DORIS RAYÉE
Doris lineata , nobis.
PLance 25, Ficures 5-9.
Doris, corpore elongato, subprismatico, lævi, albido-flavescente , posticé acuto et caudato ; dorso lateribusque lineis violaceis ornatis ; tentaculis superioribus clavatis ; branchiis decem foliaceis, lamellatis , aureis.
Cette petite espece a le corps allongé, taillé à quatre pans, de couleur jaune päle, orné sur le dos et sur les côtés de linéoles longitudinales violacées; le manteau forme, tout autour du corps, un rebord à peine distinct qui ne dépasse pas le pied; ce dernier, non dilaté sur les bords, se prolonge postérieurement en une queue pointue. Les tentacules supérieurs sont courts, claviformes et lamelleux à leur sommet ; les inférieurs ou buccaux sont gréles et cylindriques. Les branchies forment dix folioles lamellées et disposées en étoile autour du tubercule de l’anus; ces organes sont, ainsi que les tentacules supérieurs, d’une belle couleur jaune orangée.
Cette espèce, longue d’environ quatre centimètres, et large à peine de six à huit millimètres, habite, comme la précédente, les îles Sandwich.
INFÉROBRANCHES. — Cuvier.
L'ordre des INFÉROBRANCHES, tel qu'il a été institué par Cuvier, comprend des Mollusques qui ont la forme et l’organisation des Nudibranches, et qui ne different guère de ceux-ci que par la position de leurs branchies. Les Inférobranches peuvent être divisés aussi en deux groupes qui correspondent tout à fait aux groupes établis aujourd’hui dans l’ordre des Nudibranches, d’après ce que nous avons dit précédemment; ainsi, tandis que les Phyllidies ressemblent aux Tritonies et aux Doris (4), nous allons voir que l’organisation des Diphyllidies rappelle entièrement celle des Éolides. Nous pensons, d’après cela, que ces Mollusques ne méritent pas de former un ordre distinct, comme l’a fait Cuvier dans sa classification, mais qu'ils doivent être réunis, dans un même ordre, avec les Nudibranches.
(4) Voir le memoire de Cuvier sur les Phyllidies.
INFÉROBRANCHES. 455
GENRE DIPHYLLIDIE. — Diphyllidia, Cuvier.
Cuvier a établi le genre Diphyllidie, dans la première édition de son Règne animal, pour des Mollusques dont M. de Blainville et J. F. Meckel ont fait plus tard les genres Linguelle et Pleuro-Phyllidie (1). C'est aussi à ce genre qu'il faut probablement rapporter celui que Rafinesque a désigné sous le nom d’4rmina (2), dénomination qu’il conviendrait des lors de lui restituer, comme ayant l’antériorité sur celles que nous venons d’énumérer. Plusieurs auteurs ont déjà décrit d’une maniere plus ou moins exacte les Diphyllidies, sous le rapport de leurs caractères extérieurs ; leur organisation intérieure a été étudiée par J. F.Meckel et surtout par M. Delle Chiaje (3); nous n’aurons que peu de détails à ajouter à ceux qui ont été donnés par ces deux célèbres anatomistes. Nos recherches ont été faites sur l’espèce de la Méditerranée qu'Otto a désignée sous le nom de D. lineata.
Les Diphyllidies ont le éorps oblong , déprimé , lin-
(4) Dict. des sc. nat., tom. XXVI, pag. 512. — Meckel, 4rch., tom. VIII, pag. 90 (1823).
(2) Précis de découv. somiologiques (1814).
(3) Memorie sulla storia e notomia degli animali senza vertebre del regno di Napoli, etc., tom. I, pag. 128, pl 10, fig. 12-20. (1823) — Descrizione e notomia degli anim. invert. della Sicilia
citeriore , tom. II, pag. 42 (1841).
guiforme; la tête, saillante en avant, est surmontée d’une sorte de voile ou chaperon qui se prolonge en pointe sur les côtés. Ce chaperon céphalique est séparé de la partie antérieure du corps, en dessus, par un sillon dans lequel se voient deux petits tentacules, logés dans une fossette qui occupe la ligne médiane (pl. 24 E, fig. 1, ê) ; nous n'avons trouvé aucune trace d’autres tentacules, ni d’yeux. Les branchies, sous forme de feuillets imbriqués, sont placées latéralement sous les bords saillants du manteau (fig. 2, 4, b). Les orifices de l’anus et de l’appareil générateur occupent le côté droit du corps, le premier vers le tiers postérieur, les deux autres plus en avant et sur un tubercule commun, comme dans les Tritonies, les Éolides, etc. (fig. 3, a, o!, ). Le pied, de même forme que le corps, mais moins grand et sans indice de sillon marginal à sa partie antérieure, présente un bord légèrement saillant et mince sur les côtés (fig. 2, 3). Le manteau, peu épais, est résistant et légérement coriace, comme dans beaucoup de Nudibranches.
Les organes de la respiration sont constitués dans les Diphyllidies, comme nous venons de le dire, par des feuillets placés tout autour du corps, sous le bord libre du manteau, excepté à la partie antérieure. Ces feuillets sont de deux sortes : en avant, ce sont des lames minces, disposées longitudinalement, serrées les unes contre les autres comme les feuillets d’un livre, et fixées sur un pédicule commun , de manière à former une sorte de touffe de chaque côté; les feuillets qui
INFÉROBRANCHES. 457
viennent ensuite, jusqu'à la partie postérieure, sont épais, moins larges, disposés obliquement ou même en travers, et remplis intérieurement d’une matière granuleuse brunâtre (fig. 2, b, b). Les lamelles antérieures, examinées à un grossissement convenable, présentent un réseau vasculaire très-serré sur toute leur surface (fig. 12); mais, contrairement à l'opinion de M. Delle Chiaje, nous pensons que les feuillets postérieurs servent également à la respiration, d’après l’analogie de ces feuillets avec les appendices branchiaux des Éolides, et d’après-la disposition qu'offre le système vasculaire.
En effet, lorsqu'on injecte le système veineux viscéral, ce que nous avons pu faire avec succès sur quelques individus, l’on voit le liquide de l’injection pénétrer seulement dans les lamelles antérieures; le sang veineux de l'enveloppe extérieure paraît se rendre surtout dans les feuillets postérieurs, pour y être soumis à l’acte de la respiration. Les troncs veineux, qui rapportent le sang des branchies au cœur, longent les parties latérales du corps, à peu près comme dans les Tritonies.
La disposition du cœur rappelle entièrement aussi celle qui existe chez cesMollusques, chez les Éolides, etc. (fig. 13, c). L’aorte se divise, des son origine, en deux troncs, dont l’un se rend à la masse buccale et aux parties antérieures du corps, et dont l’autre, apres avoir fourni de nombreux rameaux à l'ovaire contre lequel il est accolé, se porte jusqu’à l'extrémité posté-
rieure, en émettant successivement des branches, à
droite et à gauche, d’une manière assez régulière (fig. 13, 14).
L'appareil digestif des Diphyllidies nous offre aussi une analogie presque complète avec celui des Éolides. L’orifice buccal, situé à l'extrémité antérieure de l’animal, est circonscrit par un épais bourrelet charnu (fig. 2, 3). La masse buccale, volumineuse et probablement un peu protractile comme celle de la plupart des Nudibranches, est armée de deux mâchoires cornées, et d’une langue hérissée de crochets dont nos figures indiquent la forme et la disposition (fig.7, 4, k, l!, et fig. 8, 9); elle est mise en mouvement par de nom- Dreux faisceaux musculaires qui lui forment une véritable gaine charnue (fig. 4). L'œsophage, dont l’origine est en dessus de la masse buccale, est court et d’un assez gros calibre ; il aboutit presque immédiatement à une poche stomacale volumineuse et de forme oblongue, qui remplit presque toute la cavité viscérale (fig. 4, 5, c, e, e). L’intestin nait de la partie antérieure et inférieure de cette poche, du côté droit ; il se porte en arrière pour venir se terminer du même côté, à l'endroit que nous avons indiqué (fig. 4, 5, #, à, à).
