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CÉTOINE DEUX-BANDES. — CETONIA BIFASCIATA. N

PLANCHE 82, fig. 5.

Cetonia viridissima; elytris fasciis duabus nigris transversis ; clypeo

bifido.

On doit cette belle cétoine à M. Arago, qui a bien voulu la mettre dans les collections de l'expédition. Elle provient de l'île Vaigiou. Elle a seïze lignes de longueur sur six de large. Son corps est alongé. L'abdomen dépasse les élytres, qui sont arrondis à leur extrémité et presque aplatis en dessus.

Le fond de la couleur est d’un beau vert velouté, avec de légers reflets dorés. Le dos est traversé par deux bandes noires un peu arquées. La première touche au corselet, et l’inférieure occupe le milieu des élytres. Le chaperon est bifide. |

ZOOLOGIE. s49

GENRE CHARANSON. — Curcuzio. Linn. Fabr.

CHARANSON GALONNÉ. — CurCULIO LEMNISCATUS. N.

PLANCHE 82, fig. 4.

Curculo brevirostris, æneo-fuscus ; femoribus simplicibus ; thoracis late-

ribus elytrisque albo longitrorsüm lineatis.

CE charanson, dont les couleurs sont "peu brillantes, a été recueïlli par M. Gaudichaud sur les sables de la baïe des Chiens- Marins. Il a neuf lignes dans son plus grand diamètre. Son corps est ovale-oblong, convexe, d'un brun avec des reflets bronzés, plus sensibles sur le dos. La trompe est courte et large. Le corselet s'élargit vers le milieu de ses côtés, qui sont marqués d'une ligne longitudinale blanche. Les élytres sont rayés, sur toute leur surface, de a même manière; les intervalles des lignes sont un peu élevés. On observe aussi, sur les flancs, des points de la même couleur et dispo-

sés en lignes.

GENRE RHYNCHÈNE. — RaynNcxænNus. Fabr.

RHYNCHÈNE DORYPHORE. — RHYNCHŒNUS DORYPHORUS. N.

PLANCHE 82, fig. 9 et 10.

Rhynchænus niger; pectore subtus bispinoso ; elytris lines sex, albis, longitudinalibus.

CET insecte provient des îles des Papous : nous le trouvâmes à Rawak, en petites troupes, courant et sautant au soleïl avec beaucoup d’agilité ;.ce qui nous étonna, parce que ses pieds postérieurs ne semblent point propres à cette faculté.

Le corps de ce rhynchène a un peu plus de six lignes de longueur. Les déux premières pattes de devant, très-longues, en occupent plus de treize lorsquelles sont étendues. La tête est ronde, les yeux gros ; la trompe qui en part est recourbée légèrement, aplatie, et aussi longue que les élytres. Le corselet, arrondi, est marqué de cinq lignes blanches longitudinales, dont il ne paroît que trois dans le dessin : il présente en devant de la poitrine deux pointes saïllantes et recourbées, d'où l'insecte tire son caractère spécifique.

Le dos, arrondi, est marqué en long de six lignes blanches, les deux du milieu plus rapprochées. Les élytres dépassent l'abdomen, qui est renflé au milieu , et comme tronqué en arrière, endroit où l’on remarque cinq lignes blanches transversales et rapprochées. Les côtés ont aussi des taches de cette même teinte. Le fond de la couleur générale est noir, de même que les pattes et la trompe.

I est représenté de grandeur naturelle, et grossi.

GENRE PAPILLON *. — PaArrzio. Latr.

PAPILLON PRIAM, var. — PapiLio PRIAMUS.

PapiLiO E. T. PRIAMUS. Linn. Syse. nat. edit. 12, tom. 2, p.744,n.° 1. PapiriO E. T. PANTHOÜS. /bid, pag. 748, n° 17.

PLANCHE 83, fig. 3.

