‹ ZoologieChapitre 22 sur 67 · VA ES · texte numérisé non relu

VA ES

Sous-GENRE SALARIAS. — Sarari4s. Cu.

SALARIAS FRONT BOSSU. — SaLARIAS GIBBIFRONS.

Salarias, capite obtuso , fronte gibboso, verticali; corpore marmorato ;

pins migro punctatis ; lineä lateral interruptä. De SP tm AN he AR ONCE 12;

CETTE espèce est remarquable par son front obtus, arrondi, tronqué, et tellement avancé qu'il forme un angle de plus de 90°; de sorte que les narines se trouvent toutà-fait dirigées en avant. Au premier abord, à peine aperçoit-on la bouche placée au bas de cette troncature; cependant elle est grande et élargie transversalement. La mâchoire supérieure recouvre l'inférieure ; les dents, excessivement petites, ne sont visibles qu'à la loupe ; la mâchoire inférieure seule a deux crochets.

Les yeux sont larges, placés au sommet du front, dirigés obliquement l'un vers l'autre, et surmontés de deux petits cils membraneux. Les opercules sont échancrés à leur partie supérieure, où se remarque une membrane fine; ils sont réunis sous la gorge par une membrane commune, immédiatement après laquelle viennent les ventrales, qui sont petites et bifides. Les pectorales sont arrondies, légèrement acuminées, et formées de quatorze rayons, dont les supérieurs sont les plus petits. La dorsale prend naissance au sommet du front et s'étend jusqu'a l'extrémité de la queue: elle est composée de deux lobes distincts et continus, dont le premier a douze rayons et le second vingt. Le ventre est saïllant. L’anus et son appendice sont fort petits; il touche presque la nageoïire de son

nom, laquelle a vingt rayons; la caudale en a douze. La ligne latérale est interrompue.

Ce poisson, assez agréablement nuancé, a le corps rougeâtre marbré de brun; la tête et la gorge sont pointillées de la même couleur. Toutes les nageoires, maïs principalement celles du dos, de la queue et de l'anus, sont marquées de points très-noirs formant des lignes longitudinales un peu irrégulières. Sa longueur est de trois pouces cinq lignes, et sa hauteur , à la saïllie du ventre, de neuf lignes.

Nous flavons rapporté des îles Sandwich.

Sous-GENRE CLINUS. -— CziNus. Cuv.

CLINUS BAZET. — CLINUS NUCHIPINNIS.

Clinus, corpore fusco, marmorato ; fronte cillato; maculä violaceä in apice operculi ; caudä subrotundä.

BYé Diupn4bVs Aer) Cons:

CE clinus a la tête petite, les nageoires grandes, le corps comprimé , très-mou, le museau un peu pointu, la bouche très-grande, les mâchoires égales pourvues de dents à crochets, derrière lesquelles en sont d’autres plus petites, de même qu'au palais et aux os pharyngiens. Les lèvres sont lâches et peuvent recouvrir totalement les mâchoires. Les yeux sont rapprochés du sommet de la tête; leur conjonctive, à la partie supérieure de laquelle adhère un petit faisceau de cirres membraneux, a beaucoup de laxité. On en remarque également un de chaque côté au-dessus de la tête et audevant de la nageoïre dorsale. Les orifices des narines sont écartés l'un de l'autre ; les ouïes sont grandes et soutenues par six rayons dont les supérieurs dépassent en arrière le bord de lopercule. L'os qui supporte les arcs branchiaux fait une saïllie tranchante dans le contour de l'opercule. La nageoire dorsale, continue dans toute sa longueur, est cependant comme formée de deux parties, dont la première plus longue à dix-huit rayons aiguillonnés, et la seconde, plus élevée, douze branchus ; le dernier adhère à la base de la queue. L'anale a deux rayons aiguillonnés et dix-huit mous; la caudale , arrondie, en compte treize; et les pectorales, de même forme et portées sur un pédicule court et écailleux, en ont quatorze ; les ventrales trois.

Les écailles sont fines et serrées; la base des nageoires dorsale et anale en est couverte. La ligne latérale, droite d’abord, s'incline fortement vers le bas pour reprendre ensuite sa première direction.

La couleur générale de ce poisson est brun foncé; le corps est marbré; le bord des nageoires du dos, de l'anus et des pectorales est violacé; une tache de la même couleur occupe le haut de l'opercule ; la nageoïre de la queue est ponctuée de brun.

La longueur de ce clinus est de cinq pouces; sa hauteur, de reïze lignes, et son épaisseur, de quatre.

Ce clinus, qui se nourrit de petits crustacés, et que nous avons pris dans la baie de Rio de Janeiro, est dédié à M. Bazet, médecin français attaché à la colonie suisse du Brésil.

Un autre individu, entièrement semblable dans son organisation, n'en diffère que par sa couleur plus uniformément sombre et sans marbrures.

SOUS-GENRE PÉRIOPHTHALME. — PERIOPHTHALMUS. Schn.

PÉRIOPHTHALME FREYCINET.-PERIOPHTHALMUS FREYCINETI. Cuv.

Periophthalmus, corpore fusco; capite crasso, albido punctato; dentibus .

valides ; pinnà dorsal radis quatuor, apice albida. ADAM SMD ITA SPAIN AMMAMCNE:

GRANDE espèce à corps cylindrique par devant, comprimé par derrière, où il samincit en pointe. La tête est large, arrondie, obtuse en face, le front presque vertical, les yeux placés à son sommet, rapprochés l'un de l'autre et munis de paupières lâches. Les narines sont près des yeux. La bouche est très-grande, arrondie; les lèvres sont amples et molles; la mâchoire inférieure est plus courte que la supérieure, sous laquelle elle s'emboîte; toutes deux sont munies sur le devant de longs crochets, et de dents coniques sur les côtés. Les crochets supérieurs sont les plus longs; derrière eux est une rangée d'autres dents petites et obtuses. Les os pharyngiens en sont aussi couverts. La langue est arrondie, et la membrane buccale forme un large repli au palais. Les opercules, bombés, présentent dans leur intérieur une assez large excavation, qu'augmente encore l'ampleur de la membrane branchiale disposée de maniere à ne laïsser qu'une petite ouverture aux ouïes.

