De simples couleurs à Taquarellc, de bonne qualité
centimètre de leur bord latéral; puis on détache toute la bande médiane en la renversant d avant en arrière.
Sauf quelques lambeaux de membrane pigmentée , lambeaux que Ton enlève du reste avec facilité, lablation d'une grande partie de la face dorsale de Texosquelette a mis à nu le tube digestif, les muscles de Tabdomen, les appareils respiratoire (branchies), circulatoire et reproducteurs dans leurs rapports mutuels.
Ce que nous avons appelé cœur, avec tous les auteurs, est un véritable ventricule, suspendu par les vaisseaux qui en émanent et par des faisceaux fibreux conjonctifs, au milieu d'une poche à parois minces.
Cette poche, ou sinus péricardique, produite par la réflexion de la membrane connective qui tapisse la cavité viscérale générale, est en contact supérieurement avec la carapace et repose inférieurement sur les organes génitaux et la glande digestive. Les canaux qui ramènent le sang qui a traversé les branchies viennent y déboucher à droite et à gauche.
Une coupe transversale de TÉcrevisse, à la hauteur du cœur, montre clairement que la cavité du corps se trouve là divisée en deux étages : le supérieur, constitué par le sinus péricardique et renfermant le cœur; Tinférieur, occupé par les viscères digestifs, génitaux et le système nerveux (fig. 50).
Le sinus péricardique joue à peu près le rôle d une oreillette. En eflet, le sang artérialisé dans les branchies le remplit, puis, à chaque diastole ventriculaire, pénètre dans le cœur par les orifices en forme de boutonnières
signalés plus haut. Ces orifices sont, en réalité, nombreux; d*après le travail de M. Bêla Dezso', il y en
Figure 60.
Bit c<«
COUPE TBA1VBVKB8ALE DB L'fiCRBVIâSE A LA HAUTBUK DU iXMtUB.
(D'après nature.)
ca, carapace.
», régions latérales Traies des somites.
Ba, bases des pattes.
br, branchies.
co, coupe du cœur.
p, plancher du sinus përicardique.
0, coupe de Toraire.
di, coupe de la glande digestire et de Tintestin.
aurait, à la face dorsale, cinq paires, dont une très visible, et quatre fort petites et, à la face ventrale, trois, dont deux très étroites.
Le cœur des Crustacés, comme, du reste, celui de
1, ZooUtgUcher Anzeiger, 1 jahrg. 1878, page 126.
ious les Arthropodes, est un cœur exclusivement artériel. Sa structure dans la série des Articulés peut toujours être ramenée à un même plan commun : une poche contractile munie d'oriâces en fentes et logée dans une chambre dorsale ou sinus, dans laquelle vient s*accumuler le sang revenant du corps après avoir été mis en rapport avec l'appareil respiratoire.
Cependant , Torgane est ordinairement beaucoup moins ramassé que chez les Crustacés décapodes, et affecte, dans le plus grand nombre des cas, comme chez les Insectes, les Myriapodes, les Arachnides, la forme d'un long tube dans les parois duquel on voit la contraction cheminer, en véritable onde musculaire, de l'extrémité postérieure vers l'extrémité antérieure. De là le nom de vaisseau dorsal que l'on donne en général au cœur des Arthropodes.
Une disposition signalée par M. Graber* chez les Insectes, explique parfaitement le procédé mécanique par lequel le sang de ces animaux vient remplir le sinus péricardique. Le plancher de ce sinus est un véritable diaphragme musculaire bombé vers le haut qui, lorsqu'il se contracte, comprime les viscères situés en dessous et force, par conséquent, le sang du système lacunaire à passer au-dessus dans la chambre dorsale*.
1. Die In8ekt«n (in Dii NaturkràfU) , page 343. HOnchen, 1877.
2. Nos recherches personnelles ne nous permettent point d'admettre le même mécanisme chez les Crustacés décapodes. (Voyez notre trayail déjii cité, pages 626 k 633.)
