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BUCCIN BOLIVIEN

Buccinum bolivianum , nobis.

Buccinum, test& ovato-elongatä ; spirä conico-acuté ; anfractibus senis, convexis, cancellatis; anfractu infimo, spiram æquante ;

apertur& ovatä; columell& depressä, anticè subdenticulatä.

Coquille ovale-allongée ; spire conique-aiguë, composée de six tours convexes, cancellés, le dernier plus grand que le reste de la spire. Ouverture ovale; columelle un peu déprimée, subdenticulée à sa partie antérieure.

Nous n'avons pas observé l'animal de cette espèce.

Dimensions de la coquille. — Longueur, sept millimètres ; largeur, trois millimètres.

Nous avons recueilli ce petit Buccin à Cobija, en

Bolivie.

GENRE ÉBURNE. — £burna, Lamk.

Quelques auteurs pensent que les Éburnes doivent retourner au genre Buccin dont Lamarck les a retirées, pour en former un genre distinct; mais l'animal des Éburnes nous paraît différer d’une maniere bien tranchée de celui des Buccins, conime le montre la figure que nous en donnons, dans l’'Éburne canaliculée (E. spirata) de Lamarck (pl. 41, fig. 28-30).

Le pied de ces Mollusques est grand, beaucoup plus long que la coquille, terminé en pointe obtuse en arrière; son bord antérieur, très-légèrement échancré sur la ligne médiane, est pourvu d’un sillon marginal, etauriculé sur les côtés. La tête ressemble assez, par sa forme et par la position des tentacules et des yeux, à celle des Buccins du premier groupe, dont nous avons précédemment parlé; mais elle est plus grosse, et les tentacules sont beaucoup plus longs et plus effilés à leur extrémité. L’organe mâle, court et grêle, est situé en dessus de ja tête, du côté droit. Le siphon branchial est gros, mais peu développé. — L'organisation intérieure de ces Mollusques nous a paru se rapprocher beaucoup de celle des Buccins.

Nous avons recueilli cette espèce à Pulo-Pmang, dans le détroit de Malacca.

512 MOL£LUSQUES.

GENRE VIS. — Jerebra, \danson.

Nous avons eu occasion d'observer l’animal de deux espèces de ce genre, la /’7s tachetée (T, maculata), Lamk., et la is foret (T°, strigilata), Lamk., qui sont toutes deux assez communes aux îles Sandwich.

Le premier de ces Mollusques a déjà été décrit et figuré par M. de Blainville, dans la Zoologie du voyage de l'Uranie (A), mais d’après des individus conservés dans l’alcool et sur lesquels ce célèbre naturaliste n’a pu, par conséquent, reconnaitre d’une manière exacte la forme de certaines parties.

L'animal des Vis s'éloigne beaucoup, par ses caractéres extérieurs, de tous ceux que nous avons examinés jusqu'ici. Le pied de ces Mollusques est assez petit, mince sur les bords, de forme subovalaire et un peu rétréci à sa partie antérieure qui n'offre aucun indice de sillon marginal. La tête est très-petite, arrondie, surmontée de deux tentacules courts, trèsorêles, cylindriques et oculés à leur sommet (2); la bouche se trouve placée à sa partie antérieure et inférieure. L'organe màle, replié dans la cavité branchiale, est énorme et denticulé sur son bord posté-

rieur. Le siphon branchial est long, assez gros à sa

(4) Voir cet ouvrage, p. 449, et pl. 69.

(2) Ces tentacules ne sont ni aplatis, mi triangulaires, comme l’a dit M. de Blainville dans sa description.

PECTINIBRANCHES. 615 base, mais atténué à son extrémité (pl A, fig. 34, 32, 23, 94).

L'animal de la és foret est semblable à celui que nous venons de décrire ; les tentacules sont seulement placés un peu plus en arrière, et plus rapprochés de la ligne médiane (pl. #1, fig. 38, 39).

