‹ Zoologie descriptive, anatomiehistologie et dissection des formes typiques d'invertébrésChapitre 51 sur 89 · II. 3G · texte numérisé non relu

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en deux branches descendantes (F. d.) ; chacune d'elles reçoit des veines provenant du manteau (v. p.t, v. p.i), des viscères abdominaux (V. a.), de la poche du noir (F. e.)^ des glandes génitales (7. g,). Les sacs urinaires ont pour fonction d'enfermer ces gros troncs veineux et les fungosités qui les recouvrent dans des réservoirs d'où Turine est rejetée au dehors par les orifices papillaires (0. wr.). Les grosses veines sont difficiles à apercevoir, tant elles sont couvertes par ces végétations arborescentes. Ces appendices sont des dépendances creuses des veines dont le sang peut y pénétrer librement ; ils sont tapissés extérieurement par un épithélium qui est l'organe urinaire proprement dit, puisant dans le sang les matières excrén^entitielles et les déversant dans les sacs urinaires. Des fibres musculaires contenues dans ce tissu donnent à l'ensemble des villosités des contractions assez étendues qui les brassent dans le liquide ambiant. Ces poches urinaires renferment des granulations rougeâtres qui peuvent s'agglomérer en concrétions uriques ; on y trouve aussi de curieux parasites, les Dyciémides.

Système nerveux. — Le système nerveux se compose d*une portion ganglionnaire centrale, ordinairement nommée cerveau^ renfermée dans le crâne céphalique cartilagineux (fig. 569), et d'une portion périphérique formée par les nerfs et un certain nombre de ganglions accessoires. Nous résumerons là description classique de Chéron.

La dissection du cerveau est rendue délicate par son adhérence aux anfractuosités du crâne, le nombre et le volume des nerfs qui en sortent, et la présence d'amas de tissu lymphoïde qui y sont appliqués en certains points ;

DECAPODE.

en outre, le cerveau est tra\ canaux dépendant du tube d

Lorsque Ton enlève une découvre une masse nerveuse formée d'un ganglion résultant de la fusion de deux ganglions cérébroïdes symétriques sur la ligne médiane. Certains auteurs réservent le nom de cerveau à cette seule masse cérébroïde.

Elle envoie en avant (fig. 591 ,g.s. ph.) un prolongement appliqué sur la face dorsale de l'œsophage à sa sortie du bulbe ; c'est le^ ganglion sus-œsophagien qui innerve la lèvre et donne, i en outre, attache au collier stomato-gastrique.

De la région ventrale J du ganglion cérébroïde l part un cordon qui va [ rejoindre les ganglions Jj pédieux (fig. 591) ; il est, ^ en outre, relié par deux bandelettes nerveuses au { avant, et à la région moye en arrière.

Des ganglions cérébroïdes émergent en arrière les nerfs optiques, énormes (Hg. 591, n. o.) qui, d'autre part, aboutissent aux ganglions optiques, en forme de croissant, très volumineux.

La masse nerveuse inférieure, sous-œsophagienne, est reliée au ganglion dorsal par une grosse anastomose (connectif cérébro-viscéral), située sous le nerf optique et par une plus grêle antérieure cérébro-pédieuse.

Ce cerveau inférieur résulte de la fusion symétrique d'une paire de ganglions viscéraux en arrière avec une paire de ganglions pédieux en avant ; mais l'adhérence est telle que Ton ne peut plus distinguer le conneclif viscéropédieux, les deux ganglions n'étant plus séparés que par un très léger sillon.

L'œsophage sépare le ganglion cérébroïde de la masse viscéro-pédieuse.

Les ganglions pédieux comprennent une région antérieure lobée innervant les bras (lig. 591, n, bras) ei\es tentacules, et une postérieure arrondie ; la première est dite ganglion en patte d'oie. Les dix nerfs des bras qui en partent sont d'abord appliqués contre la paroi de la cavité musculo- cartilagineuse péribulbaire (fig. 569, n. ped.), puis ils pénètrent chacun dans un bras dont ils parcourent l'axe (fig. 555) ; un peu avant de s'y introduire, ils sont réunis entre eux par un nerf anastomotique circulaire (fig. 592). La région postérieure du ganglion pédieux fournit des nerfs allant à l'entonnoir (n. int.) aux membranes annexes des yeux (n. opht, int.) et le nerf auditif (n. ac).

La région inféro-postérieure ou viscérale, des ganglions sous-œsophagiens est arrondie, séparée des ganglions pédieux par un sillon parcouru par des artères. Il en part

DECAPODE. — LA SECHE

deux nerfs palléaux (fig. 591, n. palL) qui vont rejoindre chacun un gros ganglion étoile situé dans la paroi même du manteau, sous la peau qui tapisse la cavité respiratoire

Fig. 592.

