II
OÙ il constitue une pointe saillante, le rostre (fîg. 566L,
V et D, r.).
:2o Une face ventrale convexe en haut, concave en bas (tig. 566, V) , à région supérieure lisse peu solide, facile à entamer avec Tongle.
La moitié inférieure présente de nombreuses stries parallèles ondulées, mar- (luant la limite des couches d'accroissement (fig, 066 et o67,s.,V);
3° Une zone marginale cornée, faisant tout le tour de la coquille ; étroite en haut, beaucoup plus développée en bas, et doublée par une lame dite plaque interne formée de plusieurs couches (fig. 565 et 567, pi).
Une sorte de bourrelet limite le tiers inférieur de la région lamelleuse, c'est la fourchette (/.) ; elle recouvre une toute petite fossette médiane, la cavité siphonaley homologue d'un organe
Fig. 567.
Coupes dans l'os de Sèche (d'après Afpelloff). La figure de gauche est une coupe transversale vers le tiers inférieur. La ligure de droite, en haut, est une coupe longitudinale médiane passant par le rostre. La ligure de droite en bas, montre le détail des lamelles à un très fort grossissement.
p. \,p.i,p.^, plaques exlcnie, raojenne, inlernc. — y>., piliers. — «., scplum. — /"., fourchette. — c. «., cavité si phonale. — /*., rosti'c. — ch., chitine. — 6., bord inférieur de la coquille.
beaucoup plus développé chez d'autres Céphalopodes (fig. 566 et 867, c. s.). Sur des coupes transversales (lig. 567 à gauche) ou mé-
DÉCAPODE. — LA SÈCHE 533
dio-longitudinales (Ug. 567 à droite) on reconnaît que la partie calcaire est formée de cloisons concentriques (septà) (s.) superposées, soutenues par des trabécules calcaires radiaux, les piliers (fig. 567, p.). Ces diverses couches participent d'une façon assez compliquée à la constitution du rostre (fig. 567 à droite). Tout ce calcaire, très léger, forme un corps poreux rempli de gaz qui est, pour les 97 centièmes, de l'azote et pour le reste de l'acide carbonique ou de l'oxygène.
L'os sert donc à la fois de flotteur, de squelette protecteur des viscères, et d'insertion pour les muscles.
Fig. 568.
Crâne cartilagineux. - ^H,^ antérieure (ventrale) de la "^ base du crâne cartilagineux de
Entre la cupule qui ren- la Sèche.
ferme le bulbe buccal et le ^- c, capsule cérébrale. -a/., aileron
ventral. — c. o., cupule optique. — tr.,
sommet de la voûte de la trous inférieurs. - Oj.,otocy8te- «.
op..^ nerf optique, — c.d., cartilage dorsal.
cavité viscérale est intercalée une région solide, bombée, vésiculaire, creusée d'une chambre centrale anfractueuse dans laquelle est enfermé le groupe des centres nerveux (fig. 568). C'est la partie solide de la tête ; elle consiste en une masse de cartilage hyalin, tout à fait analogue à celui des Vertébrés, formé de substance amorphe vitreuse où sont disséminées des cellules à prolongements étoiles rameux.
Cette boîte cartilagineuse moule très exactement les ganglions nerveux : du côté du dos les cérébroïdes (fig. 569, G. C.) ; du côté du ventre, les ganglions pédieux II. 34..
iscéraux (lig. 569, G. péd; G. vis). Dans T épaisseur de e paroi ventrale sont creusées les olocystes à surface ractueuse (ot.).
e crâne se continue, de chaciue côté, par une grande
Jfped C.b
Car
Fip:. 569.
Coupe sagittale de la région céphalique iiionlrant le crâne
cartilagineux et ses rapports avec les centres nerveux.
h., oîivil^ bulbaire. — //. A., ganglion bulbaire. — /. d., lamelle dorsale. — . f'/'., carlilage C(''n^bral. — (i . C, ganglion cérébroïde. — Œ", œsophage. — . vis., cartilage visct^ral. — Ot., oloc\sle. — (i. r/«., ganglion viscéral.— Cf. . ganglion pi'dieuv. — Cart . péd.., cartilage pMicux. — A. V., aileron ventral. '. pi'd.^ nerfs pédieux.
>ule (fig. 568,C 0.,) en forme de cuiller à concavité supéure qui supporte les yeux. De petits appendices lobés sont es, ventralement et dorsalement, dans la paroi de la ité péribulbaire (fig. 568, al., et fig. 569, A. V). Divers us permettent le passage des nerfs et des vaisseaux. ]es cartilages donnent insertion à de puissants muscles, ncipalement à ceux des bras et des tentacules, et aux
DKCAPODE. — LA SÈCHE 535
rétracteurs de la tête ; Tœsoph traversent la cavité crânienne de part en part.