Les pectorales, arrondies et munies de seize rayons, sont poriées sur des espèces de bras écaïlleux dont l'origine est couverte par des opercules. Les ventrales, placées sous la gorge, réunies entre elles par une membrane, forment un disque concave. La première dorsale, distante de seize lignes de la seconde, est élevée,

peu large et soutenue par quatre rayons flexibles; la seconde en Voyage de l'Uranie. — Zoologie.

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a quatorze articulés ; ce nombre est aussi celui de l'anale, au-devant de laquelle est placé le petit appendice charnu qu'on retrouve dans tous les mâles de cette famille et de celle des blennies. La caudale, alongée, arrondie, a douze rayons; elle paroît pointue dans le repos.

Les écailles sont lisses, assez grandes, serrées et agréablement striées lorsqu'on les examine à la loupe. Toute la tête en est couverte, ainsi que les joues. La ligne latérale, presque droite, occupe le milieu du corps.

La couleur générale de ce périophthalme est sombre, brun foncé sur la partie supérieure du corps et les nageoires, blanchâtre et comme nacrée sous le ventre, d'un rouge sale vers la queue. La tête est marquée de points blancs. La première dorsale a une tache blanche à son extrémité, et l’anale est blanchâtre.

Ces poissons habitent l'embouchure des rivières de l'île Timor; ils se logent dans les trous et sont très-défians. Ils sont remarquables aussi par la facilité qu'ils ont de pouvoir rester long-temps à l'air libre, et de courir avec une étonnante rapidité sur l'eau et la vase, en s'aidant de leurs nageoires pectorales et ventrales ; ce qui leur donne fair d'avoir de vrais bras pour faciliter leur marche; et comme dans cette action les pectorales sont dirigées en avant eten bas, elles élargissent en même temps qu'elles bouchent l'ouverture operculaire, qui, par ce moyen, peut contenir l’eau dont l'animal a besoin pendant tout le temps qu'il demeure à l'air. Les ventrales lui donnent la facilité de s'appliquer sur les corps lisses. On remarque que, pendant qu'il est hors de l’eau, ses yeux deviennent plus saïllans, ce qui a lieu aussi dans les blennies. I est probable que la finesse de la peau de la partie interne des bras sert à faciliter le sens du toucher.

Le périophthalme Freycinet, ainsi nommé par M. Cuvier dans les galeries du Muséum, fut tué par l’un de nous d’un coup de fusil, dans la rivière de Babao. Sa longueur totale est de sept pouces; sa hauteur, de seize lignes, prise au ventre, qui est assez saïllant ; et son épaisseur, de huit lignes.

Sous-GENRE ÉLÉOTRIS. — £zrorris. Gronov. et Cuv.

ÉLÉOTRIS NOIR. — Errorris NIGER. N.

PLANCHE 60, fig. 2.

Eleotris, corpore migricante ; capite plagioplateo ; maxtllà infériore longore; præoperculo aculeato.

TMD 2 D Mo PE LS EVE TA NC" 572:

CE poisson a la tête grosse, aplatie, la queue presque aussi large que le corps, le museau arrondi, la bouche dirigée en haut, et les mächoires garnies de plusieurs rangées de dents aiguës; l'inférieure se portant au-devant de la supérieure, qu'elle dépasse un peu; la langue est large, lisse et détachée. Les yeux, placés très-près du sommet de la tête, ont leur orbite qui saïlle en avant.

L'opercule est fixé dans tout son contour supérieur, et le préopercule présente un aïguïllon dirigé en bas et en avant.

La première nageoire du dos a six rayons flexibles, penchés trèsobliquement en arrière comme les dix de la seconde. La caudale, alongée et très-légèrement arrondie, en a environ trente-deux, et l'anale neuf.

Les ventrales, éloïgnées l’une de l’autre, ont six rayons, et chacune des pectorales quinze. Les membranes de ces dernières sont flexibles et portées sur un pédicule charnu couvert d'écailles.

L'anus, placé un peu en avant dela nageoire qui en porte le nom, a par derrière un appendice assez alongé.

Les écaïlles sont arrondies, serrées; toute la tête et les opercules en sont recouverts ; le ventre est saïllant et arrondi. La couleur

de ce poisson est d'un brun presque noir, aïnsi que l'indique son

nom.

Sa longueur est de trois pouces et demi; nous en avons rapporté un autre individu de plus grande taille. Hs proviennent de

Vaigiou.

GENRE SILEAGON— rico Cu.

SILLAGO MACULÉ. —— SILLAGO MACULATA. N.

PLANCHE 53, fig. 2.

Sillago subrosea; corpore arcuato, maculis obliquis septem vel octo

supernè imfuscato; macula basi pinnæ pectoralis. BC RD he DS 0 MP EC NCA ETES

CE poisson, depuis le bout du museau jusqu'a la queue, est courbé en arc. Cette disposition de forme, jointe à ses lèvres alongées, protractiles, et à ses grands yeux, lui donne un air stupide. La mächoire inférieure s'emboîte sous la supérieure; les dents sont nombreuses et en velours. La langue est tellement reculée au fond du gosier, qu'on diroit que l'animal en est privé. Les narines, placées au sommet de la tête, au-devant des yeux, ont deux ouvertures séparées. L'iris est doré en bas et noir en haut. L'opercule est presque arrondi, et l’aïiguillon caractéristique n'est seulement qu'indiqué. À peine aperçoit-on les dentelures des préopercules, qui forment, en se terminant sous la gorge, deux sillons larges et lisses se prolongeant jusqu'au bout de la mâchoire. Les opercules sont couverts d'écaïlles, et la membrane des branchies compte six rayons dont, l'extérieur est le plus large.

La première dorsale en a douze, alongés, flexibles à leur extrémité, diminuant insensiblement de hauteur jusqu'au dernier, qui est trés-court et se lie par une membrane étroite avec la seconde nageoire, laquelle à vingt rayons mous, couchés en arrière. La queue, légerement échancrée, en compte dix-huit; les pectorales

seize; les thoraciques, éloignées l’une de l’autre, six; et l'anale, vngtun flexibles.

La ligne latérale se courbe d'abord et se dirige ensuite droit vers la queue. Les écailles forment des losanges alongés dont le plus grand diamètre est vertical. La couleur générale est rosée. Une bande argentée prend naïssance au-dessus de la nageoïre pectorale et finit à la queue. Le corps est marqué en-dessus de sept ou huit taches noirâtres, irrégulières et obliques ; et la nageoiïre pectorale en a une de la même couleur à sa base.

La longueur de ce poisson est d'environ huit pouces. Nous l'avons pris dans la rade de Sydney, au Port-Jackson.

