‹ Zoologie descriptive, anatomiehistologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 42 sur 89 · II · texte numérisé non relu

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î>02 ZOOLOGIE DESCRIPTIVE

//. Les grands sinus superficiels de la région des muscles du pied et du byssus, ou sinus intermusculaires ;

/. Les veines de la bosse de Polichinelle, qui se mettent en relation avec Torgane de Bojanus et la veine longitudinale postérieure ;

/. Les vaisseaux branchiaux, dont le sang provient des lacunes bojaniennes, pour se jeter ensuite dans la veine longitudinale antérieure, qui le ramène au coîur.

Préparation de 1 appareil circulatoire. — Pour mettre en évidence Tappareil circulatoire, il faut employer en injection une masse colorée et nous donnons la préférence aux masses solidifiables par refroidissement.

S'il s'agit d'injecter le système artériel, il faut ouvrir l'animal avec beaucoup de précaution , en cassant un fragment de la coquille au niveau du ligament, de manière à mettre progressivement à nu la région du cœur.

On peut alors pousser l'injection, soit par le ventricule, soit par l'intermédiaire de la grande artère palléale, dont nous avons indiqué plus haut la situation exacte.

S'il s'agit seulement d'injecter le système veineux et lacunaire, beaucoup moins de précautions sont nécessaires, et la masse au bichromate de plomb donnera de bons résultats. Il suffit de faire bailler la coquille en plongeant l'animal dans l'eau chaude et d'injecter par une des veines qu'on aperçoit sur la face interne du manteau, au milieu de la glande génitale, pour remplir les principaux sinus.

Appareil excréteur. — Organe de Bojanus (Néphridies), — Les reins ou organes de Bojanus ont une très grande importance dans l'organisation générale de TAcéphale.

Beaucoup d'auteurs y voient Thomologue d'une paire

d'organes segmentaires et les désignent sous le nom de néphridies.

Dans la Moule, ils constituent deux sacs allongés situés de chaque côté du pied et de la bosse de Polichinelle, et sont faciles à reconnaître à leur couleur foncée.

Ces sacs s'ouvrent à Textérieur, à peu près en leur milieu, par un petit orifice distinct de celui des organes ^ génitaux, ainsi que Ta établi depuis longtemps M. de Lacaze-Duthiers.

Von Siebold * avait décrit les organes urinaires de la Moule comme constitués par deux sacs, situés à la base des branchies et fendus dans toute leur longueur. M. de Lacaze-Duthiers^ a relevé cette erreur et a montré ce qui l'avait causée.

Elle est due à une fausse interprétation de la disposition générale de Torgane.

« Les vaisseaux sanguins, dit M. H. de Lacaze-Duthiers, qui rapportent le sang du manteau aux branchies, passent sur un plan inférieur à l'organe de Bojanus (rein). Entre chaque vaisseau, qui s'est comme détaché de la paroi du sac, sont des dépressions que Von Siebold a pris pour les replis internes de la substance glandulaire. Si l'observation ne suffisait pas à faire reconnaître Terreur, la présence d'une cavité dans la glande, l'existence d'un orifice excréteur viendrait confirmer cette manière de voir. »

Ils communiquent d'autre part avec le péricarde par un conduit, le couloir péricardique de Sabatier (fig. 547).

Ils établissent donc une libre communication entre l'extérieur et une partie séparée de la cavité générale, le péricarde.

* Voir Siebold. Manuel d'anatomie comparée.

* H. de Lacaze-Duthiers. Mémoire sui^ Vorqane de Bojanus. Annales des sciences naturelles, t. IV, 4* série, 1855.

Structure. — L'organe est constitué par un tissu spongieux, une véritable éponge sanguine; nous savons effet que le sang avant de retourner à la branchie, passe en grande partie par Torgane de Bojanus.

Le tissu conjonctif est rempli de sang et tapissé superficiellement par un épithélium cubique à cellules très

Fig. 530.

Coupe d'un fragment de l'organe de Bojanus de la Moule montrant les grosses cellules cubiques et le tissu conjonctif avec les globules sanguins.

caractéristiques ; ces grosses cellules renferment dans leur intérieur tantôt des granulations , tantôt des concrétions nombreuses.

Glandes péricardiques. — La paroi des oreillettes de la Moule a une teinte brunâtre qui est due à la présence de glandes spéciales qu'on désigne sous le nom de glandes péricardiques et qu'on doit considérer comme une annexe des organes excréteurs puisqu'on a constaté une excrétion d'acide hippurique.

Le rôle de ces glandes péricardiques n'est cependant

pas suffisamment établi pour qu'on puisse le définir avec une entière certitude.

Elles représentent, peut-être aussi, des glandes sanguines chargées de la formation des éléments figurés du sang.

