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formé cette poche, le canal digestif reprend son premier calibre et se dirige, en décrivant quelques flexuosités, vers le nucléus; il se comporte ensuite d’une manière un peu différente dans les divers genres du groupe qui nous occupe.

Dans les Firoloïdes, ce canal contourne la partie inférieure du nucléus , en se portant un peu obliquement du côté droit vers le côté gauche; il remonte ensuite, de ce même côté, le long du nucléus, pour aller se terminer à sa partie supérieure (pl. 16, fig. 3, 4, 6, 7,2). Dans les Firoles, sa disposition est à peu près semblable à celle que nous venons de décrire (DM 0 empr22%6e1 Tele; 2e) Dans les Carinairoïdes , 1l contourne le nucléus de gauche à droite, et un peu de bas en haut, de manière à venir aboutir à sa partie antérieure et supérieure (pl. 17, fig. 2, 3,13, c; pl. 22, fig. 45, z,e). Enfin, dans les Carinaires , il forme une circonvolution semblable, mais dans l'épaisseur même du foie (pl. 22, fig. 2, 4, e, e). Dans tous les genres que nous venons de citer, cette dernière partie du tube digestif présente une nouvelle dilatation plus ou moins marquée qui nous semble devoir étre considérée comme constituant la véritable poche stomacale chez ces Moilusques (pl. 22, fig. 2, 15, 18, e) ; le volume peu considérable de cet estomac, dont le diamètre excède quelquefois à peine celui du reste de l'intestin, a pu facilement le faire confondre avec ce dernier; mais sa structure différente et ses rapports avec le foie ne permettent pas, ce nous semble, de méconnaitre sa nature véritable. Du reste, la

détermination que nous donnons ici, est mise hors de doute par la disposition qu'offre le tube digestif chez les Atlantes; dans ces Mollusques, qui se lient aux Carinaires et aux autres Hétéropodes par l’ensemble de leurs caractères et de leur organisation , mais chez lesquels la forme du corps se trouve ramenée, comme nous l'avons dit, à celle des Gastéropodes pectinibranches, le tube digestif, après avoir formé cette dilatation fusiforme que nous avons regardée comme une sorte de jabot, présente, dans son trajet à travers le foie, une seconde poche bien distincte qui, par sa position et ses rapports, est bien évidemment l’estomac et qui correspond tout à fait au renflement du canal intestinal que nous considérons comme ce dernier organe dans les Firoles, les Carinaires, etc. (pl. 23 et 23 Dés, fig. 1 et 13).

D’après ce que nous venons de dire, l'intestin proprement dit est fort court et existe à peine dans la plupart des Hétéropodes. Nous avons déjà indiqué sa terminaison qui a lieu à l'extrémité supérieure du nucléus, dans les Firoloïdes et les Firoles (pl. 16, fig. 3, 4, 6,7, 9, 10, a, et pl. 22, fig. 17, 18, a); à la partie antérieure et supérieure de ce nucléus, chez les Carinairoïdes (pl: 17; fi3:02,06:012;:15,1a;setnpl.122% fig. 15, a); enfin, à sa face inférieure, dans les Carinaires (pl. 22, fig. 1 et 2, a) ; dans ces deux derniers genres , l'ouverture anale se trouve placée un peu à droite de la ligne médiane. Dans les Atlantes, les analogies nombreuses que nous avons déjà eu occasion de signaler entre ces Moliusques et les Pectinibranches,

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se retrouvent dans la dernière partie du tube digestif qui, comme chez les Gastéropodes de ce groupe, vient se terminer dans la cavité branchiale, du côté droit, à quelque distance du bord antérieur du manteau (pl. 23, fig. 4 et 43; pl. 23 b6s, &, à, a) (1).

Tous les Hétéropodes sont pourvus d’un appareil salivaire qui est constitué par deux glandes tubuliformes, allongées, se terminant antérieurement, par un canal excréteur très-délié, sur les côtés et en arrière de la cavité buccale (pl. 16, fig. 1, 2, 5, 8; pl. 17, fig, 4,41 44, 49;pl:22;; fig 4,455, 5); dansiiles Atlantes, ces glandes sont très-longues et présentent un rétrécissemeut à leur extrémité postérieure

(pl. 23, fig. 1 et 13; pl: 23 des, s, s) (2).

(4) M. Rang, à qui revient le mérite d’avoir, le premier, reconnu les véritables caractères des Atlantes et leurs affinités avec les Carinaires, les Firoles, etc., s’est mépris sur le mode de terminaison de l'intestin dans ces Mollusques, en plaçant l’anus à l’extrémité d’un des appendices qui se voient au côté droit de l’animal et qui appartiennent, comme nous le verrons bientôt, à l'appareil générateur. Il est d’autant plus surprenant que M. Rang ait commis cette erreur, qui a été adoptée depuis par tous les zoologistes, que ce naturaliste avait parfaitement reconnu aussi les rapports des Atlantes avec les Pectinibranches, et que, dès lors, la position qu’il assignait à l’anus était tout à fait contraire à l’analogie.

(2) M. Rang a décrit et figuré, dans les Atlantes, une seconde paire de glandes salivaires qui seraient très-petites, et dont les canaux excréteurs, très-grêles, viendraient s'ouvrir à la partie antérieure de la cavité buccale; mais, d’après la place qu’il leur assigne, ces glandes nous paraissent n’être que les ganglions buccaux , et leurs canaux excréteurs, les filets nerveux que ces ganglions envoient à la partie antérieure de la bouche.

Le foie est assez volumineux dans les Mollusques dont nous nous occupons ici ; il forme , avec les organes de la génération , la plus grande partie du nucléus ou de la masse viscérale. Cet organe, de couleur violacée où brunâtre, est toujours enveloppé ou traversé, dans une partie de son étendue , par la poche stomacale, comme nous l'avons vu précédemment.

Les organes de la respiration, dans les Hétéropodes, sont groupés, avec les principaux viscères, en une sorte de nucléus terminal ou dorsal , ce qui a fait désigner ces Mollusques, par M. de Blainville, sous le nom de Vucléobranches ; mais cette disposition n'existe pas dans tous les Hétéropodes, et ne constitue par conséquent pas, comme on l'avait cru, un caractère général pour ces Mollusques. Dans les Atlantes, en effet, les branchies se trouvent placées dans une cavité tout à fait semblable à celle des Gastéropodes pectinibranches, ainsi que nous avons déja eu occasion de le dire.

