Chapitre V, § 35, figure
La lane d'Amphioxus.est donc devenue tridermique, les parois du corps se composant de trois couches cellulaires, un ectoderme, un mésoderme et un endoderme, ayant chacune, ainsi que nous allons le montrer plus loin, un rôle parfaitement distinct.
Nous nous arrêterons momentanément dans l'étude de l'œuf et du développement embryonnaire, mais pour insister sur deux points : la valeur de la phase gastrula et l'importance des couches tégumentaires primitives ou blastodermiques dans l'édification de l'être.
La gastrula de l'Amphioxus, qui est une gastrula type, se forme par invagination ou embolie, comme celle de plusieurs Polypes, des Échinodermes , des Némertiens, de certains Mollusques et Bryozoaires, des Brachiopodes , de beaucoup d'Annélides et des Tuniciers ; cependant tel n'est pas toujours le procédé. De même que le phénomène de la segmentation du vitellus, malgré sa généralité, peut s'opérer suivant des modes divers, la gastrula peut se produire par des moyens différents qui sont :
P h' invagination ou embolie, que nous venons de décrire.
2^ h' enveloppement ou épibolie, (Les cellules ectodermiques sont distinctes des cellules endodermiques dès les débuts d'une segmentation inégale et enveloppent comme un capuchon le groupe des cellules de l'endoderme. Exemples : Turbellariés, Rotateurs, une partie des Mollusques, les Amphibies, les Mammifères.)
3^ Lsi délamination. (Les cellules d'une blastosph ère
se divisent toutes en deux, dans le sens des rayons de la sphère, et produisent ainsi inunédiatement deux couches blastodermiques superposées. Exemple ; une partie des Polypes.)
Les différences dans les procédés de formation ne sont que des détails ; le fait capital qui domine l'ensemble et qui constitue un des beaux résultats des travaux embryologiques modernes, c'est que tous les animaux pluricellulaires*, depuis l'homme jusqu'à Téponge, ainsi les Animaux à mamelles ou Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles, les Grenouilles, les Poissons, les Insectes, les Vers, les Étoiles de mer, les Polypes, tous sans exception passent, au début de leur existence individuelle, par la phase de Gasbnda, ou une phase que Ton peut ramener aisément à la Gastrula.
Quant aux couches blastodermiques, nous avons vu que l'embryon possède d abord deux feuillets, un ectoderme et un endoderme. Plus tard, et aux dépens de l'une ou de l'autre de ces deux premières couches, il s'en différencie en général une troisième intermédiaire, le mésoderme. Ces trois feuillets sont le point de départ de la formation de tous les tissus, de tous les organes, et, chose extrêmement intéressante, chacun d'eux a son rôle parfaitement déterminé. Ainsi, si nous considérons ce qui se passe chez l'embryon des animaux supérieurs, l'épiderme avec ses poils, ses plumes ou ses écailles.
1. Animaiix dont Torganisme est composé de cellules multiples et comprend des tissas différenciés.
ses glandes, certaines portions des organes des sens, le cerveau et la moelle épinière, naissent toujours de Tectoderme; le squelette, les muscles, le cœur ont pour origine le mésoderme; les éléments sécrétoires du tube digestif et de ses glandes annexes, le foie, le pancréas, etc., sont produits par l'endoderme.
En résumé, Tœuf nous a fait connaître ce que c'est qu'une cellule ; il nous a permis d'assister à la naissance et à la multiplication de cellules nouvelles dérivant de la première; son étude nous a montré le germe de tous les animaux pluricellulaires soumis, d'après une loi commune, au phénomène du fractionnement ; ce fractionnement étant suivi de la gastrula, c'est-à-dire du groupement des cellules embryonnaires en deux couches emboîtées. Enfin, l'œuf nous a appris qu'il y a des animaux dont les organes et les tissus dérivent de trois feuillets primitifs, un endoderme, un mésoderme et un ectoderme.
Ces animaux tridermiques , ou Métazoaires, sont nombreux; ce sont les Chordés, les Mollusques, les Arthropodes, les Vers, les Échinodermes et les Polypes.
Il existe, comme nous le verrons, des animaux privés de feuillet moyen, n'ayant qu'un endoderme et un ectoderme, les Mésozoaires. Très peu nombreux à l'époque actuelle, ils ne sont représentés que par les Dicyémides et les Orthonectides.
Enfin, il y a, dans la nature, un troisième groupe immense, celui des Protozoaires, innombrables petits êtres microscopiques chez lesquels ces différenciations
n'ont même pas eu lieu. Chacun individuellepient, n'est quune cellule ou un cytode.
E. Haeckel qui, par ses vues hardies et ses travaux sur les protozoaires, s'est fait un grand nom dans la science, a nommé cytode une petite masse de protoplasme vivant, distincte, mais sans noyau. Le cytode peut exister seul et vivre d'une vie indépendante, tels sont les êtres inférieurs dits cylodiques, les Monères\
La véritable cellule est, au contraire, une petite masse de protoplasme munie d'un noyau. Ces deux formes se lient évidemment l'une à l'autre; le cytode représentant un état inférieur, la cellule un état supérieur. Haeckel les réunit sous la dénomination commune de Plastides.
Dans la définition de la cellule, on ne parle pas de membrane limitante. Les jeunes cellules sont en effet nues, sans enveloppe. Ce terme de jeune cellule n'est pas déplacé : chaque cellule est, en réalité, une individualité physiologique; elle naît, nous venons de le voir, d'un autre élément cellulaire; vers les débuts de son existence, elle offre son maximum d'activité ; elle se multiplie; cette multiplication ayant lieu, en thèse générale par le procédé dont nous avons donné un exemple, division du noyau, étranglement du corps cellulaire, etc.; elle absorbe des éléments qu'elle emprunte aux liquides voisins. Au sein de son protoplasme s'élaborent, aux dépens des éléments absorbés, des matières