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ES

NÉRITE MÉLANOSTOME.

Nerita melanostoma, Troschel.

TroscHEeL, Archiv. hist. nat., Berlin, 1837; pag. 179.

Nérite indienne de notre Atlas; et Revue zool., 1842, pag. 269.

PLancxe 34, Ficures 32-35.

Nerita, testà ovatä, crassiusculé , subtüs planulatä, dorso convexd, luteo-viridescente, punctis seu lituris transversaliter seriatis pictä; spirä minimä, oblique incurvd, adpressd ; apertur& ovatoorbiculart, continu& , intüs rufo-unizonaté ; labio planiusculo, ni-

gro, anticé arcuato et denticulato.

Lorsque nous avons décrit et fait figurer cette espèce, en 1842, nous ignorions qu'elle avait été publiée, quelques années avant, par M. Troschel , sous le nom de V. Melanostoma que nous lui restituons.

L'animal de cette Nérite est d'un gris verdâtre , piqueté de noir.

Dimensions de la coquille. —%Xongueur, vingt et un millimètres ; largeur, quatorze millimètres; hauteur, dix millimètres.

Nous avons recueilli cette espèce dans le Gange, à Calcutta. — Elle est voisine de la NW. crepidularta, de Lamarck, et appartient, comme la précédente, à la section des Néritines crépidiformes.

NÉRITE SUBAILÉE.

Nerita subalata, nobis.

Revue zoologique, 1842, pag. 269.

Nerita, testä ovatä, tenui, lateraliter subauriculaté , Jusco-nigricante , maculis albidis tesselatä ; aperturä fusco-nigricante ; peristomate posticé obliqué truncato ; labio anticé subarcuato et

denticulato.

Coquille ovalaire, mince, sub-auriculée sur les côtés , d’un brun noirâtre, marquetée de petites taches blanchätres qui ne sont bien visibles qu'en exposant la coquille entre l'œil et la lumière. L'ouverture est d'un brun noirâtre; son contour est tronqué en arrière. Le bord septiforme a la marge légèrement échancrée et denticulée, et imprimée d’un sillon le long de la rangée de dents.

Nous n'avons pas observé l'animal de cette espèce.

Dimensions de la coquille. — Longueur, onze millilimètres; largeur, huit millimètres; hauteur, cinq millimètres.

Cette petite Néritine provient de Lucon (îles Philippines).— Elle appartient à la section des Vériptères et a de l’affinité avec la NW. subcanaliculata, Réeluz, dont elle diffère par les dimensions, par la coloration et par la forme du bord interne.

PECTINIBRANCHES. bte

GENRE NAVICELLE. — Wavicella, Lamarck.

NAVICELLE DE LUCON.

Navicella Luzonica, nobis.

Revue zaol., 1841, in Réczuz, Prodr. monog. des Navic., pag. 375.

Navicella, testä ovato-oblongä, rufo-fuscä, immaculaté, tenuiusculä, subpellucidä ; vertice ulträ marginem prominulo , eroso ; labio

plano, lutescente ; apertur& intüs cinereo-fuscescente.

Coquille ovale-cblongue, assez mince, un peu translucide, d’un roux-brun uniforme. Sommet saillant au dela du bord postérieur et toujours usé par la marche de l’animal. Ouverture ovale et d’un cendrébrunâtre intérieurement; le bord septiforme plane, semi-lunaire, lisse et jaunätre; l’externe tranchant et uni.

Nous n'avons pas observé l’animal de cette Navicelle.

Dimensions de la coquille. — Longueur, vingt et un millimètres ; largeur, quatorze millimètres ; hauteur, huit millimètres.

Cette espèce habite un étang voisin de l'entrée de la baie de Manille, à l'ile Lucon. — Elle est assez remarquable par sa coloration uniforme et sans taches.

[4 ee re

GENRE NATICE. — Watica, Lamarck.

Les espèces qui composent ce genre présentent d’assez grandes différences dans la forme et dans les autres caractères de la coquille; les unes ont un opercule calcaire, tandis que, chez d’autres, cette partie est cornée. Il nous a paru utile de rechercher si des différences correspondantes n’existeraient pas dans les animaux de ces espèces, et, dans ce but, nous avons examiné avec soin et fait représenter tous les animaux de Natices que nous avons pu recueillir dans le cours de notre voyage.