Papilio, als subdentatis, maris viridibus, margine institisque atris; fæeminæ, fuscis, albido maculatis.

Le mâle et la femelle de ce papillon diffèrent tellement lun de l'autre , sous le rapport des couleurs, que presque tous les auteurs en ont fait deux espèces séparées. |

Le mâle ou le priamus proprement dit de Linné, a environ six pouces et demi d'envergure. Ses premières aïles sont ovales, entières, d'un noir mat et velouté en dessus, avec deux bandes arquées d'un vert doré. La bande supérieure suit le contour de la côte ou bord d'en haut. La bande inférieure longe le bord d'en bas , ainsi que la plus grande partie du bord postérieur, et elle a le milieu de son côté interne avoisiné par une tache brune, grande, disposée longitudinalement. Les secondes aïles sont arrondies, un peu dentelées, d’un vert doré en dessus, avec la tranche du bord postérieur très-noire et précédée d’un rang de quatre taches orbiculaires de cette dernière couleur. On y voit en outre trois taches orangées, luisantes, dont une plus grande vers le milieu du bord antérieur; les deux autres placées entre les taches noires susdites et le milieu du bord terminal.

Le dessous des premières aïles est d'un vert doré, avec les

* L'auteur de l'ouvrage sur les papillons de France, M. Godart, a bien voulu décrire Îe petit nombre d’espèces nouvelles de Iépidoptères que nous avons rapportées.

s52 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

bords, les nervures, une raïe transverse et maculaire, très-noirs. Le dessous des secondes aïles ne diffère du dessus que parce que les taches noires orbiculaires y sont plus grandes et ordinairement au nombre de sept. Le bord interne de ces mêmes aïles est garni de poils soyeux d'un. brun jaunâtre.

La tête, les antennes, les pattes, le corselet et la poitrine sont noirs, et l'abdomen est d'un beau jaune, tant en dessus qu'en dessous. Le milieu du corselet offre trois taches vertes, et il y a sur chaque côté de la poitrine des taches d'un rouge cinabre.

La femelle, que Linné a nommée panthoüs, est d'environ un pouce plus grande que le mâle, auquel elle ressemble parla couleur de l'abdomen et des taches de la poitrine. Ses aïles, dont le dessous est plus gai que le dessus, sont d’un brun noïrâtre, avec l'extrémité plus foncée. Les premières ont de part et d'autre, entre le milieu et le bord terminal, une bande transverse de taches blanchâtres inégales, interrompues ou échancrées, à l'exception des trois supérieures qui sont presque en fer de flèche. Les secondes aïles offrent, sur la partie correspondante, une rangée également transverse de six taches blanchätres , grandes, en forme de coin , sablées de brun jaunâtre en arrière, et marquées chacune, sur leur milieu, d'une tache noire orbiculaire, ou un peu cordiforme: Outre cela, les échancrures de ces aïles sont d’un blanc jaunâtre, et les aïles de devant ont un liséré interrompu de cette couleur.

Tels sont ordinairement, aux Moluques, les deux sexes du papillon priam.

Nous avons rapporté de file Rawak un mâle un peu plus petit, et qui se distingue des autres par une ligne verte rameuse, disposée longitudinalement sur le milieu de la surface supérieure des premières ailes. Cet individu étoit accompagné d'une femelle qui forme aussi variété, en ce qu’elle a une grande tache blanchâtre sur le disque des premières aïles, et en ce que les taches de ses secondes ailes sont réunies.

ZOOLOGIE. : s 53 Dans la très-petite île où nous rencontrâmes le priam, les mâles étoïent séparés des femelles, dans un lieu sombre, frais et touflu, au pied de la petite montagne qui est à gauche en entrant dans la rade. Ils voloïent rarement et se tenoïent cachés sous les feuilles des arbres. Les femelles, au contraire, beaucoup plus grandes, fréquentoient les taillis où le soleil dardoit ses rayons ; elles s'embarrassoient dans l'épaisseur de cette vigoureuse végétation, et il étoit facile de s'en emparer, même avec la main: aussi prîmes-nous un grand nombre des uns et des autres. Ils ont tous été perdus, à l'exception d'un seul, qui appartenoit à l'un de nous. Ces papillons sont encore assez chers dans le commerce : à notre arrivée au Havre, on nous offrit 30 francs de l'unique individu qui nous restoit, et qui a été déposé au Muséum.

