‹ Zoologie descriptive, anatomiehistologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 17 sur 89 · LA FOURMI · texte numérisé non relu

LA FOURMI

Myrmica ruhra^ Linné*.

Place dans la systématique. — La M\

est cette petite Fourmi, de couleur roug( brunâtre, si commune en Europe, en Asie e rique septentrionale, qui est capable de p son aiguillon, une piqûre légèrement doulo

Cet Insecte appartient à Tordre des Hym^ sous-ordre des Aculeata, à la famille des 1 à la sous-famille des Myrmicinœ.

L'ordre est caractérisé par des mandihx broyeuses ; par des maxilles et un labium

* Parmi les auteurs qui ont étudié les Fourmiî Huber, Mayr, Meinert, Forel, Lubbock, André, Ma Adlerz, Wasmann, Nassonow et Karawaiew. Des im graphiques détaillées sur les ouvrages de ces auteurs les Notes que j'ai publiées sous le titre de : Etudes les Guêpes et les Abeilles, Notes 1 à 20, 1893-189 Etudes que sont tirées la plupart des descriptioi contenues dans le présent chapitre.

formés en un organe lécheur, et par deux paires 5, modérément nervulées, dont la première est mue m système musculaire compliqué, tandis que la de est simplement accrochée et entraînée par la ière. Les Insectes de cet ordre subissent des métahoses complètes.

n des caractères du sous-ordre est la transformation armure génitale femelle en un aiguillon souvent hié.

mi les caractéristiques de la famille, on peut indien première ligne, les suivantes. Les antennes sont nent coudées entre le premier article, appelé scape, Qsemble des articles suivants qui est appelé funi- Les fémurs ne portent qu'un seul trochanter bien )ppé. Les ailes ne sont pas plissées au repos. Le est fortement étranglé à la suite du corselet^ et une 1, fortement contractée, appelée ;?eïioZe, précède un nen fortement renflé.

famille des Formicides est Tune de celles dans les- !S, par suite de la vie sociale^ la forme femelle s'est blée en une forme reine .^ spécialement destinée à être lée et à pondre une grande quantité d'oeufs, et en irme ouvrière qui, ayant pour rôle principal de cons- , d'entretenir et d'approvisionner le nid, de soigner

nourrir la progéniture, n'est pas destinée à être lée, mais peut, cependant, dans certains cas, pondre ufs parthénogénétiques qui donnent exclusivement aies.

Formicides vivent en colonies dans des nids creu- \ plus souvent, dans la terre ou dans des végétaux.

Leurs larves^ apodes et inactives, sont soignées et nourries par la reine fondatrice de la colonie, tant qu'elle est seule, et, ensuite, par les ouvrières.

La famille des Formicidœ se divise en plusieurs sousfamilles dont les deux plus importantes, dans nos régions tempérées, sont la sous-famille des Formicinœ et celle des Myrmicinœ,

La Formica rufa , qui surmonte son nid d'un dôme de brindilles, et qui est commune dans nos bois, appartient à la sous-famille des Formicinœ, Dans ce groupe, le pétiole est formé d'un seul anneau (2^ anneau post-thoracique). L'appareil de fermeture, qui se trouve vers l'extrémité terminale du tube digestif antérieur, est bien développé. Quant à l'aiguillon, il est atrophié; mais, par compensation, une glande énorme sécrète, en abondance, un venin destiné à être projeté au loin ou à être versé sur les blessures produites par les mandibules. Les nymphes sont généralement logées dans un cocon.

La Myrmica rubra appartient à la sous-famille des Myrmicinœ. Dans ce groupe, le pétiole est formé de deux anneaux (2® et 3® anneaux post-thoraciques). L'appareil de fermeture de l'extrémité du tube digestif antérieur est très rudimentaire. Quant à l'aiguillon, il est tout à fait typique et bien développé. Le venin, étant destiné à être injecté dans le corps de l'ennemi, n'est produit qu'en petite quantité par une glande de dimensions modérées. Les nymphes sont toujçurs nues.

La Myrmica rubra^ Linné, ne figure plus, comme espèce, dans quelques ouvrages systématiques importants

t que, se basant sur des caractères qui sont assez conss, mais qui ne peuvent être reconnus que par un œil rcé, Nylander a remplacé cette espèce par six autres, je préfère, à l'exemple de Forel, considérer simpleit comme six races.

es individus que j'ai étudiés appartiennent aux races nodis et ruginodis. De nombreuses variétés interméres entre ces races ont été décrites sous des noms tels celui de M. ruginodo-ievinodis^ qui s'applique à une nie dont les individus présentent des caractères interliaires entre les deux races, avec prédominance des ictères de la race ruginodis. Ces distinctions, utiles au it de vue de l'étude des mœurs et des variations, sont olument sans intérêt au point de vue anatomique.