Ces Mollusques sont pourvus d'une trompe intérieure très-volumineuse, comme les Buccins et la plupart des Gastéropodes siphonobranches; leur cavité branchiale contient deux branchies, une grande et une petite. Ce sont les seuls détails que nous puissions donner sur leur organisation intérieure, les indi vidus que nous avons rapportés ayant été presque complétement altérés par la liqueur. — L'opercule est corné , onguiculé, à éléments imbriqués (pl. 35-37, et fig. 40, 41).

D’après les figures que MM. Quoy et Gaimard ont données de l'animal des Vis polie et tigrée de Lamarck (1), cet animal présenterait, dans ces deux espèces, des caractères assez différents de ceux que nous venons de décrire; mais ces différences nous paraissent tenir à ce que, dans la Vis tigrée que ces naturalistes ont fait représenter avec une tête proboscidiforme, la trompe intérieure était en partie développée, lorsque leur dessin a été fait. Quant à la position des yeux, MM. Quoy et Gaimard paraissent

l'avoir bien reconnue dans cette espèce, puisqu'ils

(4) Zoologie du voyage de l’Astrolabe; Mollusques, pl. 35, fig. 18 et 19

disent avoir cru voir que les yeux étaient placés tout à fait à l'extrémité des tentacules ; À est donc très-probable que la place qu'ils leur assignent à la partie moyenne des tentacules, dans la Vis polie, est le résultat d'une erreur dans leurs observations.

GENRE PYRULE. — Pyrula, Lamk.

Le genre Pyrule, dans lequel Eamarck a rangé toutes les coquilles canaliculées, à spire courte et ventrues à leur partie supérieure, est un de ceux qui ont le plus besoin d’être revus et réformés, d’après la connaissance des animaux. Nous avons pu étudier deux des espèces qui sont encore placées dans ce genre , par la plupart des auteurs, la Pyrule trompette ( P. tuba), et la Pyrule Chauve-Souris (P. vespertilio) de Lamarck; dans ces deux espèces l'animal nous a

présenté les caractères suivants :

Une tête proboscidiforme très-allongée, un peu déprimée et portant à son extrémité deux petits tentacules coniques ; les yeux situés à la partie externe de la base de ces organes ; le pied, assez grand, de forme ovalaire, pourvu d'un sillon margmal et légèrement auriculé à sa partie antérieure, présentant un large pore à sa face inférieure (pl. 42, he #4, 1,410/%et pl. 43, fig. 1, 2, 3, 4). Ce pied porte en arrière un

PECTINIBRANCHES. 615 opercule corné, épais, fortement onguiculé et à éléments imbriqués (pl. 42, fig. 5, 6, 9, 12).

Cet animal, un des plus tranchés de la classe des Gastéropodes par ses caractères extérieurs, se rapproche beaucoup de celui des Buccins, des Pourpres, elc., par son organisation intérieure.

La cavité branchiale contient deux branchies, une srande et une petite; celle-ci est pour ainsi dire double, ou porte une rangée de filaments de chaque côté (pl. #3, fig. 1,2, 8, 4, b, db, b). Le siphon est court, mais gros et épais (fig. 1, 2).

Le cœur, situé comme dans tous les Mollusques pectinibranches, est composé d'une oreillette assez courte et mince, et d’un ventricule pyriforme, à parois épaisses et musculeuses (fig. 3, 4, c). L’aorte se divise, immédiatement après sa naissance, en deux troncs qui se portent, l’un en avant (fig. 3, v), l'autre dans la masse viscérale; le premier de ces troncs, après avoir traversé l'anneau nerveux, se subdivise en deux branches, dont l’une se distribue à la tête, tandis que l’autre est entièrement destinée à la trompe (fis8, vue).