Sous-GENRE LABRE. — Zaprus. Cuv.

LABRE ARAGO. — LaBrus AR4Go. N.

PLANCHE 65, fig. 2.

Labrus, corpore toto viridi ; macularum aurearum triplict ordine

prunes dorst et ant; caudà rotundä.

Del rs MAMA C0:

CE joli poisson a le corps alongé, un peu arrondi, et le front élevé. La mâchoire supérieure dépasse celle d'en bas; toutes deux ont des dents aïguës.

La dorsale prend très-près du front, et laïsse un espace entre elle et la nageoiïre de la queue ; elle est composée de vingt-un rayons égaux : l’anale, moins étendue, mais de même forme, en compte quatorze; les pectorales, environ quinze; et la caudale, qui est arrondie, à-peu-près dix-neuf.

La couleur générale de l'individu est verte; la tête offre trois lignes violettes bordées de rouge, et les joues trois autres de couleur orange, se dirigeant sous la mâchoire inférieure. L'œil est noirâtre.

Le milieu du corps présente des raïes rougeätres qui, partant d'en haut et d'en bas, viennent se croiser au centre. Six taches noires et arrondies couvrent la queue : les rayons de la nageoire caudale sont alternativement verts et rouges.

L'intervalle de chaque membrane qui réunit entre eux les rayons de l’anale et de la dorsale, est taché de trois points aurore, placés les uns au-dessus des autres, et dont l’ensemble forme trois lignes parallèles à l'animal. Les pectorales et les ventrales sont rosées.

Cet individu, dessiné au sortir de l'eau par M. Taunay, a été ensuite perdu. Les couleurs ont été appliquées avec exactitude; mais il semble y avoir quelque incorrection dans la ligne latérale, qui ne nous paroît pas être celle des labres.

Ce poisson se trouve dans les eaux des îles des Papous. Nous l'avons dédié à M. Jacques Arago, dessinateur de l'expédition.

* Sous-GENRE GIRELLE. — Juzrs. Cuv.

Division de celles qui ont des pores à la tête.

GIRELLE GAIMARD. — Juzis GarmarD. N.

INARÉA LOUAÏNÉ, dans la langue des îles Sandwich.

PLANCHE 54, fig. 1.

Juls, corpore rubro ; primo radio pinnæ dorsals longissimo , flexibih ; pinnä ant qundecim radis ; caudä rotundé , fubvà.

Base D21. Pi 12. V. GA SC, 14

CE beau poisson a le corps alongé, arrondi par le haut, presque aplati sur les côtés, ses mâchoires, également avancées, sont armées chacune de deux rangées de dents; les extérieures, plus grandes et dirigées en avant; quatre de celles-ci sont en crochets et font saïllie au-dehors. Les deux crochets inférieurs sont reçus dans l'écartement de ceux d'en haut; la langue est courte, et l'on voit une membrane demi-circulaire au palais. L'œiïl est arrondi, rougeätre, et l'orbite striée dans la partie inférieure de son contour. Les joues sont lisses; l'opercule se termine par un prolongement membraneux, irrégulier et obtus; les ouïes ont cinq rayons. Sept ou huit pores forment sur le sommet de la tête, de chaque côté, une ligne courbe, prenant un peu en avant des narines Jusque derrière l'œil; d’autres, au nombre de sept ou huit, bordent également la partie inférieure de l'orbite; enfin, on en compte sept autour de

lopercule. La nageoiïre dorsale, dont l’origine correspond au pro- Voyage de l'Uranie, — Zoologie. 34

longement de l'opercule, est composée d'abord de deux rayons flexibles plus longs que ceux qui suivent : de ces deux rayons, le premier est beaucoup plus alongé ; viennent ensuite sept autres rayons épineux, et enfin douze branchus, qui font en tout vingtun. Cette nageoiïre est rouge, avec deux petits lisérés bleus, et a des points bleus aussi à sa base. L'anale, beaucoup moiïns étendue, a trois aiguillons et douze rayons articulés; son limbe est jaune, tranché de trois raies bleues, et sa base est d'un rouge ponctué de bleu. La caudale a quatorze rayons; elle est légèrement arrondie et d'un beau jaune, avec deux rangées de points d'un bleu foncé à son origine. Douze rayons disposés en triangle forment les pectorales, qui sont nuancées de rose et de jaune, avec une tache brune dans l'aisselle. C'est aussi la couleur des ventrales qui ont de plus une ligne bleue longitudinale. L'anus, placé plus près de la nageoïre de son nom que des précédentes, a son orifice bleu deiciel

La couleur générale du corps est d'un beau rouge de carmin, avec des points bleus irréguliers vers la partie postérieure et la queue. Le ventre, le thorax et une portion de l’opercule en remontant vers la nuque, offrent une teinte brune : une large tache jaune occupe les flancs. Les joues et les lèvres sont rosées, tandis que la base du préopercule et de l'opercule reflète une belle couleur bleu de ciel. Une bandelette ondulée, d'abord verdâtre, puis bleue, part du premier rayon de la dorsale, est à moitié divisée par l'œil, et vient finir sur le museau ; elle passe sur l'extrémité antérieure d'une autre bandelette beaucoup plus large, blanchätre au milieu, rosée sur les bords, qui se porte vers la pointe postérieure de l’opercule; enfin, une troisième de la même couleur, un peu courbée en haut, prend à la lèvre supérieure et se termine au contour operculaire: on remarque dans cet endroit un point blanc.

Deux lignes partant du sternum se dirigent, la première, qui est

ZOOLOGIE. 267 rosée, vers la base de la nageoïre pectorale, et la seconde, de couleur bleu de ciel, vers les ventrales.

Les écaiïlles sont serrées, médiocrement larges. La ligne latérale est près du dos et en suit le contour; elle n'est point interrompue, mais brusquement coudée; et avec un peu d'attention, il est facile d'en suivre la trace.

La longueur de ce poisson est de neuf pouces et demi. I provient des eaux limpides de Mowi. I fut dessiné, au sortir de la mer, par M. Taunay. Mais depuis, le bocal dans lequel ïl étoit s'étant cassé, il S'est trouvé altéré au point que des insectes y avoïent déposé leurs larves, lorsqu'il fut remis dans l'alcool. Il est au Muséum d'histoire naturelle.

GIRELLE RAIE AURORE. — Juris BALTEATUS. N.

