‹ ZoologieChapitre 56 sur 67 · LANGOUSTE BORDÉE. — PALINURUS MARGINATUS. N · texte numérisé non relu

LANGOUSTE BORDÉE. — PALINURUS MARGINATUS. N

Palinurus birostratus ; pedibus cyaneis albo maculatis ; segmentis abdominalibus violaceis flavo marginatis.

CE crustacé a le corselet brun, couvert de petites aspérités et d'aiguillons, dont deux plus considérables sont dirigés en devant; dans leur intervalle on en voit quatre plus petits. Les antennes, d'un rouge violacé à leur base, sont aussi, dans cette partie, armées de fortes épines; elles sont jaunâtres et couvertes d’aspérités dans le reste de leur longueur. Les antennules, bifurquées, très-longues et verdâtres, ont des taches rougeâtres aux articulations.

Les pattes sont bleu de ciel tacheté de blanc et velues à leur extrémité. Un beau violet bordé de jaune colore les anneaux de la queue; le crochet qui les termine de chaque côté est rougeätre à la pointe. Les cinq plaques de la nageoïre de la queue sont verdâtres, avec du jaune au milieu. Leur limbe est denticulé et bordé d'une bandelette noire avec un liséré blanc.

Cette langouste, qui vient des îles Sandwich, a été dessinée par M. Taunay.

Voyage de l’Uranie. — Zoologie. 68

GENRE PHYLLOSOME. — PayrzrosomA. Leach.

PHYLLOSOME AUSTRAL. -— PHyLLoSsoMA AUSTRALE. N.

PLANCHE 82, fig. 1.

Phyllosoma , corpore amplo hyalino , parte inferiore cordiformt ; anten-

ns externts , latis, brevibus bifidisque ; pedibus indivisis.

« LE corps des phyllosomes, dit M. Latreïlle, aïnsi que l'indique l'étymologie | feuille -corps |, n'a pas plus d'épaisseur qu'une feuille de papier à écrire, et se présente sous l'aspect d'une membrane très-mince, demi-diaphane, imitant par ses découpures une feuille divisée longitudinalement, au-delà d'un pétiole court et dentelé sur ses bords, en deux lobes inégaux. Le lobe terminal, beaucoup plus grand que le premier, forme la tête; ses appendices constituent les yeux et les antennes; l’autre lobe compose le tronc, et de son contour un peu anguleux partent des filets qui sont les pattes. Parmi les animaux, il n'en est guère qui nous offrent une figure aussi bizarre.

» La tête, presque deux fois plus longue que le corps, mais un peu plus étroite, a dans le plus grand nombre la coupe d’une ellipse ou d'un ovale parfait; à son extrémité antérieure sont

> situés les yeux et les quatre antennes. Les yeux occupent le milieu

et sont portés sur un pédicule long, grêle et divisé en deux articles; le dernier est un peu plus gros, et forme un bouton abconique, terminé par l'œil proprement dit.

» Les antennes ne paroïissent composées que de cinq articles; elles sont plus courtes que les pédicules oculaires et divisées en deux filets.

» La bouche est située entre le milieu de la tête et celuï de son » extrémité postérieure, vers les deux tiers de la longueur de la » ligne médiane. Elle n'offre au premier coup d'œil qu'un petit » groupe de tubercules ou mamelons disposés en rosettes; mais » en les étudiant avec une forte loupe, on voit que ses parties sont » les analogues de celles de la bouche des squilles.

» La queue est composée de cinq anneaux et d'une nageoire » terminale qui consiste en cinq lames ou feuillets. Chaque anneau » précédent a en dessous une paire .de fausses pattes ou de pieds » en nageoire. » ({ Nouv. Dictionn. d'hist. nat. 2° édit., tom. 26, pag. 33.) .