Disposition générale du système nerveux de la Sèche (d'après Ghéron).

n. bras, nerf des bras. — G. péd., ganglion pédicux. — n. eut., nerf de l'entonnoir. — sph.^ siphon. — n. acoust., nerf acoustique. — n. f/r. v., nerf delà grande veine. — G. vise., ganglion viscéral. — n. vise, nerf viscéral, — g. et., ganglion étoile. — br., branchie. — rect., rectum, — c, noir, canal du noir. — p. noir, poche du noir. — c. br., cœur branchial. — o. ur., orifice urinaire. — n. br., nerf de la branchie. (Le siphon a été rejeté de côté, et le rectum avec le canal du noir, rabattu à gauche.)

(fig. 592, g, et,). Il en part encore les deux nerfs postérieurs de l'entonnoir, les nerfs de la grande veine (fig. 591, n. gr. v.) et enfin deux gros nerfs viscéraux qui naissent en arrière, l'un contre l'autre, et descendent parmi les vis-

cères en y formant par leui* réunion inférieure une grande boucle (fig. 591 et 592, n. vise). Sur cette boucle sont disposés des ganglions accessoires dont les principaux sont les ganglions branchiaux d'où naissent les nerfs de cet organe ; il en part, en outre, des filets nerveux pour tous les viscères du voisinage.

Un ganglion stomato-gastrique sous- œsophagien est relié au ganglion sus-œsophagien par deux connectifs formant autour de Tœsophage, sous le bulbe buccal, un collier complet. Ce ganglion innerve spécialement la radula et ses muscles. De ce système dépendent de nombreux nerfs intestinaux auxquels paraît être relié un fort ganglion stomacal (fig. 570, g. s,) rattachée la boucle viscérale par une grosse anastomose (Pelseneer). Les nerfs des organes des sens seront étudiés à propros de leurs terminaisons sensitives.

Organes des sens. — Le toucher, le goût et l'odorat ne présentent pas d'organes parfaitement définis, tandis que la vue et l'audition possèdent des appareils plus j)erfectionnés que dans un. aucun autre groupe d'Invertébrés.

Le sens du toucher peut être considéré comme diiffus, et desservi par les nombreuses terminaisons nerveuses que l'on trouve dans la peau qui est fort sensible ; peutêtre la pointe des bras est-elle plus spécialement affectée au toucher ; on voit en effet la Sèche au repos tâler autour d'elle avec le bout de ses bras ventraux.

L'organe du goût^ par analogie du moins, est logé, sous forme de terminaisons nerveuses, dans la langue et dans la lèvre papilleuse qui entoure les mandibules.

Le siège de Vodorat ne peut être suffisamment précisé.

DÉCAPODE. — LA SÈCHE 571

Le nerf que Ton est convenu de nommer olfactifs vient se terminer dans une petite fossette ouverte au-dessous de l'œil par un orifice en forme de boutonnière et qui correspond à des crêtes, dites olfactives, chez beaucoup d'autres Céphalopodes. Le nerf olfactif sort du ganglion

Fig. 593.

Coupe transversale à travers Tune des otocystes. On y voit, du côté

droit, Votolithe (d'après Owsjannikow et Kowalewsky).

cérébroïde, suit le nerf optique et le quitte non loin de l'œil au niveau d'un petit renflement gangliforme.

L'organe de Vaudiiion est beaucoup plus net et perfectionné. Il consiste fondamentalement en une paire d'otocystes analogues à cellea des autres Mollusques ; mais au lieu de consister en une simple sphère, ils présentent des épithéliums compliqués et des régions spécialisées. Les deux otocystes, très rapprochées Tune de l'autre, occupent toute l'épaisse masse du cartilage céphalique ventral et médian (fig. 568 et 569, Ot,), Leur cavité est

rendue anfractueuse par une série de crêtes et de papilles dont les sommets se dirigent vers le centre de Torgane (fig. 593). Ils limitent des plis et des poches profonds. Un petit conduit, terminé en cul-de-sac, en part pour s'enfoncer dans le cartilage pariétal ; il représente le pédon-cule de l'invagination ectodermique qui, chez Tembryon, a fourni la double vésicule auditive. L'ensemble de Torgane est tapissé par un épithélium plat qui se transforme

Fig. 594.

Otolithe contenue dans Totocyste de la Sèche

(d'après Owsjannikow et Kowalewsky) .

en deux régions pour former : une tache (macula) acoustique, une crête {crista) demi-circulaire (fig. 595), où viennent se terminer les branches du nerf acoustique au contact de cellules particulières, dont certaines sont ciliées. L'otocyste est remplie d'endolymphe liquide où est immergée une otolithe (fig. 594) calcaire, à surface de forme rugueuse et lenticulaire. L'ensemble de l'organe peut être assimilé aux canaux semi-circulaires des Vertébrés, et, d'après les travaux du professeur Delage, joue un rôle important dans l'orientation et l'équilibre.

h'œil est, de tous les organes des sens, de beaucoup le plus compliqué et le plus perfectionné. Il rappelle dans son ensemble, celui des Vertébrés et sa structure permet

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de supposer qu'il donne à la Sèche une perception parfaitement nette des objets, de leur forme et de leur couleur. La description des détails, cependant du plus haut intérêt, de l'organisation microscopique de l'œil nous entraînerait tellement loin que je me bornerai à en indi-

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