‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 37 sur 96 · CHÉLONIENS. 'U · texte numérisé non relu

CHÉLONIENS. 'U

sont les véritables Toïtues. Elles ont la carapace plus solide et plus bombée que les autres, la queue plus courte et les pattes à doigts raccourcis en forme de moignons; elles peuvent se retirer entièrement sous leur carapace, qu’elles ont même, dans certains cas, la possibilité de fermer complètement.

On distingue quatre genres principaux dans cette famille : les Tortues (g. Testudo ), ayant les cinq doigts antérieurs onguiculés, et le devant du plastron non mobile; les Pyxis (g. Pyxis), qui ont le devant du plastron mobile; les Homopodes (g. Homopus ), qui n’ont que quatre ongles aux pieds antérieurs; et les Ginixys (g. Cinixys), dont la carapace est mobile en arrière, où elle est comme articulée.

Le genre Testudo est le plus nombreux, et c’est à lui que se rapportent les espèces les plus grandes parmi celles que l’on connaît [Testudo elephantina, des îles du canal de Mozambique, et quelques autres encore) . Certaines espèces de la région méditerranéenne sont aussi des Testudo: Tortue bordée [Testudo marginota ) de Morée, ainsi que d’Égypte et de Barbarie ; Tortue mauresque [Testudo mauritanien) de Barbarie; Tortue grecque [Testudo grœca ) de Grèce, de plusieurs îles méditerranéennes et d’Italie : celle-ci a le sternum entièrement immobile, tandis que celui des deux précédentes est mobile dans sa partie postérieure.

Famille des ÉMYDIDÉS* Ces Chéloniens ont la caparace moins bombée que les précédents, mais encore garnie de plaques cornées; leur queue est ordinairement plus allongée; leurs doigts sont plus longs, palmés et onguiculés; leurs pattes rentrent encore sous la carapace, et leur tête s’y retire également, mais en s’y plaçant de deux manières différentes, suivant les genres qu’on étudie. Chez les uns, appelés Cryptoderes, elle rentre d’arrière en avant, à la manière de celle des Testudinidés; chez les autres elle se place latéralement, ainsi que le cou [Pleurod'eres).

Les Émydidés vivent dans les eaux marécageuses, où ils se livrent de préférence à la recherche des poissons et des autres animaux aquatiques; ils sont variés en espèces, et susceptibles d’être partagés en un plus grand nombre de genres que ceux des autres familles.

Les Émydidés cryptodères sont les Cistudes (g. Cistudo ), les Ëmtdes (g. Emys ), les Tétronyx (g. Tétronyx), le$ Puatysternes (g. Platyslernon), les Émysaures (g. Emysaurus), les Staurotypes (g. Staurotypus) et les Cynosternes (g. Cynosternon ).

Les Émydidés pleurodères sont les Peltocéfhales (g. Peltocepha-

REPTII.ES.

lux), les Podocnémides (g. Podocnemis ), les Pextonyx (g. Pentonyx), les Sternothèrbs (g. Sternotherus) , les Platémydes fg. Platemys ), les Chélodines (g. Chelodina ) et les Chélydes (g. Chelys).

La famille (les TRIONYCIDÉS comprend des Chéloniens à peau non écailleuse et à surface extérieure du dermato-squelette grenue qui vivent dans les eaux fluviatiles. Ces animaux ont les doigts assez longs et palmés; leurs ongles ne sont jamais plus nombreux que trois ; ils n’ont pas la possibilité de rentrer entièrement leurs membres et leur tête sous leur carapace ; on les nomme aussi Tortues molles. Ils sont propres aux grands fleuves de l’Afrique, de l’Asie méridionale et de l’Amérique.

Il y en a trois genres : les Tiuonyx (g. Trionyx ou Gymnopus), les Cryptopodes (g. Cryptopus ) et les Cyclodermes (g. Cycloderma).

La famille des CHÉLONIDÉS se compose des Chéloniens marins, qui n’ont ni la tête ni les membres rétractiles, dont la carapace est moins ossifiée que celle des Tortues de terre, et même que celles de la plupart des Émydidés, et dont les pattes sont disposées en forme de rames natatoires. Il y en a de deux tribus :

1° Les Chélonins ou le genre Chélonée [C helonia) , divisé luimême en Mydaséa ( Chelonia mydas ), Caretta ( Chelonia imbricata ) et Thalassochélys ( Chelonia caouanno. et espèces voisines) ;

2° Les Dermochélins ou le genre Dermochélys, appelé aussi Sphargis, dont l’unique espèce est la Tortue luth Dermochelys coriacea) de la mer des Indes, de l’océan Atlantique, et accidentellement de la Méditerranée. Les Dermochélins ont la peau sans écailles, mais soutenue par une couche osseuse du dermato-squelette, qui se compose d’un grand nombre de petits compartiments irréguliers soudés les uns aux autres.

Les Chéloniens ont donc, sauf quelques exceptions, le corps recouvert de grandes plaques cornées, immédiatement appliquées sur le dermato-squelette; ce sont ces plaques qui fournissent Y écaille, dont la variété la plus belle, et par suite la plus recherchée, est constituée par les plaques imbriquées de la carapace des Carets. Ces Carets ou Chélonées imbriquées ( Chelonia imbricata ) vivent dans les mers de l’Inde et de la Chine, ainsi que dans quelques autres régions maritimes, soit dans le grand Océan, soit dans l’océan Atlantique intertropical. On utilise aussi les plaques de quelques autres espèces, ainsi que leur bec et leurs ongles.