O-OUMA MAAOU VÉLA, enidiome sandwichien, PLANCHE 56, fig. 1.

Juls, pinnis ant et dorst subflavis ; fascrä sublavä longitudinal et latä ; dentibus oris commissuræ.

Bus D PR. VE GA Cure

ON reconnaîtra cette girelle à sa forme ovoide, à son museau alongé, à ses mächoires arrondies, garnies de dents égales; aux deux dents supérieures aiguës qui, de la commissure de la bouche, font saïllie au-dehors. Maïs c'est principalement l'examen de ses couleurs qui fournira les principaux caractères. Ainsi la tête, et le corps en long, jusqu'au milieu, sont verdâtres ; une large raïe longitudinale aurore, bordée de violet, prend depuis l'opercule jusqu'à la queue. La poitrine, le ventre, les nageoires pectorales, ventrales, anale, sont d’un jaune sale, tandis que celles du dos et de la queue sont aurore.

Trois raïes violettes traversent les joues en long : la premiere correspond à la ligne latérale ; la seconde ou moyenne prend sous l'œil et se continue avec celle qui côtoie la bande aurore. La dernière commence à la lèvre inférieure, se courbe en haut et suit le même trajet que la première.

L'œil est jaune; les narines doubles; la membrane branchiostége a cinq rayons, et la ligne latérale ponctuée fléchit brusquement vers la queue.

La nageoire du dos, régulière, est composée de neuf aïguillons et de douze rayons flexibles. L'anale a deux piquans et treize rayons branchus : ce nombre de rayons est aussi celui des pectorales et de la caudale, qui est arrondie.

Les écaïlles du corps sont larges : les joues en sont dépourvues.

C'est à lle Mowi que nous avons pris ce poisson. I y paroît commun, et nous en avons remis plusieurs individus au Muséum.

I est figuré de grandeur naturelle.

GIRELLE DUPERREY. — Juzis Durerrex. N,

PLANCHE 56, fig. 2.

Juls cyanocephalus ; corpore fascià rubrä transversè notato ; caudä valde bifurcatä.

BA6 2 DSP MMA CN

CETTE girelle a, au premier aspect, beaucoup de rapports avec le labre cyanocéphale de Bloch; maïs si, comme lui, elle a la tête d'un bleu foncé, elle en diffère par une large bande rougeâtre qui: vient après les opercules. Les nageoires ne sont pas non plus les mêmes : celle de la queue sur-tout, au lieu d'être arrondie, comme dans la girelle tête bleue, a deux longs filamens qui la font ressembler

ZOOLOGIE. 269 à la queue d'une hirondelle. La forme de la nôtre est oblongue; sa tête, arrondie, finit en pointe; ses machoires sont égales, armées de dents, dont celles de devant, plus longues que les autres, se trouvent recouvertes dans l'état naturel par des lèvres rétractiles. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les narines sont doubles; l'œil petit. L'opercule, divisé inférieurement en deux pièces, se termine par une pointe obtuse. La tête est garnie d'un grand nombre de pores : on en remarque deux rangées autour des yeux, trois rangées sous la gorge et quelques-uns d'épars sur le préopercule. La membrane des branchies a six rayons.

La nageoiïre du dos en a huit aïguillonnés;, moins élevés que les mous, qui sont au nombre de quatorze; l'anale a deux aïguiïllons et onze rayons articulés; les pectorales en comptent quinze; les ventrales, qui sont très-petites, six; et la caudale, qui est carrée, quatorze. La ligne latérale, après avoir suivi la courbure du dos jusqu'à la queue, s'incline brusquement en escalier sans s’interrompre. D'espace en espace, deux petites branches latérales dirigées vers l'arrière s'ajoutent à chaque ponctuation.

Les écailles paroïssent finement striées; leur limbe est arrondi. Nous en avons compté vingt-cinq depuis lopercule jusqu'à la queue.

Sous l’opercule et derrière la nageoïre pectorale, on remarque deux membranes formant le cu-de-sac.

Nous avons déjà dit que la couleur bleu foncé de la tête étoit circonscrite par l'opercule : la même teinte existe sur la dorsale, l'anale, au milieu de la nageoire de la queue, à la base et à l’extrémité des pectorales; le reste du corps est brun, avec des stries transversales de la même couleur.

On pêche ce labroïde aux îles Sandwich.

Nous favons dédié à M. Louis-Isidore Duperrey, officier de l’Uranie, qui commande, en ce moment, une expédition scientifque autour du monde.

GIRELLE GEOFFROY, — Juris GEorrroy. N.

PPANCHE SO Ie. 2:

Juls, corpore subcæruleo, oculis numerosissimis sparso; pinnis ant et dorsi latis ; caudä rotundaä.

Bis PDA AP One VOA CAS

CE poisson a le front élevé, arrondi; lé museau peu avancé; la mâchoire supérieure dépassant un peu celle d'en bas: les dents de devant sont plus longues que les autres et saïllantes ; on en remarque une déviée en-dehors à chaque commissure de la bouche; l'ouverture des narines, à peine sensible, touche l'œil. L'opercule se termine par une pointe membraneuse. On compte environ vingt-cinq pores sur le museau, le préopercule et dans le contour de l'orbite.

La queue est large; la nageoïire caudale, légèrement arrondie, a quinze rayons. Les nageoires du dos et de l'anus ont la même forme: la première, qui prend en avant au sommet de la tête, est composée de neuf rayons aïiguillonnés et de onze articulés trifides; la seconde en a quinze, dont deux épineux ; les pectorales, onze; et les thoraciques , réunies à leur base, six,

La membrane qui soutient les branchies a cinq arceaux. La ligne latérale ponctuée et ramifrée se courbe brusquement à sa fin, sans discontinuer son trajet jusqu'à la queue.

La couleur générale est d’un bleuâtre foncé. Chaque écaille est légèrement ponctuée de la même couleur. Tout le corps est parsemé de lunules bleues bordées de brun, irrégulières sur la queue et les thoraciques, mais décrivant trois ou quatre lignes à la dorsale et à l'anale. Les pectorales sont jaunes; cette couleur est plus marquée à leur base. On voit sur le front, les joues et la gorge,

plusieurs lignes et points bleus; quatre de ces raïes, parallèles entre elles, descendent obliquement des environs de l'œil vers la bouche. Les membranes qui unissent les trois premiers rayons de la dorsale, sont tachées de Jaune.

