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XXXIV RAPPORT

des îles Sandwich et dans notre traversée de cet archipel aux îles Mariannes ; nous les avons retrouvés en si grande quantité à l'embouchure du détroit de Malacca, sur les côtes de Pulo-Penang , que la surface de la mer, dans une grande étendue, paraissait couverte d’une poussière épaisse et Jaunâtre. Ces petits corps phosphorescents ont été examinés au microscope; mais quoiqu'ils aient été soumis pendant longtemps a notre observation, nous n'avons jamais pu saisir en eux le moindre mouvement. Cependant, des expériences faites sur ces corpuscules, au moyen de réactifs, nous portent à les considérer comme des corps organisés et vivants (1).

Dans tous les animaux qui jouissent de la phosphorescence, cette propriété nous a paru dépendre d’un principe particulier, d’une matière sécrétée probablement par ces animaux, mais qui présente des différences dans la manière dont elle est produite au dehors.

Les uns, les petits Crustacés phosphorescents, peuvent émettre cette matière à l'extérieur dans certaines circonstances, surtout quand ils se trouvent irrités d’un manière quelconque ; ils lancent alors de véritables jets, des fusées de matière phosphorescente en

assez grande quantité pour former autour d'eux une

(1) Ces corps ont présenté quelques différences aux iles Sandwich et dans le détroit de Malacca. Les premiers étaient globuleux, transparents, avec un point jaunâtre au centre; les seconds, légèrement ovalaires, avec une dépression au centre qui leur donnait un

aspect réniforme, étaient aussi entièrement jaunätres.

SUR LES RÉSULTATS SCIENTIFIQUES. XXXV atmosphère lumineuse dans laquelle ils disparaissent. Nous avons pu recueillir une certaine quantité de cette matière sur les parois du vase qui renfermait un grand nombre de ces Crustacés.

D'autres paraissent ne pas posséder la faculté d’émettre ainsi cette matière au dehors, et ne la développent en eux que dans certaines circonstances, dans la collision, par exemple, dans les mouvements qu'ils exécutent, ou quand des causes irritantes agissent sur eux.

Chez d’autres, comme dans les Céphalopodes et quelques Ptéropodes, ce phénomène paraît s'exercer d’une manière presque passive. La matière phosphorescente répandue dans leur nucléus ou dans d’autres parties de leur corps, brille d’une manière constante et uniforme, tant que l’animal jouit de la vie, et avec celle-ci s'éteint la lueur qu'ils répandaient.

Enfin, dans les corpuscules jaunätres dont il a été question plus haut, la matière phosphorescente brille aussi d’une manière à peu près uniforme ; mais si on les met en contact avec un réactif quelconque, l'éclat qu'elle répand augmente d’abord pour s’éteindre ensuite insensiblement.

La matière phosphorescente que nous avons recueillie sur les parois du vase, était jaunâtre, légèrement visqueuse , et très-soluble dans l'eau, qu’elle rendait lumineuse au moment où elle était projetée par Panimal.

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