Ces organes présentent , du reste, la même structure, dans tous les animaux de ce groupe; ils sont constitués par des lames membraneuses allongées, parcourues à leurs bords par les vaisseaux branchiaux et garnies, sur chacune de leurs faces, de lamelles transversales, décomposées elles-mêmes en un grand nombre de feuillets. La forme de ces lames branchiales est un peu variable; elles sont triangulaires , longues et effilées , dans les Firoloïdes, les Firoles et quelques espèces du genre Atlante, comme l’4tlante de Kérau-

HÉTÉROPODES. 308 dren (pi. 23, fig. 11 ); elles sont de même forme, mais plus larges, plus courtes et quelquefois recourbées légèrement à leur sommet, chez les Carinairoïdes et les Carinaires (pl. 22, fig. 8 et 16); enfin, dans la plupart des Atlantes, elles sont oblongues et, comme l’a dit M. Rang, un peu en forme de palettes (pl. 23 fig. 10 ).

La disposition de ces branchies, sur le nucléus, pré-

sente aussi des différences qui peuvent servir à caractériser les genres, et même quelquefois les espèces de ces genres, comme nous le verrons par la suite.

L'appareil circulatoire des Hétéropodes est tout à fait semblable à celui de la plupart des Gastéropodes.

Le cœur, dans les Firoloïdes et les Firoles, est situé à la partie antérieure et supérieure du nucléus ( pl. 16, fig. 3, 4, 6, 7, 9 et 10,c); dans les Carinairoïdes, il en occupe la partie supérieure (pl. 17, fig. 2, 3, 6, 12, 13, 15,c); chez les Carinaires, il est placé de la même manière, mais en avant, par suite de la disposition un peu différente du nucléus sur l'animal (pl. 17, fig. 19, et pl. 22, fig. 1, 2, c); enfin, dans les Atlantes, il se trouve au fond de la cavité branchiale, comme dans les Gastéropodes pectinibranches (pl. 23 et 23 bis, c).

Dans tous ces Mollusques, cet organe est contenu dans une large poche, à parois transparentes , et se compose d'une oreillette globuleuse et d’un ventricule pyriforme, à parois plus épaisses, séparé de l’oreillette par un étranglement plus ou moins marqué (pl. 22, fig. 2 et 17, c; pl. 23, fig. 18). La position

Boaile — Zoo! Tome II. Partie IE. 20

relative de ces deux parties varie suivant la place qu'occupent les branchies ; ainsi, dans les Firoloïdes et les Firoles, l'oreillette est supérieure au ventricule (pl. 16, fig. 3, 4,6, 7; et 105 pl:22;%he: 1%); chez les Ga rinaires, le contraire a lieu et c'est le ventricule qui se trouve au-dessus de l'oreillette ( pl. 22, fig. 1); dans les Carinairoïdes et dans les Atlantes, l'oreillette est en avant et le ventricule en arrière (1); ces différences, dans la direction du cœur, n'ont pas d'importance et tiennent, comme nous venons de le dire, à l'arrangement des parties entre lesquelles cet organe se trouve placé.

Le ventricule donne naissance, par son sommet, à une aorte volumineuse qui, après un très-court trajet, se divise en deux troncs principaux ; l’un de ces troncs s'épuise tout entier dans le nucléus, en fournissant de nombreuses branches aux viscères qui constituent cette partie (pl. 22, fig. 2 et 17); l’autre, d’un calibre un peu plus considérable et que l’on peut regarder comme la continuation de l'aorte, se dirige en bas eten avant, dans la cavité générale du corps, fournit une branche récurrente qui se distribue à la partie postérieure ou

(4) Nous supposons, pour cela, animal des Atlantes dans une position semblable à celle dans laquelle nous avons représenté les Carinaires, les Firoles, etc., c’est-à-dire la nageoiïre en bas, et la coquille ou la masse viscérale en haut. Cette position est celle que nous eussions dû donner à l’animal des Atlantes, sur nos figures, pour le rendre comparable, dans ses diverses parties, aux autres Hétéropodes , et pour rendre plus évidentes les analogies qui l’u-

nissent à ceux-ci.

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caudale de l'animal, donne ensuite une seconde branche qui se ramifie dans la nageoire, continue son trajet en avant, en passant au-dessus des ganglions sous-æsophagiens, et vient se terminer sous la masse buccale qu'entourent antérieurement ses branches de terminaison. Dans cette derniere partie de son trajet, le tronc aortique fournit quelques branches très-grêles dont les unes semblent se rendre à l'intestin, et dont les autres se perdent dans les parois de la partie antérieure ou céphalique de l'animal (pl. 22, fig. 1, 2, gr gg; ete 103 q )

Telle est la disposition du système artériel dans les Carinaires, dans les Firoles, dans les Carinairoïdes, etc.; dans tous ces Hétéropodes, cette disposition peut être résumée ainsi : l'aorte se divise, presque immédiatement après sa naissance, en deux troncs principaux dont l’un, postérieur, se distribue aux viscères qui forment le nucléus, et dont l’autre, antérieur, se subdivise en trois grosses branches qui sont destinées au prolongement postérieur où caudal de l'animal, à sa partie antérieure ou céphalique, et à la nageoire. Le volume de ces trois artères est toujours eu rapport avec le développement des parties auxquelles elles doivent fournir; c’est ainsi que, chez les Firoloides, l'artère postérieure ou caudale est très-grèle , tandis qu'elle est, au contraire, d’un calibre presque égal à l'artère antérieure ou céphalique, chez les Carinaires. Dans les Atlantes, la distribution du système artériel est encore la même : l'aorte se divise aussi, dès son origine, en deux troncs dont l’un se porte en ar-

rière, dans les viscères qui remplissent le fond de la coquille, et dont l’autre se dirige en avant, vers les parties extérieures de l'animal, pour s’y subdiviser en trois branches principales, comme nous venons de le dire (1).

La partie de l'appareil circulatoire qui rapporte le sang des divers points du corps aux organes de la respiration, est beaucoup moins apparente que celle que nous venons de décrire, ainsi que cela a généralement lieu dans les Mollusques. Nous n'avons pu l’étudier d’une manière assez complète pour en parler ici avec quelques détails; d’après ce que nous avons vu chez les Carinaires qui, par leur grande taille, se prêtent mieux à cette étude que les autres Hétéropodes, le système veineux général de ces Mollusques offrirait une disposition analogue à celle qui existe dans les Gastéropodes ; comme chez ces derniers, il nous à paru constitué par deux ordres de vaisseaux appartenant, les uns aux viscères, les autres aux parties extérieures de l'animal, et venant tous aboutir à un tronc

(4) Les figures que nous donnons, pour représenter la forme du cœur et la structure de cet organe dans les Atlantes (pl. 23, fig. 18,19), sont la reproduction de dessins que nous avons faits sur le vivant, en observant ces Mollusques à un très-fort grossissement. Par suite de la position dans laquelle se trouvait Panimal, pendant qu'il était soumis à nos observations, l’origine de l'aorte semble indiquée d’une manière inexacte sur ces figures : nous devons dire que ce vaisseau naît du sommet même du ventricule, ainsi que nous l’avons représenté pour les Firoles et les Carinaires , et comme cela a lieu généralement dans le cœur des

Gasteropodes.