Les Diphyllidies sont munies de deux glandes salivaires assez considérables , d’une forme comme rameuse; leurs canaux excréteurs longs et grêles s’ouvrent à la partie supérieure de la masse buccale, sur les côtés de l’œsophage (fig. 4, 5, s, s).
La disposition remarquable du foie, dans les Diphyllidies, à été indiquée depuis longtemps par 3. F. Meckel et par M. Delle Chiaje qui en a donné récemment
INFÉROBRANCHES. 499
une description trés-exacte. L’estomac donnenaissance, en dessus et de chaque côté, à sept ou huit canaux qui se portent en dehors, pénètrent dans l'épaisseur de l'enveloppe extérieure, et vont se rendre dans l’intérieur des feuillets branchiaux postérieurs, où ils se terminent par des ramifications recouvertes de granulations brunâtres (fig. 4, 5, 10, 11, 13). Ainsi le foie présente, dans les Diphyllidies, une disposition tout à fait analogue à celle que nous avons décrite chez les Éolides.
La conformation de l’appareil générateur est aussi entièrement semblable à celle de ces derniers Mollusques, comme le montrent les figures que nous en donnons (fig. 4 et 14); nous ferons remarquer seulement le peu de longueur du canal qui joint l’oviducte à la verge , ce qui nous a porté à le regarder comme un simple canal déférent. L’ovaire est enveloppé d’une gaine fibreuse très-résistante que M. Delle Chiaje a considérée, nous ne savons pourquoi, comme l'appareil urinaire. Nous avons trouvé la vésicule copulatrice remplie de faisceaux de zoospermes dont nous avons donné une figure (fig. 15).
Le système nerveux des Diphyllidies est remarquable par son peu de développement et par le petit volume des ganglions qui le constituent, ce qui peut expliquer les mouvements lents et les mœurs apathiques de ces Mollusques. Ge système est du reste encore semblable à celui des Tritonies et des Eolides ( fo 10)
TECTIBRANCHES. — Cuvier.
M. Rang nous semble avoir circonscrit l’ordre des TecriBRANCHES d’une manière beaucoup plus naturelle que ne l’a fait Cuvier dans sa classification, en le réduisant aux Aplysiens et aux Acères (1). Les Mollusques qui composent ces deux familles présentent, en effet, les plus grands rapports dans leur organisation, en même temps qu'ils s’éloignent par des caractères tranchés de ceux qui composent les autres ordres de la classe des Gastéropodes. Les Pleurobranches, que Cuvier a placés dans cet ordre, se rapprochent davantage des Inférobranches et des Nudibranches; et, quant aux Ombrelles qui s’y trouvent aussi rapportées, dans la dernière édition du Règne animal, nous verrons bientôt que ces Mollusques ne peuvent guère aussi être rangés parmi les Tectibranches dont ils n’ont pas les caractères.
(4) Ranc, Manuel de l'hist. nat. des Mollusques , pag. 142.
TECTIBRANCHES. 461
GENRE APLYSIE. — 4plysia, Linné.
APLYSIE DE OAHOU.
Aplysia oahouensis, nobis.
PLancHe 29 , Fiqures 10-13.
Aplysia , corpore elevato, anticé elongato et angustato, posticé sub-
caudato, levigato, virescente, maculis sparsis rigrescentibus notato.
Testé exili, albé, subarcuaté, anticè planulatä et rotundatä, posticé angustä et callosä.
Dans cette Aplysie, le corps est très-bombé, allongé et rétréci en avant, légèrement prolongé en arrière, mais non terminé en pointe; sa surface est lisse, de couleur verte, nuancée de rose dans quelques points et marquée, dans toute son étendue, de petites taches d’un vert très-foncé et presque noirâtre. Les lobes du manteau, serrés sur le dos, ne laissent entre eux qu’une fente très-étroite.
La coquille est calcaire , blanche, grêle, un peu arquée, plus large et aplatie en avant, rétrécie et calleuse à sa partie postérieure.
Nous avons recueilli cette espèce à Oahou, l’une des îles Sandwich.
Sa longueur est de sept à huit centimètres.
Cette Aplysie appartient à la division des Dolabelles, par la nature calcaire de sa coquille et par la disposition des lobes du manteau qui sont rapprochés et ser-
rés sur le dos; mais elle se rapproche des Aplysies proprement dites par la forme du corps, à sa partie postérieure, ce qui vient à l’appui de l'opinion déjà émise par M. Rang, que les Dolabelles doivent être réunies aux Aplysies et ne former qu’une simple section parmi les espèces de ce dernier genre.
GENRE BULLE.— Bulla, Linné.
Nous avons pu étudier deux espèces de ce genre, la Bulle banderole ( B. aplustra) qui est très-commune aux îles Sandwich, et la Bulle fasciée (B. fasciata) que nous avons trouvée à Pulo-Penang, dans le détroit de Malacca.
MM. Quoy et Gaiïmard ont déjà fait connaitre l’animal de la première de ces deux espèces; mais leurs observations ne concordant pas entièrement avec les nôtres, nous avons cru devoir en donner une nouvelle figure (pl. 25, fig. 14,15).
Les différences portent, comme le montrent nos dessins, sur la forme du pied et sur celle des appendices céphaliques.
Le pied, très-large et de forme irrégulièrement ovalaire, est arrondi en avani et non prolongé en pointe sur les parties latérales ; l'animal le relève ordinairement sur les côtés, de manière à en recouvrir plus ou moins la coquille.
TECTIBRANCHES. 463
Les appendices céphaliques, antérieurs et moyens, sont allongés et terminés en pointe à leur extrémité ; les postérieurs, plus larges que les précédents, sont tou- Jours appliqués sur la partie antérieure de la coquille.
Les rapports de ces appendices, avec le bord antérieur du pied, sont un peu variables, suivant l’état de développement de ce dernier; ainsi, tantôt les appendices de la premiere paire débordent le pied en avant, et tantôt, au contraire, ils sont débordés par celui-ci, comme on le voit sur nos figures. Dans la rainure qui les sépare, en dessous, se trouve l'orifice de la bouche.
L'animal de cette Bulle est d’un blanc légèrement diaphane dans toutes ses parties.
La coquille présente, dans la disposition des lignes noires qui sont placées sur les bords des bandes roses ou dans leur intervalle, d'assez nombreuses variétés ; nous en avons représenté quelques-unes sur nos figures
(fig. 14,16, 17).
L'animal de la Bulle fasciée ( B. fasciata) est entièerement semblable à celui de l'espèce précédente; les appendices céphaliques antérieurs et moyens sont seulement moins allongés et plus obtus à leur extrémité. Toutes les parties de cet animal sont d’une couleur café au lait, un peu plus foncée sur les bords du pied et à la tête; un petit liséré blanc borde en outre le pied dans toute son étendue, ainsi que les appendices céphaliques (pl. 25, fig. 18).
GENRE GASTÉROPTÈRE. — Gastropteron, Meckel.
Ce genre a été établi par J. F. Meckel, en 1813, pour un Mollusque fort curieux , assez commun dans certains points de la Méditerranée (1). Les Gastéroptères avaient d’abord été placés dans le groupe des Ptéropodes, et M. Deile Chiaje en avait même fait une espèce du genre Clio, sous le nom de Cho amati (2); M. de Blainville, le premier, fit voir que ces Mollusques n'étaient que des Acères dont le pied forme sur les côtés, deux larges expansions aliformes, propres à la natation (3). M. Vérany, à qui nous devons d’avoir pu étudier un grand nombre de Mollusques de la Méditerranée , ayant bien voulu mettre à notre disposition plusieurs individus de ce genre, nous avons cru utile d’en donner ici une description , comme complément de ce que nous en avons déjà dit dans notre histoire des Mollusques Ptéropodes.
