Kon représentés dans la 0gnre
jasqu*à la ceinture, puis passe de là dans les réceptacles du second individu, et réciproquement.
Les Lombrics pondent de petites capsules ovoïdes terminées aux deux bouts par de petites saillies. Elles ont, par conséquent, une forme qui rappelle celle d'un citron et renferment un certain nombre de petits œufs enfouis dans une matière albuminoïde commune et accompagnés de spermatozoïdes provenant des récep^ tacles du sperme.
Quoiqu'il y ait plusieurs œufs, un seul embryon vient ordinairement à bien par capsule. La larve absorbe la provision d'albumine et le contenu des autres œufs non éclos.
Le développement du Lombric et des autres Oligochètes est direct, c est-à-dire que l'animal abandonne le cocon ou l'œuf avec des caractères à peu près définitifs et ne subit point de métamorphoses à proprement parler. Il en est tout autrement chez les Polychètes, les larves, au moment de l'éclosion, sont composées de deux segments seulement : le segment céphalique généralement pourvu d'yeux et le segment anal. Les autres anneaux apparaissent successivement entre le segment anal et le segment céphalique. Au début il n'existe pas de parapodes (fig. 55, B, p), mais des cercles plus ou moins multiples de cils, destinés à disparaître, et à l'aide desquels les jeunes Annélides marins nagent rapidement (fig. 48, D).
Nous n'avons parlé que de reproduction sexuelle ; cependant il existe, dans le groupe d'animaux dont
nous nous occupons, un autre genre de reproduction «sexuelle que Torganisation anatomique pouvait faire pressentir.
Si» chez le Lombric, par exemple, nous faisons abstraction des segments antérieurs où se trouvent concentrés les oi^anes génitaux, nous voyons que tous les autres anneaux du corps sont identiques les uns aux autres en structure, sont homonomes (opo;, semblable, vofAo;, loi). Chacun d'eux, en eflet, possède ses centres nerveux, son tronçon de tube digestif, ses vaisseaux, ses organes segmentaires, sa zone de téguments et ses soies, et peut être considéré comme une individualité.
Il n'y a donc rien de très surprenant à voir des segments détachés vivre d'une vie propre, acquérir les quelques organes qui leur manquent et reproduire un nouvel individu. D'anciennes expériences de Bonnet, de Lyonet, de Réaumur et de Dugès ont appris que, chez les Lombrics et les Nais, des fragments détachés artificiellement peuvent vivre et s'accroître. Chez les Lumhricvlus * on peut couper, pour ainsi dire, indéfiniment le Ver en tronçons. Toujours ces tronçons redeviennent des animaux complets.
On a constaté chez de nombreux Annélides soit la reproduction scissipare, soit la reproduction gemmipare. Dans le premier cas (Syllis proliféra, etc.), un tronçon formé d'une série d'anneaux postérieurs remplis d'œufs, acquiert, en avant, les caractères d'une tète.
l. Oli^oohètot hi^bitant Veau 4oace,
puis se détache spontanément de Findividu mère. Dans le second cas (Myrianides, Autolytus, Nais, etc.), le* dernier anneau produit , par bourgeonnement , un nouvel individu. Chez plusieurs de ces formes, le même phénomène se répétant entre le dernier anneau du premier individu souche et la tête du descendant, il en résulte des chitines d'Ânnélides qui se séparent plus tard, soit après le développement de leurs organes sexuels, soit, parfois, avant.
Nous trouverons, du reste, un autre curieux exemple de cette reproduction par gemmation et scission chez les Cestoïdes".
CESTODES OU CESTOIDES.
(KiffTÔ;, ceinture, ci^o;, fonne.) (Lintwormeii.)
Nous aurions pu nous borner, comme dans tant de traités élémentaires, à copier quelque part l'histoire du Tœnia solium ou Ténia commun de Thomme. Mais ce n*est que dans les musées, ou grâce à Tobligeance d un médecin, que le jeune homme débutant dans Tétude de la zoologie peut avoir l'occasion de voir incomplètement,
1. Deax auteurs belges ont beaucoup contribué à nos connaissances anatomiques en ce qui concerne les Lombrics : Gh. Horren et d'Udekem. Le Mémoire de Horren a paru en 1829 ; ceux de d'Udekem en 1854, 1859 et 1865, dans les tomes xxtii, xxxi et xxxvi des Mémoire de r Académie royale de Belgi^.
dans un bocal d'alcool, Tètre singulier ou plutôt la chaîne d'êtres qui porte très improprement le nom populaire de Ver solitaire.