Tube digestif. — C'est un appareil très perfectionné par suite de la complexité de ses parties et de la répartition dans une série d'organes parfaitement distincts et séparés des fonctions qui, chez presque tous les autres Invertébrés, sont réunies dans un seul organe, gn
11 se compose des parties suivantes : la bouche (fig. p 570), le bulbe buccal (/?. 6.), Tœsophage (œ.), l'intestin ^- ^ antérieur (/. a.), l'estomac broyeur (£*. 6.), l'estomac spiral (E, s.), l'intestin poS' iérieur (/. jo.), l'anus (a.), près duquel débouche le ^ •canal du noir. Cette série l( •est complétée par des glan- ^ des annexes : les glandes gian salivaires (G, 5.), le foie (F.) intei
ston
le pancréas (P.) et la poche e.i
. lie (
du noir. créa
tiqu(
Bouche, — L'orifice buccal se trouve exactement au cer
chiale; il est circulaire et laisse apercevoir les deux pointes des mandibules noires cornées dont la ventrale recouvre la dorsale.
L'orifice est entouré par plusieurs replis membraneux
qui fixent la masse buccale à la base des bras ou servent de lèvres préhensiles.
On remarque d'abord une < grande membrane à bords
festonnés (fig. 5o2, 553) se rattachant à la base des 2 bras. Les pointes des fes-
tons, plus ou moins découpées, sont ainsi placées :
Tune impaire entre les deux bras dorsaux ; une entre le premier et le second bras de chaque côté ; une autre entre les troisième et quatrième bras également de chaque côté. Entre les deux bras de la paire ventrale, cette membrane est un peu différente, selon le sexe.
Chez la femelle (fig. 553) elle renferme deux gros tubercules charnus, lenticulaires, juxtaposés, recouvrant une vaste poche comprise entre cette lèvre et le bulbe ; elle joue un rôle particulier dans la reproduction. Chez le mâle (fig. 552) la membrane est plus mince, basse, profondément échancrée et ne limite qu'une cavité peu développée. Chez la femelle toute cette grande membrane
Fig. 571.
Le bulbe buccal dont la paroi a été fendue sur la ligne médiane dorsale pour montrer les mandibules en place.
C, membrane labiale attachant le bulbe au pourtour de la cavité péribulbaire. — A., Lèvre papilleuse. — M. V., mandibule ventrale. — M. />., mandibule dorsale.
DEGAPODE. — LA SÈCHE 537
péribuccale est, surtout sur ses bords, frangée, plissée et papilleuse ; chez le mâle elle est beaucoup moins accidentée et presque lisse. Au centrft dp rpffp inpmhranp nua l'on peut comparer à un parapluie, on voit les deux lèvres proprement dites qui circonscrivent Torifice buccal; l'une externe (fîg.57i , C), à peu près lisse, très légèrement denticulée sur son bord libre, se continue par sa base avec la précédente ; l'autre interne (fig. 571, Z.), charnue, est toute couverte sur son bord de papilles cylindriques char nues, et vraisemblablement gustatives.
Bulbe buccal. — Cet organe, extrêmement dur, de forme ovoïde à pointe inférieure, occupe une cavité creusée entre la base des bras qui en forme les parois. Le crène cartilagineux en constitue le fond (fig. 569). Le bulbe y est maintei brane péribuccale (fig. 571, C.) musculaires obliques ou vertical paroi de sa loge. En outre, un enfermant plusieurs organes, Tatt de cette cavité. Ces diverses nap
ZOOLOpIE DESCRIPTIVE
'ensemble du bulbe buccal des mouvemenls de
ion, de rétraction et de rotation autour de son
ical.
Ibe est complètement enveloppé d'une aponévrose ;
ndant sur la ligne médiane dorsale (fig. 571), on
, en écartant les paquets de fibres musculaires, le
% mandibule dorsale (M, />.), qui se trouve comme
rig. 573.
ofil des mandibules de Sèche. A gauche la mandibule ventrale, à droite la mandibule dorsale.
itre les deux lobes latéraux de la mandibule ven- , V.).
intenant on coupe ces masses musculaires laléis si Ton extrait la mandibule dorsale après avoir 5 ailerons de la mandibule ventrale, on découvre
centrale du bulbe et les organes qui y sont con- 'est ce que représente la figure 572. La grosse n forme de chou-fleur, que f on y voit couchée ians une gouttière, est la langue {Lg.). Au-des- 2dula {rad.)^ portée sur une saillie arrondie, suriux longues lèvres charnues séparées par un sillon
qui n'est autre chose que Torigine de l'œso- -.a langue, la radula et les lobes œsophagiens, dans la gouttière de la mandibule inférieure sont ts par la gouttière correspondante de la man-
DÉCAPODE. LA SÈCHE 539
dibule dorsale; ils occupent ainsi Taxe même du bulbe. Les muscles (lig. 572, m.) puissants du bulbe font mouvoir les mandibules coupantes, agissant comme une pince
O.sl. t.