Les Gastéroptères différent extérieurement des autres
(4) De Pteropodum ordine et novo ipsius genere, thèse in-4°, soutenue par J. F. J. Kosse, Hale, 1813. — Meckel avait d’abord désigné ce genre sous le nom de Parthenopia, qui a été adopté par Ocken. Rafinesque l’a aussi proposé, un peu plus tard, sous le nom de Sarcoptere. |
(2) Mem. sulla stor. e not. degli anim. senza vert., tom. I, pag. 53.
(3) Duct. des sc. nat., tom. XXXIT, pag. 270, et Manuel de
malacologie, pag. 479.
TECTIBRANCHES. 465
Acéres : 1° par leur pied qui se développe latéralement en une large expansion aliforme; 2° par leur manteau qui ne forme plus qu’une enveloppe très-mince autour de la masse viscérale, sans aucune trace de coquille; 3° enfin, par la position de l'appareil branchial qui est tout à fait à découvert, sur le côté droit, l’opercule qui abrite cet appareil dans les autres acères, étant ici à l’état de vestige, et représenté seulement par un repli de la peau qui forme postérieurement un petit prolongement libre. — Par leurs autres caractères extérieurs , les Gastéroptères ressemblent aux Mollusques de la même famille, et surtout aux Bullées (pl. 26, bee 4,2% 8).
L'organisation intérieure des Gastéroptères a été étudiée par Kosse, qui en a le premier parlé, par M. Cantraine (1), et surtout par M. Delle Chiaje qui en a donné une description très-détaillée (2).
L'appareil respiratoire est constitué par une branchie qui, comme nous l’avons dit précédemment, se trouve entièrement à découvert, du côté droit; cette branchie, de forme semi-pennée, est saillante et en partie libre, surtout en arrière (fig. 1, 3, b).
L'appareil circulatoire n'offre rien qui le distingue essentiellement de celui des autres Gastéropodes. Le système veineux général est très-apparent dans l’épaisseur du pied et du disque tentaculaire, où il forme un réseau tres-riche dont les troncs viennent aboutir
(1) Malacologie méditerranéenne, pag. 83.
(2) Ouvrage déjà cité, et Descriz. e not. degl. anim. invert. della Sic. citer., tom. IT, pag. 84, pl. 54 et 55.
Bonite. — Zool. Tome IT. Partie IE, 30
à un vaste sinus antérieur et médian (fig. 43), se prolonSeant autour de la masse viscérale (1).
Le cœur est situé en avant et du côté droit, à la base de la branchie ; il est contenu dans un péricarde assez résistant (fig. # et 15, c). Le ventricule, placé en arrière et à gauche de l'oreillette, donne naissance par son sommet à l'aorte qui se divise immédiatement en deux troncs : l'un de ces troncs, postérieur, va se ramifier dans la masse viscérale ; l’autre se porte en avant, en passant sous l'oreillette, et, arrivé au-dessous de la masse buccale, se divise en trois branches principales, deux latérales qui se portent, à droite et à gauche, dans le pied qu’elles couvrent de leurs ramifications, l’autre médiane, qui se distribue à la masse buccale et aux parties antérieures de l'animal (fig. 4 elec q0e
L'orifice de la bouche, tout à fait antérieur, est circonscrit par les bords du pied et du disque tentaculaire, et, sur les côtés, par deux petits bourrelets labiaux (fig. 2, 3, 0"). La masse buccale, assez considérable, est comme divisée en deux parties; ses parois, épaisses en avant, n'offrent aucun indice de pièces cornées ou de mächoires; mais sa cavité intérieure est remplie, en grande partie, par une langue volumineuse, armée au sommet de petits corps dentiformes (fig. 6,7,8, 9, 2); ceux-ci ont la forme de cre-
(4) M. Delle Chiaje, qui a bien vu et figuré cette partie du système veineux, l’a décrite sous le nom de système lymphatico-veineux. (Voir, à ce sujet, le rapport de M. Ch. Robin, que nous avons cité précédemment (pag. 397), page 104 de ce rapport.)
TECTIBRANCHES. 467
chets latéralement (fig. 11, 12); sur la ligne médiane, ils représentent une série de pièces imbriquées, comme le montre la figure que nous en donnons (fig. 10). L'œsophage est long et d’un assez petit calibre (fig. 6, 7,8,e'). L’estomac forme une poche assez grande et allongée, environnée presque entièrement par le foie (fig. 4, 6, 7,e). L'intestin enveloppe ce dernier organe de ses circonvolutions et vient s'ouvrir au côté droit, en arrière de la branchie (fig.1, 3,4, a).
Les glandes salivaires, au nombre de deux, sont allongées et tubuliformes ; elles longent l’œsophage auquel elles adhèrent par leur extrémité postérieure ; elles s'ouvrent dans la bouche, sur les côtés et à l’origine de ce canal (fig. 4,6,7,s,s).
Le foie forme une masse assez considérable qui enveloppe presque entièrement l’estomac, comme nous l'avons déjà dit; il verse la bile, dans cet organe, par plusieurs orifices dont quelques-uns offrent d’assez grandes dimensions ( fig. 4, 6, f).
L'appareil générateur est disposé comme dans les autres Aceres et chez les Aplysies.
L'organe qu'on a considéré jusqu'à présent comme l'ovaire, mais que nous regardons comme un organe hermaphrodite analogue à celui des Mollusques pulmonés, est situé à la partie postérieure de la masse viscérale (fig. 4, 14, 15,0). Il en part un oviducte qui, plus ou moins volumineux, suivant l’époque à laquelle on examine ces Mollusques (fig.1#4,15, d), aboutit à un renflement semblable à celui que nous avons déjà signalé sur le trajet de ce canal, dans les Mol-
lusques hermaphrodites (fig. 14, 15, d'); à ce renflement fait suite le second oviducte ou utérus qui forme, comme à l'ordinaire , une petite masse globuleuse par ses circonvolutions (fig. 14, 15, m), et qui reçoit également, près de sa terminaison, le canal d’une vésicule sphérique (même fig., x). L'orifice de cette partie de l'appareil se trouve placé en avant de la branchie, du côté droit (fig. 3, o').
La verge, distincte des parties que nous venons de décrire, est très-longue et grêle dans la plus grande partie de son étendue; elle forme ordinairement plusieurs replis en-dessous et à gauche de l’œsophage (fig. 4, 14, »). Son orifice, situé tout à fait en avant, est réuni par un sillon à celui de l’oviducte, comme dans tous les Mollusques de cette famille (fig. 3, 14, »').
Entre la poche qui contient le cœur et la partie antérieure de l'appareil générateur, se voit un organe d’un aspect ramifié et rougeûtre, qui nous paraît correspondre à celui qui occupe le fond de la cavité branchiale, chez.les Mollusques pectinibranches, et que l’on considère aujourd’hui comme l'organe de la dépuration urinaire ( fig. 4, 45, 4); mais nous n'avons bien pu saisir les connexions de cet organe, ni son mode de terminaison à l'extérieur.
Nous croyons devoir indiquer aussi une poche à parois granuleuses , qui se trouve dans le même point, appliquée contre la paroi abdominale , ei dont nous ne saurions dire les usages (fig. 4,15, y).
Le système nerveux des Gastéroptères est assez
TECTIBRANCHES. 469 compliqué; M. Delle Chiaje l’a représenté d’une manière exacte, dans ses parties centrales.
Les ganglions cérébraux , séparés par une Commissure sur la ligne médiane, donnent naissance à Cinq paires de nerfs qui se distribuent au disque tentaculaire et au pourtour de la bouche; les nerfs optiques, très-gréles, sont fournis par ceux de la deuxième paire ; une sixième paire fait communiquer ces ganglions avec les ganglions buccaux. La plupart de ces nerfs sont remarquables par les renflements ganglionnaires qu'ils présentent sur leur trajet (fig. 4,16,17).
