‹ ZoologieChapitre 39 sur 50 · NAN · texte numérisé non relu

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GENRE FAUCON. — Falco, Linné.

Division des Faucons proprement dits.) FAUCON DE LA GIRONNIÈRE.

Falco Gironnieri, nob.

PLANCHE Î{. (g. n.)

Falco, corpore supra nigro-viride ritente, subtus albo sericeo.

Deux couleurs seulement dominent dans le plumage de cette jolie petite espèce. Elle a tout le dessus du corps, depuis le bec jusqu’au croupion, la partie externe des cuisses et des jambes et les couvertures inférieures de la queue, d’un noir à reflets verts ; toutes les parties inférieures, de la gorge à l'anus, les joues, les côtés du cou et la face interne des jambes, d’un blanc pur et lustré.

Les ailes (la 2° rémige la plus longue) sont d’un noir à reflets légèrement violets; cette couleur est également celle de la queue.

Le bec est fortement bidenté et d’un noir bleuûtre ; la cire est jaune.

Les tarses sont réticulés, noirâtres, et les ongles noirs.

A l’exception du Hobereau Moineau, Falco cærulescens , avec lequel il a de l’analogie sous le rapport du système de coloration , le Faucon de la Gironnière est , sans nul doute, le plus petit Oiseau de proie que l’on connaisse. La longueur totale du mâle n’est que de seize centimètres et celle de la femelle de dix-sept centimètres environ.

L'un et l’autre portent la même livrée.

Cette jolie espèce provient de Luçon (îles Philippines). M. de la Gironnière, à qui nous la devons et à qui nous l'avons dédiée, nous a donné en même temps quelques détails relatifs à ses habitudes naturelles et à son genre de vie. Elle est excessivement rare à Luçon et ne s’y montre que pendant la saison du printemps. M. de la Gironniere nous a assuré ne l'avoir jamais observée qu'à cette époque de l’année. Il paraitrait, d’après cela, qu'elle n'y est que de passage, et ce qui contribuerait encore à le prouver, cest qu’elle n’y fait pas ses nichées. Le lieu et les circonstances de sa reproduction sont donc des points qui demeurent ignorés. Elle fait sa demeure habituelle dans les grands bois et on la voit toujours perchée sur les rameaux secs des arbres les plus élevés. Cette habitude, qui rappelle tout à fait celle des Pies-Grieches, provient sans doute du même motif. L’Oiseau, de celte position élevée qu'aucun obstacle n’environne, embrasse par la vue un espace moins limité et peut beaucoup plus aisément distinguer les insectes qui

OISEAUX. 73 s’agitent autour de lui et auxquels il fait une chasse continuelle. M. de la Gironnière qui plusieurs fois a eu l’occasion d'étudier ses mœurs au milieu des forêts où il vit, ne la jamais vu s'attaquer aux petits Oiseaux. C’est ce que l’on à également observé pour le Hobereau Moineau avec lequel il a, comme nous l'avons déjà dit, des rapports de taille et de coloration. Une particularité intéressante que présente ce Faucon, c'est qu'il ne se montre jamais seul ; le mâle est constamment accompagne de sa femelle et, à l'exemple de certaines espèces des genres Perroquet et Colombe, ce couple vit dans une union si étroite que si l’on tue l’un des deux, celui qui reste ne cherche pas à abandonner la place où il a perdu son compagnon. Ce fait, qui coïncide parfaitement avec l’époque de l'apparition de cet Oiseau à Lucon, tendrait à faire supposer que son passage dans cette île est consécutif à l’accouplement , car les vrais Faucons v'offrent d'exemple d’une pareille sociabilité qu’à l'époque des amours.