HÉTÉROPODES. 309 unique qui parcourt la base des branchies, pour distribuer le sang à ces organes.

Quant au système veineux branchial, toujours mieux délimité que le système veineux général, il est disposé dans les Hétéropodes comme dans tous les autres Mollusques. Les veines qui rapportent le sang des branchies, viennent se jeter, tantôt dans deux troncs qui se réunissent ensuite à peu de distance de l’oreillette , ainsi qu'on le voit chez les Carinaires, tantôt dans un tronc unique qui suit la ligne des branchies ; cette dernière disposition , que l’on trouve chez les Atlantes, rappelle tout à fait celle qu'offre le tronc de la veine branchiale dans les Gastéropodes pectinibran-

ches (pl. 23, fig. 1 et 18).

Les sexes sont séparés dans tous les Hétéropodes (4).

Dans les males, le testicule forme une masse granuleuse, blanche ou grisätre, qui occupe ordinairement la partie postérieure et supérieure du nucléus (pl. 16, hg#410:0 (2)spl:17,6s,649;:45;,4; pl..22% fig: d;

(4) M. Laurillard est le premier qui ait reconnu la distinction des sexes dans les Hétéropodes , chez les Carinaires ; les observations de ce naturaliste ont été confirmées plus tard par celles de M. Milne-Edwards, sur les mêmes Mollusques (nn. des scienc. nat. , 2° série, tom. XVIIT, pag. 323). Nous devons dire cependant que M. Lesueur avait déjà indiqué, avant les observateurs que nous venons de citer, la distinction des sexes chez les Firoles, dans son Mémoire sur ces Mollusques (Zourn. of the acad. of the nat. scienc. of Philadelphia, vol. 1, pag. 3).

(2) Cette lettre a été mal mise sur notre figure et devrait être

2,t,t,t); chez les Atlantes, cet organe est quelquefois comme lobulé etremplit, avec le foie, le fond de la coquille ( pl. 23, fig. 1, et pl. 23 Ds, 1, 1, t). De ce testicule part un canal déférent qui varie, dans sa disposition, d'une manière assez notable.

Dans les Firoles, il offre, au moment où il s’isole du testicule , un calibre assez considérable ; il se rétrécit ensuite brusquement et n'a plus, dans le reste de son trajet, que l'apparence d’un conduit très-délié et presque capillaire ( pl. 16, fig. 10, d). Dans les Carinairoiïdes, il est également très-grèle dans toute son étendue , si ce n'est à son origine où il présente un reuflement plus ou moins considérable, de couleur noirâtre , constituant une sorte d'épididyme ( pl. 417, fig. 6, 12, d). Chez les Carinaires , ce canal se renfle aussi, un peu après sa naissance , et forme une petite masse pelotonnée qui est logée dans la substance du foie, à la partie inférieure du nucléus (pl. 22, fig. 2, d'); mais, dans la portion de son trajet qui fait suite à celle dont nous venons de parler et que l’on voit ramper sur le côté droit de l'animal, il n’est plus constitué par un canal proprement dit, mais par une simple rainure creusée dans l'épaisseur de la peau, ainsi que cela a lieu dans plusieurs Gastéropodes pectinibranches (pl. 22, fig. 1, d, d, et fig. 2, d). Enfin, dans les Atlantes, le canal déférent présente, à sa sor-

un #; c’est donc par erreur que, dans la table explicative de nos planches, pl. 16, la lettre o est donnée comme indiquant lovaire sur toutes les figures.

HÉTÉROPODES. 311

ue du testicule, une sorte d’épididyme , comme chez les Carinairoïdes (pl. 23, fig. 1, et pl. 23 bis, x ); après avoir repris son premier calibre, il nous a paru aboutir à un sillon longeant le côté droit du corps, comme chez les Carinaires; nous avons vu, du moins , cette dernière disposition d’une manière bien distincte dans l’Atlante de Kéraudren qui, par ses dimensions assez grandes, se prête mieux à l'étude de ces Mollusques ; dans cette espèce, le canal déférent, après avoir formé un renflement , comme nous l'avons dit, aboutit au fond de la cavité branchiale, du côté droit, et se conüinue ensuite avec un sillon tout à fait semblable à celui que nous décrirons par la suite dans certains Gastéropodes pectinibranches, dans les Littorines. Dans tous les Hétéropodes dont nous venons de parler, le canal déférent vient se terminer à un appareil copulateur qui fait saillie au côté droit de l'animal, vers le milieu du corps, en dessus de la nageoire. Cet appareil est constitué par deux appéndices volumineux , non rétractiles, qui sont réunis à leur inseron et libres dans le reste de leur étendue; l'un de ces appendices, de forme cylindroïde ou conique, est percé d’un orifice à son sommet et semble parcouru par un canal à son centre (pl. 16, fig, 10, v; pl. 17, hop et; pl92 fo 4, 20:23 Gr, pt):

l’autre , d’une forme assez variable, est comme fendu

(1) Dans quelques espèces du genre Atlante, comme dans l 4tlante de Péron, dont nous citons ici la figure, cet appendice pre -

sente un évasement en forme de cupule à son extremite.

suivant sa longueur et a quelquefois l'aspect d’une lame membraneuse pliée ou roulée sur elle-même (pi. 22, fig. 4, vw’; pl. 23 bis, v). Le premier semble, tout d’abord , être la verge, et le second , une partie accessoire de cet organe; nous avions, à l’exemple d’autres anatomistes, déterminé ainsi les fonctions de ces appendices dans les Firoles et les Carinaires, ainsi que dans les Carinairoïdes (1); mais un examen plus attentif nous a fait reconnaître que le conduit déférent, qu'il soit formé par un véritable canal ou par un simple sillon dans la derniere partie de son trajet, vient toujours aboutir à la base de l'appendice qui présente une sorte de scissure suivant sa longueur , et se conünue, par l'intermédiaire de cette scissure, jusqu’à son extrémité, ainsi que plusieurs Gastéropodes pectinibranches nous en offrent des exemples. D'après cela, nous croyons qu'il faut voir, dans cette dernière partie, le véritable organe excitateur ; quant à l’autre ap-