Les ganglions locomoteurs, placés sur les côtés de l'anneau nerveux et réunis aux précédents par une étroite commissure, fournissent cinq paires de nerfs dont deux, plus volumineux que les autres, se rendent dans le pied qu’ils couvrent de leurs ramifications ; les autres nous ont paru se perdre dans les couches musculaires de la tête; un de ces nerfs se rend, du côté droit, au muscle rétracteur de la verge. Ces ganglions sont unis, en dessous de l’œsophage, par deux commissures dont une, très-grêle, est formée par un simple filet nerveux, émanant de l’un des nerfs du pied (mêmes fig. ).
Les ganglions viscéraux , situés en dedans des précédents, sont au nombre de trois du côté gauche, tandis que, du côté droit , ils se confondent le plus souvent en une seule masse ganglionnaire. Celle-ci fournit un nerf volumineux qui se rend à la branchie, à la base de laquelle il présente un petit renflement ; les ganglions viscéraux du côté gauche donnent nais-
sance à trois filets nerveux qui se distribuent surtout à l'appareil générateur; un de ces filets, plus volumineux , est entièrement destiné à la verge. Les ganglions viscéraux sont en rapport, de chaque côté, avec les ganglions pédieux et cérébraux; ceux du côté droit sont en outre unis à ceux du côté gauche par une comumissure sous-œsophagienne (même fig. ).
Les ganglions buccaux, situés à la partie postérieure de la masse buccale et en dessous de l’œsophage, fournissent des filets nerveux dont la distribution est analogue à celle que nous avons déjà indiquée dans d’autres Mollusques.
Les Gastéroptères ont deux yeux rudimentaires que l’on voit, à travers la peau, vers la partie moyenne du disque tentaculaire. Ces organes reçoivent, comme nous l’avons déjà dit, une branche nerveuse très-grêle, provenant de la deuxième paire de nerfs des ganglions cérébraux (fig. 4, 16, 17).
Le genre Gastéroptère ne renferme encore qu'une seule espèce, le Gastéroptère de Meckel, qui est d'une belle couleur pourpre, marquée de petites taches blanches, à la partie inférieure du pied. Ces Mollusques nagent au moyen des larges expansions que forme cette dernière partie, et dans une position renversée comme les Ptéropodes; mais il paraît qu'ils peuvent aussi ramper, à la manière des Gastéropodes ordinaires.
TECTIBRANCHES 4
GENRE OMBRELLE, — Urnbrella, Lamk.
Les Ombrelles forment un des genres les plus curieux de la classe des Gastéropodes. Quoique ces Mollusques aient été déjà étudiés par un assez grand nombre de naturalistes , cependant ils ne sont pas encore connus d'une manière suffisante pour qu'il soit possible de leur assigner une place définitive dans la méthode; nous regrettons de ne pouvoir nous-même faire cesser cet état d'incertitude, n'ayant pu élucider d'une manière complète quelques points importants de leur organisation.
Le corps de ces Mollusques, un peu déprinmé et sub-circulaire ou légérement ovalaire, est muni in- {érieurement d’un pied tres-large et très-épais qui le forme en grande partie. Ce pied , recouvert supérieurement de tubercules serrés et d’inégale grosseur, est creusé en dessus et à son centre , d’une cavité assez profonde contenant la masse des viscères; c’est autour de celte cavité centrale qu'il présente le plus d'épaisseur; il s'amincit ensuite graduellement jusqu’au bord, de manière à représenter, comme l’a dit M. de Blainville, une sorte de plan incliné. La masse viscérale est recouverte d’un manteau très-mince qui forme, tout autour, un rebord quelquelois dentelé; la structure seule de ce manteau indique qu'il est lui-même abrité par une coquille, et il y a lieu d’être surpris que les ma-
lacologistes aient été pendant si longtemps dans le doute, sur la position de celle-ci, dans ces Mollusques. Le manteau et la coquille qui le recouvre, sont débordés de toutes parts et d’une manière considérable par le pied (pl. 27, fig. 1, et fig. 2, X, K). La tête, située en dessus et en avant, est très-déprimée; elle est un peu échancrée sur la ligne médiane et présente, sur les côtés, deux tentacules coniques, fendus extérieurement dans toute leur longueur. Les yeux sont placés en dedans et à la base de ces tentacules. La fente qui parcourt ces mêmes organes en dehors, aboutit postérieurement à une petite cavité infundibuliforme dont le bord est légèrement saillant, et qui est garnie intérieurement de petits feuillets très-minces et tres-serrés , disposés comme des rayons autour de la partie centrale (fig. 4 et 2, #2). La bouche n'est pas située à la parte antérieure et inférieure de la tête, comme on pourrait le croire au premier abord; cet orifice est disposé d’une maniére fort singulière dans les Ombrelles. En avant de la tète, le pied présente, sur la ligne médiane, une échancrure large et profonde qui contourne son bord antérieur et qui se prolonge, dans une certaine étendue, sur sa face inférieure; c’est au fond de cette échancrure, et par conséquent sous le pied, que se trouve la bouche, au sommet d'une saillie, en forme de petite trompe (fig. 3, ). Des côtés de celle-ci, partent deux feuillets membraneux qui se prolongent jusqu’au bord antérieur du pied, et que l'on peut regarder comme des tentacules buccaux, à l'exemple de M. de Blainville (fig. 3, /); dans leur
TECTIBRANCHES. 473 intervalle, se voient deux autres petits appendices. En avant de la tête et dans l’échancrure du pied, dont nous avons déjà parlé, l'on aperçoit encore deux appendices charnus dont l’un, celui du côté droit, présente une fente longitudinale au fond de laquelle se trouve l'orifice de l'appareil générateur (fig. 4, 2, uw). Les branchies, situées sous le rebord du manteau, forment , autour du corps, un cordon qui est interrompu seulement du côté gauche et en arrière (fig. 2). L’anus fait saillie dans ce dernier sens, un peu à droite de la ligne médiane , au point où vient se terminer le cordon branchial (fig. 2, a).
Tels sont les caractères extérieurs des Ombrelles ; nous allons faire connaître les détails que nous avons pu recueillir sur leur organisation interne.
Nous avons indiqué la position de l'appareil respiratoire; celui-ci est constitué par une série de pyramides lamelleuses qui vont en décroissant, de la partie moyenne du cordon branchial, à ses deux extrémités (fig. 10).
L'appareil circulatoire nous a paru constitué comme dans les autres Gastéropodes. Le cœur est situé à droite et en avant ; le ventricule, qui se trouve placé en arrière et à gauche de l'oreillette , fournit presque immédiatement deux troncs artériels dont l’un se perte en avant, et dont l’autre se perd dans la masse des viscères (fig. 8, c).
L’orifice buccal, dont nous avons déja fait connaître la position, est arrondi et à bords froncés, ou un peu
allongé dans le sens vertical. La masse buccale est
grande , dépourvue de màächoires ; ses parois sont assez minces et membraneuses ; mais sa cavité intérieure est presque entièrement remplie par une langue volumineuse, recouverte d’une plaque cornée, fortement striée et rugueuse (fig. 6, 7, 8, b, k). L’œsophage, d'un assez gros calibre, se porte directement en arriere, jusqu’à l'estomac (fig. 8, e'). Ce dernier organe forme une poche oblongue, prolongée en cul-de-sac à sa partie postérieure (fig. 8, e). L’intestin, qui prend naissance à droite de ce prolongement cœcal, pénètre dans le foie, contourne cet organe et la partie antérieure de la masse viscérale, et se porte ensuite en arriere, le long du côté droit, pour venir s'ouvrir à l’endroit que nous avons déjà indiqué (fig. 8,2,17,a).
Les glandes salivaires forment une masse compacte qui entoure l’œsophage, et de laquelle partent deux canaux excréteurs très-grêles qui, après avoir traversé l'anneau nerveux, viennent s'ouvrir en dessus et sur les côtés de la masse buccale (fig. 8, s, s).
Le foie est assez volumineux et de couleur rougeàtre ; il enveloppe en partie l'estomac et l'intestin ; les canaux biliaires viennent s'ouvrir dans le cul-desac de la poche stomacale (fig. 8 ).
