ORGANISATION EXTÉRIEURE
Le corps très allongé, à peu près cylindrique dans sa région médiane, atténué en avant, aplati en arrière, est divisé en nombreux anneaux (en moyenne 180). Ainsi que nous le verrons par la dissection, cette segmentation n*est pas exclusivement externe : chaque anneau étant séparé du suivant, dans Vintérieur du corps, par une cloison.
La tète n'est guère différenciée. Le premier anneau apparent du corps, extrêmement étroit, porte la bouche à sa face inférieure; on rappelle, par suite, anneau buccal. Au-dessus de la bouche fait saillie une lèvre charnue qui répond probablement au premier segment réel ou anneau céphalique des Polychètes. Chez ces derniers, le premier segment très développé porte fréquemment des yeux et des tentacules divers auxquels on a donné, par exemple, le nom d'antennes; le segment suivant ou buccal est muni d'autres prolongements tentaculaires; enfin, l'orifice buccal donne accès dans un pharynx musculeux protractile, muni de saillies chitineuses ou calcaires en forme de mandibules (fig. 55, 6).
Chez le Lombric il n'y a rien de semblable, la bouche est inerme; on n'observe ni yeux, ni tentacules.
Si nous examinons la peau du Ver de terre à la loupe, nous constatons qu'elle porte quatre séries longitudinales de petits points enfoncés, dont deux presque latérales et deux autres rapprochées de la ligne médiane «. 17
Figure 66.
A, Lumàrietu agricola (d'après nature).
e, ceinture.
B, PaBTIX ANTÉBISUBB DU CORPS D'UN AnNÉUDI POLTCHiTB»
N$nU pehffica,
le, lobe oéphalique.
ph, pharynx protraotile atec lee mandibules saillantes.
ppp, parapodes portant les soies.
(D'après nature.)
C, Coupe tbansvbbsalb du cobps d'un Lombbio. (Figure réduite d'après Olaparède.)
eu, cuticule.
h, hypoderme ou couche cellulo-glandulaire de la peau.
mf. couche musculaire circulaire.
ml, couche musculaire longitudinale.
SM, soies.
vd, Taisseau sus-intestinal.
n, chaîne nerreuse et les ?aisseaux qui l'accompagnent.
d, tube digestif et son repli dorsal.
D, Sois OBoasiB DU Lumbrieui affricda, (D'après D'Udekem.)
Figure 56.
mt
ventrale. Nous voyons aussi que de petites soies courtes, fines, raides et brillantes émergent de ces pores. Ce sont ces soies qui, lorsqu'on passe le Ver entre les doigts, déterminent un grattement très perceptible.
En coupant quelques tranches transversales dans un Ver durci par l'alcool pur, nous verrions immédiatement, au microscope, que les soies forment sur chacun des anneaux quatre petits groupes. Il y a deux soies par groupe (fig. 55, C, s).
Les soies chitineuses des Ânnélides ont des aspects extrêmement divers (des lames courbes, des dards barbelés, des scies, des tiges droites acérées, etc.), et si caractéristiques, qu'ils peuvent servir utilement dans la détermination des nombreuses formes de la classe. Comme nous le disions plus haut, chez les Polychètes, elles sont portées par des appendices mobiles non articulés, sorte de pieds courts que l'on i[iomTne par apodes. Chez les Oligochètes, elles sont simplement implantées dans de petits refoulements sacculaires de la peau et sont utilisées, par notre Ver de terre, lors de ses déplacements dans les tubes qu'il se creuse dans le sol. Les soies du Lumbricus agricola, un peu courbes, renflées au milieu, rappellent un cimeterre (fig. 55, D).
Vers le premier tiers du corps et sur une longueur d'un et demi à deux centimètres au plus, s'observe la ceinture (fig. 55, A, c), c'est-à-dire une sorte de manchon incomplet, de couleur plus claire, entourant les régions dorsale et latérale de six anneaux environ. Cette ceinture est due à un développement local considérable
des glandes cutanées dont la sécrétion blanchâtre et visqueuse est destinée, ici, à rendre plus complet le contact des deux individus pendant le rapprochement sexuel.
Enfin, à la face ventrale du quinzième anneau, par conséquent bien en avant de la ceinture, on voit distinctement, dans certaines saisons, deux fentes ou boutonnières entourées de lèvres renflées: ce sont les orifices génitaux mâles * .