œ. Cf. rv.
Fig. 574.
Coupe sagittale du bulbe buccal d'une Sèche.
I(j., langue. — /.Jdvrc. — »n./., mandibule inférieure.— m. s., mandibule su\i6ricure. — o»., œsophage. — rad.^ radula. — c. l'ad., cartilage radulaire. — /*., réservoir de la glande sous-radulaire. — o. >\, canal de laglande sous-radulaire. — o., orifices secondaires de la glande sous-radulaire.— r/. s., >*., glande salivaire sous-radulaire. //. n., ganglion nerveux. — ffl.s. /., glande salivaire sub-linguale. — o.«/., orifice du canal de la glande salivaire abdominale. — p. s.r., poclicsus-radulaire. — »»., muscle.
et pouvant par leur pointe déchirer les proies qu'elles saisissent. La plus longue, à Tinverse du bec des perroquets auquel elles ressemblent, est ventrale et recouvre
ointe de la dorsale. La figure 573, mieux qu'une deslion, montre l'aspect de ces mandibules.
idida. — Elle est assez courte; le tubercule qui la )orte (lig. 57:2 et 574, c. rad.) logé entre la langue {e.) jesophage (œ.), est limité par deux poches, lune auus, Fautre en dessous dans lesquelles s'enfoncent ses : extrémités. Dans la poche dorsale {p. s. r.) débouche mal d'une glande salivaire {or.), La radula se com-
Fig. 575.
IX rangées de dents de la radula de la sèche (d'après Jatta).
de nombreuses séries parallèles de dents pointues liane, latérales et marginales). Les cinq moyennes
plus petites que les deux extrêmes de chaque série, peuvent se rabattre par-dessus les autres et les recouen partie. Elles sont de couleur jaune et reposent m ruban incolore, solide, rigide, mû par une couche uscles terminaux et sous-jacents. Du côté dorsal cette la se trouve enfermée dans une sorle d'étui carlilagi-
{ï\^. 576, G.)\ elle y est repliée de façon que les deux s de son ruban se touchent, ce qui la transforme en ylindre fendu selon une génératrice. C'est à cette exité que se forment lés nouvelles séries de dents de placement. Au point où il fonctionne, le ruban, sortant
gouttière (fig. 576, R. et.), s'étale sur la surface con-
DECAPODE. — LA SECHE
Két
vexe du cartilage de support et les dents se trouvent ainsi saillantes. La membrane dentifère repose sur une lame musculaire roulant sur le cartilage en gouttière ; à ses deux extrémités sont insérés des muscles (fig. 576, 3/i, M^ surtout dans le sillon dorsal ; la contraction de celui-ci entraîne la radula dans la gouttière cylindrique ; au contraire, la contraction des libres ventrales l'en fait sortir, et, rappliquant sur le cartilage convexe, force les dents à faire saillie.
Œsophage. — En quittant le fond de la gouttière bulbaire rœsophage pénètre à travers la face supérieure du crâne dans le cerveau (fig. 569), qu'il traverse, entre le ganglion cérébroïde d'une part et les ganglions viscéro-pédieux de l'autre. Il sort par la face opposée du crâne, en compagnie du canal des glandes salivaires.
H.ét.
Fig. 576.
Ueprésentation schématique du mode de fonctionnement de la radula chez la Sèche.
H. et., ruban dentifère étalé. — J{.
p., ruban dentifère plié dans la gouttière. — G., gouttière cartilagineuse.
— M. [, muscle rétracteur. — M. i, muscle prolracteur. La figure supérieure représente le cartilage radulaire et le ruban dentaire vus de profil . La. figure inférieure est une sectioji transversale des mêmes organes.
Intestin antérieur. — Il descend, à la suite de l'œsophage, verticalement, dans la cavité abdominale (fig. 570, /. a,) ; il est un peu plus large que l'œsophage, mais présente le même calibre sur toute
5i2 ZOOLOGIE DESCRIPTIVE
sa longueur, dififérant en cela d'autres Céphalopodes qui portent, annexé à leur œsophage, un jabot souvent de vaste capacité. Cette portion de l'intestin est limitée à ses deux extrémités par un léger étranglement, de quelques millimètres de long. La muqueuse est lisse, mais à Textrémilé inférieure elle commence à se plisser au moment d'entrer dans Testomac, et, de plus, elle prend dans son épaisseur de nombreuses fibres musculaires que Ton verra se développer considérablement dans la portion suivante du tube digestif.