Ces crustacés présentent, outre cela, diverses anomalies relativement au nombre et à la forme de leurs pattes; le plus ordinairement ils en ont douze, quelquefois quatorze. Elles diffèrent aussi pour la longueur chez le même individu. Elles sont simples dans les uns, bifides dans les autres; c'est-à-dire que, sur un point de leur continuité, il part une sorte de patte secondaire moitié aussi longue que celle qui lui donne naïssance. Enfin, les unes sont terminées par des faisceaux de poils, et d’autres finissent en crochet. Rien n'est fixe à cet égard. Le corps a de même ses différences: quoïque moins sensibles, elles suffisent cependant pour caractériser les espèces.

Le corps de notre phyllosome a plus d'un pouce et demi de largeur; ïl en a troïs des yeux à l'extrémité de la queue, et près de cinq, les pattes étendues. Par sa grandeur et par sa forme en cœur renversé, il diffère de ceux qui sont connus. Les antennes extérieures sont courtes, larges, bifides: les internes, composées de quatre articles, sont divisées aussi à leur extrémité. Toutes ont moins de longueur que les pédicules oculaires, qui les dépassent de beaucoup.

La bouche, occupant le lobe inférieur du corps, est munie de quatre palpes, dont les deux extérieurs, crochus, sont très-visibles:

s4o VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

on a besoin d'une loupe pour distinguer les plus petits, qui imitent les grosses pinces des crabes. Les pattes sont terminées en pinceau. A l'aide de la dessiccation, on voit dans l'intérieur du corps les deux faisceaux musculaires qui les meuvent; disposition que le peintre a copiée, et qui ne se voit point dans l'état frais.

M. Leach a décrit un phyllosome sous le nom de /arges-cornes. Comme ce caractère est aussi commun au nôtre, nous ne savons pas jusquà quel point il peut ressembler à celui du naturaliste anglais. Notre espèce paroît beaucoup se rapprocher du cancer cassideus que J. R. Forster a trouvé dans la mer des Indes. C'est à ce naturaliste qu'appartient réellement la découverte de ce singulier genre de crustacés. que, fort long-temps après, M. Leach a établi sous le nom de phyllosome.

Ï a été pris dans le grand Océan.

ZOOLOGIE. s41

GENRE CHONDRACANTEHE".-CHONDRACANTAHUS. Delaroche.

CHONDRACANTHE LISSE. — CHoNDRACANTHUS LEVIS. N.

PLANCHE 86, fig. 10.

Chondracanthus , collo exil, longo ; ventre globoso, ovifero; appen-

dicibus duabus cylindricis.

CET animal a la tête et le thorax réunis en un renflement, dans lequel un examen qui na pu qu'être fait assez superficiellement sur le vivant, nous a fait apercevoir deux griffes qui servent à fixer cet être parasite sur le corps des poissons. Son cou est grêle, alongé; il se termine inférieurement par une ampoule arrondie , de laquelle partent deux tubes cylindriques de longueur inégale, coupés net, et ouverts par le bout. À leur réunion avec l'ampoule, qui est l'abdomen, existe un paquet d'œufs ronds amoncelés. En pressant les deux tubes, il en sortoit aussi des œufs semblables à ceux qui se montroiïent à l'extérieur.

Deux de ces chondracanthes étoïent placés sous la gorge d’un gade du Cap de Bonne-Espérance ; chacun s’y étoit creusé un trou dans lequel le renflement thoracique étoit entièrement contenu. Leur couleur étoit d’un jaune brun.

2: Nous plaçons, à la fin des crustacés, une nouvelle espèce du genre des chondracanthes, animaux que MM. Cuvier et Blainville considèrent comme trés-voisins des caliges,

s42 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

SECTION IL

Des Arachnides et des Insectes.

PLusIEuRs des pays que nous avons parcourus sont riches en insectes : le Brésil sur-tout plus qu'aucun autre. Maïs on s'est tellement livré à ce genre de recherches, qu'il reste aujourd'hui peu d'espèces à décrire parmi celles qui vivent sur le littoral de cette contrée. Ce nest vraiment qu'aux voyageurs qui pénètrent fort avant dans l'intérieur, qu'il est donné de faire de nouvelles découvertes dans cette classe d'êtres. “A. 9:

Nous n'avons rencontré, à proprement parler, que deux endroits qui nous aient mis à portée de faire une récolte, aussi ample que belle, d'insectes de toute espèce; ce sont les îles des Papous et le Port-Jackson. Le premier lieu, placé directement sous l'équateur, se prétoit merveilleusement, par la nature de son sol tout-à-lafois humide et montueux et recouvert d’une épaisse végétation , à la génération de ces animaux. Les lépidoptères sur-tout y sont d'une beauté admirable, et pour la plupart inconnus aux naturalistes. Les espèces que nous donnons, conservées par hasard dans des boîtes séparées, attesteront ce qu'eût offert le résultat de nos recherches, si la collection entière n'eût pas été ensevelie sous les eaux lors de notre naufrage.

Rawak, Boni, Vaiïgiou, sont en général pauvres en coléoptères ; quoique les cétoines, les cicindèles, &c. qu'on y trouve, soient trèsbelles. À l'exception du rhynchène doryphore, nous ny avons presque pas remarqué d’autres individus de la famille des charansons, tandis qu'elle est si nombreuse au Brésil. Parmi les cicadaires, il s'en trouve une grosse espèce assez commune, qui fait retentir les

forêts de son bruit aigu et monotone: il est si fort qu'on l'entend même de la rade.

Au Port-Jackson, notre voyage au-delà des Montagnes-bleues nous avoit procuré des espèces très-remarquables de coléoptères, de tipules, de sauterelles et de papillons proprement dits; et même, dans les lépidoptères nocturnes et les crépusculaires, nous aurions pu ajouter aux richesses si importantes rapportées de ce pays par nos devanciers, si cette collection n'eût pas eu, ainsi que celles que nous avions réunies dans d’autres lieux, le sort de la précédente.

Timor recèle aussi de très-beaux insectes que l'expédition du capitaine Baudin a dû faire connoître. Ils sont en petit nombreet peu brillans aux Mariannes, où il n “existe presque pas de coléopteres; encore plus rares aux Sandwich : ïl faut aller sur les montagnes et dans les lieux humides pour .y apercevoir quelques papillons. Sur le bord de la mer, on trouve des fourmilions et de grands sphinx grisâtres, avec lesquels les enfans s'amusent, en leur attachant à la trompe un long filament délié qu'ils prennent sur une plante rampante. Is nous les apportoient aïnsi voltigeant.

Les îles Malouines sont le pays le plus dépourvu d'insectes qu'on puisse rencontrer. Deux espèces de charansons, un staphylin, sont les seuls individus que nous ayons pu en rapporter; et comme, à l'époque de l'automne où nous y étions, la température étoit fraîche, nous fûmes surpris de la longue conservation des substances animales exposées à l'air, et dans lesquelles nous ne trouvions jamais de larves d'insectes. *

GENRE ARAIGNÉE. — AR4NEA. Linn.

Sous-GENRE ÉPÉIRE! Walck.

ARAIGNÉE NOTACANTHE. — ARANEA NOTACANTHA. NN. PLANCHE 82, fig. 6, 7 et 8.

Aranea pallide fusca ; abdomine subcordiformi; maculs ocellatis marginalibus ; dorso turriculato.

IL semble que tout ce qui vient de la Nouvelle-Hollande doive affecter, jusque dans les plus petites choses, des formes extraordinaires et bizarres, dont on ne retrouve pas les analogues dans d’autres contrées. Le simple insecte qui va nous occuper en fournit une nouvelle preuve; car, unique dans son espèce, il porte sur sa partie postérieure un long tube cylindrique surmonté de deux yeux.

Cette araignée est coriace, de couleur roussâtre tirant sur le jaune. Son corselet, presque quadrilatère , offre par devant, sur un tubercule , quatre yeux placés carrément, les deux supérieurs plus gros ; latéralement et un peu en bas s'en trouvent deux autres. Le corps est revêtu ou plutôt formé d’un écusson subcordiforme, libre dans son contour, finissant en pointe en arrière, où sont les filières. C'est deson milieu que s'élève l'aiguïllon qui caractérise cette aranéide, et au bout duquel, comme nous venons de le dire, est située la quatrième paire d'yeux. La surface de cette . espèce de carapace est parsemée de lunules et de taches carrées symétriques, marquées d'un point noir au milieu.

