LA SÈCHE OFFICINALE
Sepia officinalis Linxk
Place de la Sèche dans la systématique. —
Céphalopodes se divisent en deux grandes sections, s( qu'ils ont deux ou quatre branchies. Ces derniers, Tétrabr anches, ne sont plus actuellement représentés par le seul genre Nautile, formé lui-même de la réui d'un très petit nombre d'espèces. Les premiers, Dihranches, comprennent par conséquent à peu pçès 1 les Céphalopodes que l'on trouve de nos jours dans toi les mers du globe. Ils sont caractérisés principalen par une couronne d'appendices dépendant du pied, surmonte la tète et porte des ventouses. Selon que appendices (que l'on nomme généralement les bras) i au nombre de 8 ou de 10, ces animaux prennent p dans l'une des deux divisions correspondantes des branches : les Octopodes ou les Décapodes.
Les Décapodes comprennent plusieurs familles peuvent être, sans trop d'invraisemblance, grouj
autour de deux formes fondamentales dont elles divergent plus ou moins; ce sont : le type Cslmaiv (Loligo) etletj-pe Sèche (Sepia).
Le genre Sepia, Tun des plus anciennement décrits scientifiquement, puisque Aristote en parle longuement dans son « Histoire Naturelle des Animaux », comprend actuellement une soixantaine d'espèces plus ou moins bien décrites.
La Sepia offlcinalis Linné est un des Céphalopodes les plus communs de nos côtes.
Synonymie. — On pourrait croire qu'il est de la plus grande simplicité de s'entendre sur l'animal que Ton nomme Sepia offlcinalis. Cette espèce, si facile 'à reconnaître pour un biologiste, devient au contraire à peu près impossible à déterminer lorsque l'on ne tient compte que des minuscules détails de la coquille décrits avec tant' d'insistance par les malacologistes. Faisant abstraction de ces vétilles, nous considérerons comme Sepia offlcinalis Linné, les S. Filliouxi Lafont, et S. Fischeri Lafont.
Habitat. Mœurs. — La Sèche officinale est un animal côtier que Ton ne trouve guère dans les fonds dépassant I 50 à 60 mètres. Elle se plaît surtout dans les prairies de
( zostères et sur les fonds vaseux ou sableux ; elle remonte
i: souvent jusqu'au bord de l'eau où l'on peut la voir, lorsque
[^ la mer est calme, circuler lentement en quête de sa nour-
l riture. Elle s'habitue assez bien à la captivité.
i^' On la pêche par divers procédés : au chalut, à la senne,
f; voire à la ligne. On arrive encore à capturer bon nombre
DEOAPODE. — LA SKCHE 511
de mâles lorsque ayant, au préalable, pris une femelle, on l'attache au rivage par une ficelle perforant le bout postérieur de la coquille ; les mâles, attirés de fort loin, sont faciles à saisir au havaneau. Dans certains pays on se sert d'uni morceau de liège taillé grossièrement en forme de Sèche sous lequel on fixe un morceau de miroir ; les Sèches sont attirées par le scintillement de ce flotteur et Ton n'a que la peine de s'en saisir.
Les Sèches se nourrissent presque exclusivement de coquillages et de crabes ; elles saisissent aussi fort adroitement les crevettes à la nage en déroulant brusquement vers elles leurs tentacules dont les ventouses rapportent à la bouche le produit de la chasse.
L'accouplement a lieu par l'entrelacement des bras du mâle et de la femelle placés bouche contre bouche ; les spermatophores passent pendant cet acte par le siphon du mâle qui les fixe, probablement avec celui de ses bras qui est modifié pour cet usage, dans la cavité palléale de la femelle ou encore dans un sillon labial particulier.
Orientation DE l'animal. — Nous considérerons toujours la Sèche placée la tête en haut et la face ventrale en avant ; cela revient à mettre en haut les bras grêles et devant soi la face du corps qui porte un organe tubulaire (le siphon) vers sa région médiane.