Ces Mollusques, comme on le sait déjà par les observations de MM. Quoy et Gaimard et de quelques autres zoologistes, ont un pied très-grand , débordant plus ou moins la coquille dans tous les sens, et formant supérieurement, autour de celle-ci, un rebord plus ou moins élevé qui la recouvre en partie. La portion antérieure de ce rebord, distincte de la postérieure, appartient à une sorte de bouclier charnu qui double la face supérieure du pied, en avant (1). L'opercule est placé postérieurement, en dedans de ce rebord, et n’est, par conséquent, pas apparent, lorsque toutes les parties de l’animal sont développées. La tête, très-large, présente supérieurement un bord

(4) Les parties qui recouvrent la coquille appartiennent donc

au pied et non au manteau, comme le disent quelques auteurs.

mince qui porte les tentacules. Ceux-ci sont tres-distants, plus ou moins allongés , aplatis et terminés en pointe. Il n’y a aucune trace d’yeux, ni à leur base, ni dans le reste de leur étendue (pl. 36, fig. 6).

Les différences qu'offrent les animaux des espèces que nous avons examinées, se trouvent surtout dans la forme du pied.

Dans quelques espèces, ce pied est très-développé, de forme ovalaire, un peu rétréci seulement à sa parte antérieure; le rebord qu’il forme autour de la coquille, recouvre toujours celle-ci dans une grande étendue, et quelquefois même d’une manière complete; le bord postérieur du bouclier charnu qui le double antérieurement, forme du côté gauche un canal saillant, qui a probablement pour usage de conduire l’eau aux branchies. On trouve cette forme du pied dans les espèces à coquille mince , déprimée ou subdéprimée, comme la Watice glauque (N.

glauca), Humboldt, et la Vatice de Chemnitz (N. Chemnitzi), Récluz (1), (pl. 35, fig. 4 et 4). Dans ces espèces, le pied ne peut généralement pas rentrer dans la coquille ; l’opercule est mince et corné. Nous indiquerons aussi un sillon transversal qui se trouve, dans les espèces que nous venons de citer, en dessous du pied, à la réunion des deux tiers postérieurs avec le tiers antérieur (pl. 35, fig. 2).

(4) Réczuz, monographie des Natices; dans Caen, illust. ConchyLl., pl. 3, fig. 4. — Nous avons recueilli cette espèce à Pulo-

Penang.

Le pied nous à offert une forme à peu près semblable, mais avec un développement moins considérable, dans quelques espèces de Natices à coquille globuleuse et épaisse, comme la Watice jaune-roux (N. ravida), espèce nouvelle dont nous donnerons la description plus loin. Dans ces espèces l’animal peut rentrer dans la coquille; l’opercule est mince et corné (pl. 35, fig. 4, 5, et fig. 12).

Dans d’autres espèces, à coquille de forme ovaleconique, le pied présente son développement surtout en avant et en arrière, ne débordant que peu la coquille sur les côtés; le rebord qui entoure celle-ci est peu étendu et ne forme plus, du côté gauche, cette sorte de siphon respiratoire qui existe dans les espèces dont nous avons déjà parlé. Nous avons trouvé cette forme du pied dans une espèce nouvelle que nous décrivons plus bas, la Natice fibreuse ( N. fibrosa ), dans une variété de la MVatice mamelle ( N. mamilla), Lamk., et dans la Vatice maculeuse (N. maculosa), Lamk. Dans cette dernière espèce, le bord du pied se distingue, en outre, par les angles saillants qu'il forme sur les côtés (fig. 8, 16, 18). Dans la Natice fibreuse, Vanimal ne rentre pas dans sa coquille; mais, dans les deux autres, il peut s’y retirer complétement. L'opercule est calcaire dans la Vatice maculeuse, et corné dans les deux autres.

Les animaux des Natices diffèrent aussi un peu par les tentacules qui sont plus courts dans quelques espèces, et non apparents à la partie antérieure de la

coquille, comme dans la Watice glauque.