L'appareil de la génération présente une disposition assez compliquée. L’ovaire, d’un aspect lobulé et jaunâtre , forme, avec le foie, la plus grande partie de la masse viscérale { fig. 8 et 9, 0). Il en part un oviducte d'abord très-gréle, qui se renfle ensuite, comme dans la plupart des genres que nous avons étudiés, et qui
aboutit, après avoir repris son premier calibre, à un
TECTIBRANCHES. 4175 organe enroulé en spirale (fig. 8, 9, d, d', d). Celui-c est composé de deux parties distinctes : l’une, compacte et granuleuse; l’autre, paraissant formée par les replis nombreux et serrés d’un très-long canal (fig. 8 et 9,xet z); cette dernière partie n’est probablement qu'un utérus réuni en une masse pelotonnée, et l’autre pourrait être considérée peut-être comme un organe sécréteur accessoire, analogue à celui qui accompagne le second oviducte dans plusieurs Mollusques hermaphrodites; mais, c’est ce que nous ne saurions affirmer. Cet appareil se termine antérieurement par un large canal qui vient s'ouvrir à l'extérieur, en avant de la tête, comme nous l'avons déjà indiqué (fig. 2, «). Ce canal est en rapport, à son origine, avec un organe d'une structure particulière et distinct de ceux dont nous avons déjà parlé (fig. 9, y); il reçoit aussi un conduit auquel viennent aboutir deux vésicules, l’une pyriforme, l’autre allongée et repliée sur elle-même (fig. 9, p, v). L'une de ces vésicules nous paraît correspondre à la vésicule copulatrice qui accompagne ordinairement la fin du second oviducte ; quant à l'organe qui est désigné par la lettre y (fig. 9), nous ne saurions dire si c'est un testicule ou un organe sécréteur particulier, annexé à l’appareil de la génération; nous n'avons pu étudier cet appareil que sur des individus conservés depuis longtemps dans l'alcool, ce qui ne nous a pas permis d'en déterminer rigoureusement toutes les parties.
Le système nerveux est assez considérable dans les Ombrelles. Le collier nerveux est formé de six ganglions
qui entourent l’œsophage en dessus et sur les côtés (fig.11,13). Les ganglions cérébraux, placés en-dessus, fournissent chacun quatre nerfs qui se rendent aux tentacules , aux yeux, à la bouche, et aux ganglions buccaux. Ces derniers ganglions, assez volumineux , émettent quatre filets nerveux qui se distribuent aux différentes parties de la bouche et au tube digestif.
Les ganglions du pied, situés tout à fait en arrière et en dehors, donnent naissance à un grand nombre de nerfs qui se perdent dans cet organe; ils sont unis par une double commissure en dessous de lœsophage ; une autre commissure les fait communiquer avec les ganglions cérébraux.
Les ganglions viscéraux , placés en dessus et en dedans des précédents , fournissent chacun deux nerfs qui se distribuent surtout aux branchies et aux organes de la génération ; ils sont en rapport supérieurement et inférieurement avec les autres ganglions du collier; une étroite commissure les réunit aussi sous l’œsophage.
L'organe auditif, semblable à celui que nous avons déjà décrit dans plusieurs Mollusques , se trouve à la base de la commissure qui unit les ganglions cérébraux aux ganglions du pied (fig. 13, 7°).
Les Ombrelles sont des animaux apathiques et qui ne rampent qu'avec une extrême lenteur. Nos observalions ont été faites sur l'Ornbrelle indienne (U. indica), que nous avons recueillie aux îles Sandwich; nous
nous sommes assurés que l'espèce qui vit dans la
TECTIBRANCHES. 417 Méditerranée, n’en diffère pas par les caracteres de l'animal.
Les malacologistes ont généralement placé ce genre auprès des Pleurobranches, dans l’ordre des Tectibranches ou dans celui des Inférobranches; mais la plupart ne l'ont fait que d’une manière provisoire el, pour ainsi dire, jusqu'à plus ample informé. En effet, les Ombrelles nous semblent différer beaucoup des Mollusques qui composent ces deux ordres, et surtout des véritables Tectibranches (aplysiens et acères), par plusieurs de leurs caractères, mais principalement par leur appareil générateur. Il est, du reste, nécessaire que cet appareil soit mieux connu dans les Ombrelles et dans quelques autres Mollusques dont on les a encore rapprochées , les Siphonaires par exemple , pour qu'il soit possible de bien déterminer leurs af-
finités,
PULMONÉS. — Cuvier.
L'ordre des Puzmoxés ne renferme pas, comme son nom semble l'indiquer, tous les Mollusques à respiration pulmonaire; Cuvier et la plupart des zoologistes, à son exemple, n’ont pas cru devoir y placer des Mollusques qui présentent ce mode de respiration , comme les Hélicines et les Cyclostomes, pour les mettre parmi les Pectinibranches dont ils se rapprochent, en effet, davantage par plusieurs des traits de leur organisation. Mais nous croyons qu'on ne peut guère désigner sous le nom de Pectinibranches, des Mollusques qui ne respirent pas par des branchies; il serait donc peutêtre plus convenable de faire de ces Mollusques, comme l'ont proposé MM. de Férussac et Rang , un ordre intermédiaire à ceux des Pulmonés et des Pectinibranches.
Les Mollusques pulmonés, proprement dits, sont divisés en terrestres et aquatiques, et ceux-ci se subdivisent en fluviatiles et marins. Nous rangeons parmi ces derniers le genre Æctéon d'Ocken, ou Élysie de Risso, qui a été classé très-diversement par les malacologistes.
PULMONÉS. 479
GENRE ELYSIE, — Zlysia, Risso.
Nous avons fait ailleurs l'historique complet de ce genre, et nous avons discuté les opinions de tous les auteurs qui s’en sont occupés (4); nous nous bornerons donc ici à en donner une description directe, sans reproduire ces opinions, lorsqu'elles ne concorderont pas avec les nôtres. Nous restituons à ce genre le nom d'Élysie qui lui a été donné par Risso, d’après les raisons que nous avons exposées dans le mémoire
* dont nous venons de parler.
Description extérieure.
Les Élysies présentent, dans leur forme, une assez grande ressemblance avec les Aplysies, et c’est d’après cette ressemblance qu’ils ont été rangés parmi ces derniers Mollusques par la plupart des zoologistes. Ainsi leur corps se dilate, sur les côtés, de maniere à former deux expansions membraneuses, et, en avant, il se prolonge en une sorte de cou que termine la tête. Celle-ci présente supérieurement deux tentacules auriformes, en arrière desquels se trouvent placés les yeux qui sont sessiles (pl. 24 D, fig. 1).
Mais les Élysies différent extérieurement des Aply-
(1) Journal de Conchyliologie, année 1850, tom, T, pag. 5, 97 et 217.
sies : 4° par l'absence des tentacules postérieurs, ce qui les avait déjà fait distinguer des Aplysies véritables par tous les zoologistes qui avaient cru devoir les rapporter à ce genre; 2° par la forme de leur corps qui est très-déprimé et non bombé supérieurement comme dans les Aplysies; 3° par l'absence de l'appareil operculaire qui recouvre les branchies dans ces derniers Mollusques ; 4° enfin par d’autres caractères que les Élysies présentent et qui n'existent pas dans les Aplysies. Ainsi, à la réunion de la partie cervicale avec le corps proprement dit, on observe supérieurement une poche légèrement saillante et recourbée, qui sedistingue aussi, dans l'espèce que nous avons observée, par une coloration un peu moins foncée. La cavité de cette poche communique avec l'extérieur par un petit orifice arrondi, un peu proéminent, qui se trouve placé à sa partie antérieure, du côté droit (fig. 4, p); de son bord postérieur ou convexe, partent plusieurs canaux qui se dessinent en relief à la face supérieure de l’animal et qui, après un court trajet, se divisent et se subdivisent successivement en un grand nombre de branches qui couvrent de leurs ramifications les expansions latérales du corps. Ces canaux et les branches qui en émanent sont tout à fait superficiels et paraissent tenir seulement à l’enveloppe extérieure (fig. 4 et 4). Un peu en avant de lorifice de la poche dont nous venons de parler, l’on voit, du côté droit, un tubercule saillant et percé, au centre, d’une ouverture qui est l'ouverture anale (fig. 1, a). De ce tubercule part un sillon assez profond qui descend vers la face infé-
PULMONÉS. 481 rieure de l'animal et dans lequel se trouve latéralement une autre ouverture qui est celle de l’oviducte (fig. 3, 0"). Enfin, du même côté, à la base du tentacule, l’on aperçoit une quatrième ouverture, quelquefois saillante à l'extérieur, et qui est celle de l'organe mâle ou de la verge (fig. 3, v/).