[abitat. Mœurs. — LdiMyrmicarubra^ race levinodis^ lerche les endroits gazonnés, humides et ombragés.

fuit les terrains secs et arides. On la trouve souvent tbondance sous les pierres, dans les bois et dans le voi- Lge des cours d'eau. Son nid consiste en galeries îlle creuse dans la terre ou, parfois, dans les troncs 'bres pourris. La colonie devient nombreuse et pour-

d'un assez grand nombre de reines.

uissamment armées, robustes, audacieuses, tenaces et tistrieuses, les ouvrières circulent fréquemment hors ûid. Elles vont capturer des proies vivantes et récolter nectar sur les fleurs. Elles recherchent activement les erons. Elles vont visiter ceux qui se trouvent loin de • nid ; elles construisent des abris en terre autour de X qui vivent sur les plantes basses du voisinage ; elles

conservent soigneusement ceux qui sucent les mises à nu dans les galeries de leur nid. Ass queuses, elles se battent volontiers, surtout avec nies de même espèce établies dans leur voisina:

La colonie qui, aux premiers froids, s'est reti les profondeurs du nid, y vit, plus ou moins e suivant la rigueur de l'hiver. Elle se réveille aux beaux jours. Les larves, dont un certain nombre < rhiver dans le nid, deviennent, par suite de la r la ponte, de plus en plus nombreuses. Au comme de Tété, il y a déjà beaucoup d'éclosions d'ouvr reines et de mâles.

Les jeunes mâles et les jeunes reines, que To naît, les uns et les autres, à ce qu'ils ont des aik que les ouvrières et les anciennes reines n'en vivent tranquillement, pendant quelques semaii le nid natal. Puis, par un beau jour d'été, ils leur essor : c'est le vol nuptial. Quelques heu tard, après l'accouplement qui a eu lieu dans on retrouve toutes ces Fourmis ailées retombé sol.

Les mâles sont impitoyablement tués par les < qui les rencontrent ou, abandonnés à leur ma sort, traînent, pendant quelques jours, une ( désormais sans but, et ne tardent pas à mourir.

Le sort des jeunes reines est bien différent : ud existence, pouvant atteindre plusieurs années, es à bon nombre d'entre elles. Les unes sont reçue la colonie dans laquelle elles sont nées, et vienn

nombre de ses reines. Elles n'ont, dans ce cas, e les reines des Abeilles, aucun travail à accomplir, atresne cherchent pas à retrouver le nid natal. Elles ugient, solitaires, dans un petit trou qu'elles creulans la terre et qui sera le berceau d'une nouvelle e.

s ne tardent pas à pondre un petit paquet d'œufs BS soignent elles-mêmes, et avec lequel, aux pre-

froids, elles s'enfoncent en terre pour rester rdies pendant tout l'hiver. Au commencement du mps, elles se réveillent pleines d'ardeur, agranit leur nid et soignent leur progéniture jusqu'à ce 3S puissent, comme les reines des Guêpes, se déchar- >ur les premières ouvrières qui ne tardent pas à , de tout le travail qui leur incombait jusqu'alors.

uctëres distinctifs des formes mâle, reine et ère. — Chez les Fourmis, la forme mâle est non seu- Lpeu variable dans une même espèce ; mais, de plus, ;t, d'espèce à espèce, beaucoup moins différenciée forme femelle. C'est à ce point que la détermination que d'un mâle, capturé seul, est parfois presque sible.

orme femelle est, au contraire, à la fois plus diffée et très variable. Non seulement il y a dédoubleie cette forme en une forme reine et en une forme re, mais, de plus, on rencontre fréquemment des lus intermédiaires.

forme ouvrière peut présenter, chez une même

, dans la taille et dans la proportion des diffé-

parties du corps, des variations extraordinaires.

C'est ainsi que, chez plusieurs espèces vrières tellement différentes des autres, pement de leurs mandibules et le volu qu'on les a distinguées sous le nom de î est en rapport avec le rôle défensif qu'( dans la colonie. Chez la Myrmica rubra, 1 est relativement peu variable.