L'appareil digestif offre la plus grande analogie ave celui des Buccins, des Pourpres, etc. Cet appareil se compose d’abord d'une tres-longue trompe qui, à l’état de repos, est repliée dans l'intérieur du corps, et que l'animal fait sortir au dehors, lorsqu'il veut s’en servir, comme les Mollusques que nous venons de citer (fig. 3, 5, 6, x); la structure de cette trompe et

ie mécanisme à l’aide duquel l'animal la développe à

l'extérieur ou la fait rentrer dans le corps, rappellent tout à fait ce que Cuvier dit de cette partie de l’appareil digestif, dans le Buccin onde. La cavité buccale se trouve placée à son extrémité antérieure (fig. 9); cette cavité, qui n'est pour ainsi dire que le commencement de lœsophage, présente inférieurement un renflement lingual, armé de trois séries de crochets cornés (fig. 10, 11,12), et placé, comme dans le Buccin ondé, à l'extrémité de deux cartilages qui se prolongent en arrière, dans l’intérieur de la trompe (fig. 9, 7). L’œsophage a son origine en dessous et en arrière de la cavité buccale; après avoir parcouru toute la longueur de la trompe dont il suit l'axe, ce canal, d’un trés-petit calibre dans cette partie de son trajet, remonte en avant, pour traverser l'anneau nerveux, et vient aboutir à un canal beaucoup plus large (fig. 8, 9, «, e). Cette seconde partie de l’œsophage forme une sorte de prolongement cœcal au delà du point où elle reçoit la premiere, et se porte ensuite en arriere, en se rétrécissant graduellement, jusqu'à l'estomac (fig. 3, 4, 5, 6, 8, £, 2) (1).

Ce dernier organe, peu volumineux, de forme oblongue et presque entierement recouvert par le foie (fig. 1, 3, 4, e), est membraneux dans une partie de son étendue; sa partie postérieure seulement est doublée de fibres musculaires qui sont très-apparentes à sa paroi interne (fig. 7).

(4) Cuvier a figuré, dans le Buccin ondé, un petit cœcum sur

le trajet de l’œsophage, qui nous semble correspondre à celui dont nous venons de parler.

L'intestin naît de la partie antérieure de la poche stomacale; son trajet et sa terminaison sont comme dans les Mollusques pectinibranches dont nous avons déjà donné la description (fig. 1, 2, 3, #4, £, #, a).

Les glandes salivaires forment une masse granuleuse assez considérable, de laquelle partent deux canaux excréteurs très-grêles; ceux-ci traversent l’anneau nerveux et s’accolent à l’œsophage qu'ils accompagnent jusqu’à l'extrémité de la trompe, pour aller s'ouvrir sur les côtés de la cavité buccale (fig. 5, 6, OUI SE).

Le foie forme, avec l'ovaire ou le testicule, la partie postérieure de la masse viscérale (fig. 3, 4, f, f); le canal hépatique principal, qui se voit dans une rainure, à la face interne de cet organe, vient s’aboucher dans l'estomac, au même point que l’œsophage (fig. 4, 7).

Les sexes sont séparés dans ces Mollusques comme dans tous les véritables Pectinibranches. L'ovaire et le testicule occupent la même place, le long du foie, et présentent une structure identique (fig. 3, #, £, et fig. #, 0, 0). Du testicule part un canal déférent qui, assez mince à sa naissance, se renfle en pénétrant dans la cavité branchiale, et forme un gros tube accolé d’abord au rectum , ensuite à la paroi inférieure de la cavité branchiale, jusqu'a la base de la verge (fig. 3, d, d). Ce dernier organe, très-volumineux, est situé à la partie postérieure de la tête, du côté droit; il est parcouru par le canal déférent qui s'ouvre

à son extrémité (fig. 1, 3). L'ovaire fournit un ovi-

ducte très-grèle, aboutissant à un utérus situé le long du rectum, dans la cavité branchiale; cet utérus ne forme pas de circonvolutions comme chez les Littorines (fig. 4, 72, m).

