DM PUS VEN PAS IA CAS
CE singulier poisson, si bien revêtu de fortes plaques écaïlleuses, a le corps épais et subcylindrique, la tête très-large, très-aplatie et arrondie en devant; la bouche peu grande; les mâchoires égales et les dents presque imperceptibles; celles qui recouvrent les os pharyngiens sont plus marquées. La membrane buccale forme un repli demi-circulaire au palais. Les lèvres, proéminentes et charnues, ont de chaque côté de leur commissure deux longs barbillons qui peuvent loger leur base dans un sillon latéral. Les yeux sont trèspetits et placés sur les bords de la tête; entre eux deux, et un peu en avant, s'ouvrent les narines. ss?
L'ouverture des ouïes est étroite et susceptible d'être close par la membrane des branchies, qui dépasse de beaucoup l'opercule, lequel est très-petit. C'est probablement à cette disposition que ce poisson doit la faculté de pouvoir vivre hors de l’eau pendant quelque temps.
La première nageoire dorsale, légèrement arrondie, a neuf rayons, dont le premier, tronqué, est très-court; la deuxième, qui touche la caudale, n’a qu'un seul et fort rayon à son bord antérieur. Les pectorales , placées au bas de la poitrine, assez éloïgnées des ventrales, joignent presque lopercule; elles ont un fort rayon osseux,
mousse et hérissé d'une foule de petites épines, et sept rayons branchus. L’os de l'épaule est large, épais, rugueux et très-saillant. Les ventrales correspondent à l'arrière de la première dorsale ; elles sont grandes, arrondies, écartées l'une de l'autre. L'anus, placé à-peu-près au milieu du corps, s'ouvre dans leur intervalle et présente en arrière une petite languette charnue. La nageoire anale, petite et très-reculée, touche à la caudale et correspond à la seconde dorsale; elle compte sept rayons, dont le premier est rudimentaire. La caudale, arrondie, en a quatorze.
Le corps est cuirassé de chaque côté par deux rangées de plaques alongées, bombées, un peu obliquement placées d’arrière en avant, et qui, par leur réunion au milieu, forment un sillon représentant la ligne latérale. Elles sont très-serrées, rugueuses, ciliées sur leur bord; il y en a vingt-neuf à la rangée supérieure et vingt-huit à l'inférieure. La poitrine et le ventre sont nus, de même que la partie supérieure et antérieure du dos, tandis que la postérieure présente quelques petites écailles ciliées.
La tête est recouverte au milieu par un écusson irrégulier, entouré d'environ vingt plaques. Au-devant de lécusson est une petite fossette ovalaire.
La couleur de ce poisson est brune sur toutes ses parties osseuses, et d'un violet foncé au ventre, au,bout du museau et sur une portion du dos. Sa‘longueur est de six pouces, sa hauteur de treize lignes, et son épaisseur d'a-peu-près autant, ce qui le rend comme carré par-devant.
Les deux individus que nous avons déposés au Muséum, habiroient les eaux douces du Brésil; ils proviennent d'un ruisseau qui coule devant la ferme de Santa- Anna, sur le chemin qui conduit de Rio de Janeiro à Ja colonie suisse.
Voyage de l'Uranie, — Zoologie. 20
CALLICHTHE BARBU.— CALLICHTHYS BARBATUS.
Callichthys, rostro elongato, setigero ; fronte elevato ; prim& pinnä dorsah elevatà triangularique ; caudà bifurcatä.
BAND Mo. PERTE IC MAMSAESTE,
CETTE espèce a le front et la nuque fort élevés, la tête grosse, le museau alongé et pointu; la bouche petite, la mâchoire inférieure moins avancée que celle d’en haut; les lèvres proéminentes et pourvues de quatre barbillons ; l'œil assez grand, rond, situé au sommet de la tête; les narines s'ouvrent au-devant de lui. Les Joues sont parsemées d'assez longs poils rudes.