Les principales différences à signale] formes de l'espèce qui nous occupe, d retrouvent, en partie, chez la plupart d énumérées ci-après :

La longueur du corps du mâle (5 à 6 intermédiaire entre celle de la reine qu (6 à 7 millimètres) et celle de l'ouvriè petite (4 à 5 millimètres).

La couleur générale du corps est bien le mâle (brun noir) que chez la reine el rouge).

Le c&f^eau^ les muscles mandihulaire télé, sont notablement plus petits chez le les reines et les ouvrières.

Les ocelles^ sont très saillants che sont aussi très développés chez les reii absents chez les ouvrières.

Les yeux sont gros et bombés chez mais un peu moins bombés, chez les i deur moyenne, et encore moins bomb vrières.

Les antennes ont treize articles chez h seulement chez les reines et les ouvrière

S ailes sont préseaLes chez les mâles et les reines, ces dernières les perdent peu après la fécondation.

)uvrières sont aptères dès leur éclosion. corselet^ par suite de la présence des ailes et, surpar suite de la présence des muscles du yoI» est

blement plus volumineux et plus compliqué chez Iqs

s et chez les reines que chez les ouvrières. nombre des anneaux post-ihoraciques^ formant

irtie extérieurement visible du corps, est de huit les mâles, et de sept chez les reines et les ou-

es.

irmure génitale mâle est restée organisée exclusive-

, pour l'acte de Taccouplement. L'armure génitale

lie, au contraire, aussi bien chez les reines que les ouvrières, n'est plus en rapport avec l'acte de

)nte : elle est transformée en un aiguillon vulné-

y a une douzaine de tubes ovariens^ de chaque côté )rps, chez les reines, tandis qu'il n'y en a, en tout, le paire chez les ouvrières.

réceptacle séminal^ bien développé chez les reines, jue chez les ouvrières.

institution métamérique du corps. Régions cipales. Orientation morphologique. Orifices rnes. — Le corps d'un Insecte est formé de six aux céphaliques suivis de trois anneaux thora- ?s suivis, à leur tour, d'un groupe d'anneaux posticiques^ qui sont au nombre de dix chez les Four-

ez la Myrmica (fig. 434), les anneaux se sont groupés

en quatre régions bien distinctes : la lête^ le corseli pétiole et V abdomen ^

La tête est formée des six anneaux céphaliques

bouche*.,^

proth

mesot

netati X..X

ma''

yuâ

Coupe sagittale du tégument de l'ouvrière (s,l à ;;,10, les ( anneaux post-thoraciques) .

sont : 1° Tanneau protocéréhral ou oral; 2** Tan deutocéréhral ou aniennaire ; 3° l'anneau tritocéri

* Chez les Fourmis, on appelle, ainsi, abdomen la partie g leuse qui fait suite au pétiole ; mais je dois faire observer généralement, pour les Insectes, on emploie ce mot pour rens( de tous les anneaux post-thoraciques (2 1 à s ^0).

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ment la partie extérieurement visible de cette région globuleuse. Le dernier de ces anneaux forme un cône pygidial, prolecteur des parties suivantes, cachées àTétat de repos, qui sont : le 8® anneau ou anneau des stylets, le 9® anneau ou anneau du gorgei^et^ et enfin le segment anal (fig. 436).

Chez le mâle (fig. 452), l'anneau en apparence terminal est le 8^, et il n'y a de cachés, à l'état de repos, que le 9® anneau {anneau pénial) et le segment anal.

Sur chacun des anneaux (fig. 448), il y a un arceau ventral (ou sternal) et un arceau dorsal [oMnotal). Sur ce dernier, on peut distinguer, plus ou moins nettement, une région moyenne et deux régions latérales (pleurœ). Ces dernières sont caractérisées par la présence des stigmates. Les autres divisions que Ton peut distinguer sur chaque anneau ont peu d'importance au point de vue anatomique.

Je supposerai, dans mes descriptions, que l'axe longitudinal du corps de l'animal est placé verticalement, la tête en haut, l'anus en bas (fig. 434). Les parties d'un organe qui sont les plus rapprochées de l'extrémité céphalique seront désignées comme étant antérieures et supérieures, tandis que les parties plus rapprochées de l'extrémité anale seront désignées comme étant postérieures et inférieures.

Les principaux orifices externes sont ceux du tube digestif, des organes génitaux, des trachées et des glandes tégumentaires.