(4) Nous avons donne cette détermination dans la table explicative de nos planches, qui doit être par conséquent rectifiée sous ce rapport. Dans les Atlantes, Pappendice que nous avons indiqué comme la verge (pl. 23, fig. 1, et pl. 28 bis, »), avec M. Rang, est bien celui auquel vient se rendre le canal déférent qui se continue jusqu’à son extrémité par le moyen d’une rainure , ainsi que avait remarqué ce naturaliste; cette rainure longe son côté interne, ce qui ne permet pas de la voir sur la figure. L’appendice qui est évasé à son extrémité, et que M. Rang a considéré comme le tube de lP’anus, présente aussi intérieurement une partie glanduleuse qui est très-apparente dans certaines espèces. Du reste, la forme de ces deux appendices est très-variable dans les Atlantes, comme

le montrent nos figures.

oo

pendice, nous avons aussi reconnu qu'il n'est pas traversé par un canal à son centre, mais qu'il contient un corps glanduleux, d'une coloration ordinairement très-foncée, dont le produit versé au dehors par lorifice qui est placé à son sommet, a probablement, dans l'acte de l'accouplement, des usages qui restent à déterminer.

Dans les Firoloïdes, l'appareil générateur màle présente une disposition qui s'éloigne d’une manière assez tranchée de celle que nous venons de décrire. Dans ces Mollusques, ou du moins chez les individus mâles, on ne trouve plus dans le nucléus d’organe représentant le testicule; mais, à ce nucléus se trouve annexée une masse arrondie, d’une apparence granuleuse intérieurement et que nous croyons pouvoir considérer comme l’organe sécréteur mâle (pl. 16, fig. 5, 6, 7, z); un gros pédicule cylindroïde, parcouru par un canal très-fin à son centre, met ce testicule en relation avec un appendice assez saillant qui se trouve en avant du nucléus, du côté droit, et qui nous paraît être la verge (fig. 6, ») (1). Cette disposition singulière de l'appareil générateur dans les Firoloïdes forme un des caractères qui, comme nous le verrons plus tard, doivent faire séparer ces Mollusques des Firoles auxquelles la plupart des zoologistes les ont réunis. |

L'appareil génital des Hétéropodes , examiné chez les femelles, présente une assez grande conformité

(4) Cest par erreur qu'on a placé sur cette figure la lettre x

qui indique la vésicule copulatrice chez les femelles.

dans sa disposition, si ce n’est encore dans les Firoloides.

L'ovaire occupe la même place que le testicule, chez les mâles, et offre une structure tout à fait analogue (phAT, Me 250, etpl22 Mie ME AMAB TON il donne naissance à un oviducte qui, d’abord tresgrêle, comme à l'ordinaire, se renfle presque aussitôt en une matrice boursouflée et formant un certain nombre de circonvolutions serrées (pl. 22, fig. 45, m, m, et fig. 48, 7); cette matrice s'ouvre ensuite presque directement au dehors, à la partie antérieure et supérieure du nucléus, du côté droit (mêmes figures, 0"). Chez les Carinaires, cet orifice se trouve à la face inférieure du nucléus, en arrière de l'ouverture anale. Dans les Atlantes, l’utérus nous a paru se prolonger dans la cavité branchiale et s’y terminer à une certaine distance du bord antérieur du manteau, comme dans les Gastéropodes pectinibranches (1).

(1) Les Atlantes présentent cette particularité fort singulière qu’on ne rencontre presque que des individus mâles. M. Rang, qui avait observé ce fait, et qui avait toujours trouvé, sur les'individus qu'il avait examinés, l’appareil copulateur qui caractérise extérieurement le sexe mâle, en a conclu, dans son mémoire sur le genre Atlante, que ces Mollusques sont hermaphrodites ou ont les sexes réunis sur le même individu, Mais une telle conclusion est trop contraire à l’analogie pour qu’elle puisse être admise. En effet, les Atlantes ressemblent trop aux Carinaires, aux Firoles, etc., dans toutes les autres parties de leur organisation, pour qu’elles puissent s’en éloigner à ce point, sous le rapport des organes de la génération. Du reste, en examinant un très-grand nombre d’Atlantes dans ce but, nous avons trouve deux individus n'ayant

HEÉTÉROPODES. 315

Dans les Firoloïdes, la disposition de cet appareil est, comme nous l’avons dit, un peu différente, L'ovaire occupe la partie postérieure du nucléus, et se reconnait facilement aux œufs dont il est ordinairement rempli (pl. 16, fig. 4, 2, 3, 4, o); mais cet ovaire ne donne naissance qu'a un canal assez large qui, après un trajet très-court et sans former de circonvolutions, vient s’ouvrir à la partie inférieure du nucléus (pl. 16, fig. 4 et 3).

La dernière partie de l'appareil générateur femelle présente, dans tous les Hétéropodes, une sorte de vésicule de couleur noirâtre, quelquefois comme multifide (pl. 22, fig. 19), qui vient s’aboucher dans la matrice par un canal assez grêle, tout près de son orifice extérieur ( pl. 16, fig. 3, x, et pl. 22, fig. 15 et 18,æ); mais cette partie nous a semblé avoir d’autres connexions que nous n'avons pu saisir d’une manière suffisante et qui demandent par conséquent de nouvelles recherches; nous la considérerons provisoirement comme l’analogue de la vésicule copulatrice qui, dans la plupart des Mollusques, accompagne la terminaison de l’oviducte ou de la matrice.

D'après les détails que nous venons de donner sur l'appareil de la génération dans les Hétéropodes, l'on

pas l'appareil copulateur qui est propre aux mâles, et sur lesquels

nous avons fait les observations que nous donnons ci-dessus. Mal-

heureusement les dimensions extrémement petites de ces Mollus-

ques, et leur état de contraction, par suite d’un long séjour dans

l'alcool, ne nous ont pas permis d’élucider d'une manière com- » Ï Ï

plète ce point important de leur organisation.

316 MOLLUSQUES peut voir que, sous ce rapport, ces Mollusques se rap-

prochent tout à fait des Gastéropodes dioïques ou à sexes séparées.

Ces analogies et celles que nous avons déjà indiquées dans d’autres parties de l’organisation des Hétéropodes, ne sont pas les seules qui lient étroitement ces Mollusques aux Gastéropodes pectinibranches ; nous allons en signaler d’autres qui démontrent d’une manière non moins évidente les rapports intimes qui existent entre ces deux groupes de Mollusques.