Estomac. — L'intestin antérieur après son rétrécissement terminal se dilate en une région conique à parois minces plissées intérieurement. Elle aboutit à une grande poche, Y estomac broyeur {i\^. STO^f". 6.), de forme arrondie, dont les parois sont musculaires.
Ses muscles sont disposés en un anneau presque complet, plus épais en certains endroits, soulevant la muqueuse (fig. 577) en une série de fortes crêtes, en continuité par leur extrémité avec celles de l'intestin antérieur. Elles partent de l'orifice cardiaque et sont disposées comme les lames du feuillet des ruminants. L'épaisseur de la couche musculaire de cette poche donne à supposer qu'elle joue un rôle analogue à celui d'un gésier.
A côté de l'orifice cardiaque se trouve le pylore, qui donne accès dans une sorte de vestibule où s'ouvrent en même temps le cardia, l'estomac spiral et l'intestin postérieur (fig. 577).
V estomac spiral a la forme d'un cône courbe dont l'axe décrit une portion de tour de spire ; chez les Octopodes la spirale est beaucoup plus accentuée. Sa surface
DÉCAPODE. — LA SÈCHE 543
interne est tapissée de très nombreuses lamelles, fines et transparentes qui résultent de lépanouissement en éventail des deux lèvres épaisses d'un sillon profond remontant tout le long de l'intestin terminal (fig. 577). Non loin du pylore, on remarque quelques bandelettes musculaires.
Fig. 577.
L'estomac de la Sèche ouvert pour montrer ses rapports.^
o?0. œsophage. — i., intestin. — s., sillon delà muqueuse. — p., terminaison du canal pancréatique près du fond de l'estomac spiral. Le pylore est entre les deux poches.
Sous la pointe recourbée du cône vient s'ouvrir le canal hépatico-pancréatique {p.) par un orifice entouré de replis de la muqueuse.
Intestin terminal. — Il naît au-dessus du pylore {^\^, 577, î.), remonte verticalement, puis se recourbe en une boucle complète {ïi^. 570), gagne la ligne médiane ventrale de l'abdomen sous la poche à encre et vient finalement s'ouvrir à l'anus (^4.) situé sous l'entonnoir. La paroi du rectum est épaisse, musculaire, pourvue de nombreuses crêtes muqueuses longitudinales, dont deux
byG00gl(^
juxtaposées plus importantes proviennent de Testomac
spiral (fig. 577, s.).
L'anus est entouré de quatre lèvres, les deux, antérieure et postérieure, triangulaires et peu élevées, et les deux latérales en forme de feuille plate portée sur un pédicule grêle (flg. 578).
La poche du noir vient s'ouvrir tout près de cet orifice entre les lèvres anales, sur la face postérieure.
Fig. 578.
Une des deux lamelles foliacées latérales qui entourent l'orifice anal (d'après Brock).
Glandes salivaires. — On trouve chez la Sèche plusieurs glandes salivaires dont la forme, la situation, la structure histologique et le rôle diffèrent.
Glandes salivaires intra-hulhaire$.
— A. Sur la face ventrale de la langue, on trouve une glande sublinguale (fig. 574, gL s. l.). Elle se compose d'un grand nombre de petits culs-de-sac s'ouvrant directement dans l'espace compris entre la face ventrale de la langue et la mandibule inférieure (m. «.). C'est une modification de l'épithélium de la cavité buccale qui s'est fortement plissé et dont les cellules sont devenues caliciformes. Leur tiers inférieur contient le protoplasma avec le noyau, tandis que le reste est plein de granulations relativement grosses que l'on colore vivement par l'hématoxyline ; elles constituent sans doute le principe actif de la salive de cette glande.
B, Une autre glande salivaire, plus importante que la précédente par sa masse, est enfouie dans les tissus de
DECAPODE. — LA SECHE 545
la région centrale du bulbe buccal ; c'est la glande sousradulaire (fig. 574, g.s-.7'.). Elle cor quement et morphologiquement, à que Ton trouve, chez les Octopodes buccal. Elle est formée de deux moitiés symétriques et très lobées. Ses produits se déversent dans le bulbe par des orifices multiples ; la figure 574 en représente quatre médians œsophagiens (o.) ; un autre est situé au bout d'un assez long canal, embryologiquement le principal (o7\)^ qui débouche dans le sac radulaire et présente un petit réservoir ventral (r.). Les cellules sécrétantes sont caliciformes , en cornet aigu, contenant des masses rondes de mucus (fig. 579).
