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DISSECTION

Le Ver est fixé au fond du baquet par quelques épingles provisoires; la face ventrale (celle qui répond à la région incomplète de la ceinture) en bas. A Taide de ciseaux fins, on fend délicatement les téguments, le long de la ligne médiane dorsale, depuis quelques centimètres en arrière de la ceinture, jusqu'à Tanneau buccal*, (fig. 56, A).

Ces téguments se composent d une fine cuticule probablement chitineuse, à laquelle sont dus les tons irisés de la peau, et d'un tissu sous-jacent cellulaire et finement granuleux, Yhypodenne, homologue de la couche

1. Ponr les mœurs des Lombrics, Toir Ch. Babwin, The formation oj vaf$tabU mould throtêgh tkê aetUm of icormê, with obiervationê on their hadits, London, 1881.

2. U est, en effet, inutile d'oufrir ranimai pins en arrière, Torganisatio^ étant la même jnsi^u'au dernier annean à^ corps^

chitinogène de Tenveloppe des Articulés. Cette zone profonde est riche en glandes cutanées.

Sous la peau proprement dite, se trouvent deux couches musculaires y adhérant intimement et produisant les mouvements d*ensemble de Tanimal, savoir : P une couche externe composée de fibres musculaires circulaires, c'est-à-dire entourant en forme de bagues la cavité du corps; 2® une couche interne ccmstituée par des fibres ou bandelettes musculaires longitudinales (fig. 55,C] .

L'ouverture du corps montre immédiatement ce que nous avions déjà signalé plus haut, c'est-à-dire que la cavité périviscérale est coupée transversalement, à la hauteur des lignes de séparation des anneaux successifs, par autant de cloisons ou diaphragmes musculomembraneux. Ces diaphragmes ne sont cependant pas complets; ils sont traversés par le tube digestif, par le système nerveux, par les organes génitaux et segmentaires, et permettent certaines communications d'un des espaces qu'ils limitent aux autres.

La cavité périviscérale, cavité comprise entre les parois du corps et le tube digestif, renferme, chez tous . les Annélides, un liquide généralement incolore, coagulable, analogue à de la lymphe, et dans lequel flottent des globules animés, par exemple, chez le Lombric, de mouvements amiboïdes (changeant de forme en émettant des prolongements protoplasmiques).

Chez les Annélides et chez quelques autres Vers, il existe, comme chez plusieurs Articulés (voir page 328, note) et comme chez les Échino<lermes, deux appareils

circulatoires distincts, Tun représenté par la cavité du corps, contient le liquide déjà cité, que M. Ed. Van Beneden' propose de nommer liquide plasmalique, admettant qu^il joue le rôle nutritif du plasma du sang des Vertébrés; l'autre, constitué par des vaisseaux clos, sans communication avec la cavité pérîviscérale, met en mouvement un liquide souvent rouge, renfermant alors de Thémoglobine * et ayant probablement pour fonction spéciale, l'absorption de loxygène et sa transmission au reste de l'organisme.

M. Ed. Van Beneden appelle cet appareil vasculaire clos appareil hématiqtce.

L'existence des diaphragmes transversaux ayant été constatée, on rompt ceux-ci à l'aide de ciseaux, de façon à pouvoir fixer la peau à droite et à gauche au fond du baquet. Le tube digestif s'observe alors, s*étendant en droite ligne de la bouche vers l'anus situé au dernier anneau du corps.

Si la dissection a été faite avec soin, sans entamer le canal alimentaire, on peut voir, sur la ligne médiane dorsale du canal en question, et tranchant, sur le fond jaune général, par sa teinte d'un beau ronge foncé, un vaisseau longitudinal émettant à droite et à gauche de petites branches délicates. Ce vaisseau est le vaisseau dorsal sus-intestinal (fig. 56, A, vd).

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