Les Natices sont de véritables pectinibranches par leur organisation interne, et s’éloignent beaucoup, sous ce rapport, des Nérites dont Lamarck et quelques autres zoologistes les ont rapprochées.

Le bord de la cavité branchiale est simple, sans aucune trace de prolongement canaliculé ou de siphon respiratoire (pl. 36, fig. 6).

Les branchies sont au nombre de deux, l’une grande, l’autre très-étroite et formée de deux séries de feuillets très-courts , implantés de chaque côté des vaisseaux branchiaux (même fig., b, b).

Le cœur est disposé comme dans les Littorines. Le ventricule estvolumineux, de forme oblongue, et donne naissance à l'aorte par le côté. Celle-ci présente, immédiatement après son origine, un renflement ou bulbe considérable , duquel naissent, en avant et en arrière, les vaisseaux qui se distribuent à la partie antérieure du corps et aux viscères (fig. 6, 40, c. g.).

L'orifice buccal, de forme arrondie, est situé en dessous de la tête. La masse buccale, assez volumineuse, présente, dans sa conformation, une grande analogie avec celle des Littorines; elle est munie également d’un ruban lingual, étroit et court, dont la structure est aussi presque tout à fait semblable (fig. 7, 8, /, et fig. 411 et 12). L'œsophage est long et orêle; avant de quitter la portion antérieure de l’animal, il offre, sur son trajet, une, dilatation énorme, feuilletée à l’intérieur, et qui nous paraît devoir être considérée comme une sorte de glande salivaire (fig. 7, 8, e, é, à); son calibre devient ensuite plus

Ponite. — Zool. Tome IF. Partie IH. 37

étroit jusqu à l'estomac, à la partie postérieure duquel il aboutit (fig. 6, é). La poche stomacale est grande, membraneuse, et enveloppée en partie par le foie (fig. 6, e). L’intestin, qui naît de la partie antérieure, se porte, en formant quelques inflexions, vers la cavité branchiale dans laquelle il se termine, comme chez les Littorines, par un rectum renflé (fig. 6,2;4, a)

Il n'y a pas d'autres glandes salivaires que celle dont nous avons déjà parlé. Le foie forme, comme à l'ordinaire, une masse de couleur brunätre, qui remplit en grande partie les premiers tours de la coquille (fig. 6, f).

Le testicule a une structure vermiculaire (fig. 6, #). Le canal déférent qui en part, après avoir formé une petite masse pelotonnée, se dirige en avant et vient se terminer, comme dans les Littorines, à une rainure qui longe le bord droit de la cavité branchiale, et qui aboutit à la base de la verge (fig. 6, d, d). Ce dernier organe, situé à droite du tentacule droit, et paraissant pouvoir rentrer en partie dans la cavité du corps, est cylindroïde et terminé par un petit prolongement flagelliforme (fig. 6, v, v). — Dans les femelles, la disposition générale de l'appareil générateur est à peu près comme dans les Littorines.

L'organe de la dépuration urinaire et les feuillets muqueux qui longent le rectum, dans la cavité branchiale, sont aussi comme dans ces derniers Mollusques (fig. 6, x, met y):

Le muscle columellaire est court et épais (fig. 6, 7»).

Le système nerveux est peu développé dans ces Mollusques. Le collier nerveux se compose de six ganglions, étroitement groupés autour de l’œsophage. Les ganglions cérébraux sont séparés, par un simple rétrécissement, des ganglions pédieux qui sont beaucoup plus volumineux. Les ganglions viscéraux, situés en dessous des précédents, donnent naissance chacun à quelques filets nerveux grêles, et à un nerf volumineux qui, du côté droit, présente un nouveau renflement à son origine (fig. 43, 14). Deux petits ganglions buccaux, de forme arrondie, et accolés sur la ligne médiane, se voient en arrière de la masse buccale (fig. 7, 15, g).

NATICE DE SEBA.

UE Natica Sebæ, nobis.