Les animaux de cet ordre sont lents et à peu près inoffensifs, quoique capables de faire des morsures redoutables lorsqu’on les tourmente. Beaucoup d’entre eux vivent de substances végétales,

CHELONIENS.

mais il en est aussi qui mangent des animaux inférieurs ou même des poissons et d’autres vertébrés. La plupart peuvent servir d’aliments à l’homme, et les Chéloniens marins, principalement ceux que l’on appelle Tortues vertes ou Tortues franches [Chelonia mydas) sont plus particulièrement dans ce cas. On les trouve surtout dans quelques parages de l’océan Atlantique. On en apporte souvent de vivantes dans les grandes villes de l’Europe, principalement à Londres, à Liverpool, etc. Il y en a qui pèsent, assuret-on, jusqu’à ‘200 et 300 kilogrammes.

Les œufs des Tortues franches sont nombreux, arrondis et à coque peu résistante; ils sont estimés des navigateurs, mais leur albumen ne se coagule qu’à une température supérieure à celle de l’eau bouillante. Le sang des Chélonées a été mis au nombre des antiscorbutiques. Leur graisse est de couleur verdâtre, mais sans mauvaises qualités.

On mange aussi la chair des Tortues d’eau douce et de celles qui vivent à terre, aussi bien des petites espèces que des plus grosses. Dans les pays où il n’y a pas naturellement d’animaux de cet ordre, et dans ceux où ils sont rares, comme dans le midi de la France, on tient les Tortues dans une sorte de domesticité, pour subvenir aux usages médicinaux. Elles servent surtout à faire des bouillons analeptiques que l’on prescrit dans les maladies de poitrine et dans les cas de marasme. On en a aussi conseillé l’usage dans les maladies herpétiques, dans le scorbut, etc.

Dans les pharmacies de la France et de l’Allemagne, on emploie la Tortue grecque ( Testudo grœca), la Tortue mauresque ( Testudo mauritanica ), dont on reçoit abondamment des exemplaires de l’Algérie, et aussi des Érmydes , soit YÉmyde bourbeuse ( Cistudo lutraria) des marais du midi de l’Europe, soit YÉmyde sigriz ( Emys sigriz) d’Espagne et d’Algérie, soit encore YEmyde de la mer Caspienne {Emys caspica ) de l’Europe orientale. On trouve quelques Émydes de l’espèce des Cistudo lutraria dans les marais du midi de la France ; elles paraissent y être indigènes, mais les Tortues de terre que l’on voit dans la même contrée sont d’importation étrangère. Plusieurs de ces dernières multiplient facilement dans les jardins ou dans les parcs des environs de Marseille, d’Avignon, de Montpellier, de Perpignan, etc. La plupart y sont apportées de l’Algérie.

Nous n’avons pas en Europe de Chéloniens de la famille des Trionycidés; mais on en trouve de fossiles dans plusieurs de nos gisements tertiaires.

Nos côtes sont quelquefois visitées par des Chélonidés ou Ohé-

ltEPTILES.

Ioniens marins. La Caouanne [Chelonia cavanna se montre de temps en temps sur celles de l’Océan et de la Méditerranée. On a pris aussi, mais plus rarement, sur notre littoral les deux espèces dites Chélonée franche ( Chelonia rriydas ) et Caret ( Chelonia imbricata

Le Luth ou Sp/targis, dit aussi grande Tortue à. cuir (Dermochelys coriacea), s’y est également rencontré. Rondelet avait déjà signalé la prise à Frontignan (Hérault d’un individu de cette curieuse espèce; Amoreux en a possédé un autre capturé, tout près de là, dans le port de Cette, et Lafont en mentionne un troisième, qui fut pêché à l’embouchure de la Loire, en 1729. L'n exemplaire que l’on conserve au musée d’Orléans est aussi donné comme ayant été harponné sur les côtes de France.

Ordre des Crocodiliens.

Les Crocodiles sont souvent classés avec les Sauriens par les erpétologistes, à cause des ressemblances qu’ils ont avec eux dans leur forme générale. En effet, ils sont quadrupèdes comme eux, et leur corps, qui est allongé, est également pourvu d’une longue queue. Toutefois cette analogie ne se retrouve pas dans la disposition de leurs organes internes, et leurs véritables caractères sont, par suite, très différents. Les Crocodiles ont les deux ventricules du cœur presque entièrement séparés, et leurs gros troncs vasculaires présentent quelques autres dispositions remarquables, parmi lesquelles nous nous bornerons à signaler la persistance d’un canal artériel rappelant celui du fœtus des mammifères et qui mêle du sang noir au sang rouge de l’aorte descendante. Leurs poumons ne sont ni allongés ni cystoïdes comme ceux des Ophidiens ou des Sauriens, et l’on a donné une idée assez exacte de la structure qu’ils présentent, en les comparant à une sorte de tissu caverneux aérien. Les organes mâles de la génération sont établis sur le même type que ceux des Chéloniens.

Ces animaux manquent de véritables clavicules, mais ils ont une paire d’os caracoïdiens ; leur crâne, souvent étudié par les anatomistes qui se sont occupés de signification ostéologique, mérite, en effet, une étude spéciale ; nous nous bornerons à rappeler ici que l’os carré ou tympanique y est soudé par une articulation fixe avec la région occipitale, tandis que celui des Sauriens est mobile à la manière de celui des Oiseaux. Les Crocodiliens ont des dents aux deux mâchoires, et ces dents, qui sont uniradiculées, sont implantées dans des alvéoles distinctes; c’est une disposition qui n’a lieu dans aucun autre groupe de Reptiles existants.

L’ordre des Crocodiliens, dans lequel se classent aussi plusieurs

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