Le corps est arrondi, gros par-devant, aminci en arrière; la première dorsale est élevée, triangulaire, pointue, formée de neuf rayons, dont le premier seul est osseux et le plus court; la seconde, très-éloignée, n'est formée que d’une épine. Les pectorales, placées au bas de la poitrine, sont trèslongues, pointues ; elles dépassent les ventrales et atteignent presque l’anale; leur premier rayon, trèsgros et très-fort, un peu recourbé et couvert de petites soïes roides, se termine en un filament çharnu. Les ventrales et l'anale sont petites; les premières ont au milieu d'elles l'anus; la dernière, touchant à la queue, a huit rayons mous. La caudale, longue et fourchue , en a treize.
Ce poisson est entièrement couvert de chaque côté par deux rangées de plaques osseuses, qui se touchent sur le dos et sous le ventre. La rangée supérieure en compte vingt-six et linférieure vingt-trois, sans y comprendre l'os de l'épaule, qui est très-large, et quelques petites écaïlles, au nombre de six environ, qui embrassent la base de la caudale. Une plaque triangulaire et pointue termine le sommet de la tête.
La couleur de ce callichthe est d'un brun rougeâtre plus clair sous le ventre. La dorsale et la caudale sont tachetées de brun foncé. ;
Sa longueur n'est que de trois pouces, sa hauteur de sept lignes, et sa plus grande épaisseur de six.
Cette espèce diffère essentiellement de la précédente par la hauteur de sa tête, par son museau alongé et non aplati, par ses longues pectorales, sa queue fourchue, les poiïls de ses joues, et enfin par la disposition de ses quatre rangées de plaques qui se touchent toutes entre elles. D'après la grandeur de ses ouïes dépourvues d’une membrane flexible, susceptible de les clore, nous ne pensons pas qu'elle jouisse comme l'asper de la faculté de vivre quelque temps hors de l'eau.
Notre individu habitoit aussi les eaux douces du Brésil, et il fut pris par l'un de nous dans les petits ruisseaux qui arrosent, près de Rio de Janeiro, la ferme de Mandioca, appartenante à M. Langsdorff, consul de Russie.
SOUS-GENRE TURBOT. — RAomBus. Cuv.
TURBOT A LONGS FILETS.-—Ruomgus MAcroPTERUS. N.
Rhombus, corpore oblongo, maculs fuscis consperso ; capite levi ; pinnä pectorale radis longissimis desinente.
Nous ne connoissons que ce pleuronecte et le rancus de Broussonnet qui aient à une des nageoires pectorales des rayons aussi prodigieusement longs. Ils n'ont de commun entre eux que ce caractère; car le nôtre est ovalaire comme une sole et le sien arrondi comme une plie. Le premier a la tête lisse; la mâchoire. approchant la dorsale, plus alongée que l’autre: c’est le contraire dans le zancus, qui de plus a un appendice à la lèvre d'en haut. Nous ne nous arrêterons point sur une foule d'autres termes de comparaison qui serviroient à les différencier , et nous dirons que le turbot à longs filamens a une couleur fauve bleuâtre, avec des taches irrégulièrement arrondies sur le dos seulement.
La dorsale prend entre les deux yeux, et laïsse un espace libre entre elle et la queue: on y compte quarante rayons dont les pointes ne dépassent pas la membrane qui les soutient. L'anale en a un peu plus de trente qui finissent vis-à-vis ceux de la dorsale; ïls ne commencent qua environ dix lignes des ventrales, lesquelles touchent presque l'opercule.
La pectorale supérieure a quatre rayons filamenteux qui, séparés à un pouce de leur naissance, s'étendent jusqu’à la queue, dont la nageoire est arrondie.
ZOOLOGIE. 237 Ayant perdu ce poisson, nous ne pouvons que reproduire Île dessin qu'en fit M. Taunay à l'instant où l'on nous l'apporta. On verra qu'on a oublié de marquer la ligne latérale : peut-être même nétoit-elle pas apparente, comme cela arrive dans quelques pleuronectes. Toutefois cette espèce est si rare, que nous n'avons pas hésité à la faire graver telle qu'elle est. Nous la rencontrâmes parmi les nombreux poissons que, chaque jour, les habitans des îles des Papous nous apportoient, lorsque nous étions mouillés sur file Rawak.
Sous-GENRE MONOCHIRE. — Monocarrus. Cuv.
MONOCHIRE RAYÉ. — MoNoCHIRUS LINEATUS.
Monoclurus, corpore orbiculart, suprà fusco cum maculis Uneisque transversalibus subnigris ; caudà latä, rotundä.