L'organe de la dépuration urinaire (fig. 3,4, r, r'), et les feuillets muqueux qui longentle rectum{(fig. 3, 4), sont comme dans ces derniers Mollusques.

Le muscle columellaire est large et épais à sa partie antérieure, terminé en pointe à son extrémité (fig. 1, 2, 3, 4, m,m).

L'anneau nerveux est formé de six ou sept ganglions très-serrés autour de l’œsophage. Ces ganglions donnent naissance à un très-grand nombre de nerfs dont la distribution est analogue à celle que nous avons décrite dans plusieurs autres Mollusques. Deux nerfs très-volumineux, aplatis, longent l’œsophage jusqu’à la trompe, à laquelle ils se distribuent (fig. 8, 9,n,,n).

Nous avons recueilli les deux Pyrules dont nous venons de décrire l'animal, la P. tuba, à Macao , en Chine, et la P. vespertilio, à Touranne, en Cochinchine.

GENRE ROCHER. — Murex, Linne.

Nous avons fait figurer l'animal des Rochers dans deux espèces de ce genre, le Rocher chicorée-brülée (M. adustus), de Lamarck, et le Rocher du Brésil (M. brasilensis), de M. Sowerby (1). Comme on peut le voir par ces figures, cet animal se rapproche beaucoup, par ses caractères extérieurs, de celui des Pourpres; le pied est tout à fait semblable, mais la tête est plus petite, et les tentacules sont plus allongés et plus effilés; ces organes portent les yeux en dehors, à la réunion des deux tiers postérieurs avec le tiers antérieur. La verge est située à la base de la tête, du côté droit (pl. 44, fig. 1, et fig. 3, 4). L'opercule est ovalaire et onguiculé (fig. 2 et 5).

L'organisation intérieure des Rochers présente aussi une très-grande analogie avec celle des Pourpres.

4) Sowergy, Conch. illust., fig. 55. — Cette espèce a été con- ) TO

sidérée depuis comme une simple variété du ÆZ, senegalensis.

GENRE PLEUROTOME. — Pleurotoma, Lamk.

Les caractères de l’animal des Pleurotomes ne nous semblent pas avoir été indiqués encore d’une manière tout à fait exacte; dans deux espèces de ce genre que nous avons examinées , le Pleurotome nodifère ( P. nodifera ), de Lamarck , et le Pleurotome oxytrope(P. oxytropa, de M. Sowerby (1), cet animal nous à présenté les caractères suivants :

Une tête assez petite, subproboscidiforme, portant sur les côtés deux tentacules coniques, effilés à leur extrémité, avec les yeux situés en dehors et vers le milieu de leur longueur. Le pied , allongé et obtus à son extrémité postérieure, se termine antérieurement par un bord presque transverse, prolongé en pointe sur les côtés, et pourvu inférieurement d’un sillon marginal. L'organe mâle, situé en arrière de la tête et à droite, est assez gros, allongé et pointu à son extrémité. Le siphon branchial dépasse en avant le canal de la coquille. Le bord du manteau présente une échancrure qui correspond à celle du bord droit de l'ouverture (pl. 44, fig. 6, 7, et fig. 9).

L'opercule des Pleurotomes est corné, mince, subonguicule, à éléments lamelleux, commençant vers le milieu du bord interne (fig. 8 et 10).

(1) Sowerey, Proceedings 2001. Societ., 1833. — Nous avons

recueilli cette espèce à Touranne , en Cochinchine. Le Pleurotome

nodifère provient de Pulo-Pinang, dans le détroit de Malacca.

Par leur organisation interne, ces Mollusques se rapprochent encore beaucoup des Buccins, des Pour-

pres, ete., et des autres genres de ce groupe.

GENRE FASCIOTAIRE. — Fasciolaria, Lamk.