Tels sont les détails que présente la face supérieure du corps. Quant à la face inférieure, elle est formée, comme dans les autres Mollusques gastéropodes, par le pied qui se confond , sans ligne de démarcation , avec les expansions latérales, et ne s’en distingue que par sa coloration moins foncée. Cette forme du pied indique que cet organe sert peu à la reptation chez les Élysies, ce qui s'accorde , en effet, avec les habitudes de ces Mollusques (fig. 2).
Le pied est séparé de la tête, en avant, par un enfoncement assez profond dans lequel celle-ci peut s’enfoncer ou rentrer en partie. Le bord antérieur de ce pied presente un indice de sillon marginal, comme dans la plupart des Mollusques gastéropodes.
Nous avons encore trouvé, sur tous les individus que nous avons examinés, un sillon profond divisant transversalement le pied, au niveau de la réunion de la partie cervicale avec le corps proprement dit. Ce sillon nous a paru déterminé par la contraction de la partie antérieure de l'animal, contraction qui aurait pour but, comme dans d’autres Mollusques, de faire rentrer, Jusqu'à un certain point, cette partie antérieure dans la partie postérieure.
Bonile. — Zool, Tome ff. Partie JE 31
Description and tomique.
Si les Élysies s’éloignent d’une manière bien tranchée des Aplysies par quelques-uns de leurs caractères extérieurs, ainsi que nous venons de le voir, elles n’en diffèrent pas moins par les particularités de leur organisation intérieure, qui en font un des iypes les plus curieux de lembranchement des Mollusques.
L'appareil respiratoire des Élysies est semblable à celui des Mollusques pulmonés, ainsi qu'Ocken paraît l'avoir soupçonné.
Cet appareil est constitué par la poche dorsale dont nous avons parlé, dans la description extérieure de l'animal. En effet, lorsqu'on ouvre cette poche, on voit qu’elle est tapissée supérieurement par un lacis de vaisseaux entièrement semblable à celui des hélices et des limaces (fig. 4, 5); nous avons déjà vu que sa cavité communiquait avec lextérieur par une ouverture arrondie qui rappelle aussi tout à fait l’orifice pulmonaire de ces Mollusques (fig. 4, p, et fig. 4); enfin, les connexions de cette poche avec l'oreillette du cœur, par les vaisseaux qui rampent sur ses parois, nous semblent mettre hors de doute la détermination que nous en donnons, en la considérant comme une poche pulmonaire. D’après une organisation semblable, Cuvier n’a pas hésité à considérer l’Onchidie comme un Mollusque pulmoné, bien que Péron lui eût
PULMONES. 483 affirmé l'avoir toujours trouvé dans l’eau, et il a pensé que ce Mollusque venait seulement de temps en temps à la surface pour y respirer l'air en nature, comme le font les Planorbes, les Physes, etc.; or, ce mode de respiration concorde tout à fait, au contraire, avec les habitudes des Élysies qui vivent le plus souvent à la surface de l'eau, à la manière des Mollusques pulmonés fluviatiles.
L'appareil respiratoire des Élysies offre cependant une modification fort singulière qui le distingue de celui des autres Moilusques pulmonés, et consistant dans ces canaux ramifiés qui partent de la poche pulmonaire et qui recouvrent la face dorsale du corps. Quels peuvent être les usages de ces canaux? La plupart des naturalistes qui ont étudié les Élysies les ont considérés, à tort, comme faisant partie du système vasculaire ; il nous parait tout aussi impossible de regarder ce système de canaux comme un appareil aquifère, car l’eau ne pourrait pénétrer dans cet appareil qu'en traversant la poche pulmonaire qui n’est pas organisée pour recevoir de l’eau, et l’on ne conçoit pas, en outre, quelles seraient les fonctions d’un appareil semblable, sans analogue dans les autres Mollusques. Il faut donc admettre que ces canaux sont destinés à recevoir de Fair, comme la cavité pulmonaire dans laquelle ils s'ouvrent, et dont ils ne sont, pour ainsi dire, qu'une dépendance. Reste donc à expliquer leur usage comme canaux aériens. Faut-il croire qu'ils servent à mettre en contact avec l’air une
lus erande surface du corps de l'animal, ce qui ran- Î 5 [ ) Î
procherait un peu leurs fonctions de celles des trachées des insectes? ou bien, ont-ils seulement pour usage de tenir en réserve l’air nécessaire à l'exercice de la respiration, lorsque l'animal se trouve dans l’eau ? ou bien encore , forment-ils une sorte d'appareil hydrostatique analogue à celui de la Janthine, et qui servirait à ces Mollusques pour les maintenir à la surface de ce liquide? Il nous parait difficile de décider cette question , à la solution de laquelle on n'arrivera probablement que par une étude suivie des mœurs et des habitudes des Élysies (1).
L'appareil circulatoire offre aussi une disposition analogue à celle que l’on trouve dans les Mollusques pulmonés.
Les vaisseaux veineux sont très-apparents au moment où ils viennent se ramifier dans la poche pulmopaire, et former le réseau qui tapisse la paroi supérieure de cette cavité; la plupart de ces vaisseaux s'ouvrent directement dans l'oreillette. Celle-ci est située à la partie antérieure de la poche pulmonaire, sur la ligne médiane, et se trouve appliquée contre sa paroi supérieure ; elle s’abouche en avant dans un ventricule musculeux , pyriforme, tout à fait analogue à celui de la plupart des autres gastéropodes. Le cœur entier est contenu dans un péricarde qui adhère à la
(1) On peut assimiler, jusqu’à un certain point, cette sorte de diverticulum de la poche pulmonaire, dans les Élysies, aux cavités aériennes qui communiquent avec le poumon dans les oïseaux et certains reptiles.
PULMONES. 485 paroi supérieure du corps, comme das les Molliusques nudibranches (fig. 4, 5, c).
Le ventricule donne naissance, en avant, à l'aorte qui se porte vers la partie antérieure du corps, traverse le collier nerveux et se perd dans la masse buccale, après avoir fourni, dans son trajet, une branche profonde pour les viscères (fig. 4, 5, c).
L'appareil digestif des Élysies présente la plus grande analogie avec celui des Callicpées.
La bouche est située à l'extrémité antérieure de lanimal et un peu inféricurement, comme dans les Aplysies ; elle a la forme d’une fente longitudinale qui se perd en arrière, dans l’enfoncement qui sépare la tête du pied. Les bords de cette ouverture sont quelquefois légèrement proéminents et forment comme deux petites lèvres (fig. 2, 3,8).
La masse buccale est ovoide et mar quée superieurement de stries transversales tres-fines; ses parois, très-épaisses, sont entièrement musculaires et n’offrent aucune trace de pièces cornées (fig. 8, 9, 10). Dans sa cavité, on remarque inférieurement une saillie linguale très-proéminente, allongée d'avant en arrire, et armée d’une série de crochets cornés et 1mbriqués. Le renflement lingual se continue avec un sac membraneux qui fait saillie en arriére de la masse buccale, et qui est rempli de crochets cornés, semblables à ceux dont nous venons de parler, adhérant par leur base à la paroi interne de ce sac. Ces crochets paraissent destinés à remplacer successivement ceux
de la langue, ainsi que cela paraît avoir lieu dans d’autres Mollusques gastéropodes (fig. 8, 9, 7, 10, 11).