Voyage de l'Uranie. — Zoologie. 70

GENRE DANAÏDE. — Danaïs. Latr.

DANAÏDE ELEUTHO. — Danaïs ELEUTHO.

Latreille et Godart, Encycl. méth. tom. 9, partie 2.°, supplément.

PLANCHE 83, fig. 2.

Danaïs , als repandes, fuscis, fasciä maculart punctisque marginalibus

albis.

CETTE danaïde se distingue de ses analogues par la concavité du bord postérieur des premières aïles, et par les sinus du bord correspondant des secondes.

Elle a environ trois pouces d'envergure. Le dessus des aïles est d'un brun noiïrâtre, avec une bande maculaire postérieure, et des points marginaux, blancs. La bande des premières aïles n'atteint pas la côte; celle des secondes est échancrée sur les côtés et dans son milieu. Le dessous ressemble au dessus, maïs ïl est plus pâle; la bande des premières ailes est plus longue, et le disque des secondes offre trois petits points violâtres. Le corps est brun , avec des points blancs sur la poitrine. Les antennes sont noires. :

Elle habite l'île Guam. Nous n'avons rapporté que des mâles: ils ont aux aïles supérieures, comme plusieurs de leurs congénères, une raie longitudinale plus claire que le fond.

Ce papillon est très-répandu aux Mariannes ; on doit même le considérer comme l'espèce la plus commune. I se plaît sur les fleurs d’un petit arbrisseau qui croît sur les bords de la mer et forme des buissons touffus.

Il existe à l'Ile-de-France une danaïde qui ressemble beaucoup à celle-ci, si ce n'est pas la même espèce. On la trouve, en assez

grand nombre, par-tout où croît le veloutier, sur-tout lorsque cet arbre est en fleur.

DANAÏDE EUNICE. — Danaïs EUNICE.

Latreille et Godart, Encycl. méth. tom. 9, part. 1., pag. 177, n.° 2.

PLANCHE 83, fig. 1.

Danaïs , als integris, fuscis, violaceo-micantibus , anticarum utrinquè maculà medià cyaneä omntumque punctis apicalibus cæruleis aut albis.

ELLE a environ trois pouces et demi d'envergure. Le mâle a le dessus des aïles d'un brun noiïrätre à reflet violet, avec une rangée courbe et plus ou moins longue de points bleus sur le bord postérieur , lequel a un petit liséré blanc interrompu. Les premières ailes, dont le bord interne est fortement arqué, offrent vers le milieu de ce bord une tache azurée, orbiculaire, et sur le milieu de la côte un point semblable à ceux dont ïl vient d'être question. Tous ces caractères se répètent en dessous; mais le fond y a moins d'intensité, et les points du bord postérieur y forment deux rangées. Le corps est de la couleur des aïles, avec des points blancs sur la tête, la poitrine et le devant du corselet. Les antennes sont noires, avec la sommité ferrugineuse.

La femelle se distingue du mâle, en ce qu'elle a le bord interne des premières ailes droit, et les points du bord postérieur des quatre, blancs, au lieu de les avoir bleus.

Cette espèce habite Java et les îles Mariannes.

Les individus pris dans l'ile Guam ont constamment la tache orbiculaire des premieres aïles plus grande que ceux qui habitent l'île de Java.

Ce lépidoptère, le plus beau de l'île Guam, n'y est pas trèscommun. Îl est facile à prendre, et, dans le repos, ses aïles sont plus souvent étendues horizontalement que relevées.

nes ARGYNNE. — Arcynnis. Latr.