Natica , test ovatä, tenuiter striatä, all&, punctis maculisque rufis bifaciatä ; spirä conico-acuté , brevi; anfractibus quinis ; infimo maximo, ventricoso ; aperturé ovato-acutä, superné canaliculatä, basi dilatatä et effusä; labio anticé arcuato, superné re-

flexo-rufo, umbilicum parvum partim obtegente.

Operculum correum, unispiratum, tenue, striatum.

Coquille ovale, peu épaisse, légèrement striée, blanche, marquée de taches et de points roux, disposés sur deux séries au dernier tour. Spire courte, ce-

nique-aigué , composée de cinq tours; le dernier très-

grand, formant presque toute la coquille. Ouverture ovale-aiguë, canaliculée au sommet, dilatée et versante à la base; bord interne ceintré, épais, réfléchi sur le canal ombilical et sur l’ombilic qu'il recouvre en partie, d’une couleur brune-roussätre; bord externe, mince et tranchant.

Nous avons recueilli cette Natice sans son animal. Nous ne pouvons indiquer au juste sa patrie.

Dimensions. — Longueur, quarante millimètres ; largeur, trente millimètres; hauteur, vingt-deux millimètres.

Cette Natice se rapproche de la NW. melanostoma ; mais elle en diffère par son dernier tour plus ventru, par sa coloration et par la concavité assez prononcée du bord interne de l'ouverture. Elle a été bien figurée par Seba ( Mus., t. XLI, fig. 21 ), ce qui nous a fait lui donner le nom de ce naturaliste.

[#14 ee] =

NATICE FIBREUSE Natica fibrosa, nobis.

PLANCHE 39 , Ficures 8-11.

Natica, testà ovato-acut& , subepidermide fibrosä albido-lutescente , violaceo zonatä ; spir& conico-acuté; anfractibus quaternis , convexis, tenuiter striatis ; aperturé ovaté, superné breviter canaliculatä, basi dilatatä ; labio rufo-violaceo, sub-recto, reflexo, umbilicum parüm obtegente.

Operculum correum, unispiratum, rufum, striatum.

Coquille ovale-aiguëé, recouverte d’un épiderme assez Coriace qui se détache en lanières semblables à des fibres, d’où nous avons tiré le nom spécifique que nous donnons à cette Natice. Spire conique-aigué, composée de quatre tours convexes, marqués de stries d’accroissement assez prononcées; le dernier, fort grand, orné de trois fascies violacées et d’inégale largeur, sur un fond jaunâtre. Ouverture ovale, dilatée inférieurement et courtement canaliculée à sa partie supérieure ; le bord interne, d’un brun roussâtre, un peu concave dans le centre, réfléchi sur le canal ombilical et sur l'ombilic qu'il recouvre en partie; le bord externe, mince et tranchant.

L'animal est, comme nous l’avons déjà dit, tresallongé, et d’un blanc grisätre.

Dimensions de la coquille. — Vongueur, trentedeux millimètres ; largeur, vingt-cinq millimètres ;

hauteur, vingt et un millimetres.

Nous avons recueilli cette espece à Macao, en Chine.

NATICE JAUNE-ROUX.

Natica ravida, nobis.

PLANCHE 35, Ficures 12-15.

Natica , testä globosä , crassä, epidermide rufo-fuscé vestitä ; spird conico-depressä; anfractibus quinis, convexis; infimo globoso ; apertur& semi-circulari , obliquä ; labio crasso, obliquo , posticé

calloso.

Operculum correum, unispiratum, rufum, striatum .

Coquille globuleuse, épaisse, revêtue d'un épiderme roux-brun , sous lequel le test est de couleur blanchâtre ou jaunätre. Spire conique très-déprimée, composée de cinq ou six tours convexes, dont le dernier est globuleux. Ouverture petite, oblique, semicirculaire, d’un blanc de porcelaine à l’intérieur; le bord interne, de même couleur, est épais, oblique, étendu postérieurement en une large callosité se prolongeant jusqu’à l’ombilic qu’elle recouvre en partie.

L'animal de cette espèce, dont nous avons déjà indiqué la forme, est de couleur jaune roussâtre.

Dimensions de la coquille. — Vongueur, vingthuit millimètres; largeur, vingt-trois millimètres ; hauteur, vingt millimetres.

