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ORGANES FEMELLES DE LA GRENOUILLE

Vers la tin de Thiver, les oviductes de la grenouille ' sont remplis d'oeufs. Aux premiers beaux jours, la région terminale de ces mêmes oviductes est énormément distendue par des œufs prêts à être pondus. Ces deux époques sont donc peu convenables pour une étude des organes reproducteurs, destinée à donner les premières notions topographiques nettes. Si Ton peut choisir, on

1. Chez pre&que tous les Mammifères, et chez quelques Poissons, les rapports entre Vœaf et les parois de l'utéros sont beaucoup plus intimes. Il existe ce que l'on appelle un placenta, c'est-à-dire une zono d'adhérence au trarers do laquelle s'opèrent des échanges actifs entre le sang de la mère et celui du jeune.

L'œuf émet, h sa périphérie, sur une portion plus ou moins étendue de sa surface, des languettes ou villosités s'engagcant dans l'épaisseur de la muqueuse utérine, exfrômement vasculaire dans cette région. Des capillaires faisant partie de l'appareil circulatoire de l'embryon pénètrent dans chaque Tillosité. Ces vaisseaux n'étant séparés du sang maternel que par des éléments d'une grande minceur, il en résulte des échanges en vertu desquels ils puisent dans le sang de la mère l'oxygène et des matériaux nutritife abondants.

2. Xotre description se rapporte à la grenouille rousse. La ponte de. la grenouille verte a lieu plus tard ; parfois en juillet.

fera une dissection en quelque sorte préparatoire de la grenouille femelle vers le milieu de Tété. Une fois la disposition générale connue, on ne risquera plus en ouvrant ces animaux à n'importe quelle autre époque de Tannée, de commettre des erreurs d'interprétation.

La grenouille mâle ayant la face palmaire du premier doigt de chaque main garnie de renflements ou brosses copulatrices, il est toujours facile de distinguer les sexes.

Figure 33.

0BGANB8 GÉNITAUX FKMBLLBS DK LA GIjENOVILLE,

c, cœur renversj^ en avant à Taide

d'une épingle, oo, orifices des oviductes (un peu

exagérés).

bvi, o\iductcs.

ov, ovaires, u , utérus.

ir, intestin tcrniiral rcnveifé en arrière.

(D'après nature )

On ouvre Tanimal du pubis au sternum; on enlève ce dernier pour mettre le cœur à nu ; Tœsophage est coupé à la hauteur du cœur ; le tube digestif détaché est rejeté en arrière; le cœur est maintenu renversé en avant par une épingle (fig. 33).

Les deux ovaires se présentent alors comme deux masses granuleuses elliptiques, plus ou moins lobées, d un gris verdàtre, maculées de petites taches irrégulières noires. A droite et à gauche de ces masses s'observent les oviductes, sous forme de longs tubes d un blanc jaunâtre, repliés un nombre considérable de fois sur eux-mêmes (fig. 33, ov, ovi).

Chacun des ovaires, enveloppé par un repli du péritoine et fixé par celui-ci le long du bord interne du rein correspondant, est divisé en neuf ou quinze sacs ovulaires indépendants les uns des autres. L examen à la loupe suflfit pour montrer que ces sacs logent un nombre énorme d œufs à divers états de développement.

L ovaire des Vertébrés peut être considéré, en thèse générale, comme constitué par une trame de nature conjonctive (le stronia) servant de support à des vaisseaux, à des nerfs, et creusée de nombreuses cavités sphériques (les follicules de de Graap), tapissées au dedans par un épithélium et renfermant chacune un ovule. Chez les animaux dont le stroma ovarien est peu abondant et dont les œufs acquièrent, dans l'ovaire, un

1. Découverts chez les Mammifères par Régnier de Graaf, mort en Um3.

volume relatif considérable, les follicules se présentent avec Taspect de capsules sphériques faisant saillie, soit à la surface externe de Fox aire auquel elles sont reliées par un pédicule, comme chez les Oiseaux, soit à la surface interne des sacs ovariens, comme chez la grenouille.