Nous n'avons étudié qu'une seule espèce de ce genre, la Fasciolaire robe-de-Perse(F. persica), de Lamarck ; les caractères que nous a présentés l’animal concordent avec ce qui en a été déjà dit par d’autres naturalistes.

Ces Mollusques ont un pied assez grand, allongé, obtus en arriere, et creusé d’un sillon marginal sous le bord antérieur qui est légèrement auriculé. La tête se termine en avant par deux tentacules courts et coniques qui portent les yeux sur un renflement, à la partie externe de leur base. L'organe mäle, assez volumineux, est situé en arrière, du côté droit. Le siphon branchial est peu développé (pl. 44, fig. 11). L’opercule de cette espèce est corné, épais et fortement onguiculé (fig. 12).

Cette Fasciolaire provient de l’île Mahé, du groupe des Seychelles.

GENRE TURBINELLE. — 7'urbinella, Lamk.

TURBINELLE BRÉSILIENNE.

Turbinella brasiliana, d'Orbigny.

D’Orbigny. Voy. dans l’Amér. mérid., tom. V, pag. 449, pl. 11, fig. 17.

PLancHe 44, Ficures 16, 17.

Turbinella, testä ovato-conicä, fuscä; anfractibus 7-8, convexis, plicato-tuberculatis, transversim striatis ; infimo ventricoso ; apertur& albido-lutea ; labro intüs sulcato; columell& anticé tri-pli-

catä ; canalé brevr.

Cette espèce, que nous avons fait figurer en 1844, a été décrite depuis par M. d'Orbigny, qui a adopté le nom que nous lui avions donné, mais sans nous citer.

L'animal, de couleur rouge, est semblable, par ses

caractères, à celui des Fasciolaires. L’opercule a aussi la même forme.

Dünensions de la coquille. — Hauteur, trente-huit millimètres; largeur, dix-neuf millimètres.

Cette Turbinelle habite les côtes du Brésil.

Nous avons fait représenter aussi l’animal de la Turbinelle polygone (T. polygona), Lamarck, qui est entièrement semblable à celui de l’espèce que nous

venons de décrire (pl. 44, fig. 13, 14,15).

GENRE TRITON. — Triton, Lamk.

L'animal des Tritons diffère de celui des Rochers, avec lesquels ces Mollusques avaient été confondus, par la forme de la tête qui est plus grosse et subproboscidiforme ou un peu saillante entre les tentacules ; ceux-ci sont aussi plus courts et portent les yeux plus en arrière, à la réunion du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs; toute la partie des tentacules qui est en arrière des yeux, est, comme d'ordinaire, plus renflée que l’antérieure. Le pied est entièrement semblable à celui des Rochers. La verge, assez volumineuse, est située en arrière du tentacule droit; mais le canal déférent n’est plus formé, dans sa partie antérieure, que par une simple rainure, comme dans les Littorines (pl. 44, fig. 26, 27, 29, 30). — L'opercule des Tritons est semblable à celui des Rochers (fig. 28, 31).

Ces Mollusques sont généralement ornés de couleurs très-vives. Dans les trois espèces qui sont figurées sur nos planches, les 7°. clathratum, tuberosum et succinctum, de Lamarck, cette coloration n'est pas rendue d’une maniere exacte, l’animal ayant été dessiné sur des individus conservés dans l'alcool. Les

tentacules sont représentés aussi un peu contractés,

GENRE RANELLE. — Ranella, Lamk.

L'animal des Ranelles ne diffère pas extérieurement de celui des Tritons; nous en donnons la figure dans la Ranelle grenouille (R. crumena), de Lamarck, et dans deux espèces décrites par M. Broderip, sous les noms de À. ventricosa et tuberculata (pl. 4, fig. 18-20, 21, 22, 24) (1). — Mais les Ranelles semblent se disunguer un peu des Tritons par la forme de leur opercule qui est moins onguiculé, et à sommet plus ou moins latéral (fig. 19-23).

