‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 36 sur 96 · SOUS-CLASSE DES CHÉLONOCHAMPSIENS · texte numérisé non relu

SOUS-CLASSE DES CHÉLONOCHAMPSIENS

Reptiles écailleux à narines ordinairement ouvertes dans le même orifice osseux, à ventricules du cœur incomplètement réunis, à poumons formés par une réticule assez compliquée de canaux aériens, à pénis non dédoublé, sillonné en dessous et comme hypospadié.

Cette sous-classe se partage en deux ordres : les Chéloniens, ou Tortues de diverses sortes, et les Crocodiliens , ou Crocodiles.

Ordre des Chéloniens.

La forme extérieure des Chéloniens, aussi bien que les dispositions anatomiques de leurs principaux organes, les font aisément distinguer des autres animaux, et il n’est personne qui ne les reconnaisse à la première vue, quelques différences que présentent entre elles leurs principales espèces.

Tous les Chéloniens sont quadrupèdes, et leur corps écourté, discoïdal et plus ou moins bombé, est protégé par une carapace osseuse qui résulte de la fusion du dermato-squelette avec une partie du squelette proprement dit. Cette carapace forme une sorte de boîte ouverte en avant et en arrière pour la sortie de la tête et du cou, ainsi que pour celle des pattes et de la queue, et chez les espèces où elle est le plus complètement ossifiée, ces différentes parties peuvent, à la volonté de l’animal , s’y cacher pour se soustraire à ses ennemis ou aux influences du monde extérieur. L’insertion des membres est cachée sous la carapace, et elle semble se faire dans la cavité thoraco-abdominale, ce qui pourtant n’a pas lieu, la ceinture osseuse antérieure, ou l’épaule, se bornant à prendre ici, comme la ceinture postérieure ou le bassin, un point d’appui sur la colonne vertébrale, qui est elle-même protégée par la partie dermato-squelettique de la carapace. C’est cette disposition, mal comprise autrefois, qui a fait appeler les Chéloniens des animaux retournés ( corpore reverso), e, t c’est également par erreur que l’on a dit que chez ces Reptiles le corps des vertèbres était supérieur à la moelle épinière.

On donne le nom de plastron à la partie inférieure de la carapace des Chéloniens, celle qui repose sur le sol. Le plastron proprement dit est ordinairement composé de neuf pièces qui laissent entre elles plus d’intervalle chez les espèces aquatiques que chez celles qui sont terrestres. A cet égard il y a une ressemblance

REPTILES

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assez curieuse entre les Chéloniens marins et les jeunes des Chéloniens terrestres, et l’on peut dire que les premiers de ces animaux sont par rapport à ceux qui vivent à terre, et que nous considérons comme devant occuper un rang plus élevé, dans un véritable état d’arrêt de développement.

L’os impair du plastron des Chéloniens a été appelé l’ entostemal ; les autres ont reçu les noms c Yépisternaux , hyosternaux, hypostemaux et xyphost émaux . L’entosternal est probablement le véritable sternum ; et il répond assez bien au manubrium des Sauriens ; d'autre part, les épisternaux semblent être les analogues des branches latérales du manubrium, ou bien encore des os coracoïdiens? Quant aux six autres pièces, elles ont d’autres analogies, et résultent très probablement de la fusion de la partie sternale des côtes avec la peau ossifiée.

Le crâne des Chéloniens présente plusieurs particularités caractéristiques : les mâchoires, qui manquent de dents, sont revêtues d’un bec corné, ayant quelque analogie avec celui des Oiseaux; l’ouverture postérieure des narines est percée dans le milieu du palais, et l’os carré est retenu à la boîte crânienne par une articulation immobile.

Ces animaux ont l’organe mâle unique, mais fendu dans toute la longueur de sa face inférieure par suite du défaut de soudure des deux bords inférieurs de l’urèthre dans l’endroit qui répond au raphé cutané du pénis des Mammifères ; ce qui constitue une sorte d’hypospadias normal propre à ces animaux et aux Crocodiliens.

Les Reptiles qui nous occupent vivent dans des conditions très différentes : les uns sont terrestres, d’autres lacustres ou fluviatiles, et d’autres marins. On trouve dans la conformation de leurs différents organes, et plus spécialement dans la disposition de leurs pieds, ainsi que dans la forme de leur carapace, des caractères appropriés à ces différents genres d’existence, et c’est là ce qui a permis de les partager en quatre familles distinctes, auxquelles on a donné les noms de Testudinïdés (dits aussi Chersites ou Chéloniens terrestres), Emydidés (Élodites ou Palustres) , Trionycidés (Potamites ou Chéloniens fluviatiles) et Chélonidès (Thalassites ou Chéloniens marins). L’ensemble des espèces connues dans ces quatre familles s’élève à environ cent vingt. On y a établi un certain nombre de genres dont il ne sera pas inutile de rappeler ici les noms.

Famille des TESTUDINÏDÉS. — Ces espèces qui sont terrestres

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