‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 53 sur 96 · FLAG10ST0MES · texte numérisé non relu

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ouvertures comparables à des fontanelles, et ne laisse apercevoir aucune division répondant aux éléments osseux des Poissons ordinaires.

Les deux mâchoires, ou du moins les parties qui en tiennent lieu, sont appendues au crâne par l’intermédiaire d’une pièce unique dans laquelle Cuvier voit le tympanique, le temporal, le jugal et l'opercule réunis.

La queue des Plagiostomes est établie sur le type hétérocerque.

Leurs dents ne sont point implantées dans les cartilages qui servent de mâchoires, et comme elles dépendent plutôt de la partie tégumentaire que du squelette lui-même, de Blainville a rangé les Poissons plagiostomes parmi ceux qu’il nomme Dermodontes.

Le cerveau est plus développé que chez le reste des animaux de la même classe. Il est également supérieur, dans sa conformation, à celui des Batraciens, et les organes des sens, principalement celui de la vue, participent à cette supériorité.

L’oreille est assez compliquée, et le vestibule qui est renfermé, ainsi que les canaux semi-circulaires, dans la substance même du crâne, présente une matière grumeuse qui tient lieu de la pierre auditive de presque tous les autres Poissons.

Les mouvements sont variés ; l’activité vitale est très développée, et, autant qu’on a pu en juger, les instincts sont supérieurs à ceux que manifestent ordinairement les autres animaux de la même classe.

Les Plagiostomes sont essentiellement marins ; quelques-uns remontent cependant plusieurs des grands fleuves de l’Amérique ou leur sont même spéciaux, ainsi qu’à certains de leurs affluents.

Tous les Poissons plagiostomes sont remarquables par la disposition compliquée de leurs organes de reproduction.

Ceux du sexe femelle consistent en un ovaire simple ou double, mais toujours assez volumineux, et les œufs ont un vitellus considérable. Les oviductes se dilatent vers leur partie inférieure eq une cavité qui peut être comparée à une sorte d’utérus dédoublé. Ce n’est qu’au-dessous de ces dilatations qu’ils se réunissent l’un à l’autre pour former le vagin, qui conduit au cloaque le produit de la génération. Certains Plagiostomes sont ovovivipares, et il en est, comme les Carcharias, chez lesquels le fœtus se fixe à l’organe utérin de la mère par une sorte de placenta fourni par la vésicule ombilicale; c’est ce qu’on avait déjà observé du temps d’Aristote. D’autres sont ovipares, et leurs œufs, dont le vitellus ainsi que l’albumen sont toujours volumineux, ont sou-

POISSONS

vent une forme très singulière, et des appendices, quelquefois prolongés en longs filaments, partent alors des quatre angles de leur enveloppe, ce qui les rend plus bizarres encore.

Il y a des Plagiostomes dans toutes les mers, et la sous-classe de ces Poissons a eu des représentants dans tous les âges géologiques qui sont antérieurs au nôtre. C’est à des animaux de ce groupe qu’il faut attribuer les dents triangulaires ou lancéolées que les oryctographes appelaient autrefois des Glossopetres, et les épines, d’apparence si singulière, qu’on a nommées plus récemment Ichthyodorulithes, ne sont de leur côté que les aiguillons dorsaux de certaines espèces du môme groupe.

Plusieurs des Poissons de cette sous-classe sont électriques. Tels sont, en particulier, les Torpédinins ou Torpilles de divers genres, qui forment une tribu du même sous-ordre que les Raies. La même propriété a été signalée chez une espèce du genre Rhinobate, mais on ne l’y a pas encore constatée d’une manière positive.

Beaucoup de Plagiostomes ont des formes bizarres, et qui les rendent très ditférents des autres Poissons par leur apparence extérieure ; cependant les Squales ont pour la plupart une plus grande ressemblance extérieure avec les Poissons ordinaires.

On peut ranger dans un premier ordre, sous le nom de Sélaciens, ceux des Poissons plagiostomes qui ont plusieurs paires de trous branchiaux distinctes (1), comme les Raies et les Squales, et séparer dans un second ordre ceux, en bien moindre nombre, auxquels on ne voit au dehors qu’un seul orifice de chaque côté. Ces derniers sont connus sous le nom de Chvnériens; nous parlerons des premiers sous la dénomination de Sélaciens, qu’on emploie souvent pour les désigner.

Ordre des Sélaciens.

Les Sélaciens forment une réunion très naturelle, et l'on ne devrait peut-être en faire qu’une seule grande famille, malgré les différences extérieures qui distinguent au premier abord les Raies d’avec les Squales. Il existe en effet certains genres qui sont intermédiaires à ces deux sortes d’animaux, et les Anges, ainsi que les Rhinobateset quelques autres, établissent plus particulièrement une véritable transition des uns aux autres. Beaucoup d'iehthyologistes admettent cependant, deux familles de Sélaciens : celle des Tlajidés , qui ont pour type les Raies, et celle des Squalidés, réunissant les Squales de différentes sortes.

Chacune de ces deux divisions se laisse aisément partager en

(1) Cinq en général et sept au contraire dans quelques geurcs.

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