Observ. — Dans tout le grand genre Falco nous ne connaissons point encore d'espèce dont le plumage soit aussi brillant que celui du Faucon de la Gironnière. Ce caractere est dû, ainsi qu'on le voit chez certains de nos Oiseaux d'Europe, tels, par exemple, que les Corbeaux, à la décomposition profonde des barbes qui constituent les plumes et à la disposition des barbules qui, au lieu d’être divergentes, deviennent parallèles à l'axe d’où elles émanent ; c'est même à cette disposition qu'il faut attribuer non-seulement

Bouite, — Zool. Tome I. Partie IL. 6

le lustre dont nous parlons, mais encore le moelleux du plumage , autre caractère saillant de cette espèce. La figure que nous en donnons, fidele d’ailleurs sous tous les rapports, n’est pas lPexpression assez suffisante de ce fait. La décomposition des plumes n'y est pas assez sentie; aussi avons-nous cru devoir suppléer par cet avertissement à cette légère erreur dans la représentation du sujet.

GENRE VAUTOUR. — F'udiur, Linné.

(Division des Sarcoramphes. — Dumértr.) LE CONDOR.

Pultur griphus, Linne.

Les descriptions et les figures'que l’on a données du Condor se rapportent en général toutes à des individus adultes. Nous avons cru qu’il ne serait pas moins intéressant de figurer et de faire connaître, avec plus de détails qu'on ne la fait jusqu'ici, cet Oiseau dans sa livrée de premier âge, c'est-à-dire à cette époque de sa vie où il ne peut encore pourvoir lui-même a ses besoins.

Comme tous les Oiseaux de proie, le Condor naît couvert de duvet. Chez l'individu que nous avons à décrire et dont la taille égale presque celle des adultes, ce duvet qui est brun, floconneux et fin, recouvre encore la plus grande partie du corps; il est beaucoup pluslong et plus épais sur le dos, les flancs et surtout sur les cuisses et les jambes que sur le milieu de la poitrine et de l'abdomen où même quelques points de la peau sont dénudés; la tête et le cou sont, comme chez les individus qui ont atteint tout leur développement , recouverts de soies; mais, sur la der-

niere de ces parties, un duvet court et rare se mêle

à ces soies ; l’appendice charnu qui occupe le devant et le bas du cou est petit.

L'apparition sur le corps des premières plumes a lieu, chez le jeune Condor, d’une manière trop singulière pour que nous négligions d’en parler. En général, chez tous les Oiseaux, le développement des plumes proprement dites s'opère régulièrement et presque simultanément en embrassant, sous forme de plaques ou de bandes longitudinales, la presque totalité du corps. Chez le jeune Condor, il n’en est pas de même. Sans le duvet qui le protége, il serait à peu près nu, car tout son plumage consiste alors en cinq petits faisceaux composés de cinq ou six plumes seulement et distribués l’un sur le haut du dos, deux autres sur les côtés du cou et les deux derniers sur les flancs. Ces plumes sont brunes. Celles qui recouvriront plus tard le dessus du corps, la poitrine et l'abdomen, n'offrent aucune trace de leur existence.

Mais, par compensation, les rémiges et toutes les plumes qui appartiennent au système alaire, telles que les scapulaires et les tectrices, sont très-développées ; nous devons cependant en excepter les axillaires qui n'existent pas encore. Mesurée du poignet à l’extrémité des pennes, l'aile a 63 centimètres. Les rémiges primaires sont noires et dégarnies de barbules vers la pointe; les secondaires sont brunes, de même que les couvertures supérieures et les scapulaires; du duvet s'interpose dans les divers plans que forment ces plumes. Les pennes de la queue n’ont pas encore acquis

OISEAU X. 77 un très-grand développement en comparaison de celui des ailes ; elles n’ont que 10 centimètres; leur couleur est la même que celle des ailes.

Le bec est noir dans son milieu et brun à la pointe; il ne présente aucune trace de caroncules sur notre individu, ce qui indique un sexe femelle.

Les tarses sont réticulés, bruns, et les ongles noirs.

La taille de ce jeune Condor est d'un mètre environ.

Il provient des Cordilieres.

Genre BREVE. — Pitta, Vieillot.

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