GENRE STROMBE. — Sérombus, Linné.

Quoique l'animal des Strombes soit aujourd’hui très-bien connu, surtout par les observations de MM. Quoy et Gaimard, nous avons cru devoir en donner une figure dans le Strombe Isabelle (S. isabella), de Lamarck, l’organe mâle nous ayant présenté , dans cette espèce, une forme différente de celle qui a été indiquée, dans les autres espèces, par les auteurs que nous venons de citer (pl. 45, fig. 1, 2).

(4) Broderip, Proceed. of zool. Soc. London, 1832 ; pag. 178, et pag. 179.

Les détails que MM. Quoy et Gaimard ont donnés sur l’organisation intérieure des Strombes, prouvent que ces Mollusques appartiennent, dans le groupe des Pectinibranches, à un type d'organisation bien disunct de celui des genres précédents.

GENRE MITRE. — Mitra, Lamk.

Il est difficile de préciser les caractères de l'animal des Mitres, d’après les descriptions et les figures qui en ont été données. Nous n'avons observé qu'une seule espèce de ce genre, la Mitre nègre (M. caffra), de Lamarck, dont l'animal nous a offert les caractères suivants :

Une tête courte, un peu déprimée, terminée antérieurement par deux tentacules grêles, de longueur médiocre, portant les yeux sur un renflement à leur base; un pied allongé, obtus en arrière, pourvu d’un sillon marginal à son bord antérieur qui est transversal et trés-légerement échancré sur la ligne médiane. Le siphon branchial est très-long (pl. 45, fig. 3, 4).

Nous avons recueilli cette espèce à Luçon, îles Philippines.

3onile, — Z001. Tome II. Partie HF, 40

GENRE COLOMBELLE. — Colurnbella, Lamk.

L'animal des Colombelles, d’après ce que nous en avons vu dans les C. crassilabris et lanceolata, Sowerby (1), présente les caractères qui suivent :

Un pied allongé, étroit, terminé en pointe obtuse en arrière , sub-auriculé et pourvu d’un sillon marginal à sa partie antérieure; une tête un peu déprimée, terminée par deux tentacules coniques, effilés à leur extrémité et portant les yeux vers leur tiers postérieur. L’organe màle , assez volumineux , situé en arriere de la tête, du côté droit. Le siphon, assez long et étroit (pl. 44, fig. 8, 10, 11). — L’opercule est corné, mince et subonguiculé (fig. 42).

D'après la description que nous venons d'en donner, les Colombelles nous semblent se rapprocher beaucoup pius des Pourpres que des Mitres, avec lesquelles M. Deshayes à cru leur trouver de l’analogie (2).

(4) Sowerey, Proceed. of zool. Soc. Lond., 1834, pag. 116. (2) Desmayes, dans la dernière édition de Lamarck, tom. X,

pag. 265.

GENRE MARGINELLE. — Marginella, Lamk.

Les observations que nous avons faites sur l'animal de la Marginelle cing-plis (M. quinqueplicata), de Lamarck, ne s'accordent complétement ni avec celles d'Adanson, sur la M. glabra, ni avec celles que M. Deshayes a publiées récemment sur ces Mollusques (1).

L'animal de cette espèce nous a présenté les caractères suivants : un pied très-grand, assez mince, débordant la coquille dans tous les sens, mais surtout en arrière et en avant; ce pied, rétréci en pointe arrondie à sa partie postérieure, se termine antérieurement par un bord presque transverse et parcouru inférieurement par un sillon marginal. Ce pied offre encore la particularité curieuse d’avoir, en dessus de sa partie postérieure, à la place occupée par l’opercule dans les autres Gastéropodes, une lame saillante et libre dans la plus grande partie de son étendue, formant dans ce point une espèce d’opercule charnu. Le manteau , dans son état de développement complet, se relève tout autour de la coquille, de manière à la recouvrir presque entièrement. La tête est petite, déprimée, terminée par deux tentacules courts, aplatis et pointus à leur sommet; ces tentacules ne nous

(4) Desnayes, dans la dernière édition de Lamarck, tom. X,

pag. 434.

ont offert aucune trace d’yeux, ni à leur base, ni dans le reste de leur étendue. En arrière du tentacule droit se trouve l'organe mâle qui est assez volumineux et un peu bifurqué à son extrémité. Le siphon branchial est saillant et assez gros (pl. 45, fig. 13,14, 15).

