool., t. XXIX,

* Bobretzky. Mémoire en russe sur le di et du Palémon. Kiew, 1873.

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