Cette Natice provient de Payta, au Pérou.

GENRE SIGARET. — Srgaretus, Lamarck.

L'animal des Mollusques de ce genre offre les plus grands rapports avec celui des Natices ; la partie antérieure du pied est seulement plus étroite et plus allongée ; les tentacules paraissent être aussi plus grands et plus rapprochés à leur base. L'animal des Sigarets ne rentre généralement pas dans la coquille. L’opercule de ces Mollusques est plus petit que dans les Natices, et pour ainsi dire rudimentaire.

Nous n'avons observé qu'une espèce de ce genre, le Sigaret lisse (S. levigatus) de Lamarck, dont nous donnons la figure (pl. 35, fig. 19) (1). Nous n’avons pas fait de recherches sur l’organisation intérieure de ces Mollusques.

(1) M. Sowerby a confondu cette espèce avec le S. concavus ; nous avons fait représenter l’opercule de ce dernier pour faire voir que ces deux espèces sont bien distinctes (pl. 35, fig. 22)

GENRE LITIOPE. — Zatiopa, Rang.

Ce genre a été établi par M. Rang, en 4829 (1), pour de petits Mollusques testacés qui vivent habituellement sur les plantes marines errantes, dans les mers tropicales. MM. Quoy et Gaimard ont donné un peu plus tard, dans la Zoologie du voyage de l Astrolabe, de nouveaux détails sur ces Mollusques que M. Rang n'avait pu faire connaître que d’une manière assez incomplète. Enfin, nous avons publié nous-mêmes depuis quelques observations que nous avons eu aussi occasion de recueillir sur les Litiopes, pendant le cours de notre voyage (2).

Les Litiopes sont des gastéropodes trachélipodes dont la tête, assez grosse et proboscidiforme, porte, sur les côtés, deux longs tentacules cylindriques, déliés et contractiles. Les veux, sessiles, sont situés à la partie externe de la base de ces organes. Le pied, de moyenne longueur, est étroit, arrondi en avant, terminé en pointe en arrière; son bord antérieur est divisé, par un sillon marginal profond , en deux lèvres dont la postérieure est comme encapuchonnée par l'antérieure qui est plus saillante et renflée. La base de ce pied est entourée d’une membrane qui forme trois prolongements digités sur les côtés, et deux

(1) un. des sc. nat., tom. XVI (1'° série), pag. 303. (2) Ann. d'anat. et de physiol., tom TIT, pag. 252 (1839)

autres prolongements semblables en arrière; sa partie postérieure porte en dessus un opercule corné, mince et paucispiré (pl. 37, fig. 1, 2, 3, 4).

Nous avons pu saisir quelques détails de l’organisation intérieure des Litiopes, mais malheureusement trop incomplets pour qu'il soit possible d'en déduire les véritables affinités de ces Mollusques.

La cavité branchiale, disposée comme dans les Pectinibranches , ne contient qu’une seule branchie. Le bord du manteau est simple, sans siphon respiratoire. Le cœur occupe l’arrière-fond de la cavité branchiale. La masse buccale nous a paru munie d’un ruban lingual analogue à celui des Littorimes, etc. ; nous n'avons vu, des autres parties du tube digestif, que la fin de l'intestin ou le rectum qui longe, comme à l'ordinaire, le bord droit de la cavité branchiale. La partie de l’animal qui remplit le fond de la coquille, est formée par un foie brunâtre et par un autre organe granuleux jaunâtre, appartenant sans doute à l'appareil générateur. Sur aucun des individus que nous avons examinés, nous n'avons vu la verge saillante qui se trouve généralement à la base du tentacule droit, dans les Pectinibranches.

Nous renvoyons , pour les mœurs singulières de ces Mollusques, à ce que nous en avons dit dans le travail déjà cité.