Glandes salivaires abdominales. — Elles occupent le plafonc raie (fig. 570, G. s,) et sont appliqué la face inférieure du cartilage cépl fixées par une forte épaisseur de cune d'elles a sensiblement la forr d'une amande (fig. 580 et 581); ue issue à un canal (C. S.) qui, se réi nère du côté opposé, forme un seu avec l'œsophage, toute la tête po bulbe buccal par la base, et venir
pointe de la langue (fig. 574, O. si.), au milieu des fines papilles qui la couronnent. Le canal a le même diamètre dans toute son étendue.
La circulation artérielle est remarquable par rétroitesse des vaisseaux afférents (fig. 30, f. f'.). Les quelques artères
Fig. 580.
(jlandes salivaires abdominales et leur circulation artérielle.
(), aorlc. — /". f\ art^TÎoIes glandulaires. — G. 5, masse glandulaire. — G. S., canal salivairc. — »j, m\ artères bulbaires. — 0\ O", artères primitives.—;', artère brachiale. — //, //, artères de la paroi abdominale.
salivaires que l'on observe, sortent soit du tronc principal de Taorte (0), soit de l'un de ses rameaux primaires du voisinage {g). Le tissu conjonctif forme une gaine serrée qui limite un sinus sanguin périglandulaire, d'où partent des veines superficielles dont les troncs principaux suivent les arêtes de l'organe avant de se rassembler autour du hile dans une sorte de petit réservoir (fig. 581, a, fl'),ori-
DKC APODE. — LA SKCHE
ginede la veine efiFéreii le principale (s) qui rejoint la veine abdominale (e). Sur des coupes de glandes injectées, on peut constater que les artères se déversent à plein canal entre les acini salivaires qui baignent ainsi dans le sang. L'étude histologique montre l'existence exclusive dans
Fig. 581.
Circulation veineuse des glandes salivaires abdominales de la Sèche.
r, grande veine. — a, a\ réservoirs veineux du liile de la glande. — c, c\ veines ramenant le sang de la paroi de la cavité abdominale. — C S., canal salivaire. — «., veines efférentes des glandes. - e, veine abdominale. — d, veine accessoire de la glandp droite.
les culs-de sac glandulaires des cellules muqueuses caliciformes en cornet renflé vers le haut, pourvu d'un orifice un peu plus étroit et rempli de boules de mucus parsemées de fines granulations. Ces glçindes sont constituées par des tubes indéfiniment dichotomiques, recouverts en dehors, surtout vers le fond des culs-de-sac, d'une couche de fibres musculaires annulaires, dont les
byGOOgl^
:m8 zoologie descriptive
mntractions doivent contribuer à chasser vers lorilice lés produits de la sécrétion.
Foie. — Le foie (lig. 570, F.) est une grosse masse de couleur brun clair, constituée par deux glandes symétriques juxtaposées et indépendantes sur presque toute leur longueur; une rainure profonde, où sont logés l'œsophage et Taorle, les sépare sur la ligne médiane dorsale.
Cetle masse hépatique, lobée par quelques sillons superficiels, est enfermée dans une capsule conjonctive que traversent, vers le milieu de la glande, les deux artères afférentes et, plus bas, ses deux conduits excréteurs hépalico-pancréatiques. Ces derniers quittent la glande sur une proéminence située vers son tiers inférieur.
La face dorsale du foie est directement apphquée (!ontre l'os ; sa face ventrale est adhérente à la capsule urinaire postérieure ; son sommet est directement en contact avec la paire de glandes salivaires abdominales.
Le foie sécrète un liquide contenant un ferment qui paraît comparable à la trypsine, mélangé à une diastase.
Pancréas. — Parmi les viscères abdominaux, dans la région sous-hépatique, on trouve une foule de villosités arborescentes (lig. 570, P.), qui, au premier abord, se ressemblent toutes, d'autant plus qu'elles sont toutes renfermées dans les sacs urinaires. Un examen approfondi montre que les unes, plus antérieures, sont fixées sur les gros troncs veineux, tandis que les autres, postérieures, sont des dépendances des conduits hépatiques et
DÉGAPODE. — LA SÈCHE 549
plongées dans le sac urinaire dorsal. Ces dernières sont le pancréas.
Cette glande est essentiellement formée par des villosités arborescentes, dont chacune, par un conduit filiforme, déverse ses produits dans le canal excréteur hépatique.
L'histologie en est trèssimple ; un épithélium cylindrique assez élevé tapisse l'intérieur ; il repose sur une mince membrane conjonctive et vasculaire ; le tout est enveloppé par l'épithélium péritonéal assez bas.
