‹ Zoologie descriptive, anatomiehistologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 12 sur 89 · CHAPITRE XXIV DÉCAPODES BRACIÏYURES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV DÉCAPODES BRACIÏYURES

Par GOURRET

Professeur de Zoologie à l'Université de Marseille.

UK GARCIN MÉNADE OU CRABE GOMMl

Carcinus mœnas, Leach.

Place du Garcin dans la systématique. — Sy nymie. — Le Carcin ménade est un Thoracostracé podc talme décapode présentant la même métamérisation rÉcrevisse ; mais il en diffère par une plus grande con( tration des zoonites, concentration qui tend à rédi Tabdomen à une simple pièce repliée sous le tliora? dépourvue de nageoire caudale (Brachyure).

Synonymie. — Le Carcinus mœnas^ Leach, ou Can mœnas, de Pennant et de Linné, est appelé crabe enr en Normandie, chancre, beillouc ou chancre de marais Vendée, frankets en Catalogne, favouille en Prover Dans TAude et le Languedoc, le mâle est dit cran ou fav et la femelle, cranca ou favouille.

Habitat, mœurs. — Très commun sur les côtes fr çaises de l'Océan, à quelques mètres seulement de prof

• et surtout dans les rochers qui découvrent, au eu de la vase et des matières en décomposition, dans ports, chenaux et marais salants, il affectionne les i saumâtres. Tantôt il marche et court à reculons avec dite sur les fonds habituels, tantôt il court sur la plage [ peut vivre assez longtemps, mais sans l'exagération Gécarcins.

a Méditerranée, il est rare dans la mer, et ce n'est 'e que dans les points avoisinant l'embouchure d'un ve (le Rhône, par exemple), qu'on le trouve en quannotable ; il préfère de beaucoup les étangs saumâtres l pullule.

l'époque de la mue il se cache dans les trous ou sous algues, se tenant coi jusqu'à ce que l'exosquelette partiellement durci.

'es vorace, Carnivore, ennemi redoutable de l'huître, ircin est attiré par les matières organiques et les corps iécomposition. 11 se prend dans la plupart des filets > calés dans les étangs, ainsi que dans les diverses es de casiers.

escription extérieure. Principaux orifices. —

îorps présente les mêmes régions principales et le le nombre de somites que l'Écrevisse.

abdomen, très réduit par rapport au céphalothorax, le chez la femelle une plaque mince, relativement z large, ovalaire, repliée sur le plastron sternal dont s'écarte naturellement lorsque les œufs sont attachés fausses pattes ; il a l'aspect chez le mâle d'une lamelle [igulaire ou tablier, plus étroitement appliquée à la ventrale thoracique (fig. 390). 11 est typiquement com-

posé de six anneaux qui se soudent plus ou moins suivant les familles et les sexes. Dans le Carcin mâle, on en compte quatre et dans la femelle, six, telson non compris. La face sternale est molle et membraneuse.

Chez la femelle, les quatre premiers somites portent des

plastron, sternal

4f thoracùf

Fig. 390.

Carcinus mœnas mâle, vu de ventre, l'abdomen étant déployé

(d'après Vayssière).

fausses pattes, consistant chacune en un endopode et un exopode grêles et garnis de longs poils qui retiennent jusqu'à l'éclosion les œufs pondus. Chez le mâle, les deux premiers anneaux seuls possèdent des membres transfor-

mes en organes de fixation pendant la copulation. Dans n et l'autre sexe, le sixième somite est dépouWu de mes, l'abdomen ne servant pas d'organe de natation 3me dans les Bracliyures nageurs, tels que les Polybius,

appentiitt octoal »,

^^'^ rêffum tntxsUnalt

Fiff. 391.

Viscères du Carcinus à gauche; régions de la carapace à droite

(d'après le Rèfine animal).

IV exemple, qui nagent, grâce à l'aplatissement des 'ticles des pattes thoraciques.

Long de 4 à 5 centimètres, le céphalothorax montre une ce dorsale, deux bords et une face ventrale. Celle-là ig. 391), peu bombée, plus large que longue, rétrécie en Tière, dépourvue de rostre que remplace un front trilobé, )rrespondant en arrière à l'origine de l'abdomen, est [visée par des sillons qui circonscrivent des régions

DECAPODES BHACHYURES. — LE CRAB

dont la plupart ne sont pas indiquées chez V\

Parmi les principales de ces régions, les uneî

paires et médianes. Ce sont : 1° la région stomaci

derrière le front ; 2** la région génitale plus pel

limitant pas, malgré son appellation, tout Tespa

par les organes reproducteurs; 3*> la région co

forme hexagonale et correspondant au cœur ; 4*

intestinale ou hépatique postérieure, à peu près

tère. Les autres, latérales et sy-

métriques, comprennent : 1° la p^^d^td^'

région hépatique placée sur les

côtés de la région stomacale et

recouvrant la majeure partie de

la glande digestive et des organes

générateurs ; 2° la région bran- Fig. 3

ehiale, située en arrière de la Vue antérieure

de Cancer p précédente , sur les côtés des près Huxley;

régions cordiale et intestinale,

et correspondant à la voûte de la cavité rei

Latéralement, la carapace présente un bord la rieur et un bord latéro-postérieur. Celui-ci, ] médiocrement oblique, quelque peu évasé, est liî que celui-là forme avec le bord orbitaire une régulière, qui ne dépasse pas le niveau du m région génitale ; il est, en outre, armé de cinq d ginales.