Ainsi, nous avons trouvé dans les Atlantes un organe qui nous parait correspondre tout à fait à celui que Cuvier désigne, dans les Gastéropodes pectinibranches, sous le nom d’organe de la viscosité, et que d’autres anatomistes, entre autres M. de Blainville, ont considéré comme l'organe de la dépuration urinaire. L'on sait que cet organe, chez les Mollusques que nous venons de citer, se trouve placé derrière le fond de la cavité branchiale, et se présente sous la forme d’une poche s’ouvrant par un petit orifice dans cette dernière cavité (1); chez les Atlantes, on voit en arrière de la cavité branchiale, un organe entièrement semblable, par sa forme et par sa structure, à celui dont nous venons de parler (pl. 23, fig. 1, 7, et DÉ"95"01s, 7 )12)

(1) Voir les figures que nous donnons de cet organe dans les Littorines (pl. 33, fig. 1, 2, x, x); dans les Natices (pl. 36, fig. 6, æ, &'); dans les Pyrules (pl. 43, fig. 3, 4, r, r). &

(2) Dans l’Atlante de Kéraudren cet organe est très-volumineux

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Cet organe n'existe pas seulement dans les Atlantes ; ainsi que l’analogie devait le faire supposer, nous l’avons retrouvé dans les Firoles, dans les Firoloïdes , chez lesquelles il est aussi constitué par une poche qui se trouve placée à la partie antérieure et supérieure du nucléus, entre le cœur et les branchies (pl. 22, fig. 17, 18, y); nous croyons avoir également reconnu, quoique d’une manière moins distincte, son existence chez les Carinaires et les Carinairoïdes (1).

Le système musculaire des Hétéropodes nous offre encore, dans sa disposition, une grande analogie avec celui des Gastéropodes.

Dans les Carinaires, la peau du corps est doublée à l’intérieur d’une couche musculaire très-forte, à fibres entre-croisées, comme l'a représentée Cuvier dans les planches du mémoire qu'il a consacré à ces Mollus-

et présente comme des circonvolutions à sa surface (pl. 23, fig. 7); ces circonvolutions répondent à des plis que ses parois forment intérieurement, et qui se subdivisent ensuite eux-mêmes en feuillets nombreux, comme nous l'avons figuré dans les Zittorines (pl. 33, fig. 2, x).

(1) Cet organe, chez les Carinairoïdes, n’est pas celui qui est représenté à la planche 17, fig. 3, x; ce dernier n’est autre chose que le ventricule du cœur qui se trouvait déplacé sur la pièce qui a servi à notre dessinateur. Cette figure ayant été exécutée aussi d’après nos croquis, dans lesquels le cœur se trouvait à sa position normale , il s’en est suivi que le ventricule a été représenté dans deux points différents. La planche était malheureusement gravée lorsque nous nous sommes aperçus de cette erreur, ce qui ne nous a pas permis de la rectifier. Nous avons cru devoir la réparer autant que possible par cet avertissement.

ques. Mais dans les autres Hétéropodes, cette couche est beaucoup moins apparente et semble même se confondre avec le derme , dans la plupart de ces Mollusques ; dans quelques Fircles, l'on voit encore des faisceaux longitudinaux bien distincts venir se terminer à la partie postérieure du corps. Chez les Atlantes , dont le corps peut se retirer en entier dans la coquille, ce mouvement s'opère par le moyen d’un muscle columellaire tout à fait semblable à celui des Gastéropodes à coquille turbinée ; simple à son insertion en arrière, ce muscle se divise antérieurement en plusieurs faisceaux qui se rendent à la tête , à la nageoire, à la ventouse que celle-ci présente sur son bord postérieur, et à la partie de l'animal qui supporte l'opercule; quelques-uns de ces faisceaux se subdivisent eux-mêmes en faisceaux secondaires, comme le représentent nos figures (pl. 23, fig. 1, et pl. 23 Os, m, m, M).

La partie du système musculaire qui appartient à l'organe locomoteur ou à la nageoire, et qui chez les Atlantes, comme nous venons de le voir, est une dépendance de celie que nous avons déjà décrite, en est tout à fait distincte dans les autres Hétéropodes ; dans ceux-ci, cette partie du système musculaire est constituée par des faisceaux qui, de la partie moyenne et inférieure du corps, se rendent, de chaque côté, à la nageoire sur laquelle ils forment un certain nombre de couches plus ou moins distinctes. Ces faisceaux s’entre-croisent, avant de former ces couches, de telle sorle que ceux qui viennent du côté droit vont con-

HÉTÉROPODES. 319 stituer les couches opposées et réciproquement; en outre, leurs fibres sont toujours dirigées de manière que celles d'une couche croisent obliquement celles de la couche adjacente Gps AT, fist 3504458488 19 et pl. 22, fig. 1). Chez les Carinaires, le nombre de ces faisceaux musculaires est assez considérable : on en compte ordinairement de douze à quinze dé chaque côté (1); ils vont former, dans la nageoire, quatre couches bien distinctes dont les fibres serrées s'étendent également à toute la surface de cet appendice ; les fibres des deux couches superficielles sont dirigées obliquement de haut en bas et d’arrière en avant; celles des deux couches profondes sont également dirigées de haut en bas, mais d’avant en arrière. Au centre de la nageoire se trouve un espace celluleux qui sépare les couches du côté droit de celles du côté gauche et dans lequel se ramifient les nerfs et les vaisseaux destinés à cet organe.

Dans les Carinairoïdes et dans les Firoles, la dispo: siion du système musculaire de la nageoire nous a paru semblable à celle que nous venons de décrire ; les faisceaux sont seulement plus gréles et les couches qu'ils forment plus minces et à fibres moins serrées, surtout vers le bord de cet appendice où ces fibres ne forment plus qu’une sorte de réseau à mailles trèslâches. Dans les Firoloïdes , ces couches musculaires

(1) Cuvier a représente douze faisceaux, de chaque côté, dans la figure qu’il a donnée du système musculaire de la Carinaire (voy. son Mémoire sur la Ptérotrachée, pl. 3, fig. 27).

sont encore moins distinctes et semblent provenir surtout de deux faisceaux dont les fibres s’étalent en rayonnant sur chacune des faces de la nageoire (pl. 16, fig2).

Nous avons déjà dit que les faisceaux musculaires de la nageoire s’entre-croisaient avant de constituer les couches qui entrent dans la composition de celle-ci; on observe un entre-croisement semblable dans les fibres qui forment la ventouse ou l'espèce de duplicature que la nageoire présente, sur son borë, dans la plupart de ces Mollusques. Cette partie est même poirvue quelquefois de petits muscles spéciaux, comme on le voit dans certaines Firoles.