Description des organes génitaux. — Les organes génitaux de la Moule n'occupent pas exactement la bosse de Polichinelle, mais se développent également dans les lobes du manteau, contrairement à ce qui a lieu chez la plupart des Acéphales.

Les sexes sont séparés, et s'il est impossible de reconnaître extérieurement les mâles et les femelles, il n'en est pas de même quand on entr'ouvre les valves.

La glande mâle a une teinte rougeâtre très prononcée ; la glande femelle, au contraire, a une teinte blanchâtre.

Malgré la disposition anormale des glandes génitales chez la Moule, il paraît facile de les ramener au plan général, en remarquant que leur point de départ est dans la même région que chez les autres Acéphales.

Les deux orifices excréteurs qui se trouvent placés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane semblent prouver que l'on a affaire à un organe pair, mais chez l'adulte la fusion est complète entre les deux organes.

Quoique les sexes soient séparés (exceptionnellement on a signalé des Moules hermaphrodites), on peut décrire de la même façon la disposition de la glande mâle ou femelle.

Elles occupent en effet, la même position relative et sont dépourvues de glandes annexes.

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Chacune des glandes originairement paires est une glande acineuse à caecums très ramifiés. Les diverses rami- , fications finissent par constituer un oviducte de chaque côté ; on les distingue par transparence dans l'épaisseur du manteau et de la bosse génitale. Chacun des oviductes vient s'ouvrir, ainsi que Ta signalé M. de Lacaze- Duthiers, par un orifice distinct, sur une papille commune avec Torifice rénal, du côté extérieur de la commissure viscérale.

M. de Lacaze-Duthiers* a mis hors de doute Texistence de deux orifices distincts pour le rein et les organes génitaux. « J'ai, dit-il, sur des Moules de forte taille, reconnu, au-dessous de la papille et en arrière d'elle, tout à fait à sa racine, un petit pertuis par où une injection a pénétré constamment et sans difficultés dans Tintérieur du sac. »

Développement. — Les Moules femelles évacuent directement les œufs avant la fécondation et ne les incubent pas entre les lamelles branchiale^ comme beaucoup d'Acéphales. La fécondation s'effectue librement dans l'eau de mer, les mâles laissent couler la semence sous forme de jets blanchâtres.

L'œuf se divise en deux sphères inégales et la segmentation est irrégulière dès l'origine. La plus petite sphère se divise rapidement en un grand nombre de micromères. La plus grosse sphère qui contient une forte proportion de vitellus nutritif contribue également à la formation des micromères et se segmente finalement en quatre

* Mémoire déjà cité sur l'organe de Bojanus.

ACEPHALES. LA MOULE

grosses cellules qui représentent Tendoderme prim Les micromères enveloppent peu à peu les grosses Iules, constituant ainsi une gastrula par épibolie. On peut cependant pas rattacher complètement à cette foi de gastrula, la gastrula de la Moule, car il se produil même temps une invagination des grosses cellules.

Nous avons donc pour la formation de la gastrula d Moule un type intermédiaire entre Fépibolie et la gasti par invagination.

Le mésoderme se forme à Taide de deux indices mi Mastiques, constitués aux dépens de l'endoderme dan voisinage du blastopore, qui s'est formé par l'invaginal des cellules de l'endoderme.

La gastrula s'organise en une larve ciliée, qui prése des caractères remarquables.

Presque à l'opposé du blastopore se constitue le v qui est à bord entier et non lobé et présente chez la Mo outre la couronne ciliaire, un long flagellum central.

En arrière du blastopore, s'invagine la glande coq Hère, dont l'étalement ultérieur donne naissance à d parties symétriques calcifiées, avec une zone médj représentant la future charnière.

La coquille paraît donc avoir une origine uni comme chez les Gastéropodes^ et les deux valves se a tituentpar le défaut de calcification sur la ligne médit

Au-dessous du voile on ne tarde pas à voir se fori une éminence, qui représente le pied et dans leque creuse une invagination ectodermique, la glande du 1 sus.

Enfin, lorsque les deux valves de la coquille se i

ZOOLOGIE DE8CKIPTIVE

ie manière à envelopper ranimai, on aperçoit par nce le muscle adducteur supérieur en voie de i. Cest ce muscle qui fait le premier son appa- ? fait est remarquable, car on sait que, chez la ilte, le muscle adducteur inférieur est beaucoup loppé. Les branchies font leur apparition de ùlé du pied, sous forme de petits mamelons it le développement a été spécialement étudié Lacaze-Duthiers.

loppement est direct et Ton ne constate pas chez les curieuses transformations que Ton observe rmes aquatiques telles que l'Anodonte ouTUnio, B (Glochidium) devient parasite dans la branchie )ns.

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