MM. Quoy et Gaimard ont rapproche les Liiopes des Buccins, et les ont même rangés parmi les espèces de ce dernier genre; mais ces Mollusques

nous paraissent avoir de bien plus grands rapports,

par les caracteres de l'animal et par ceux de la coquille, avec les Phasianelles aupres desquelles M. Rang les a placés. Cependant si les Litiopes ressemblent aux Phasianelles, aux Turbos, etc., par la forme de leur tête et par la membrane frangée qui borde leur pied en dessus, ils en different par le sillon marginal que ce dernier présente à son bord antérieur, par la position des yeux, par l’absence d’'appendices à la base de la tête, et surtout par leur opercule corné et paucispiré, caractères qui rapprochent ces Mollusques des Littorines. Une connaissance plus approfondie de leur organisation intérieure , et surtout de leur appareil générateur, est donc nécessaire pour qu'il soit possible de les classer d’une manière définitive.

Nous avons fait représenter l’animal sur l'espèce la plus commune, le Zitiope bouche-noire (Lit. melanostoma), Rang , qui se trouve dans toutes les mers. Nous avions d’abord considéré, comme une simple variété de cette espèce, un autre Litiope que nous avons recueilli dans les mers de la Chine et qui se distingue des précédents par sa coloration rougeàtre, avec des bandes plus foncées dans le sens des tours. Ce caractere, joint à la forme de la columelle qui, dans ces Litiopes, ne fait presque plus de saillie en avant, à son point de réunion avec le bord gauche, nous porte à en faire une espèce distincte, que nous proposons de désigner sous le nom de Zope de Bellanger (L. Bellangeri), du nom de M. le capitaine Bellanger qui a le premier atüré l'attention des natu-

ralistes sur ces petits Mollusques.

GENRE CADRAN. — Solarium, Lamarck.

MM. Quoy et Gaimard ont déjà fait connaitre, dans la Zoologie du voyage de l'Astrolabe, Yanimal des Cadrans; mais c’est à tort, suivant nous, que ces naturalistes ont vu, dans les caracteres de cet animal, une confirmation de l’idée que les auteurs se sont généralement faite, depuis Linné, des affinités de ces Mollusques, en les rangeant à côté des Troques ; en effet, les Cadrans nous semblent s'éloigner beaucoup de ces derniers, et constituer un type très-tranché dans l’ordre des Pectinibranches.

La tête de ces Mollusques est courte, aplatie, terminée antérieurement par les tentacules ; ceux-ci sont peu longs, coniques, fendus inférieurement dans toute leur longueur, et parcourus supérieurement , sur les côtés, par une ligne noire. Les yeux sont situés sur un renflement, à la partie externe de leur base, et non pédiculés. Le pied, de grandeur médiocre, se termine un peu en pointe postérieurement ; son bord antérieur, légèrement auriculé sur les côtés, est parcouru par un sillon marginal inférieurement, et bordé d’une ligne noire à sa partie supérieure (pl. 37, fig. 10,14,42).

Nos observations ont été faites sur le Cadran strié (S. perspectivum), Lamarck, dont l'opercule est corné et paucispiré (fig. 43, 14). Nous regrettons de m'avoir pu les compléter par l'étude de l’organisation inté-

rieure de ces Mollusques.

GENRE TURBO. — Turbo, Linne.

On a admis pendant longtemps , d’après Cuvier et M. de Blainville, que les Turbos, les Troques et les autres genres de cette famille étaient de véritables Pectinibranches, offrant, par conséquent, tous les caractères anatomiques assignés aux gastéropodes de cette division ; mais les observations publiées par M. Quoy, dans la Zoologie du voyage de l Astrolabe (1), ont fait voir que les Mollusques de ces divers genres avaient une organisation bien différente et presque semblable à celle des Haliotides , des Fissurelles, des Parmophores, etc. ; ces observations, confirmées depuis par les anatomistes qui se sont occupés de l'étude des Turbos et des Troques, doivent faire séparer définitivement aujourd’hui ces Mollusques des gastéropodes Pectinibranches, pour les faire ranger à côté des Scutibranches, ou peut-être même dans un ordre distinct. Nous allons décrire l’organisation des Turbos, d'après l'étude que nous en avons faite sur une des espèces les plus connues, le Turbo scabre (T°. rugosus ) de Lamarck.

Les Turbos ont une tête proboscidiforme, assez grosse, deprimée inférieurement et un peu élargie à sa

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