Enfin, le système musculaire des Hétéropodes comprend encore les nombreux faisceaux qui s’insèrent autour de la masse buccale et qui font exécuter à cetie partie les divers mouvements dont nous avons déjà parlé. Parmi ces faisceaux, nous indiquerons surtout ceux qui ont pour usage de faire rentrer la masse buccale à l’intérieur et qui l’envelopyent à la manière d’une gaine charnue (voir la pl. 22, fig. 4, sur laquelle ces muscles sont représentés coupés).

Le système nerveux est très-développé dans les Hétéropodes ; sa disposition est à peu près la même dans tous ces Mollusques.

Les ganglions sus-œæsophagiens ou cérébraux sont placés en arrière des yeux, à peu de distance de ces organes ; ils forment une masse qui est subdivisée en plusieurs lobules correspondant aux différentes paires

HÉTÉROPODES. gai de nerfs qui en émanent (pl. 22, fig. 1, £, et fig. 8, 9 et 10).

Au-dessus de cette masse ganglionnaire, se voit d'abord un renflement transversal se continuant, sur les côtés , avec les nerfs optiques qui n’en sont, pour ainsi dire, que le prolongement; après un trajet assez court, ces nerfs aboutissent aux yeux et se terminent en s’épanouissant largement, comme nous l’avons déjà dit, à la base de ces organes (pl. 22, fig. 1, 8 et 10). De la partie postérieure et inférieure du renflement dont nous venons de parler, naît un autre nerf trés-grêle qui se dirige en dehors, pour se rendre à l'organe auditif; lorsqu'on examine ce nerf à un grossissement un peu fort, on voit qu'il est accolé, dans la plus grande partie de son trajet, à un autre filet nerveux très-fin avec lequel il communique par une branche anastomotique et qui se prolonge au delà de l'organe auditif, pour se perdre dans les parties voisines (mêmes figures et fig. 13).

En avant du bulbe des nerfs optiques, les ganglions sus-æsophagiens présentent quatre autres renflements ou lobules ( pl. 22, fig. 8 ).

Un de ces renflements , situé au-dessus des autres et de forme ovoïde, fournit deux nerfs dont l’un se rend au tentacule correspondant, et dont l’autre, un peu plus grêle, se perd dans la peau de la partie supérieure de la tête (pl. 22, fig. 1, 8 et 10).

Deux autres lobules se voient en dessous et en avant du précédent. L'un, interne, donne naissance, par son sommet, à un nerf flexueux qui va se distribuer au

Bonite, — Zool. Tome IT, Partie II. 21

pourtour de l'ouverture buccale; l'autre , externe, se continue également, à son extrémité antérieure, avec un cordon nerveux assez volumineux qui se porte aussi en avant et qui va aboutir aux ganglions buccaux (pl. 22, fig. 4, 8, et 10). Ces derniers ganglions, situés à la partie postérieure et supérieure de la masse buccale, en dessous de l’œsophage, sont unis, comme d'ordinaire, par un petit filet transverse et fournissent plusieurs branches nerveuses qui se distribuent à cette masse buccale ; une de ces branches se dirige en arrière, pour se perdre sur les parois de l'œsophage (1) (pl 22;#is. 41):

Le quatrième renflement, moins distinct que les précédents, se trouve placé au-dessous et en dehors de celui qui fournit le nerf tentaculaire ; il ne donne qu'un filet nerveux très-gréle qui va s’anastomoser avec une branche d’un des nerfs qui nous restent à décrire: (pl: 22, fie 4,819);

La portion des ganglions sus-œæsophagiens ou cérébraux qui est en arrière des bulbes optiques, se subdivise également en deux petits lobes, pour chacun de ces ganglions ( pl. 22, fig. 8, 9, 10).

D'un de ces lobes naît un nerf qui se comporte différemment du côté droit et du côté gauche; à gauche, ce nerf se ramifie dans la paroi supérieure du corps, en arrière de la tête ; à droite, il va se rendre, sans fournir aucune branche, à un ganglion qui se trouve

(1) Voy. les considérations générales que nous avons données sur ces ganglions, pag. 72.

HÉTÉROPODES. 323 situé à la base du nucléus et dont nous allons bientôt parler (pl. 22, fig. 1).

L'autre lobule, inférieur au précédent, émet un gros cordon nerveux qui descend, de chaque côté, en dehors de l’œsophage, et va aboutir aux ganglions sous-œsophagiens; ces nerfs fournissent, à peu de distance de leur origine, une petite branche qui va s’anastomoser avec un des nerfs déjà décrits ( pl. 22, fige, 81et:9.).

Les ganglions sous-æsophagiens sont situés en dessus de la nageoire et se trouvent, par conséquent, à une grande distance des ganglions cérébraux, dans la plupart des Hétéropodes; il en résulte que le collier nerveux a une longueur considérable chez ces Mollusques. Nous avons déjà signalé cette particularité remarquable et nous en avons donné l'explication dans nos considérations générales sur le système nerveux des Mollusques céphalés (1).

Ainsi que les ganglions cérébraux, les ganglions sous-æsophagiens sont divisés en presque autant de lobules qu'ils fournissent de paires de nerfs (pl. 22, fig.4, get fig. 14,:12).

A leur partie antérieure viennent aboutir les cordons nerveux qui les unissent aux ganglions cérébraux et qui forment l'anneau œsophagien.

En arrière, ils donnent naissance, chacun, à un nerf volumineux qui va se distribuer à la partie postérieure ou caudale de l’animal.

(1) Voy. à la page 79 de ce volume.

Une troisième paire de nerfs naît inférieurement de ces ganglions pour aller se ramifier dans la nageoire. Indépendamment de ces nerfs, qui sont assez gros, le renflement qui les fournit émet, de chaque côté, un autre filet nerveux plus grêle qui longe la paroi inférieure du corps, jusqu'à la tête, et s’y perd en donnant un assez grand nombre de branches.

Supérieurement, chacun des ganglions sous-œæsophagiens présente encore deux renflements ou lobules (p22%he7410

Le renflement postérieur fournit, du côté gauche seulement, un nerf très-grêle qui va se ramifier, en arrière, dans les parois du corps, et qui nous a paru donner quelques filets aux deux appendices de lappareil copulateur (pl. 22, fig. 1).