Cette girelle, représentée de grandeur naturelle, habitoit les eaux des îles Sandwich. Plusieurs individus ont été déposés au Muséum.

Nous avons dédiée au généreux ami de M. Haüy, à l'auteur de la Philosophie anatomique, M. le professeur Geoffroy Saint- Hilaire.

GIRELLE TÉNIANOTE. — Juris TÆNIANOTUS. Cuv.

Jules, corpore compresso; fronte elevato ; spinis pinnæ dorsals novem ; ventralhibus filamentosis ; caudä rotundé.

DSP ET VGA AC 2:

CETTE girelle a le corps très-comprimé; le front élevé, arrondi; la bouche placée bas, les dents fortes; deux crochets à chaque mâchoire par devant. L'œil est situé au sommet de la tête; les narines s'ouvrent par deux orifices au-devant de lui. On remarque seulement quelques pores au-dessus de l'orbite. Les pectorales, arrondies, comptent onze rayons; les ventrales, placées au-dessous, en ont six, dont le second, filamenteux, s'étend jusqu'à l'anale. Cette dernière nageoïre a trois rayons aiguillonnés et treize branchus. La dorsale, qui prend au haut du front, est égale dans toute sa longueur et formée de vingt-troïis rayons, dont les neuf premiers sont épineux, avec une petite pointe à la membrane qui les soutient. La caudale, arrondie, est composée de douze rayons.

Les écailles sont très-larges, flexibles. La ligne latérale est interrompue. Quoique les couleurs de ce poisson aïent été altérées par l'alcool, on aperçoit encore sur les joues trois bandes violacées,

des points noirs à la queue, une tache de la même couleur audevant de la nageoiïre dorsale, et d’autres taches le long de cette nageoire et de celle de l'anus.

Longueur, quatre pouces trois lignes; hauteur, un pouce; épaisseur, trois lignes.

Nous flavons rapporté de l’île Vaigiou.

Nous pensons que cet individu pourroit bien être notre labre Arago {p£. 65, fig.2), qui fut perdu après avoir été dessiné, au sortir de l’eau etavec toutes ses couleurs, par M. Taunay. Si les couleurs de la girelle ténianote ne paroïssent pas être semblables en tout point, c'est qu'elles ont été altérées d'abord par la liqueur et par une dessiccation qu'elle a ensuite subie. Nous indiquons nos doutes, afin qu'on puisse rectifier notre erreur, si cette espèce vient à se retrouver.

GIRELLE AXILLAIRE. — Juris AXILLARIS,

Jus, corpore roseo ; maculà luteä in axillä ; punctis nigris duobus

basi caude ; caudà subrotundä.

CETTE espèce a le corps assez élevé et le ventre saïllant; le front présente, entre les yeux, un petit enfoncement ovalaire; le museau est obtus; les mächoires égales, protractiles et recouvertes par les lèvres. Les dents sont aplaties et bien rangées: la bouche est petite; chaque côté de sa commissure est muni d’un crochet horizontalement dirigé en avant comme chez les girelles raïe aurore et Geoffroy. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les orifices des narines sont doubles et excessivement étroits. Au-devant d'eux se trouvent quelques pores; on en voit d'autres, écartés, autour des yeux et sur le préopercule.

Les nageoires pectorales, placées un peu plus haut que le milieu

du corps, petites, triangulaires et arrondies à leur pointe, ont treize rayons; les ventrales, plus petites encore, six; la dorsale, peu élevée, est formée de neuf aïguillons et de douze rayons flexibles; l’anale en a deux des premiers et douze des derniers ; la caudale, légèrement arrondie, a aussi douze rayons.

Les écailles, serrées, ont une forme de losange. La ligne latérale est branchue : après s'être fortement courbée vers la queue, elle se termine sur une large écaïlle triangulaire pointue. Ce poisson a une teinte rosée; tout le corps et la tête, principalement en-dessus, sont garnis de très-petits points bleuâtres; le dos est enfumé, de même qu'un plastron qui couvre le front et le museau. Le ventre, la gorge, les nageoires et les yeux tirent sur le jaune; une tache d'un jaune plus éclatant occupe laisselle un peu au-dessus des pectorales et très-près de l'opercule, d'où le nom d’axillaire donné à cette espèce. Le lobe de la queue est marqué, de chaque côté, de deux petits points noirs cerclés de jaune ; une tache brune se voit à la base des pectorales.

Longueur, quatre pouces trois lignes ; hauteur, dix-neuf lignes ; épaisseur, six lignes.

Nous l'avons rapporté des îles Sandwich et déposé au Muséum.

Voyage de l'Uranie, — Toologie. 35

Sous-GENRE CHEILION. — Carrzro. Lacép.

CHEILION DORÉ. — CHerrro AURATUS.

Lacép. tom. 4, pag. 433.

IROU, dans la langue des îles Sandwich.

PLANCHE 54, fig. 2.

Cheilio, corpore elongato, fusco-flavo; vittä medià longitudinal mera ; rostro elongato ; caudä rotundä.

BD 25 00P 0 Dr Ans CE MA

LE genre cheilion est peu nombreux en espèces. Nous avons cru devoir donner une figure de celle-ci, que Commerson a fait connoître et qua décrite M. de Lacépède.

Ce poisson sera toujours facile à reconnoître à sa forme trèsalongée: son diamètre vertical, pris de l'extrémité d'un rayon de la nageoire du dos à celle de Fanus, n'est que le sixième de la longueur totale , qui, dans cette espèce, est de six pouces.

La tête s'unit au corps par une ligne insensible. Le museau est très-pointu ; la mâchoire supérieure, munie de deux crochets, dépasse l'inférieure. Les lèvres sont charnues et extensibles ; les narines ont deux ouvertures; l'œil est grand; l'iris couleur d'or. L'opercule se termine en une assez longue pointe émoussée; il est recouvert de quelques écailles, de même que le contour de l'œil. Six rayons soutiennent la membrane des branchies.

La nageoire dorsale, par-tout de la même hauteur, est composée de vingt-trois rayons égaux, dont aucun n'est épineux. Il en est ainsi de lanale, qui en a quinze. La caudale, arrondie,

en a quatorze, et les pectorales sont composées de onze rayons.

La ligne latérale n'est point interrompue; elle se courbe d'abord un peu et parcourt la partie moyenne du corps jusqu'à la terminaison de la queue. D’espace en espace, elle offre de petites ramifications.