L'œsophage, qui prend naissance à la partie postérieure de la masse buccale, est d’un calibre trèspetit. Après avoir traversé l'anneau nerveux, il présente supérieurement une petite dilatation arrondie qui forme comme un premier estomac; presque immédiatement après, il se dilate de nouveau en une poche stomacale plus ou moins considérable, profondément située au-dessous de la partie antérieure de l'appareil générateur, à peu pres au niveau du cœur (fised,18.1e);
Du bord antérieur de cette poche, et près du point où aboutit l’œsophage, part l'intestin qui se porte d’abord un peu en avant, contourne l'appareil de la génération et se dirige ensuite en arrière et du côté droit, pour venir s'ouvrir du même côté, non loin de la ligne médiane. Cette ouverture, marquée par un petit tubercule saillant, se trouve placée un peu en avant de l’orifice pulmonaire (fig. 4, 3, 4, «a, et fig. 8). Le calibre de l'intestin est le même dans toute son étendue, et un peu plus considérable que celui de l'œsophage.
Autour de l’orifice buccal se voient, sous la peau, des granulations blanchätres qui nous paraissent devoir être considérées comme des glandes salivaires (fig. 9).
Le foie offre une disposition fort remarquable dans les Élysies. Lorsqu'on déchire l'enveloppe extérieure de ces Mollusques, on trouve partout, sous cette enveloppe et dans l’interstice des organes, une matière
PULMONES. 487 verdâtre à laquelle est due leur coloration; si l’on étudie cette matière à un faible grossissement, l'on voit qu’elle est formée de petits cœcums ramifiés, présentant assez bien l'apparence de certains végétaux inférieurs. Ces cœcums et les canaux dans lesquels ils se rendent , viennent tous aboutir à deux troncs prineipaux qui, de l'extrémité postérieure du corps de Fanimal, se portent en avant, de chaque côté de la ligne médiane, pour s'ouvrir dans la poche stomacale. Le foie a done une disposition ramifiée chez les Élysies, comme dans quelques-uns des Mollusques que nous avons décrits précédemment, et forme comme un arbre dont les ramifications enveloppent tous les autres organes (fig. 6, 7).
L'appareil reproducteur est très-compliqué dans les Élysies ; il réunit les deux sexes, comme dans beaucoup d’autres gastéropodes, mais sa disposition différe beaucoup des formes qui ont été observées dans les autres mollusques hermaphrodites. Cet appareil occupe presque tout le corps de l'animal et se trouve recouvert de toutes parts par les ramifications hépatiques qu'il faut enlever pour le mettre à découvert (fig. 6). ‘
L'ovaire est constitué par un grand nombre de petits corps arrondis, vésiculeux, disposés de maniére à former, de chaque côté de la ligne médiane, une grappe ayant tout à fait l'apparence d’une grappe de raisin (fig. 6, 14). Les deux oviductes qui partent de ces grappes, se réunissent bientôt en un seul oviducte qui,
après avoir traversé un corps ovoide ou réniforme, se renfle d’une manière considérable pour former lesecond oviducte ou la matrice. Celle-ci est pelotonnée, comme d'ordimaire, en une masse globuleuse qui remplit, avec le tube digestif, presque toute la portion cervicale du corps de l'animal, et, après avoir recu le canal de la vésicule copulatrice, elle s'ouvre à l'extérieur, du côté droit, à la position que nous avons déjà indiquée (fig 1 dune a).
Nous considérons la portion de l'appareil reproducteur que nous venons de décrire, comme la partie femelle, d’après l’examen microscopique qui démontre la présence des œufs dans les petits corps globuleux disposés en grappes, et d’après l’analogie qu'offrent les conduits que nous avons décrits comme l’oviducte et la matrice, avec ces parties de l'appareil générateur ans les autres gastéropodes.
La partie male est formée postérieurement, comme la précédente, de deux portions semblables, situées de chaque côté de la ligne médiane, et offrant l'aspect de cœæcums qui se ramifient dans les expansions latérales du corpsdel’animal. Cescoæcums, dontles parois sontépaisses, blanchàtres, et qui sont parcourus par un canal capillaire à leur centre, aboutissent, des deux côtés, à un conduit déférent qui, après avoir communiqué avec l'oviducte, vers le point où celui-ci se continue avec la matrice, se dirige en avant, en décrivant quelques flexuosités, pour se rendre jusqu'à la verge (fig. 12).
Ce dernier organe, placé à l'extrémité antérieure de l'animal, du côté droit, a la forme d’un cône creux,
PULMONÉS. 489
recourbé, dont l'axe est occupé par le conduit déférent qui va s'ouvrir à son extrémité et qui offre un petit renflement ovoide au niveau de sa base; quelques faisceaux musculaires trés-déliés servent à le retirer dans la cavité du corps ou à le faire saillir au dehors, par l'orifice que nous avons indiqué et qui se trouve à la base du tentacule (fig. 6, 12, »).
Nous regardons les cœcums ramifiés comme l'organe sécréteur mâle, d’après les connexions du conduit excréteur qui naît de ces cœcums avec la verge, et d’après l’examen microscopique de leur tissu qui nous a montré d’une manière non douteuse les capsules dans lesquelles se développent les zoospermes.
Outre les parties que nous venons de décrire, le système reproducteur des Élysies se compose encore d’un autre petit appareil qui offre quelque analogie avec l'ovaire et qui est constitué, en effet, par un grand nombre de vésicules extrèmemerit petites, attachées par un court pédicule à un conduit central dont les divisions et subdivisions accompagnent les ramifications de la partie mäle. Lorsqu'on examine avec soin ces dernières ramifications, on voit ramper à leur surface celles du petit appareil dont nous parlons, ce qui peut faire confondre d’abord ces deux parties; mais on peut assez facilement les séparer et s'assurer ainsi qu'elles sont tout à fait indépendantes l’une de l’autre. Ce nouvel appareil forme donc aussi, sur les côtés de la ligne médiane, deux espèces de grappes dont les branches très-grêles sont partout accolées aux ramifications de la partie mâle qu'elles
accompagnent dans leur distribution, et aboutissent également, en avant, à un canal excréteur unique qui longe le conduit déférent et qui nous a paru s'ouvrir dans l’oviducte (fig. 12, 13).
Nous avons cherché, comme pour les autres parties de l'appareil générateur, à déterminer les fonctions de cet organe, en examinant au microscope les petites vésicules qui le constituent et les conduits dans lesquels ces vésicules versent leur produit; mais nous n'avous jamais trouvé qu'une matière semi-fluide, contenant des globules qui ne ressemblaient ni aux ovules, ni aux cellules spermatiques, ce qui nous porte à le considérer comme un organe sécréteur particulier, annexé à l'appareil reproducteur et probablement à la partie femelle de cet appareil, d'après ses connexions avec l’oviducte.
D'après la description que nous venons d’en donner et d’après nos figures, l’on peut voir que l'appareil générateur des Élysies est semblable à celui des Calliopées, et qu'il n’en diffère que par l'appareil sécréteur dont nous venons de parler, lequel est beaucoup moins développé dans celles-ci et tout à fait indépendant de l'organe sécréteur mâle.
Le système musculaire est fort peu développé dans les Élysies ; il n'est plus représenté au pied que par quelques faisceaux musculaires qui, de l'extrémité antérieure de l'animal, se prolongent jusqu’à sa partie postérieure, el par une couche très-fine de fibres transverses qui doublent l'enveloppe extérieure.
PULMONÉS. 491
Le collier nerveux, situé en arrière de la masse buccale, se compose de sept ganglions groupés autour de l’œsophage (fig. 16, 17).