Le développement des troncs artériels dans lesquels le sang se trouve chassé à chaque systole, varie beaucoup d'un groupe à lautre; les Décapodes doivent être rangés parmi les animaux articulés dont le système vasculaire offre un assez grand degré de complication relative.
Six troncs principaux, munis à leur origine de petits replis valvnlaires, naissent du cœur dans Tordre suivant :
Extrémité antérieure.
Face inférieure
(en dessous de la région
antérieure du cœur).
Extrémité postérieure
(sous l'extrémité
postérieure).
Au milieu : Ymrtire ophUdmiquê, ou mieux eéphm- Uquê, passant au-dessus de rintestin buccal et se rendant aux ganglions cérébnndes^ aux jeux (fig. 61, B, ac).
A droite et s gauche : les ûrthm tml^nimiret, dirergéant et distribuant le sang à l'appareil digestif, aux organes génitaux et aux antennes (aa).
A droite et à gauche : les ttrlèrei dites fkussement hépaiiçtu*, se rendant à la glande digestive (foie des auteurs).
/ L'artère la plus volumineuse, ou ertère tUrtuile, se dirisant presque immédiatement à son origine en deux branches : Tune supé> rieure, se dirigeant en arrière et longeant la hce dorsale de l'intestin sous le nom d'artère MomitmU tupérieure (ab) ; l'autre se courbant en arant et en bas, gagnant la face inférieure du péréion ou thorax et se partageant en deux rameaux, le premier antérieur, ou artère êttmaU proprement OU, le second postérieur, ou artère abdomitmle inférieure.
Ces altères distribuent le liquide sanguin aux muscles du tronc et des appendices.
Les troncs artériels émettent une foule de petites branches qui, en se ramifiant, finissent par donner lieu à des divisions qu'on peut regarder comme capillaires. Il n'existe pas de veines dans le sens exact du mot ; mais des lacunes plus ou moins nettement limitées par des lamelles conjonctives. Le sang vient enfin se rassembler dans des canaux, ou sinus veineux, à parois très minces, situés à la base des pattes locomotrices (par conséquent, à la base des branchies) et communiquant tous avec un sinus veineux médian occupant la face ventrale du péréion.
Chaque branchie reçoit un tronc affSérent émanant des sinus et lui apportant le sang veineux. De chacune d'elles naît ensuite un tronc de retour efférent (veine branchiale), ramenant le sang artérialisé par le contact de l'eau aérée et débouchant enfin, avec les autres troncs semblables, dans le sinus péricardique.
Dans le § 6 du chapitre VII, page 274, nous avons déjà dit un mot du sang des Crustacés ; nous avons signalé le peu d'importance du rôle des globules, la présence de l'hémocyanine et la propriété que cette substance donne au liquide de bleuir au contact de l'oxygène de l'air. Revenons un instant sur les faits remarquables que nous offre le sang des Articulés.
Ce liquide qui représente ici, comme chez les Mollusques, à la fois le chyle, la lymphe et le sang proprement dit, se compose d'un plasma et de globules.
Les globules, beaucoup plus rares que ceux des Vertébrés, sont incolores. Si on les examine dans du sang
frais, on leur voit émetlre des prolongements protoplasmiqaes qui modifient leur forme et leur donnent souvent un aspect framboise; mais. si on prend la précaution de recevoir la goutte de sang dans un réactif qui fixe les éléments bistologiques \ on s*assure que les globules sanguins de l'Écrevisse, par exemple, sont à peu près elliptiques et munis d*un volumineux noyau ovale à nucléoles multiples (fig. 51, C, D).
Le plasma du sang des Crustacés décapodes qui, ainsi que nous l'avons déjà répété, est le véhicule commun des substances nutritives plastiques et de l'oxygène, renferme, d'après les recherches de MM. Jolyet et Regnard et d'après celles de M. Fredericq, deux matières colorées, l'une rose n'appartenant pas au groupe des substances albuminoïdes et ne changeant pas au contact de l'air, l'autre qui est l'hémocyanine, contenant du cuivre et donnant avec l'oxygène une combinaison lâche bleue*.