Coloration de l'animal. — Lorsque la Sèche est au repos, elle aune coloration générale grise ou brunâtre, uniforme ou marbrée, selon la nature du fond où elle se trouve. Mais, lorsqu'on l'irrite, on si elle a peur, la peau de son dos présente des bandes transversales alternativement
brun foncé et blanc. On voit alors apparaître vers le milieu du dos deux grosses taches rondes noires. La nageoire est toute parsemée de points blancs qui font suite aux zébrures blanches de la peau du dos. Ces mêmes taches se voient encore sur les bras ventraux. Elles sont beaucoup plus marquées chez le mâle que chez la femelle. Les tentacules et la face interne des bras sont blancs, de même que les ventouses ; la face inférieure de la tête et le siphon sont beaucoup plus pâles que le dos.
On remarque à travers la peau une coloration profonde irisée, d'aspect métallique, due à une couche particulière de cellules, les iridocystes.
Extérieur de l'animal. — On distingue dans une Sèche : les bras, la tête et le corps (fig. 5S1); ce dernier, de forme conique courte, a sa pointe en bas et, étant creux, présente en haut un vaste orifice évasé. L'énorme cavité que l'on aperçoit par cet orifice est la cavité palléale ; elle contient une série d'organes saillants et d'orifices et c'est là que viennent déboucher les principaux appareils de l'animal.
Le bord de l'orifice palléal est très flexueux ; sur le milieu du dos, une pointe saillante s'avance jusque sur le cou et le bas de la face dorsale de la tête, protégeant ainsi la nuque ; du côté ventral le bord du manteau s'abaisse et produit au niveau du siphon une légère dépression.
Le long des côtés de ce sac viscéral est disposée une nageoire périphérique soutenue par un cartilage, de 2 ou 3 centimètres de large , interrompue seulement à la pointe extrême du corps par une échancrure où l'on distingue sous la peau la saillie d'un tubercule solide; chez
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d'autres espèces de Sepia il est plus long et forme alors
Fig. 551.
Sèche, de grandeur naturelle, vue de dos (d'après Jatta).
iV., nageoire. — Br., bras. — O , œil. - T., tentacule. Le tentacule gauche eft sorti tandis que le droit, est roulé dans une poche qui fait saillie sous la peau au-dessus de l'œil droit.
une pointe aiguë ; c'est Textrémité du squelette calcaire
OU sépion. La nageoire , fortement musculaire , sert à ranimai, qui la fait onduler, à se déplacer lentement en avant ou en arrière.
La tête est très grosse, en partie enfoncée dans la cavité palléale, où elle est solidement attachée contre la face dorsale par des muscles et des ligaments puissants. Sa forme générale est quadrangulaire avec des angles mousses ; elle surmonte un cou plus étroit qui supporte, du côté ventral, le siphon ou entonnoir et ses parties latérales accessoires. Les côtés de la tète sont occupés par les yeux gros, saillants, recouverts par la peau, fendue à leur niveau par un large orifice palpébral. L'ensemble de la tête est aplati, de sorte que le diamètre dorso-ventral est environ moitié moindre que le diamètre transversal. La nuque et la face dorsale du cou s'appliquent fortement, au moyen d'une surface cartilagineuse lisse, contre une surface de même forme occupant le sommet du dos de la paroi palléale ; la nuque porte une saillie verticale en forme de crête entrant dans un sillon correspondant du dos. Le squelette osseux n'est séparé de ces surfaces adhésives que par une mince membrane.
Bras. — Sur la tête repose la couronne des bras disposés autour d'un grand orifice circulaire qui est la bouche entourée de ses lèvres multiples. Les bras sont de deux sortes: il y en a d'abord huit, portant sur toute leur longueur, mais d'un seul côté, des ventouses nombreuses sur plusieurs fjles longitudinales. La section de ces bras est sensiblement triangulaire. Il y en a ensuite deux autres beaucoup plus longs, ne portant de ventouses qu'à leur extrémité distale, ce sont les tentacules. Tandis que les bras ne