Nous avons recueilli cette Margimelle à Pulo-Pinang, dans le détroit de Malacca.

GENRE VOLUTE, — F'oluta, Linné.

L'animal des Volutes est un de ceux qui sont le mieux connus, dans leurs caractères extérieurs, d’après les observations faites sur ces Mollusques par Adanson, MM. Quoy et Gaimard, Alcide d'Orbigny, etc. ; cet animal est remarquable par la forme de la tête qui est trés-large, aplatie, semi-circulaire, portant en dessus et de chaque côté, un tentacule court et obtus au sommet; les yeux, sessiles ou placés sur un petit pédicule, se trouvent en dehors et un peu en arrière des tentacules. Le pied est large, épais, obtus en arriére, un peu tronqué en avant el pourvu, dans ce sens, d’un sillon marginal. Le siphon respiratoire est volumineux, épais, allongé et remarquable encore par les deux longs appendices qui se voient à sa base. La verge, d’un volume énorme, est située en arrière de la tête, du côté droit ; cet organe est parcouru , dans toute l'étendue de son bord postérieur, par une rai-

nure faisant suite à celle qui constitue le canal déférent, dans sa partie antérieure. On sait que les Volutes sont dépourvus d’opercules.

Nous avons fait représenter l'animal de la olute pied-de-biche (F. scapha), Gmelin, sur lequel on voit tous les caracteres que nous venons d'indiquer. Cet animal est noirätre et tigré de blanc (pl. 45, fig. 17). Nous l'avons recueilli à Pulo-Pinang, dans le détroit

de Malacca.

GENRE PORCELAINE. — Cypræa, Linné.

Les Mollusques qui constituent ce genre sont encore tres-distincts par leurs formes extérieures. Ces Mollusques ont une tête assez grosse, arrondie, fendue à la partie antérieure et inférieure, par l'orifice de la bouche. Les tentacules, placés sur ses côtés et non en avant, comme on le voit sur quelques figures, sont allongés, effilés à leur extrémité, et renflés dans une petite étendue, à leur base; les yeux sont situés à la partie antérieure de ce renflement et en dehors. Le pied est large, assez mince sur les bords, auriculé et muni d’un sillon marginal à sa partie antérieure. Mais ces Mollusques se distinguent surtout par le développement considérable de leur manteau et par les villosités, ou les appendices quelquefois ramifiés qui recouvrent celui-ci dans ses parties extérieures. Le

siphon branchial est gros et court, et couvert aussi de villosités très-marquées. — Comme les Volutes, les Porcelaines n'offrent aucune trace d’opercule.

Nous donnons l'animal des Porcelaines , d'apres la Porcelaine arabique(C. arabica), de Tinné. Le pied n'est pas représenté dans tout son développement sur notre figure (pl. 45, fig. 48). Nous avons recueilli

cette Porcelaine à Pulo-Pinang.

GENRE OLIVE. — Oliva, Bruguiere.

Parmi les espèces qui composent ce genre, les unes ont un opercule, tandis que les autres en sont dépourvues; quelques zoologistes en ont déduit que lopercule formait un caractère de peu d'importance, puisqu'il pouvait ainsi se trouver ou manquer dans Îles espèces d’un même genre; mais l'étude des animaux démontre que les Olives sans opercule différent trèsnotablement, dans leurs caractères extérieurs, de celles qui sont operculées.