L'ensemble de la glande forme deux longues grappes flexueuses qui descendent, en contournant le cœur et l'estomac, depuis le foie jusqu'à l'estomac spiral, où elles aboutissent dans la courbure, un peu au-dessous de sa pointe (fig. 570 et 577). Quelques follicules glandulaires se trouvent, en ce point, insérés directement sur la paroi stomacale, autour de l'orifice du canal. Les deux conduits sont indépendants sur presque toute leur longueur ; ils se réunissent plus ou moins près de l'orifice stomacal.
Le liquide pancréatique contient un ferment qui saccharifie l'amidon cuit.
Poche DU noir. — Cet organe se trouve situé directement sous la peau argentée qui recouvre les viscères abdominaux, en dessous des branchies. Après avoir enlevé cette membrane, on la voit comme une ampoule piriforme à col supérieur très allongé, se diriger vers l'anus où elle s'ouvre en arrière après avoir contourné le rectum. Elle est elle-même enveloppée d'une membrane argentée à travers laquelle on distingue la teinte noire de son contenu.
L'organe se compose d'un grand réservoir supérieur à parois lisses (fig. 582,jRés.) dans lequel s'accumule le pro- II. 35..
byGoC
t que la glande, qui est située en bas {gl. c), y verse par j^ un petit orifice (O.G.). Toute
cette portion glandulaire est constituée par de nombreuses lamelles (Z.p'/.)plissées en tout sens, dont l'épithélium sécrète la matière noire. Une partie spéciale de la glande {gl, c), en forme de cône à pointe supérieure, n'est pas colorée on noir comme les lamelles qui Tentourent ; c'est là que se forment les nouvelles lamelles épithéliales destinées à remplacer celles qui sont usées.
L'encre, sécrétée par des cellules caliciformes (fig.
o82j, est une matière d'une extraordinaire puissance de coloration ; il suffit de quelques milligrammes pour colorer plusieurs litres d'eau.
Contenue dans le réservoir elle se présente sous l'aspect d'un liquide très épais, sirupeux, formé d'une infinité de granulations exces-
ment petites en suspension dans une sorte du mucus.
a Sèche utilise son encre pour troubler l'eau quand
Fig. 582.
le du noir de la Sèche en upe longitudinale (d'après Gid). a droite deuxcellules glanilaires de la membrane épiéliale sécrétant le noir. A gaue section schématique de la che et de la glande du noir.
anus. — S. s., sphincter supérieur.
, «., orifice du noir. — a., ampoule.
.p.. sphincter postérieur. — R, rec- —lit'S.. réservoir. — O.G.. orifice de inde. — Z., lames glandulaires. — ., glande centrale. — «., nodosité ieure.
DEGAPODE. — LA SÈCHE 551
elle veut masquer sa fuite devant un ennemi qui se trouve ainsi aveuglé par le nuage noir au milieu duquel il ne peut plus s'orienter et derrière lequel la Sèche, devenue subitement incolore par la fermeture de ses chromatophores, s'échappe en faisant un habile crochet. C'est en mêlant quelques gouttes de son encre à l'eau qu'elle projette violemment par son siphon qu'elle utilise ce curieux moyen de défense.
Appareil circulatoire. — La description de cet appareil sera très succincte, car on trouvera de nombreux renseignements complémentaires à propos des divers organes.
Le cœur est formé d'un ventricule ovoïde allongé, recourbé en croissant, situé vers le milieu de la masse des viscères; il reçoit le sang de deux grosses oreillettes, ayant à peu près la même forme que lui (lig. 583, Or.), qui ne sont que les dilatations des vaisseaux efférenls des branchies. L'une débouche dans le ventricule un "peu au-dessus de l'autre. Ces diverses poches sont musculaires et contractiles, et l'on trouve, à l'intérieur, des valvules au point d'entrée des oreillettes dans le ventricule.
Ce cœur est enveloppé par une portion de la poche péricardique dont il sera question plus loin. Il se continue directement en haut, après un léger rétrécissement contenant une valvule, par une grosse aorte (aorte céphalique, Ao, c, fig. 583) à parois épaisses qui monte vers la tête, sous la coquille dorsale. Elle donne en chemin des artères qui se rendent au foie (fig. 570), à l'intestin, à ses annexes et au manteau. Au niveau de la base du crâne cette aorte se divise en deux branches dont les rameaux principaux
byGoOgIgl
se dirigent vers Taxe des dix bras, qu^ils parcourent dans toute leur longueur ; ils donnent en outre des branches (dont certaines traversent le cerveau entre les ganglions pédieux et viscéraux) qui vont aux organes des sens, au crâne, au bulbe buccal (Tig. 580), etc.