Ce poisson est brun rougeâtre dans la moitié supérieure du corps; sous le ventre ïl est jaune. La séparation de ces deux couleurs est indiquée par une bande noire longitudinale. La nageoire de la queue, l’anale et les pectorales sont jaunes, tandis que la dorsale participe de la couleur brune du haut du corps.

Les écaiïlles, dans leur imbrication, paroïssent carrées, quoïque leur pointe soit aiguë.

Commerson dit que la chair du cheïlion doré de l'île de France est blanche et agréable au goût, maïs peu recherchée, parce que ce poisson est très-commun au marché. Apparemment que pendant les trois mois de séjour que nous avons faits dans cette île, en mai, juin et juillet, ce n'étoit pas l'époque de la pêche de ce poisson, car nous n'avons point eu occasion de l'y voir.

L'individu que nous avons fait représenter de grandeur naturelle, provient des îles Sandwich; il est petit, comparé à celui que possède le Muséum.

SoUS-GENRE ANAMPSÈS. — Anampses, Cuv.

ANAMPSES CUVIER. — Anamrses Cuvier. N.

OPOURÉ, dans [a langue des îles Sandwich.

PLANCHE 55; f@. I.

Anampses, corpore subvirid suprà, subtùs purpureo, punctis albis

amussim lineato ; caudà rotundà.

Nous offrons à M. G. Cuvier le tribut de notre reconnoissance pour les conseïls qu'il a bien voulu nous donner, en lui consacrant, dans la classe qu'il a le plus travaillée, l'espèce elle-même qui lui a servi à l'établissement de ce nouveau sous-genre.

Ce beau poisson, dont une esquisse a été faite sur le vivant par M. Taunay, a le corps ovoïde et très-comprimé; le front assez brusquement abaïssé; le museau saïllant et pointu; les mächoires presque égales; les lèvres charnues; la bouche petite, sans autres dents que quatre crochets aplatis, écartés et faisant saillie audehors ; les deux d'en bas sont reçus dans l'écartement que présentent les deux d'en haut. Les dents pharyngiennes sont fortes. Les narines sont doubles, petites; l'œil est grand, rond, avec quelques pores à son contour. La tête et les joues sont sans écailles; l'opercule présente des stries rayonnées, et se termine en arrière et en haut par une assez longue pointe membraneuse.

Les nageoires, légèrement arrondies, du dos, de l'anus et de la queue, sont rosées; les deux premières avec quatre lignes longitudinales déliées, ondulées et verdâtres. Dans des individus plus

ZOOLOGIE. 277 petits, ces lignes ne sont encore que des points. Cette teinte verdâtre existe aussi au haut de la tête, sur les flancs et à l'extrémité de la caudale. La poitrine et le dessous du ventre, jusqu'au milieu de l'anale, sont d'un beau rouge pourpre ponctué de blanc. Ces couleurs, jointes au jaune pur des pectorales, aux taches rouges qu'on observe sur les joues et aux douze lignes longitudinales formées par des points blancs comme réunis en chapelet, forment entre elles des contrastes qui tendent à embellir ce poisson. D'autres points blancs plus petits et irréguliers avoisinent la dorsale.

Les écaïlles du corps sont larges, arrondies et membraneuses; celles qui recouvrent la nuque sont petites et triangulaires. La ligne latérale, placée haut, se recourbe brusquement sans s'interrompre: elle offre quelques ramifications.

La nageoïre du dos, uniforme dans sa courbure, a neuf aiguillons et treize rayons; ce dernier nombre est aussi celui de l'anale, qui a de plus trois épines. Les pectorales, pourvues d'une tache brune à leur base, ont douze rayons, et les ventrales six; ces dernières sont réunies entre elles et au corps par une membrane. La caudale à quatorze rayons; elle est légèrement arrondie.

Cette espèce provient de l'île Mowi. Nous en avons déposé plusieurs individus au Muséum. Les plus grands que nous ayons vus avoient près de huit pouces de longueur.

b NI ee]

SOUS-GENRE CHEILINE. — CHEILINUS. Lacép.

CHEILINE SINUEUSE. — CHErILINUS SINUOSUS.

Cheilinus, rostro acununato; corpore subviridi, fascus nigricantibus undulatis transversé notato ; caudä rotundä.

B. SDS P. Cr ME TT AMEMOC. 15,

LE corps de ce poisson est moins élevé par derrière que par devant: la tête est conique; le museau alongé et pointu; les lèvres épaisses; la bouche médiocrement grande, les mächoires égales, pourvues de dents fortes et longues et de deux crochets recourbés en avant; les deux supérieurs plus écartés pour recevoir ceux d'en bas dans leur interstice. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les narines sont à peine perceptibles. Les ouïes sont plus ouvertes que dans les labres proprement dits. Les pectorales, arrondies et munies de onze rayons, sont aussi placées plus bas et plus près des ventrales; ces dernieres, appuyées sur une large écaïlle et couvertes à leur base par d'autres écailles triangulaires, sont fixées au corps par une membrane. La dorsale a neufaiguiïllons qui augmentent de grandeur en avançant du côté de la queue, et onze rayons branchus très-inclinés en arrière. Cette dernière disposition existe aussi pour lanale, laquelle a douze rayons, dont trois aiguillonnés. Ces deux nageoires sont presque entièrement revêtues de larges et longues écaiïlles triangulaires; et la membrane qui soutient les rayons aïguillonnés, est découpée en pointe derrière chacun d'eux. Le lobe de la queue est fort large; la nageoïire caudale , arrondie, a quinze rayons qui sont enveloppés de chaque côté par deux très-larges écailles.

La ligne latérale, droite, ramifiée, tout-à-fait interrompue vers

la fin de la dorsale, reprend un peu plus bas, et se continue jusque sur l'écaille inférieure qui embrasse la queue: les écailles qui recouvrent toute la tête et le corps sont larges, arrondies et lâches.

Le fond de la couleur de cette cheïline est verdâtre, coupé transversalement par cinq larges bandes noiïrâtres, irrégulières, dont trois parcourent le corps et les nageoires, une le lobe de la queue, et la dernière couvre presque entièrement la nageoïre caudale. Les rayons aiguillonnés du dos et de l'anus sont verdâtres.

Longueur totale, trois pouces et demi, hauteur du corps, un pouce; épaisseur, quatre lignes.

Nous avons rapporté cette espèce des iles Sandwich. On la trouve aussi à Madagascar, où elle acquiert un plus grand développement.