HYMÉNOPTÈHES. — LA FOURMI 243

La bouche se trouve à rextrémité antérieure du corps*, et Vaniis forme la partie morphologiquement terminale de l'abdomen (fig. 434).

h' orifice génital femelle est situé sur la membrane articulaire qui forme la partie inférieure de Tarceau ventral du 7° anneau post-thoracique (fig. 453).

h'orifice génital mâle est situé sur l'arceau ventral du 9" anneau post-thoracique (fig. 482).

Les orifices stigmatiques (fig. 435, 441, 44:2, 446, 455) se trouvent sur la région antérieure des côtés droit et gauche (régions pleurales) des arceaux dorsaux. Il n'y en a pas sur le prothorax. Celui du mésothorax est très développé. Celui du métathorax, bien ouvert chez la larve de la Myrmica, se ferme, au cours de la nymphose, et n'est plus représenté, chez l'imago, que par une petite cicatrice. Il y en a, ensuite, une paire sur chacun des huit premiers anneaux post-thoraciques ; celle du l*^'" et celle du 8® sont très développées. Cela fait, en tout, en y comprenant celle du métathorax qui reste ouverte chez d'autres Fourmis, dix paires d'orifices stigmatiques.

Les glandes tégumentaires qui débouchent, souvent, par de petits canaux isolés, sur un cribellum, présentent, parfois, des orifices bien nets. Ce sont : l'orifice qui se trouve à la partie supérieure de la base de chaque mandibule [^\g. 438) ; l'orifice impair qui débouche sur le labium {^\^. 435) ; la fente du réceptacle de chacune des deux glandes du 1"^^ anneau post-thoracique (fig. 445) ; les deux

* La bouche doit être considérée comme appartenant au premier segment (segment protocérébral) parce que, au commencement du développement embryonnaire, le segment antennaire est nettement post-oral. Ce n'est que plus tard que les antennes remontent en passant sur les côtés de la bouche.

orifices impairs des glandes de Tappareil vénénifique (fig. 453).

Tégument. — Le corps de l'Insecte est limité par une lame de cellules dont la partie externe se charge de chitine (fig. 437). L'enveloppe du corps se trouve ainsi formée par un squelette chitineux sur lequel des parties rigides se trouvent séparées par des bandes, dont la chitine, de nature spéciale, est très souple, qui constituent des membranes articulaires.

La partie non chitinisée des cellules constitue Yhypoderme qui est tapissé, sur sa face interne, par une membrane basale.

Le squelette chitineux présente une stratification en rapport avec son mode de formation.

Une strate externe, formée la première au moment où, vers la fin de la nymphose, la couche hypodermique a acquis, au moins localement, le contour définitif de l'imago, est dure, jaune, imperméable, et porte les plus fines des sculptures superficielles du squelette. Cette première

Fig. 437.

A, coupe sagittale de la région d'union des arceaux dorsaux des anneaux 2,3 et 5,4. Organe de stridulation. — B, fragment d'hypoderme vu à plat.

strate dure existe même à la surface des membranes articulaires dont, grâce à son extrême minceur, elle ne diminue pas la souplesse. Les strates suivantes, souvent nombreuses, sontd'abord d'un jaune foncé, tandis qu'elles sont peu colorées dans la région interne. Toutes ces strates chitineuses, la première exceptée, changent brusquement de nature, et deviennent, en particulier, très colorables par les réactifs, au point où elles passent à une membrane articulaire.

Les limites des cellules hypodermiques, indistinctes dans les coupes transversales, sont, au contraire, bien nettes dans les préparations colorées vues à plat (tig. 437, B),

Squelette de la tête. — Les anneaux qui constituent la tête sont tous soudés les uns aux autres d'une façon rigide, de manière que leur squelette constitue une capsule solide, de forme globuleuse (fig. 435 et 438). Le squelette chitineux forme, devant les ocelles et les yeux, des sortes de lentilles transparentes (fig. 438 et 451, A).

Les antennes qui, bien que ventrales, sont venues se placer au-dessus de la bouche, sont articulées dans le fond de logements abrités par deux saillies longitudinales appelées arêtes frontales.

Autour de la bouche, les membranes articulaires du labre, des mandibules, des maxilles et du labium se touchent de telle façon que ces parties peuvent être détachées, toutes ensemble, en laissant sur la capsule un grand orifice péribuccal à bords nets et renforcés.

Inférieurement, la capsule céphalique se rétrécit en

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