Le front, saillant, muni de trois lobes dont proémine un peu plus que les latéraux, se recc face inférieure où il constitue une face extraon métope. Cette face (fig. 392) montre deux cavit settes antennaires, logeant les bases renflées c

]es cavités sont placées entre les orbites et séparées les par un prolongement frontal soudé à un proent inter-antennaire, lequel naît de l'arceau ou portant les antennules ; en dehors, elles sont limip la base des antennes. Quant à l'orbite, elle est en dedans par la base de Tantenne supérieurement 3hors par la carapace.

'es cette disposition, il semble que chez le Carcin chez les autres crabes, Fantennule occupe la place

interne, puis Tantenne et enfin l'œil, ce dernier gint situé en arrière des appendices précédents. )ins, le point d'attache réel du podophtalmite se

comme chezl'Ecrevisse, près de Taxe médian, sur interne, et en avant de l'antennule ; en raison de Lieur, il se projette en dehors et en arrière de Tan-

et de l'antenne ; sa surface cornéenne est seule

rière des fossettes antennaires s'étend une surface ^présentant le troisième somite céphalique et dite aie ; celle-ci, avec la base des antennes et l'espace par les fossettes, constitue la région antennaire ildwards), tandis que les parties latérales et inféde la carapace, dirigées plus ou moins obliquement )rs et en haut, forment les régions ptérygoslos. Ces dernières, par leur bord postérieur et interne uent exactement contre la voûte des flancs ; ssent entre elles sur la ligne médiane un espace par l'appareil masticateur et appelé cadre buccal.

y. UEcrevisse. — M il ne-Edwards. Hist, nat. des Crustacés, , et Squelette tégumentaire des Crust, Décapodes. Ann. Se. l., 3« série, t. XVI, 1851.

Chez le Carcin, ce cadre a la forme d'un quadrilatère assez régulier, très large et éloigné du front ; il renferme les pièces péri -buccales dont la postérieure (3* maxillipède) recouvre les autres, comme les battants d'une porte (fig. 390). Ces pièces enlevées, on découvre la bouche limitée en avant par un labre, tubercule semi-membraneux, en arrière par le métastome ou languette, repli lamelleux bilobé et latéralement par les mandibules.

Le plastron sternal (fig. 390) qui fait immédiatement suite au cadre buccal, donne latéralement insertion aux membres thoraciques, et par une échancrure postérieure à Tabdomen. C'est une pièce ovale, à la formation de laquelle concourent non seulement les cinq sternums et épisternums thoraciques, mais encore les sternums peu développés et intimement unis des trois somites portant les maxillipèdes. Les sternums thoraciques occupent toute la largeur du plastron, tandis que les épisternums forment une petite pièce triangulaire vers l'angle antéro-externe de chacun des précédents. La soudure des anneaux thoraciques est indiquée par la présence de quatre sutures transversales ; sur la ligne médiane des trois derniers anneaux se remarque, en outre, un sillon longitudinal qui résulte de la soudure des deux pièces sternales du même segment et correspond à l'origine de l'apodème médian du sternum. Le plastron est excavé au milieu pour recevoir l'abdomen.

A l'intérieur, le système tégumentaire présente plusieurs particularités, notamment l'absence de canal sternal proprement dit.

Description des appendices. — L'antennule (fig. 393),

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très courte et enfoncée dans la fossette antennaire, comprend une tige tri-articulée dont l'article basilaire est renflé et plus ou moins globuleux ; les deux suivants sont courts, grêles et cylindriques. L'endopode et Fexopode forment deux tigelles courtes et annelées.

En dehors et au-dessous de Tantennule, s'insère, dans Thiatus du bord interne de Torbite, la base de Tantenne dont le premier article, étroit et cylindrique, arrive jusqu'au front. La base tri-articulée porte un seul fouet, d'ailleurs court.

Absence de toute écaille exopoditique, comme dans tous les Brachyures.

De nature calcaire, la mandibule (fig. 394) est fortement dentée sur le bord antérieur épaissi. Palpe tri-articulé.

Deux lames cornées avec un palpe (endopode) simple constituent la première mâchoire, tandis que la seconde consiste en quatre lames cornées, un palpe (endopode) et un flagellum (exopode), sous forme d'une large plaque.

Les trois maxillipèdes ne sont pas lobés en dedans et portent tous un appendice flabelliforme . Ceux de la 3® paire sont surtout remarquables par Taplatissement des ischiopodites en larges plaques quadrangulaires qui se rencontrent sur la ligne médiane où ils peuvent se refermer sur les autres pièces péri-buccales, à la manière des battants d'une porte. Les mêmes articles forment une maxille le long de leur bord interne. Le palpe ou exopode

otocystA-

Fig. 39;j.

Antennule droite du Carcinus vue par la face supérointerne ( d'après Vayssière).

DECAPODES BRACHYURES.

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