En effet, les premieres ont un pied très-grand, de même longueur que la coquille ou la débordant même en arrière, le lobe antérieur large, arrondi en avant et peu saillant sur les côtés. La tête est surmontée de deux longs tentacules un peu comprimés transversalement à leur base, portant les veux en dehors et

vers leur partie moyenne, très-déliés dans le reste de

PECTINIBRANCHES. 631 leur étendue. Tels sont les caracteres qu'offre l'animal des grandes Olives, comme l'Olive du Sénégal (O. senegalensts), de Lamarck, dont nous donnons la figure (pl. 45, fig. 19-24).

Dans les Olives pourvues d'un opercule, généralement plus petites que les précédentes, le pied est moins grand, son lobe antérieur moins large et plus développé dans le sens latéral; la tête n'offre plus aucune trace de tentacules.

Ces caractères sont, du reste, plus ou moins tranchés dans les espèces de ce groupe. Ainsi, dans l’Olive volutelle (O. volutella), de Lamarck (1), le pied et sa partie antérieure se rapprochent encore un peu, par leur forme, des Olives du premier groupe ou sans opercule; mais la tête offre seulement une petite crête saillante en dessus et sur la ligne médiane (fig. 22, 23). Dans lOlive columellaire (O. columellaris) de M. Sowerby (2), le pied laisse le tiers postérieur de la coquille à découvert, et son lobe antérieur, très-étroit d'avant en arrière, se prolonge en une longue pointe sur les côtés; ce pied présente, en outre, deux autres petits appendices situés en arrière des précédents, à sa partie antérieure. La tête n'offre plus en dessus, ni tentacules, ni crête sur la ligne médiane (fig. 25, 26).

(4) L’individu que nous avons fait figurer parait être une variéte de cette espèce.

(2) Sowerey, Tank. cat. app., pag. 34. — M. d’Orbigny a déjà décrit l’animal de cette espèce, et a été conduit, par la difference de ses caractères, à en faire un sous-genre, sous le nom d’Ofivine.

(Voy. tom. V, pag. 419 et pl. 59.)

Nous ne doutons pas que ces différences extérieures ne correspondent à des modifications dans l'organisation intérieure, et ne justifient plus tard la séparation des Olives inoperculées de celles qui sont pourvues d’un opercule.

L'opercule des Olives est corné, très-mince, et d’une forme très-différente de celle que nous avons trouvée jusqu'ici dans les autres Pectinibranches (fe, °24, 27).

Dans toutes les Olives , le pied offre un large pore à sa partie antérieure et inférieure , sur la ligne médiane (fig. 21, 26).

GENRE CONE. -— Conus, Linne.

L'animal des Cônes, d'après l'étude que nous en avons faite dans quelques espèces, et surtout dans le Cône linéé (C. quercinus), Brug., que nous avons fait représenter, offre les caractères suivants :

Une tête proboscidiforme, portant, sur les côtés et a sa base, deux tentacules de longueur médiocre, oculés en dehors et un peu en avant de leur partie moyenne , très-déliés à leur sommet ; un pied allongé, assez étroit, terminé en pointe obtuse en arrière, élargi et épaissi à sa partie antérieure qui est munie inférieurement d’un sillon marginal. Ce pied offre,

comme celui des Olives, un assez large pore en des-

PECTINIBRANCHES. 633 sous et en avant, sur la ligne médiane. Le siphon branchial est long et assez gros à sa base (pl. 45, fig. 28). L'opercule des Cônes est corné, onguiculé, mais remarquable par sa forme tres-allongée (fig. 29).

Ces caractères concordent avec ceux qui avaient été déja donnés de ces Mollusques. L'organisation intérieure des Cônes a été étudiée par MM. de Blainville, Delle Chiaje, et surtout par MM. Quoy et Gaimard, qui ont dévoilé, dans ces Mollusques, des particularités anatomiques assez curieuses.

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