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APPAREILS CIRCULATOIRE ET RESPIRATOIRE

En examinant la face dorsale de la carapace, on observe, au milieu de la moitié postérieure recouvrant les somites qui portent les pattes locomotrices, un écusson rectangulaire d'environ 6 à 7 millimètres de largeur, limité par des sillons assez nets. . Si, chez une Écrevisse vivante fixée sur une planchette à l'aide de quelques tours de ficelle, on fait deux légers traits de scie transversaux, l'un à la limite antérieure, l'autre à la limite postérieure de l'écusson indiqué ci-dessus, on peut aisément, en y mettant quelques précautions, entamer le squelette avec des ciseaux le

long des limites latérales de récusson, enlever complètement ce dernier, et pratiquer ainsi une fenêtre dans la carapace. Pendant cette opération, il s est écoulé une certaine quantité de sang; nous reparlerons bientôt de ce liquide.

L'opération ayant été faite convenablement, on constate que, sous la plaque qui vient d'être enlevée, existe une fine membrane pigmentée, la paroi supérieure du sinus péricardiqtce. Celle-ci supprimée à son tour, laisse voir un organe hexagonal blanc, d abord immobile, mais qui ne tarde pas à présenter des contractions rythmiques : c'est le cœur (fig. 51, B).

En observant le cœur de près, avec une loupe, l'opérateur voit qu'il a la forme d'une poche à peu près prismatique, un peu plus longue que large, offrant à sa face supérieure deux orifices veineux semblables à des boutonnières. A chaque diastole, cette face dorsale se déprime, le cœur devient translucide, s'élargit transversalement et les orifices se dilatent; puis, à la systole qui suit, la face dorsale redevient plane, les orifices se ferment, par le rapprochement de leurs lèvres, le cœur se rétrécit transversalement et passe au blanc mat par suite du resserrement de ses éléments musculaires \

Des artères partent de cet organe. Une injection est nécessaire pour suivre au moins les gros troncs. A

1. Voir, pour plas de détails k ce sujet, notre traTail intitulé : Recherches phyiiologiquci tur le comr des Crustacés décapodes, (Archives de Biologie de Van Beneden et Van Bambekc. A'olume I, 1880, page 59ô et suivantes.;

cet effet, chez un autre individu vivant, immobilisé sur un support, comme le précédent, on fore à l'aide d une grosse épingle un petit trou près d un des bords latéraux de Técusson qui recouvre le cœur*. On engage dans cette ouverture l'extrémité effilée d'un tube de verre du diamètre d'un crayon, d'une vingtaine de centimètres de longueur, et plein d'une solution très fluide de gomme arabique additionnée de bleu de Prusse ou de vermillon*. Dans ces conditions, la poche ou sinus péricardique qui entoure le cœur se remplit du liquide coloré et, le cœur continuant à battre, l'animal s'injecte lui-même assez bien. Au bout de trente minutes, on jette l'Écrevisse dans de l'alcool pur du commerce, pour faire coaguler la gomme colorée sur place. Quelques heures suffisent pour que l'alcool pénètre partout, grâce à l'orifice percé dans la carapace.

Après avoir fixé ensuite le Crustacé dans le baquet à dissection, on fend transversalement la carapace à l'aide de ciseaux en suivant une ligne qui, allant d'une mandibule à l'autre, passe supérieurement derrière l'insertion des yeux. On soulève la carapace et on la détache, en glissant en dessous la lame d'un scalpel pour rompre les attaches.

On fend longitudinalement et de chaque côté tous les arceaux dorsaux des somites de l'abdomen, à un demi

1. Il ne faut percer que les téguments et la membrane sous-jacente ; la pointe de Tépingle ne doit pas pénétrer jusqu*au cœur.

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