Les pattes, dans leur dimension, affectent l'ordre suivant : les dernières sont les plus longues, ensuite Îles premières, puis viennent les secondes et les troisièmes.

ZOOLOGIE. s4s

Nous l'avons trouvée dans une petite île de la rade de Sydney, au Port-Jackson. Elle étoit au milieu d’une toile irrégulière fixée à des arbustes, et fit la morte lorsque nous la prîmes.

Ne possédant qu'un seul individu, nous n'avons pas pu nous assurer si cette espèce est réellement du sous-genre épéire de M. Walckenaer.

Afin de la mieux faire voir, le dessinateur l'a placée la tête en bas. À côté sont ses détails. .

Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 6)

GENRE FAUCHEUR. — Pxazancium. Linn. Fabr.

FAUCHEUR ACANTHOPE. — PHALANGIUM ACANTHOPUS. N.

PLANCHE 82, fig. 2, le mâle; fig. 3, la femelle.

Phalangium , corpore fusco triangulari; femoribus posucis dentatis aculeatisque; abdomine Spinis duabus posticis furcatis.

CES deux faucheurs proviennent du Brésil. Hs vivent en commun, car nous les avons trouvés réunis dans un trou en terre, tapissé d'un tissu serré, sur l'aqueduc de la montagne du Corcovado. Nous supposons que le plus gros est le mâle. Ils sont bien moins vifs et moins agiles que les faucheurs d'Europe. Nous croyons nous rappeler que lorsque nous nous en emparämes, ils laïssèrent échapper une liqueur blanche par leur partie postérieure.

Ces animaux, très-coriaces, sont bruns; leur corps est triangulaire, élargi en arrière. Le dos présente un écusson qui suit à-peu-près la forme du corps. Au-dessus des yeux s'élèvent deux petites pointes. Plus en arrière on en voit deux autres plus grandes.

De chaque côté de l'abdomen et en dessus, part un trés-long aiguillon dirigé horizontalement et bifurqué à son extrémité. Inférieurement sen trouve un autre plus petit. C'est entre eux deux que naissent les deux dernieres pattes, beaucoup plus grandes et plus fortes que les antérieures, desquelles elles sont séparées par un espace assez étendu. Leur surface est recouverte de plusieurs rangées de fortes épines. Près de leur origine, une pointe plus saillante se dirige en dedans.

Les côtés et le dessous du ventre sont lisses. Les six pattes antérieures sont très-rapprochées. De ces dernières, c’est la seconde

ZOOLOGIE. s47 paire qui a le plus d'étendue, puis la troisième, et enfin la première. Les palpes sont très-développés.

L'individu n.° 3, que nous croyons être la femelle, est plus petit ; ses pattes de derrière sont aussi moïns épineuses, et à leur origine on ne voit pas en dessous l'aiguïllon qui existe dans celui que nous venons de décrire.

M. Kirby a tiré des phalangium, un genre qu'il a nommé gonyleptes, dont une espèce, g. horridus, approche de celle que nous donnons ici. Elle paroît cependant en différer par le dos, qui est plus lisse, par les aïguillons de la partie postérieure, qui ne sont pas bifurqués, et par des lignes rouges dont la nôtre est dépourvue. { Voyez les Transactions de la société Linnéenne, vol. 12.) |

Le Brésil fournit plusieurs espèces de faucheurs. Sous les voûtes humides et sombres de l'aqueduc du Corcovado, qui parcourt la montagne de ce nom, nous en vîmes une qui a le corps petit, arrondi, et les pattes excessivement longues et résistantes; jamais elles ne se brisoïent ni ne se séparoïent lorsque nous prenions ces animaux.

Nous en avons aussi trouvé dans les grands bois, sur les arbres, de triangulaires, verdâtres, avec des épines à la partie postérieure de leur corps, de la base desquelles ïls laissoïent échapper une humeur blanche comme du lait.

GENRE CÉTOINE. — CETONI4A. Fabr.

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