Le renflement ou lobule antérieur, plus volumineux que le précédent, donne naissance à deux nerfs assez gros dont lun se divise en plusieurs branches qui se perdent dans les parois du corps (fig. 4 et 11); l’autre nerf, qui a son origine en arrière du précédent, se porte, de chaque côté, en haut vers le nucléus, et aboutit à un ganglion que nous avons déjà indiqué et qui se trouve placé en dessous de la masse viscérale Cp EM 2e)

Ce ganglion nous paraît correspondre au ganglion viscéral que nous avons décrit précédemment dans le collier nerveux des Ptéropodes conchylifères; seulement, au lieu d’être en rapport immédiat avec les autres ganglions sous-œsophagiens, comme dans ces derniers Mollusques, il en est sépare par des commis-

HÉTEÉROPODES. 325 sures très-lüngues. La raison de cette disposition se trouve, ce nous semble, dans la position de la masse viscérale à l'extrémité et presque en dehors de la cavité générale du corps, dans les Hétéropodes ; la portion centrale du système nerveux qui préside aux fonctions des visceres s’est rapprochée de ceux-ci, de même que nous avons vu les ganglions affectés aux organes de la locomotion s'éloigner considérablement des ganglions cérébraux pour se mettre en rapport avec ces organes. Ainsi, les trois ordres de ganglions qui, d’après ce que nous avons cherché à établir précédemment, entrent toujours dans la constitution de l'anneau œsophagien, et que nous avons vus réunis et groupés autour de l’œsophage, dans les Ptéropodes, sont ici séparés et trés-distants les uns des autres, par les raisons que nous avons données, tout en conservant entre eux les mêmes connexions ou rapports.

Outre les deux cordons nerveux qui l’unissent aux ganglions sous-œæsophagiens , le ganglion viscéral en reçoit un autre qui provient, comme nous l'avons déjà vu, des ganglions cérébraux. Quant aux nerfs qui en émanent , ils sont ordinairement au nombre de trois; l'un de ces nerfs se jette dans la masse viscérale et s’y perd entièrement; un autre aboutit, après un trajet assez court, à un petit ganglion qui est appliqué sur la face inférieure ou antérieure du nucléus, et duquel partent trois ou quatre filets nerveux qui se perdent également dans la masse viscérale ; enfin, le troisième se termine aussi à un ganglion qui est placé dans le

voisinage du cœur et des branchies, et dont les rameaux paraissent se distribuer exclusivement à ces organes, à l'exception d’un filet de communication qu'il envoie à l’autre petit ganglion dont nous venons de parler (pl 22e re" fige);

Le système nerveux nous a offert la disposition que nous venons de décrire dans tous les Hétéropodes ; la subdivision des ganglions sus et sous-æsophagiens en plusieurs lobules est seulement plus où moins marquée dans ces Mollusques. Chez les Atlantes, ces ganglions ne présentent plus que quelques renflements correspondant aux principaux nerfs qui en émanent (pl. 23, fig. 2, 3, 4 ); dans les Firoloïdes , leur forme lobulée est encore moins prononcée et c'est à peine si l’on voit encore quelques traces de renflements à leur surface (pl. 16, fig. 2).

Dans les Atlantes, le collier nerveux est aussi beaucoup moins long que dans les autres Hétéropodes, ce qui s'explique facilement par la longueur moins considérable du corps et par la position de la nageoire qui est beaucoup plus rapprochée de la tête, dans les Mol-

lusques de ce genre (pl. 23, fig. 1) (1).

(1) Le système nerveux a été décrit, dans les Firoles, par M. Lesueur (mémoire déjà cité), et, dans les Carinaires, par plusieurs auteurs, entre autres par M. Milne-Edwards, qui l’a fait connaître d’une manière très-détaillée (4zn. des scienc. nat. , tom. XVIII de la 2° série, pag. 326). Nos observations concordent, sur presque tous les points , avec celles de ce dernier naturaliste ; les ganglions viscéraux, que M. Milne-Edwards a le premier reconnus et décrits, ne nous ont seulement pas présenté la

HÉTÉROPODES. 327

ILÏ. HISTOIRE NATURELLE DES HÉTÉROPODES.

Les Hétéropodes sont, comme les Ptéropodes , des Mollusques essentiellement pélagiens qui habitent les hautes mers et ne se montrent sur les rivages que lorsque les courants ou les tempêtes les y portent.

L'on a dit que les Hétéropodes étaient aussi des Mollusques extrêmement communs ; Péron et Lesueur s'expriment de la manière suivante dans leur mémoire sur le genre Firole : « De tous les animaux que la Méditerranée nourrit dans son sein, il n’en est point peut-être de plus nombreux que les Firoles ; c'est par milliers qu’on les voit, durant les temps calmes, nager à la surface des flots, ou qu’on les trouve, à la suite des tempêtes, rejetés sur la grève; c’est avec la même abondance que les pêcheurs, dont elles font quelquefois le désespoir, les ramènent chaque jour dans leurs filets (1).» M. Alcide d'Orbigny dit également, en parlant des Hétéropodes , que ces Mollusques « fourmillent sous la zone torride où, dans certains parages, leurs myriades couvrent la superficie des mers 2)

disposition symétrique que cet auteur leur assigne ; les cordons nerveux qui les unissent aux ganglions sus et sous-æsophagiens, et ceux qui en partent pour se distribuer aux viscères, ne nous ont également pas paru tels qu’il les a décrits et figurés. Le ganglion que M. Milne-Edwards nomme aral est celui que nous considérons comme le ganglion branchial.

(4) Annales du Muséum , tom. XV, pag. 84.

(2) loyage dans l’Amér. mérid., tom. V, pag. 84.

Nos observations ne concordent pas, sur ce point, avec celles des naturalistes que nous venons de citer; à l'exception , en effet, des Atlantes que nous avons trouvées en assez grande abondance dans toutes les mers et qui semblent former quelquefois des bancs considérables comme les Ptéropodes , tous les autres Hétéropodes nous ont paru être des Moilusques assez rares ; ainsi, dans tout le cours de notre voyage pendant lequel nous avons traversé l'océan Pacifique, les mers de l'Inde, de la Chine, et sillonné deux fois, dans presque toute son étendue, l'océan Atlantique, et malgré l’assiduité constante que nous avons toujours mise à la recherche des animaux pélagiens, nous n'avons cependant recueilli que deux carinaires ( dont une mutilée), trois firoles ( dont deux mutilées aussi), cinq carinairoïdes et neuf firoloïdes; tandis que ces Mollusques se montraient si rarement dans nos filets, les Atlantes, au contraire, y venaient souvent par centaines , comme les Hyales, les Cléodores et d’autres Ptéropodes. La Méditerranée parait être cependant plus riche en Hétéropodes, et, d’après les témoignages de plusieurs naturalistes, les Carinaires et les Firoles y seraient assez communes , du moins dans certaines localités.