Désirant, au contraire, &ire observer de près les métamorphoses et les migrations d'un Cestoïde, nous choisissons le Tcenia serrata^ un des Ténias du chien, plus à la portée de tous. Un lapin affecté de la maladie si commune connue sous les dénominations de boule, de gros ventre, etc., et un chien errant fourniront facilement des matériaux en abondance.
En ouvrant le lapin et en écartant, Tun de l'autre, les replis de l'intestin moyen , on trouve le mésentère (page 127) chargé d'un nombre souvent très considérable de vésicules sphériques de la grosseur d'un pois (fig. 57, A), à parois translucides et remplies d'un liquide légèrement jaunâtre ou incolore.
Détachons une de ces vésicules que les zoologues appellent un cysiicerque (xuan;, vessie, ApyLo^, queue), et qui, dans le cas présent, se nomme cysticet*cus pisifbrmis; ouvrons-la dans une goutte d'eau, sur une plaque de verre, et examinons le contenu à la loupe (fig. 57, B).
Après l'écoulement du liquide, nous voyons, fixé à la paroi et dirigé vers l'intérieur de la vésicule, un petit animal cylindrique généralement coudé en crosse, déjà divisé en segments dans la portion qui avoisine la paroi et dont l'extrémité libre (du moins chez les individus que nous avons étudiés nous-mème ) se trouve en partie invaginée, c'est-à-dire retournée ou déprimée à
Figure 57.
TMUIA 8BRSATA.
(Figures d'après nature , excepté C.)
A, PoBTioN DU ifisBNTiBK DU LAPIN chargé de Tésicoles de CyêUcercui
pm/ormis,
B, Ukk db obh viBicuLBS ouYBBTB, Un peu grossie.
C, FzaUBB THiOBIQUB :
a, deutosoolex en partie inTaginé ;
b, le mémei entièrement retourné.
D, Stbobzlb du Tania urrata,
£, QuBLQUBs PBOOLOTTIB grossls ;
aa, orifices génitaux.
F, Dbutoscolbx du stbobilb, grossi.
w, tentouses.
G, Uk DBS OBOOHBTa gTOui.
Figure 67.
TJEMIA 8BRBATA.
( Figures d'après nature, excepté C.)
rintérieur, comme le bout d'un tentacule de limace qui commence à se rétracter (fig. 57, C, a).
L'animal que nous observons est un detUoscolex {dzvTipo;, deuxième, <7x«X»îÇ, ver), c'est-à-dire l'extrémité antérieure d'un Ténia futur. Seulement, pour devenir Ténia, il lui faut un autre milieu : le tube digestif du chien.
Dans les circonstances ordinaires, l'homme du peuple qui a tué un lapin pour s'en nourrir, donne les intestins et autres débris à son chien , ou les jette à la voirie où ils sont dévorés par les chiens vaguant. Vu la façon gloutonne dont les carnassiers avalent leurs aliments, bien des vésicules arrivent intactes dans le tube digestif.
Dans ce milieu spécialement approprié au développement complet du Cestoïde, le deutoscolex que nous avons trouvé avec son extrémité invaginée, achève de se retourner comme un doigt de gant. Il se compose alors d'un Ver court, presque cylindrique, muni, en avant, d'organes de fixation, crochets et ventouses que nous décrirons chez le Ténia développé et auquel est encore suspendue en arrière la vésicule où il a pris naissance par bourgeonnement interne (fig. 57, C, b). Celle-ci disparaît, probablement dissoute par les liquides digestifs.
Le deutoscolex se fixe à la muqueuse de l'intestin moyen ; puis la région postérieure du Ver qui s'est im peu allongée, achève de se diviser en segments distincts. De nouveaux segments se développent constanmient entre la souche et les anciens, repoussant ceux-ci en
arrière; de sorte que cette chaîne, que les naturalistes appellent un strohile (arpoêtîoç, pomme de pin), peut atteindre une grande longueur (fig. 57, D) *.
Examinons le strobile à Fétat développé. L'intestin moyen du chien, ouvert et lavé sous un filet d*eau, renferme des paquets souvent volumineux de Ténias enchevêtrée, semblables à des rubans plats, blancs, de cinq à six millimètres de largeur*.
On mettra un de ces paquets dans un vase plein d'eau et, en procédant avec patience, on isolera quelques strobiles pour les étudier avec attention.
Les segments postérieurs sont beaucoup plus longs que larges ; les segments voisins du deutoscolex souche sont, au contraire, courts; mais tous, observés à la loupe, montrent, sur un de leurs bords latéraux tranchants, un orifice entouré de lèvres circulaires, un orifice génital (fig. 57, E, a).