De la partie inférieure du cœur sort une autre aorte
Ao.c.
Or.....
Aar.post.'
Fig. 583.
Cœur de Sèche (d'après Brock}.
A. a, aorte antérieure. — Ao. c, aorte céphalique. — Aor. post., aorte postérieure. art. gén., artère génitale. — Or., oreillettes.
plus petite (aorte abdominale ou postérieure) qui se ramifie dans les organes génitaux, la peau et les muscles de la région postérieure du corps.
•De la région médiane du ventricule partent deux artères plus petites. Tune supérieure (^4. a.), l'autre inférieure allant aux organes génitaux (fig. 583, art, gén.).
Les contractions du cœur sont très énergiques ; elles chassent un sang coloré en bleu par de Vhémocyanine (homologue cuivrique de l'hémoglobine ferrique des Ver-
DÉGAPODE. — LA SÈCHE 553
lèbrés), contenant des globules nombreux, et pouvant, une fois extravasé, se prendre en un caillot transparent. Les organes contiennent enfin un riche réseau de capillaires et de lacunes veineuses.
Le système veineux est formé de veines et de sinus. L'organe veineux central est constitué par un gros vaisseau superficiel, sous-cutané, ventral, s'étendant depuis le siphon jusqu'au niveau du ventricule. C est Isi grande veine, veine céphalique, ou veine cave supérieure (fîg. 589 et 590, F. c.). En bas elle se bifurque et dans la fourche vient aboutir la veine abdominale ou veine cave inférieure (fig. 590, V. ab.); chacune des deux branches de la grande veine reçoit d'autres vaisseaux provenant du manteau, de la région génitale et postérieure du corps. Tous ces gros troncs veineux fusionnés et pour la plupart contractiles se dirigent vers la base de la branchie correspondante, où ils pénètrent après avoir traversé une double masse glandulaire partiellement contractile, appelée cœur veineux. (Voy. aux chapitres spéciaux la description de ces organes.) En outre ces veines centrales se recouvrent de villosités (fig. 589 et 590) externes qui ne sont autre chose que les organes urinaires qui seront étudiés plus loin.
La grande veine médiane provient d'une sorte de sinus annulaire péribulbaire dans lequel viennent se jeter les veines provenant des bras où elles collectent le sang sur la face ventrale. Les veines diverses provenant des organes céphaliques profonds ou superficiels ainsi que des viscères du voisinage se rendent également dans ce sinus. D'autres lacunes veineuses, plus ou moins nettement délimitées, entourent les viscères abdominaux et commu-
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niquent en haut avec le sinus annulaire, en bas avec les veines afférentes branchiales.
Appareil respiratoire. — Lorsque Ton ouvre la
Fig. 584.
Deux lames branchiales de Sèche écartées pour montrer
leurs insertions.
Af., vaisseau afférent braucliial. — £/., vaisseau efférent branchial. — La, vaisseau afférent de la lame branchiale. — Ze, vaisseau efférent de la lame brauchiaie. — y..//., lame branchiale plissée, — PL u, vaisseaux afférents des plis pectines. — Vrt. vaisseaux nourriciers de la branchic. — /?., glande branchiale. — Tr., trou branchial.
cavité palléale de la Sèche, on voit, de chaque côté, deux grands organes en forme de panache , insérés vers le
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milieu de la masse des viscères, et rattachés à la paroi externe du manteau chacun par une bride membraneuse disposée comme une charnière (fig. 561, 72. Br.). Ce sont les branchies. Elles ont la forme générale d'une pyramide, approximativement triangulaire, à sommet supérieur
Fig. 58o.
Schéma de la disposition des parties de la branchie
et des principaux vaisseaux branchiaux de la Sèche.
Mômes lettres que dans la figure ci-dessus et de plus.
JV., nerf brancliial. — (h\, oreillette. — C. V., cœur veineux. — Tr. O.p., tronc
brancliio-palléal.