Les Hétéropodes se meuvent dans les eaux de la mer à l’aide de leur nageoire; les Atlantes ont un moyen de locomotion accessoire dans l'expansion foliacée qui termine la partie de l’animal sur laquelle se fixe l’opercule; les autres Hétéropodes, les Carinaires, les Firoles, etc., s’aident aussi, dans leur natation, des

HÉTEROPODES. 329 mouvements d'ondulation qu'ils impriment à tout leur corps, à la manière des poissons. Ces Mollusques sont assez lents dans leurs mouvements; ils paraissent nager presque avec autant de facilité en arrière qu’en avant; souvent on les voit flotter vaguement dans l'eau, sans suivre dans leur progression une direction déterminée. Lorsqu'ils suspendent les mouvements de leur nageoire , ils ne tombent que lentement au fond de l'eau , leur pesanteur spécifique n'étant que trèspeu supérieure à celle de ce liquide. Les Atlantes difféerent des autres Hétéropodes par leurs mouvements plus vifs ; ces petits Mollusques agitent leur nageoire avec beaucoup de vitesse, et leur mode de natation ressemble bien plus à celui des Ptéropodes.

Tous les Hétéropodes nagent dans une position renversée, c’est-à-dire la face dorsale du corps tournée en bas, ce qui, comme nous l'avons déjà vu pour les Ptéropodes, a fait décrire ces Mollusques sens dessus dessous par la plupart des naturalistes qui les ont observés (1). Cette habitude, que l’on retrouve chez presque tous les Mollusques pélagiens, nous parait n'être qu’un

(1) Nous devons dire cependant que tous les observateurs ne sont pas d’accord sur ce point; ainsi, il en est qui disent avoir vu des Carinaires nager la coquille en haut et la nageoire en bas; d’après d’autres, ces Mollusques pourraient nager également dans les deux positions, c’est-à-dire tantôt sur le dos et tantôt sur le ventre; mais, nous avons toujours vu ces Mollusques se tenir, pendant la natation, dans une position renversée, ou la nageoire en haut; d’après l’explication que nous donnons ci-dessus, cette position est celle qui nous parait devoir être la plus habituelle.

simple résultat des lois de la statique, ces animaux ne pouvant évidemment se tronver en équilibre dans l'eau, que lorsque la partie la plus pesante de leur corps ou la masse viscérale , qui est ordinairement placée en dessus, est devenue inférieure par le renversement de l'animal.

Les mœurs et les habitudes des Hétéropodes ressemblent beaucoup à celles des Ptéropodes; comme ces derniers Mollusques, c’est surtout à la chute du jour qu'ils se montrent à la surface de la mer. Mais cette habitude paraît cependant moins particulière aux Hétéropodes, surtout aux Carinaires, aux Firoles, aux Firoloïdes, etc., que l’on rencontre presque aussi fréquemment pendant le jour qu'au commencement de la nuit.

Les Hétéropodes peuvent se fixer aux corps flottants, à l'aide de la ventouse que la plupart de ces Mollusques ont sur le bord de leur nageoire; nous avons vu des Atlantes s'attacher ainsi très-fortement sur les parois des vases dans lesquels nous les avions mises, et se déplacer même lentement sans abandonner ces parois, exécutant ainsi une sorte de reptation analogue à celle des Gastéropodes ordinaires ( pl. 18, fig. 2). Les Firoloïdes et quelques espèces du genre Firole , dont la nageoire est dépourvue de ventouse, seraient , d’après cela, privées de cette faculté; la nature a-t-elle donné à ces Mollusques quelque autre moyen de se fixer aux corps qu'ils rencontrent, ou bien ont-ils la faculté de se rendre spécifiquement assez légers pour se soutenir dans l’eau sans être con-

HÉTÉROPODES. 331 damnés à se mouvoir sans cesse ? Cuvier dit, nous ne savons d’après quels renseignements, que ces animaux peuvent gonfler leur corps, en le remplissant d'eau d'une manière qui n'est pas encore bien éclaircie (A), ce qui aurait nécessairement. pour effet de diminuer leur densité déjà si peu supérieure, comme nous l'avons déjà vu, à celle du fluide dans lequel ils vivent.

Les Hétéropodes paraissent se nourrir exclusivement des animalcules qui peuplent si abondamment les eaux de la mer. Ces Mollusques sont très-voraces; nous avons vu plusieurs fois des Atlantes dévorer sous nos yeux de petits crustacés ou d’autres animaux pélagiens qu'elles saisissaient en faisant sortir les crochets cornés qui arment leur bouche intérieurement. Ces Mollusques s’aident beaucoup aussi, pour s'emparer de leur proie, des mouvements de leur trompe qu'ils allongent et portent dans tous les sens avec beaucoup d’agilité.

D’après la disposition de l'appareil de la génération dans les Hétéropodes, il est très-probable que ces Mollusques s’accouplent; mais nous ignorons de quelle manière cet accouplement se fait. Quant au produit de la génération, l’on sait depuis longtemps, par les observations de M. Lesueur sur les Firoloïdes et sur les Firoles, que ces Mollusques sont ovipares et qu'ils émettent leurs œufs au dehors sous la forme de longs cordons que l’on trouve souvent encore adhérents aux

(4) Règne animal, 2 édiuon, ton. HT, pag. 67.

femelles qui les traînent après elles; ces cordons, formés par une matière albumineuse qui enveloppe les œufs de toutes parts, présentent beaucoup d’analogie avec les cordons aviferes de plusieurs autres Mollusques , surtout du groupe des Nudibranches (pl. 16, fig. 1). Nous sommes portés à croire, d’après quelques observations que nous avons eu occasion de faire sur de jeunes Atlantes, que les Hétéropodes subissent des métamorphoses dans leur premier âge; nous nous occuperons plus tard de cette question, lorsque nous parlerons des coquilles microscopiques pélagiennes.

Les Hétéropodes paraissent habiter exclusivement les mers des régions chaudes et tempérées ; nous n’en avons du moins jamais rencontré sous les latitudes élevées. Les divers genres qui composent ce groupe sont représentés dans toutes ces mers; ainsi, l’on trouve également des Carinaires, des Firoles, des Atlantes , etc., dans l'océan Atlantique, dans le grand Océan, dans la Méditerranée, etc.; mais, à l’exception des Atlantes dont les espèces nous ont paru suivre, dans leur distribution géographique , les mêmes lois que les Ptéropodes, les autres genres sont le plus souvent représentés, dans chacune de ces mers, par des espèces différentes.

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