B: 6. D'Us 2 NP 4 IV A A M2 NICE:
LE corps de ce poisson est orbiculaire, assez épais; sa bouche, peu grande, a de fines dents du côté opposé aux yeux; ceux-ci sont rapprochés l'un de l'autre, de manière que le supérieur est un peu antérieur. La nageoire du dos, composée de cinquantedeux rayons, commence au-dessus de la mâchoire supérieure et finit au lobe de la queue, dont elle est distincte aïnsi que l'anale. Cette dernière, séparée des ventrales seulement par fanus, a quarante-deux rayons. Les ventrales, petites, distinctes l’une de l'autre, éloignées de l'extrémité de la mâchoire inférieure de quatre lignes, ont seulement quatre rayons. Ce nombre est aussi celui de la pectorale supérieure, qui est excessivement petite et touche l'ouïe. La caudale a seize rayons; elle est très-large, arrondie sur ses bords, et finit en pointe. ‘
La ligne latérale est droite, visible des deux côtés; les yeux sont bleuâtres, avec un contour jaune; les écaïlles sont fines, serrées; vers le contour supérieur de la tête, on en remarque une petite série de plus larges et finement ciliées. La couleur de ce poisson est d’un brun sombre, avec des taches brunes et blanches sur tout le corps, lequel est traversé par cinq à six lignes déliées et noïrâtres. La face inférieure est blanche, et la queue marquée de points bruns.
Nous l'avons pris dans la baïe de Rio de Janeiro. Son diamètre longitudinal est de troïs pouces quatre lignes; le
transversal , de deux pouces et demi; et son épaisseur, de deux à trois lignes.
Quelques individus, en tout semblables par la couleur et la forme, offrent de légères différences dans le nombre des rayons.
SoUs-GENRE PLAGUSIE. — Pz4Gusr4. Browne.
PLAGUSIE MARQUETÉE. — PLAGUSIA TESSELLATA.
Plagusia, corpore elongato , &ntice et postice acuminato ; macubs fuscis
transversalibus ; pinnä pectorali radis quatuor minimis. Do V4 As
CE poisson a le corps très-alongé, la tête un peu pointue, la bouche petite, les yeux très-rapprochés sur une même ligne et de couleur bleue. Sa partie postérieure est acuminée. Les nageoires verticales se réunissent à la caudale; la dorsale, qui prend naïssance au-dessus des yeux, est formée de quatre-ving-dix-neuf rayons, et l'anale de soïxante-dix-huit. Les ventrales, très-petites et assez distinctes, en ont quatre. Le contour de l'ouverture des branchies présente de petites villosités; les écailles sont très-petites. La ligne latérale, droite en-dessous, n'est pas apparente en-dessus.
La couleur de ce poisson est brune, avec des. bandes transversales peu indiquées de la même couleur. Sa longueur est de quatre pouces, sa largeur d’un pouce, et son épaisseur de trois lignes.
Il provient, comme le précédent, de la baie de Rio de Janeiro.
ZOOLOGIE. ve
SOUs-GENRE ANGUILLE. — AnGurzzA. Cuv., MURÆNA. Lacép.
ANGUILLE MARBRÉE. — ANGUILLA MARMORATA. N.
PLANCHE 51, fig. 2.
Anguilla, maxillà inferiore longiore ; tubulis duobus rostro ; vigintr radis pinnæ pectorali ; corpore vartegato.
CETTE anguille a le museau aplati, la mâchoire inférieure plus longue que la supérieure; cette dernière est munie de deux petits tubes à son extrémité. Plusieurs rangées de dents aiguës garnissent les deux mâchoires et le vomer. Les ouïes sont très-larges; la nageoire pectorale, assez petite, a vingt rayons, la dorsale naît loin des branchies; elle enveloppe la queue de même que l'anale, qui prend naissance un peu après le conduit des excrémens. L'une et l'autre sont tellement adipeuses, qu'il est impossible d'en compter les rayons.
La couleur générale est brune sur le dos, avec des marbrures blanchätres; le dessous du ventre est plus blanc.
Ce poisson, qui a dix-huit pouces de longueur, provient de l'ile Vaigiou.
Voyage de l'Uranie, — Zoologie. 3 It