placé sous les clapets latéraux de l'entonnoir par où entre l'eau. L'arête antérieure que l'on voit dès en ouvrant la Sèche est occupée par un gros vaisseau blanc (lig. 561, V. ef.), d'où partent, alternativement de chaque côté, des branches plus fines, au nombre de 40 à 50 ; cela est à peu près disposé comme la tige et les barbes d'une plume. Ce vaisseau emporte le sang devenu artériel vers le cœur et
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se continue par roreillelte (fig 585, Or.) correspondante. Quand on dissèque la branchie, on trouve sous ce vaisseau, parallèlement à lui, un autre gros tronc (fig. 584 et 585, A. /*.), qui se ramifie de la même façon (Z. a.), c'est le vaisseau veineux qui amène à la branchie le sang n'ayant pas encore respiré. Sous chaque vaisseau efférent [L. e.) est tendue une lamelle triangulaire {L, B.), dont le bord opposé est suivi par un vaisseau (L, a.), veineux, symétrique, partant du tronc afférent (A. /".). Cette lamelle est l'élément branchial; elle n'est pas plane, mais fortement plissée transversalement, de façon à augmenter beaucoup la surface respiratoire. Chacun de ces petits plis reçoit un petit vaisseau du tronc afférent lamellaire (PL V.) et des capillaires portent dans un vaisseau efféçent semblable le sang hématose. La lame branchiale est donc formée de deux systèmes de vaisseaux symétriques qui s'engrènent comme le feraient deux peignes dont on aurait enchevêtré les dents.
L'espace compris entre les deux gros troncs afférent et efférent de la branchie est occupé par un trou (fig. 584 et 585, 7V.) longitudinal que suit encore un tronc nerveux important (N.).
La surface respiratoire constituée par l'ensemble des lames branchiales plissées est considérable et peut être évaluée, dans un animal de moyenne taille, à 900 centimètres carrés.
Il résulte des dispositions qui viennent d'être décrites que les vaisseaux efférents, remplis de -sang artérialisé, occupent les crêtes superficielles de la branchie et des lames qui la composent ; au contraire, les vaisseaux veineux afférents sont dissimulés dans la profondeur de
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DECAPODE. LA SECHE 557
Torgane et presque totalement invisibles à la surface.
Mais cet appareil vasculaire n'est pas le seul que l'on trouve dansla branchie ; il y en a un autre dont la fonction est de nourrir les tissus propres de cet organe. Il se compose d'un système de veines (flg. 584 et 585, v. n.) qui partent des troncs afférents veineux et se répandent soit dans les divers tissus branchiaux, soit surtout dans une grosse glande que Ton a jadis comparée à une rate (R.) située dans l'épaisseur de la membrane qui, comme une charnière, attache la branchie au manteau. Tous ces petits vaisseaux particuliers de la branchie qui, n'ayant pas traversé le tissu respiratoire proprement dit des lamelles contiennent par conséquent du sang n'ayant pas, théoriquement, respiré, se rendent dans une veine qui se joint à une autre fort importante (fig. 585, V, P.), revenant du manteau et le tout vient regagner le système veineux général, à la base même de la branchie ; c'est alors le grand tronc veineux brarichio-pallial.
L'appareil respiratoire manque complètement de cils vibratiles ; l'on y trouve des bandelettes musculaires surtout le long du vaisseau efférent principal qui peuvent amener des contractions assez étendues de l'organe.
Glandes vasculaires annexes des appareils respiratoire ET CIRCULATOIRE. — Divcrscs glaudes, réparties en plusieurs points du corps, peuvent être considérées comme des compléments des organes de la circulation. Leur structure et leur rôle ne sont pas connus avec suffisamment de précision.
I^ Cœur vçineiix oit hranchiaL — Au moment de péné-
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trer daas la brancliie, la veiae afférente, quittant les appendices urinaires (fig. 589 et 590, C. b., C, bi\), traverse de part en part une masse grisâtre, ayant à peu près la forme d'une noisette, attachée seulement par la veine où elle est appendue {ï\^. 589, C B,) ; un autre organe,
blanchâtre igL ci.,)^ phis petit, est suspendu à sa face inférieure par un très court pédicule. L'organe supérieur est animé de contractions puissantes dues à une forte couche de muscles qui l'enveloppe et qui chasse le sang vers la 'branchie. De nombreux vaisseaux sortant du tronc veineux principal par des fentes en boutonnière (fig. 586, 0.), se ramifient dans Tépaisseur de cet organe. Entre ces vaisseaux on trouve un épais tissu glandulaire ^'^' formé dune trame conjonc tive supportant de nombreuses cellules à gros noyau Ce cœur branchial est donc à la fois contractile et glan dulaire; mais on ne peut préciser ce qu'il sécrète, ni af firmer qu'il soit destiné à former des globules du sang.
Fig. 58t).
Coupe verticale schématique du cœur veineux et de l'appendice glandulaire accessoire de la Sèche (d'après Cuénot).
C. br^ cœur branchial. — Gl. /.., glande lymphoïde. — - pfd., pédicule. — \'.,%eine afférente branchiale. — O., orifices veineux en boutonnières. — M., rein.
t Glande lymphoïde. — C'est elle que nous venons de voir appendue au cœur veineux. Elle a une surface anfractueuse, et, dans ses plis, s'ouvrent, suivant les uns