Sous-GENRE GOMPHOSE. Lacép. — Æzors. Commers.; GomPHosUs. Cu.

GOMPHOSE LACÉPEDE. — Gomrnosus TricoLor. N.

Gomphosus, corpore virid ; pinms ventris, dorst, caudæ et ani flavis , pectoralibus vittà cæruleä notatis ; caudä paululim bifurcata.

Bus. D'ÉTAT PUS Me NGC: ve.

CE genre, dont Renard a donné le premier une figure incorrecte, na été bien décrit que par Commerson, qui a rapporté des mers de l'Inde et de Taïti les deux seules espèces connues jusqu'à nous, le cœæruleus et le variegatus. L'archipel des îles Sandwich nous a fourni le #ricolor et le pectoralis. W est à remarquer que ces îles, quoique très-éloïgnées de Taïti, se trouvent avoir avec elle les plus grands rapports, non-seulement par le sol, la ressemblance qu'ont entre eux leurs habitans, maïs encore par une foule de productions de la nature que les voyageurs y ont observées. Le singulier genre de poissons qui nous occupe, rare en espèces, en est un exemple.

Les gomphoses ont la tête lisse. Ce qui est remarquable en eux est le prolongement de leurs intermaxillaires et de leurs mandibulaires, en forme de tube, que Commerson a comparé à un clou, et qui a quelque ressemblance avec le boutoir d'un sanglier ou plutôt avec le bec d’un oïseau. Le gomphose Lacépède a le corps alongé, épais, un peu arqué sur le dos et davantage au-dessous du ventre. Sa tête est médiocre; le front est convexe, arrondi; on voit, en avant des yeux,

deux saïllies osseuses; le museau est arrondi à son extrémité; les mächoires sont égales, munies de dents en crochet, les antérieures un peu plus grandes que les autres; le pharynx en est aussi pourvu. Les lèvres sont épaisses, rétractiles, et une seconde espèce de lèvre surnuméraire, moins avancée et lâche, recouvre la mâchoire supérieure. L'œil est petit et rapproché des orifices des narines, qui sont doubles; l'antérieure paroît comme recouverte d'un très-petit appendice membraneux. Le sous-orbitaire présente un demi-cercle de stries rayonnées. Les opercules, membraneux, se dirigent en pointe en arrière, et se réunissent sous la gorge à l'aide d'une membrane épaisse; ils offrent, dans le haut, des stries ramifrées. Les ouïes sont serrées; nous n'avons distingué que cinq rayons à la membrane des branchiés. Les pectorales, larges, triangulaires, formées de quinze rayons, s'insèrent à la moitié de la hauteur du corps; elles correspondent aux ventrales, très-petites et pointues. La dorsale et l'anale sont peu développées: la première, moins élevée devant que derrière, a huit aïguïllons et quatorze rayons branchus; la seconde en a quatorze, dont deux épineux. Le lobe de la queue est large, comprimé, et prolongé au-delà des deux nageoires dont nous venons de parler. La caudale, légèrement échancrée, a douze rayons.

La ligne latérale, après avoir suivi la convexité du dos, s'incline brusquement vers la queue et devient horizontale. Dans son cours, elle est marquée de petites raies divergentes, dont quelques-unes sont ramifiées, principalement celles qui avoïsinent sa courbure.

Tout le corps et le dessus du front sont recouverts de larges écailles, assez serrées, membraneuses, un peu triangulaires à leur pointe et striées à leur surface; de plus petites occupent la base des nageoires du dos, de l'anus et de la queue: et une autre écaille, excessivement large, se voit au-dessus des pectorales.

Le fond de la couleur de ce gomphose est un vert bleuâtre ;

le bout du museau, l'œil, la partie antérieure du dos et toutes Voyage de l'Uranie. — ‘Zoologie. 26

les nageoires, sont d'un beau jaune ; une bande d’un bleu céleste traverse les pectorales, et deux lisérés violacés bordent la dorsale et l’anale. Les deux rayons extrêmes de la caudale sont bleuâtres. Une tache d'un bleu foncé se voit à la partie inférieure de F'aisselle, et toutes les écaïlles de ce poisson sont marquées d’une tache de la même couleur.

Ce gomphose a huit pouces de long, deux de hauteur et neuf lignes d'épaisseur. La distance de l'œil au bout du museau est d'un pouce et demi. Il provient de l'île Mowi.

Nous l'avons dédié à M. de Lacépède, au savant ichthyologiste à qui l'on doit l'établissement du genre gomphose.

GOMPHOSE COMMERSON. — GoMPHOSUS PECTORALIS.

Gomphosus, corpore nigricante ; pinnis omnibus subflavis ; pinnä dorsal

fusco maculatä; caudä subæqual.

Bip OA eNipiinte Vi (6nICMTA

CE gomphose a les plus grands rapports avec le précédent pour la forme du corps: son museau est tout aussi alongé ; maïs ses mandibules ne sont point égales, et la supérieure dépasse de beaucoup celle d'en bas. Les dents, petites et serrées, sont coniques; celles de devant, un peu plus grandes, sur-tout à la mâchoire supérieure, où l'on remarque deux crochets. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Nous n'avons point remarqué de langue, à moins que l'on ne veuille considérer comme cet organe le long repli membraneux qui occupe toute la gouttière que forme le maxillaire inférieur.

Le double repli des lèvres est semblable à celui du #rcolor. L'œil est plus petit; le sous-orbitaire et le haut de l’opercule sont couverts de stries divergentes. Les narines sont doubles. Les opercules, membraneux, pointus en arrière, touchent les pectorales et

vont se réunir sous la gorge. La ligne du front est surbaissée et un peu carénée. Les pectorales, larges, subtriangulaires, sont formées de quatorze rayons; les ventrales sont petites et pointues : la nageoire dorsale a huit rayons épineux et quatorze rameux; les premiers, accompagnés d'une pointe membraneuse, sont plus élevés que les seconds : l'anale a deux rayons épineux et douze articulés. Ces deux nageoires paroïssent plus larges que dans l'espèce précédente ; elles sont recouvertes d'écailles à leur base. La caudale, élargie et droite, est composée de quatorze rayons. La ligne latérale. est presque droîte jusqu'à l'endroit de sa courbure : chacun de ses points est formé de trois ramifications. Les écailles de ce gomphose sont larges, assez serrées, membraneuses sur leur bord et striées à leur milieu; une, très-large, surmonte les pectorales, et de trèsalongées recouvrent la base de la caudale. La couleur générale du corps est un brun très-foncé, tandis que les nageoires sont d'un jaune très-clair, les pectorales exceptées, dont le limbe seul est de cette dernière couleur. Le premier et le dernier rayon de la caudale sont bruns, de même que la base de la dorsale et de l’anale. De plus, on remarque trois ou quatre taches brunes sur cette dernière nageoiïre, et une tache noire au-dedans de f'aisselle. L'œil est blanchâtre.