ARGYNNE ÉGESTINE. — ARGYNNIS EGESTINA.

Latreïlle et Godart, ÆEncycl. méth. 1om. 9, suppl.

PLANCHE 83, fig. 4.

Argynms, als suprà basi fulvis, apice nigris; posticis extus subcaudatis, subtus nitidè glaucis, Strigä ocellorum.

CE papillon, du genre argynne de M. Latreïlle, a près de deux pouces, les aïles étendues. Le dessus de ses quatre aïles est fauve depuis la base jusqu'au milieu, ensuite noir jusqu'au bout.

Le dessous des ailes supérieures est jaunâtre et sans taches vers le bord interne, brun vers le bord antérieur, avec la base verdatre et coupée transversalement par quatre traits noirs, et le milieu marqué d'une petite bande verdätre peu prononcée.

Le dessous des secondes.aïles est d’un vert blanchâtre, luisant , avec une rangée transverse de cinq yeux noirs à iris roux sur le milieu, et un double cordon de lunules nacrées le long du bord postérieur. |

Le corps est noirâtre en dessus, jaunâtre en dessous. Les antennes sont ferrugineuses ou couleur de rouille.

Nous l’avons rapporté de l'île Guam.

ZOOLOGIE. s57

GENRE NYMPHALE. — er Latr.

La

NYMPHALE ACILIA., — NymPHaALIS ACILIA.

Latreille et Godart, Æncyc/, méth. tom. 9, 2.° part. pag. 378, n.° 94.

PLANCHE 83, fig. 5.

Nymphals, als dentatis, fuscis, strigis grises, fasaä communt albä, serieque posticä ocellorum cæcorum.

ELLE a environ deux pouces et demi d'envergure. Le dessus de ses aïles est d’un brun noirûtre, avec une bande blanche, commune, large, oblique, centrale, précédée et suivie de plusieurs lignes grisâtres, transversales. Entre les lignes de l'extrémité, ül ya une série d'yeux noirs sans prunelles, et ayant pour la plupart un iris roussâtre. Indépendamment de cela, l'angle anal ou interne des ailes inférieures offre un espace fauve dans lequel se perd la bande blanche susdite.

Le dessous ne diffère du dessus que parce que les lignes transversales sont blanchätres au lieu d'être grises.

Cette nymphale a été décrite d’après un individu unique pris dans l'ile Rawak.

PR d

GENRE CALLIMORPHE. — CazzrmorPH4A. Latr.

——— E] CALLIMORPHE REQUIN. — CazLiIMoRPHA RAWAKENSIs. N.

PLANCHE 83, fig. 6.

Callimorpha, als integerrimis, atris, violaceo-submicantibus ; anticis suprà maculà baseos fasciäque medià coccineis ; posticis utrinquè extimo aurantio punctorum miprorum serie.

ELLE a un peu plus de deux pouces et demi d'envergure. Ses ailes sont d'un noir foncé et chatoyant en violet. Le dessus des supérieures offre à la naïssance du bord interne une tache longitudinale, et au milieu de la surface une bande transverse, d’un rouge écarlate. Leur dessous ne diffère du dessus que parce que la tache rouge de la base est remplacée par du bleu luisant. Les ailes inférieures sont terminées de part et d'autre par une large bande orangée, sur le côté externe de laquelle sont alignés six points noirs, dont le troisième et le sixième, à compter d'en haut, plus grands. Outre cela, la base de ces ailes est rayonnée de bleu luisant en dessous. Le corps est noir, glacé de bleu, avec le milieu du corselet et l'anus roussâtres. Les antennes sont noires.

Ce beau papillon, décrit d'après un sujet mâle et unique, a été rapporté de l'ile Rawak. Nous le dédions à M. Requin, commis aux revues de l'expédition.

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