Ces orifices alternent; l'ouverture, par exemple, à droite sur un segment, est à gauche sur le suivant, puis à droite sur le troisième, à gauche sur le quatrième, etc.
1 . Le Tania ierrata peut atteindre on mètre, mais il n'a généralement pas eeite taille. Le mlgaire attribue généralement aux Ténias parasites de Thomme des longueurs fsbuleuses ; il est bon de rectifier les idées k cet égard : le Tania êoUum, on Ver solitaire ordinaire, atteint 2 on 8 mètres ; le Tania medioeanelUUa, 4 mètres.
2. Comme le chien domestique peut porter soit le Tenta serrata, soit le T, eueumtrina, soit le T. marginata, soit d'autres encore, il est très possible que l'obserrateur rencontre nne forme un peu diflérente de celle que nous décritons. Dans tous les cas, le plan général d'organisation est le même.
Après ce que nous avons exposé de la reproduction asêxuelle des Annélides, nous n'étonnerons plus trop le lecteur en lui disant que chacun de ces segments ou progloiiis est un individu distinct.
Le proglottis n'a ni bouche ni tube digestif; mais il possède ses organes reproducteurs propres indépendants de ceux des autres proglottis de la colonie. Hermaphrodite, il a sa glande testicuiaire, son ovaire et une large poche qui se remplit de petits œufs fécondés et à coques résistantes.
Quant au deutoscoleœ ou individu fixateur, il a plus ou moins la forme d'une massue. Le microscope y montre quatre ventouses d'adhérence et une saillie antérieure ou rostellum, entourée d'une couronne de nombreux crochets recourbés destinés à s'implanter dans la muqueuse intestinale du chien (fig. 57, F).
Mais l'histoire du Ténia n'est pas complète. Les derniers proglottis du strobile, les plus anciennement formés, puisqu'ils ont été repoussés en arrière par tous les autres, bourrés d'œufs microscopiques, se détachent spontanément et les uns après les autres de la chaîne.
Entraînés par les excréments du chien, ils sont déposés sur le sol presque toujours garni de végétaux. Les matières fécales achèvent de se décomposer à l'air, des insectes les détruisent, la pluie les délaie, etc., les œufs du Ténia résistent aux influences atmosphériques. A un moment donné, des lapins peuvent manger les plantes portant ces œufs imperceptibles.
Dans le tube digestif du rongeur, les enveloppes des œufs sont détruites et il éclot de petits embryons microscopiques sphériques, des protoscolex {tt^wto;, premier, a/.cùlrii ver), armés de petits crochets tranchants, mobiles, à laide desquels ils perforent les tuniques intestinales et passent dans les vaisseaux. Portés par le courant sanguin, ils arrivent finalement dans quelque organe déterminé. Chez le lapin, nous avons vu qu'ils se logent dans le mésentère. Là ils s'enkystent, c'est-à-dire, qu'après avoir perdu leurs crochets, ils se transforment en une vésicule remplie de liquide autour de laquelle les tissus de l'hôte forment une capsule à tuniques plus ou moins épaisses. Sur la paroi interne de la vésicule apparaît par bourgeonnement un nouvel individu creux, le deuioscolex, prêt à se retourner et à recommencer, si les circonstances le permettent, le même cycle que celui que nous venons de décrire.
Par conséquent : P un Ténia n'est pas un Ver, mais une chaîne de Vers. L'élément fixateur avec ses crochets et ses ventouses n'est pas une tète, comme le croit le vulgaire, mais le premier individu d'où descendent les autres par bourgeonnement et segmentation.
2*» Les Ténias nous ofl'rent un exemple de génération alternante : un individu non sexué produit, par voie agame, une série d'autres individus tout à fait différents, sexués, ne se reproduisant, au contraire, que par leurs œufs qui, troisième phase, donnent lieu à des êtres vésiculeux d'où naissent, enfin, et par gemmation, les deutoscolex asexués, souches de nouvelles colonies.
3<> Les Ténias sont des parasites dont l'évolution, comme celle de beaucoup d'autres Vers, se passe chez deux hôtes différents ; ici , le premier hébei^eant la forme cysticerque, le second, la forme strobilaire.
C'est en grande partie à M. P.-J. Van Beneden que l'on doit la démonstration de ce dernier fait curieux. Celui-ci s'est vérifié pour toutes les formes de Cestoïdes dont on a pu suivre les migrations. Nous en donnons quelques autres exemples intéressants.
CTBTIOKSQUB.
Oyitictrcut ctttu-
lotae.