Deux de ces ganglions , les ganglions cérébraux , placés au-dessus de l'œsophage et accolés sur la ligne médiane, fournissent plusieurs paires de nerfs qui se rendent aux yeux, aux tentacules, aux capsules auditives, aux lèvres et à la bouche. Les nerfs buccaux aboutissent à deux petits ganglions sphériques qui sont situés à l’origine et sur les côtés de l'œsophage, et qui sont réunis par une très-fine commissure ; de la partie antérieure de ces ganglions naissent plusieurs filets qui se distribuent à la langue et aux parois buccales, et, de leur partie postérieure, partent deux autres filets récurrents qui accompagnent l'œsophage jusqu’à l'estomac, où ils aboutissent à deux ganglions analogues, fournissant d’autres filets nerveux destinés à ce viscère (fig. 8).
En dessous des ganglions cérébraux se trouvent placés deux autres ganglions tout à fait semblables pour la forme et le volume; ces ‘ganglions sont également réunis sur la ligne médiane par une commissure trèscourte , et ils sont en outre unis supérieurement avec les ganglions cérébraux, de manière à circonscrire, avec ces derniers, l’ouverture qui est traversée par l'œsophage; ils fournissent deux paires de nerfs qui se rendent au pied ou à la partie de l'enveloppe extérieure qui représente celle partie.
Les trois autres ganglions qui entrent dans la composition du collier, placés en arrière des précédents,
sont beaucoup moins volumineux et ne sont plus disposés d’une manière aussi parfaitement symétrique. Deux de ces ganglions sont latéraux; le troisième est inférieur et médian. Des commissures très-courtes les unissent entre eux et aux deux paires de gangliois précédemment décrits; les nerfs qui en partent paraissent se rendre exclusivement aux organes de la respiration , à ceux de la génération et aux autres viscéres.
Les Élysies sont pourvues d'yeux qui sont situés, comme nous l'avons déjà dit, en arriere des tentacules. Ces organes sont formés par une capsule transparente dans laquelle on distingue un cristallin sphérique, comme enchàässé dans une petite masse de pigment noirätre qui se trouve en arrière, et dans laquelle on voit pénétrer le nerf optique.
Les Élysies ont aussi un appareil auditif rudimentaire, semblable à celui que nous avons déjà décrit
dans d’autres Mollusques.
Nous renvoyons, pour les mœurs et les habitudes des Élysies, au mémoire que nous avons publié sur ces Mollusques et que nous avons déjà cité. Nous avons aussi traité, dans ce travail, des espèces qui composent ce genre; celle, sur laquelle nous avons surtout fait nos recherches, est l'Élysie verte (E. viridis ), qui est assez commune dans quelques points de la Méditerranée.
Les zoologistes ont classé tres-diversement ces Mol-
PULMONÉS. 493
lusques, suivant l'idée qu'ils se sont faite de leur organisation : c’est ainsi qu'on les a rapprochés successivement des Aplysiens, des Pulmonés, des Placobranches, des Nudibranches et méme des Planariées.
Ea accordant à l'appareil respiratoire l'importance qui lui a été donnée par tous les classificateurs, puisque les Gastéropodes ont été généralement distribués d’après la forme et la disposition des organes de la respiration, nous devons placer les Élysies parmi les Mollusques pulmonés, et nous nous trouvons ainsi conduit à les rapprocher, comme l’a fait Ocken, des Onchidies eten même temps des Pulmonés fluviatiles, auxquels les Élysies ressemblent encore plus par les mœurs.
Cependant les Élysies tiennent aussi aux Nudibranches par quelques-uns de leurs caractères anatomiques et par les métamorphoses qu'ils subissent dans le premier âge. Le foie offre, en effet, chez ces Mollusques, la disposition remarquable qu'il présente dans ceux de la famille des Éolides; l'appareil générateur, auquel les malacologistes ont encore accordé une grande importance pour la classification, est tout à fait semblable, comme nous l'avons vu, à celui des Calliopées qui s'unissent aux Éolides par plusieurs points de leur organisation ; enfin nous savons, par les observations de MM. Vérany, Almann et Vogt , que les Élysies, de même que les Doris, les Tritonies, les Éolides, etc., sont contenues, à leur sortie de l'œuf, dans une coquille nautiliforme et operculée.
D'après ces considérations, les Élvysies nous sem-
blent devoir constituer une famille intermédiaire aux Pulmonés fluviatiles et marins, et au groupe des Nudibranches dans lequel on range aujourd'hui les Éolides, les Glaucus, les Tergipes, etc.; la transition des Actéons à ces derniers se fait, d’après ce que nous avons dit ci-dessus, par les Calliopées.
PULMONÉS. 495
GENRE VAGINULE, — F'aginulus, Férussac.
VAGINULE DE LUCON.
F'aginulus Luzonicus, nobis.
F'aginulus, corpore ovato-elongato, depresso, rugoso, fusco-violaceo ;
pede angusto; tentaculis brevibus.
Le corps de cette espèce a la forme d’un ovale trèsallongé; il est assez déprimé et rugueux, ou plutôt finement granuleux à sa surface. Le pied est tres-étroit, surtout à sa partie postérieure. Les tentacules supérieurs ou oculifères sont courts et non renflés au sommet; les inférieurs sont également assez courts, un peu aplatis et bifides à leur extrémité, comme dans les autres espèces de ce genre.
Tout l'animal est d'un brun violacé, un peu plus pâle à la partie inférieure du corps, pomtillé de noir sur quelques individus; le pied seulement est d’un blanc jaunûtre.
Dimensions.— Longueur, quatre centimètres; Jargeur, un centimêtre environ.
Nous avons recueilli ce Vaginule dans les bois des environs de Manille, aux îles Philippines, où il parait
être assez commun.
VAGINULE DE TOURANNE.
F'aginulus Tourannensis, nobis.
PLANCHE 28, Ficures 4-7.
V'aginulus, corpore clongato, triquetro, anticé angusto, posticé acu minrato, granoso, suprà nisricante et fasciä fulo& nigro-maculatäà
marginato, subtüs flavescente.
Dans cette espèce, le corps est allongé et comme caréné en dessus, ce qui lui donne une forme prismatique-triangulaire; il est rétréci en avant et terminé en pointe à sa parte postérieure ; toute sa surface est recouverte de granulations trés-fines, et comme par semée d’autres granulations plus grosses et arrondies. Le pied, assez large, présente de chaque côté une ligne de granulations semblables à celles dont nous venons de parler. Les tentacules oculifères sont longs, grèles et légèrement renflés à leur sommet; les tentacules buccaux sont courts, assez larges et un peu déprimés,
Ce Vaginule est d’une couleur noirätre en dessus, bordé sur les côtés d’une bande d'un jaune roussätre, tachetée de noir; sa face inférieure est jaunâtre.
Dimensions. — Longueur, soixante-cinq millimetres; largeur, neuf millimètres.
Recueilli par M. Gaudichaud dans les bois des environs de Touranne, en Cochinchine.
PULMONES. 497
GENRE LIMACE. — Limax , Linné.
LIMACE SANDWICHIENNE.
Limax sandwichiensis, nobis.
PLancHe 28, FiGures 8-11.
Limax, corpore elevato, posticé acuminato, obliqué striato, supra nigricante , subtus albido; clypeo oblongo, anticé angusto, subru-
gos0.
Ossiculo ovato, crasso, suprà gibboso.
Cette limace a le corps assez court, bombé à sa partie moyenne, rétréci en pointe postérieurement, marqué de petits sillons obliques, venant aboutir à un sillon marginal qui règne tout autour du pied. Le bouclier est grand, finement granuleux, rétréci et libre à sa partie antérieure; il renferme une concrétion calcaire assez grande, de forme irrégulièrement ovalaire, très-épaisse, aplatie en dessous, formant en dessus une saillie tres-prononcée et arrondie.
Tout l’animal est d’un brun noirâtre en dessus ; sa face inférieure est blanchâtre.
Dimensions. — Longueur, deux centimètres.
Cette espece provient des iles Sandwich.
Bonite. — Zool. Tome IL, Partie H. 32
GENRE VITRINE. — J'itrina, Draparnaud.