SÉLACIENS
plusieurs tribus, auxquelles s’en ajoutent quelques autres dont les espèces ont depuis longtemps cessé d’exister (1).
Les tribus de Sélaciens que l’on associe en général sous le nom de Raies ou RAJIDËS, sont les suivantes :
Torpédinins, ou Torpilles.
Céfhaloptérins, ou Céphaloptères.
Myliobatins, ou Myliobates, plus connus sous la dénomination de Mourines, Raies aigles, etc.
Trygonixs, ou Pastenagues (g. Trygon, etc.).
Anacan teins, ou Ancicanthes, qui sont dépourvus de l’aiguillon caudal qui caractérise les Pastenagues et les Mourines (2).
Rajins, ou Raies (g. Raia, etc.).
Rhinobatins (g. Rhinobates).
Pristins (g. Pristis ou Scie).
Les espèces de la famille des Raies dont la chair est la plus employée appartiennent à la tribu des Raies proprement dites. Ce sont la Rate blanche [Raia bâtis ) , la Raie bouclée ( Raia clavata ), la Raie ronce (Raia imbus), et une quatrième peu connue des naturalistes, le Gladdertje ou Zandrogge des marchés de la Belgique. La chair des Pastenagues est moins estimée que celle des Raies. Dans la Méditerranée, on voit assez fréquemment sur les marchés des Raies aigles, et même des Céphaloptères.
On réunit d’autre part, sous la dénomination de SQUALIDÉS, non-seulement les nombreuses espèces de Squales (g. Squalus, Carcharias, Lamna, etc.) et de Roussettes (g. Scyllium, etc.), mais aussi deux autres tribus, savoir :
( 1 ) Voir, pour les espèces vivantes : J. Müller et Henle, Systematische Beschreilung der Plagiostomen, m-i , Berlin, 1841, ainsi qu'un mémoire de M. A. Duméril, inséré dans le Magasin de zoologiede M. Guérin; et, pour les espèces éteintes: Agassiz, Rech. sur les Poissons foss., in-4°, Neuchâtel, 1833-1 848 (t. III, ordre des Placoïdes).
(2) Les aiguillons des Pastenagues ressemblent à des espèces de lames allongées, appointies au sommet et dont les deux bords sont denticulés en scie. Ces dents étant serrées et dirigées en arrière, elles déterminent des blessures par déchirure qui sont très douloureuses. Les pécheurs ne manquent pas, lorsqu’ils prennent une Paslenague ou une Mourine, de lui couper immédiatement la queue au-dessus de l’aiguillon. Ils en ont une grande peur; mais les précautions qu’ils ptennent rendent les accidents extrêmement rares. Dioscoride a parlé de la blessure faite par les Pastenagues et de la médication qui lui convenait. Ce qu’il en dit est réproduit dans les pharmacopées des deux derniers siècles et dans celle des auteurs de la renaissance. La superstition elle-même s’est mêlée aux récits dont l’arme des Pastenagues a été l’objet ; Rondelet rapporte ce que l’on croyait de son temps à cet égard.
POISSONS
Les Squatinins, ou Anges (g. Sqmtina), assez fréquents dans nos mers.
Les Zygüénins ou les Marteaux (g. Zygœna) ;
C'est aussi parmi les Squaiidés que prennent rang
Les Cestracionins (g. Cestracion), des mers australes, et
Les H u man t ins (g. Centrina), dont l'espèce propre à la Méditerranée [Centrina Salviani) se pêche qüelquefois sur nos côtes, où les pêcheurs recherchent l’huile de son foie pour l’employer en frictions contre les douleurs rhumatismales.
Rondelet parle du Humantin sous le nom de Porc, et il le met au nombre des animaux médicinaux. « Le foie de ce poisson se fond, dit-il , en huile qui peut servir pour mollir la dureté du foie de l’homme. Le fiel avec du miel est bon contre les cal aractes, le cuir est bon pour polir. La cendre du cuir est bonne contre la tègne. »
Les Requins (g. Carcharias ) sont remarquables par leur voracité, et il en est parmi eux qui sont très dangereux pour l'homme. L’emploi que l’on fait de la chair de ces Poissons comme aliment n'est qu’une faible compensation aux tristes accidents qu'ils occasionnent.
La peau de certains Squales est fréquemment utilisée ; les corpuscules solides qui la garnissent en font une espèce de râpe, et on la prépare pour le commerce sous les noms de chien de mer, de chagrin ou de galuchat; elle sert principalement en gaînerie. Les Plagiostomes dont la peau est le plus souvent employée à cause de sa rugosité sont : le Requin, la Roussette , la Leic/te, 1 Aiguillât , le Sagre et le Sephen ou Galuchat.
On ne mange la chair que d’un petit nombre de Squaiidés. Quelques-uns sont désignés sur les marchés sous le nom de thon blanc. Les Anges sont ceux dont on fait le plus de cas; d’autres ne sont employés qu’à cause de leur bas prix, et presque uniquement par. les gens du peuple. La chair du Lamtna cornubica est salée et fumée par les pêcheurs de la mer du Nord, qui donnent à cette espèce le nom de Latour. On fume aussi dans quelques localités la Roussette (Scyltium caniculà) ; c’est le Zcehond des Flamands. Les Mustelus vulgaris reçoivent, dans le Nord, le nom de Haeye ; on les mange frais.
Les Torpilles, ou tribu des Torpédinins, nous ont paru mériter une mention spéciale.
Cette tribu desTonrÉDiNîxs ou Torpilles est surtout remarquable par la propriété que possèdent ses espèces de développer de l'électricité au moyen d’un appareil spécial qui est placé de chaque côté de la tête, entre cet organe et l’expansion antérieure des nageoires thora-