Longueur, sept pouces et demi; hauteur, vingt lignes; épaisseur, huit lignes; distance de l'œil au bout du museau, un pouce et demi.

I provient des mêmes lieux que le précédent.

Nous avons dédié ce gomphose à la mémoire du célèbre Commerson.

GENRE RASON. — XyrIcHTAYSs. Cuv.

Fo RASON LÉCLUSE. — Xyricuryxs LECLUSE. N.

PLANCHE 65, fig. 1.

Xyrichthys roseus; spinis pinnæ dorsalis novem ; lineà lateral duobus puncts cœrulers utrinque intermissä ; caudà subrotundä.

B. SD. RP UT TIME ANS CM r2;

LA forme de ce poisson est alongée, très-comprimée sur les côtés, presque sans courbure au dos ni au ventre. Le front va en s'arrondissant jusqu'au museau. Les lèvres sont charnues; les mâchoires égales, protractiles, garnïes de plusieurs rangées de dents coniques. Quatre forts crochets font saillie en avant ; les deux d'en bas sont reçus dans l'écartement de ceux d'en haut. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les joues sont lisses ; et l'opercule, arrondi, se termine en haut par une pointe obtuse. L'œil est rouge et placé au sommet de la tête. La partie supérieure du corps est légèrement rosée; l'inférieure, d'un blanc bleuâtre, aïnsi que la tête. Une teinte de la première couleur se fait remarquer sur le bord de la nageoiïre d'en haut et à l'extrémité de la caudale. L’anale est rougeâtre. Deux points bleu d’outremer, peu éloïgnés l’un de l'autre, se voient aux deux côtés de la ligne latérale, laquelle est trèsprès du dos, et interrompue avant de se terminer à la queue.

La nageoire dorsale, uniforme dans son étendue, a neuf aïguillons peu saïllans et quatorze rayons articulés; les pectorales, onze ; la caudale, qui est légèrement arrondie, douze; et l'anale, seize, dont les deux premierssont épineux. Les ventrales, peu développées,

sont retenues à l'abdomen par une membrane; leur premier rayon est aiguillonné et court. Les écailles sont petites et arrondies. Ce poisson a six pouces de longueur, sur un peu plus d'un et demi de hauteur. Nous l'avons rapporté de île Owhyhi. M. Taunay en fait une esquisse sur le vivant.

Nous l'avons dédié à la mémoire de M. de Lécluse, chirurgien de la marine, mort de la frèvre jaune.

GENRE CHROMIS. — Caromrs. Cuv.

CHROMIS DU BRÉSIL. — Caromis BRASILIENSIS. N.

Chromis, spinis dorsalibus guindecim ; maculä nigrä in utroque latere ; caudä rotundä, punctis conspersä.

Bis DE NP HrA AT NC A6:

CE poisson a le dos arrondi, la tête grosse, le front élevé, le museau obtus, la bouche placée bas, petite, les lèvres et les intermaxillaires protractiles; les mâchoires égales, munies d'une rangée de petites dents en crochet, derrière lesquelles en sont d'autres en carde, il y en a aussi aux os pharyngiens. Nous n'avons pu trouver qu'une ouverture à chaque narine.

Les pectorales sont larges, pointues, formées de quatorze rayons. Le deuxième rayon des ventrales, filiforme, atteint jusqu'à la nageoire de l'anus; cette dernière se prolonge en pointe en arrière, et a douze rayons, dont trois aiguillonnés. La dorsale à quinze épines et douze rayons mous : sa partie postérieure se prolonge aussi en arriere ; elle offre cela de particulier que chaque aïguïllon est accompagné d'une petite pointe membraneuse.

Les écaïlles sont arrondies, serrées, un peu bombées; la ligne latérale, courbée d'abord, s'interrompt brusquement vers la queue pour reparoître ensuite plus bas. La couleur générale de ce chromis est jaunâtre. Une large tache noire est empreinte sur chaque flanc. Le museau est brun ; des taches de cette couleur se voient au limbe de la dorsale, des pectorales et de l’anale. Ces deux dernières sont ponctuées ; mais Cest sur-tout à la queue que cette

moucheture a le plus de régularité ; car là les points décrivent des lignes demi-circulaires, comme le contour de cette nageoire. Longueur, cinq pouces; hauteur, dix-huit lignes; épaisseur, sept lignes.

Nous avons pris cette espèce dans la baie de Rio de Janeiro.

GENRE SCARE. — SCARUS. Linn.

SCARE DE VAIGIOU. — Scarus valGiENsis. N.

Scarus , corpore elongato; capite compresso; prnnä dorsal undengint:

radis ; caudà lunatä.

Bas DO P 012 VE CA Tec NC MTA

CE petit scare a le corps effilé, le dos peu élevé, la nageoïre dorsale haute, la tête alongée, le front aplati, le museau arrondi, obtus, les dents peu saïllantes, les yeux jaunes.

Les pectorales sont petites, arrondies, de même que la caudale; les premières ont douze rayons et la dernière quatorze. La dorsale en a dix-neuf, tous très-flexibles ; et l'anale, dix.

La tête et le corps sont couverts de larges écailles subtrian- “gulaires ; celles qui embrassent le lobe de la queue sont beaucoup plus alongées. La ligne latérale est ramifiée et interrompue vers sa fn.

La couleur de ce poisson est verdâtre, avec une large tache brune sur le front; le corps est tacheté de brun-rougeâtre, de même que la nageoire de l'anus. La caudale et la dorsale sont vert de mer.

Sa longueur est de troïs pouces cinq lignes; sa hauteur, de dix lignes; et son épaisseur, de quatre.

Nous l'avons rapporté de l'île Vaigiou.

SCARE A DENTS ÉPINEUSES. — SCARUS SPINIDENS.

“ CATus , capite crasso; dentibus spinosis ; ventre prominenti; caudâ rotundé.

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