En détachant une petite portion de lovaire, la dilacérant avec des aiguilles et examinant au microscope, on constate que les œufs affectent des aspects assez divers. Les plus petits et, par conséquent, les plus jeunes, sont transparents; Ion y observe parfaitement une masse vitelline peu granuleuse, et un grand noyau très nettement délimité, la vésicule germinative, renfermant, surtout vers sa périphérie, une série de nucléoles clairs ou taches germinatives * (fîg. 34).

Les œufs plus avancés ont perdu leur transparence ; un peu plus tard, leur hémisphère supérieur devient noir par suite d'une accumulation de pigment dans la couche superficielle du vitellus. Enfin, si Ton étudie des œufs ovariens plus mûrs encore, on peut s'assurer que la vésicule germinative a disparu.

Quant aux taches pigmentaires que présente l'ovaire examiné, comme celui-ci, après la ponte, elles sont déterminées par des œufs qui, n'ayant pas quitté l'organe

1. £a employant certaines précautions inutiles à détailler ici, on peut encore voir, outre la vésicule germinative, un autre noyau distinct beaucoup plus petit, granuleux obscur et en général cxccntiiquc. — Ce corps nucléaire, dont la signification n'est pas encore nettement élucidée et qu'on retrouve chez beaucoup d'autres animaux, est le noyau de Baibiaiti, ou noyau vitellin.

au moment favorable , sont actuellement en voie de dégénérescence.

Chez la plupart des Vertébrés , les follicules qui renferment des ovules arrivés au dernier terme de la maturité, se rompent à certaines époques déterminées;

Figure 34.

UEUPB OYABIBNS DE LA GBENOUILLJE» GROSSIS.

(D'après nature.)

V, vésicule germinative avec nucléoles.

N| noyau de Balbiani.

chez la grenouille Fovule sort de son follicule en passant par le pédicule de ce dernier et en venant faire saillie à; la face externe de lovaire. Dans tous les cas, les œufs pénètrent ensuite dans les oviductes par des procédés variables.

Cette pénétration est facile à comprendre lorsque les orifices des oviductes s'appliquent sur les ovaires, soit d'une manière constante, soit seulement au moment de la chute de lovule. Mais, chez les grenouilles, les ouvertures des oviductes sont maintenues relativement loin des ovaires; des replis du péritoine les fixent, en effet,

de chaque côté du cœur et il faut, par conséquent, que les œufs tombés dans la cavité abdominale parcourent un chemin assez long pour arriver aux orifices en question. On sait aujourd'hui que leur progression est déterminée par Texistence, chez les femelles, d'un épithélium vibratile tapissant la face interne ou péritonéale de la paroi abdominale du corps.

La présence et le rôle de cet épithélium ciliaire peuvent être mis hors de doute par une expérience simple : après avoir détruit lencéphale d'une grenouille femelle par le procédé indiqué page 94, on place l'animal sur le ventre, on fixe les quatre membres à l'aide d épingles, puis on ouvre le corps jmr le dos, La colonne vertébrale avec ses muscles, enfin les viscères (moins les oviductes et le cœur) étant enlevés, l'observateur a sous les yeux la surface intérieure de la paroi du ventre. S'il dépose alors sur cette surface une très petite quantité de la matière noire finement granuleuse obtenue en écrasant quelques œufs ovariens, il verra la substance colorante transportée lentement vers le cœur, puis, dans le voisinage de cet organe, le courant se divisera en deux courants secondaires dirigés vers les orifices des oviductes.

Chacun des oviductes est un tube extrêmement long, replié un grand nombre de fois sur lui-même et fixé par un repli du péritoine. Il débute, près du cœur, par une ouverture elliptique et se termine par une portion notablement élargie et à parois extensibles, \ut(hnis\

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