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CLASSE PREMIÈRE

INSECTES

Pendant longtemps on a étendu la dénomination d’insectes ( Insecta à un grand nombre d’animaux sans vertèbres ayant bien une certaine analogie avec les. Insectes proprement dits, ou Insectes à six pieds (Insecta hexapoda), mais que l’ensemble de leurs caractères anatomiques n’a pas permis de laisser dans la même classe. Toutefois, dans les ouvrages de Linné et dans ceux de Fabricius, le groupe des Insecta répond encore à l’ensemble des articulés proprement dits ou articulés condylopodes , tels qu’on les définit aujourd’hui, et il n’est point limité aux vrais Insectes; aussi les Crustacés et les Arachnides en font-ils partie aussi bien que les Insectes dont nous allons parler dans ce chapitre; et pour Latreille, les Myriapodes sont encore de véritables Insectes, quoiqu’ils s’éloignent à beaucoup d’égards de ces derniers et méritent, autant que les Arachnides ou les Crustacés, de former une classe à part.

(I) Nous en parlerons en traitant du groupe des I ormes de Linné.

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Les vrais Insectes doivent (dre définis des Animaux articules condylopodes, dont le corps est divisible en trois parties principales, la tête, le thorax et l’abdomen; qui portent une paire d'antennes; peuvent avoir à la fois des yeux simples ou stemmatifornies et des yeux composés; ont les appendices buccaux diversi formes, mais toujours réductibles à quatre éléments labre, j mâchoires, mandibules et lèvre inférieure, ; montrent constam- j ment, du moins dans l’âge adulte, trois paires de pattes, une pour ; chaque segment thoracique ; sont souvent pourvus d'une ou de j deux paires d’ailes insérées sur le second et le troisième des seg- * ments dont il vient d’être question; respirent par des trachées et subissent, dans beaucoup d’espèces, des métamorphoses telles que 'j leur forme et certains de leurs organes, tant intérieurs qu extérieurs, diffèrent complètement dans leur apparence et leur disposition, suivant qu’on les étudie dans la larve ou premier âge, dans la nymphe | ou second âge, et dans l’animal parvenu à son entier développement. . Ce n’est que dans cette dernière phase de leur existence que ceux des Insectes qui sont doués de la propriété de voler, sont pourvus 1 de leurs ailes , et ce n’est également que sous cette forme qu'ils sont aptes à la reproduction.

La présence constante de trois paires de pattes chez les Insectes arrivés à l’état adulte permet de distinguer aisément ces animaux j d’avec les Arachnides qui en ont quatre paires, que leur respira- j tion soit pulmonaire ou trachéenne, et d’avec les Myriapodes qui j en ont toujours un plus grand nombre. Leurs trachées et la forme j de leur corps les différencient suffisamment des Crustacés, dont la respiration est branchiale ou simplement cutanée.

Le nombre des espèces qui composent la classe des Insectes est très considérable; dans 1 état actuel de la science, il s élève à plus de cent mille, et il reste encore beaucoup de ces animaux k découvrir. Nulle classe n’est aussi riche sous ce rapport; nulle n’est plus intéressante par la diversité de ses instincts, par la multiplicité de ses caractères zoologiques et par son action dans la natuie.

Chaque espèce végétale nourrit souvent plusieurs sortes d Insectes et beaucoup d’articulés de cette classe sont carnivores. 11 en est aussi qui sont parasites des autres animaux, soit des animaux supérieurs, soit des animaux inférieurs aériens ou même aquatiques. Plusieurs de nos parasites les plus incommodes appartiennent à la classe

des Insectes.

Par compensation, il est un certain nombre de ces animaux qui nous fournissent des produits fort utiles. Les abeilles, dont

GENERALITES. 2Ç)|

les sociétés sont si curieuses à observer, nous donnent le mie et la cire; la cantharide possède un principe vésicant d'une application journalière en médecine; on extrait des cochenilles une matière colorante qui sert aussi en pharmacie : peu de classes

entm oilrent autant d’intérêt, sous le rapport médical, que celle des Insectes.

Il en est de même sous le double point de vue de l'anatomie et de la physiologie; et si l’on se rappelle que les Insectes sont en meme temps les plus nombreux de tous les animaux, on comprendra qu ils aient occupé tant de naturalistes éminents et donné lieu a la publication de tant d'ouvrages importants.

Pour compléter ce que nous avons dit en définissant cette classe, nous rappellerons en quelques lignes les particularités les plus remarquables par lesquelles les Insectes se distinguent des autres animaux.

Organisation. —

Leur enveloppe extérieure, dont les dispositions morphologiques sont aussi variées que curieuses , doit sa consistance à une matière organique particulière, azotée suivant certains chimistes, ternaire suivant d’autres, qui a été primitivement

décrite par Odier FlG' 44‘ ~ Principales parties du corps d'après sous le nom de Chi- '

tine. Elle est insoluble dans la potasse caustique, ne se charbonne lias au feu comme les matières épidermoïdes et renferme sous vent, à l'état de combinaison, certains principes pigmentaires vivement colorés et de nature huileuse. Son tissu, réuni à la

(*) ka lête. a. yeux ; b% antennes. T. Le thorax, rox » e' prothorox ; y, g , /*, les trois paires de pattes; de la troisième paire de pattes; m, le tarse. A B. L'a

comprenant : c, i c* y, les (Jeux hdomeu.

ni et a thorax ; d% me'sothopaires d'ailes; /, la juinbu

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peau proprement dite, constitue un véritable dermato-squelette, dont les segments sont tantôt libres, tantôt coalescents, et forment les articulations extérieures, soit celles du corps, soit celles des membres. Pas plus que chez les autres animaux articulés, il n’y a ici de squelette proprement dit, et jamais les anneaux du corps n'ont d’axe central, comparable à la série des centres vertébraux des espèces d’un premier embranchement, l'ne analyse minutieuse démontre dans chaque anneau différentes pièces, dont la comparaison zoologique peut fournir d’excellents caractères.

Ces anneaux supportent des parties appendiculaires, insérées les unes sur leurs arcs supérieurs, comme les antennes ou les ailes; les autres dépendant de leurs arcs inférieurs, comme les pièces buccales, les pattes proprement dites et les organes de copulation, dits oviscaptes, etc.

Les pattes, dont le nombre est toujours de six, en trois paires chez les adultes, manquent parfois chez les larves, ainsi que 1 on peut s’en assurer dans certaines espèces de Névroptères et de Diptères; d’autres fois il y en a plus de trois paires, mais pendant le premier âge seulement, ce qui dépend de la présence aux anneaux abdominaux de fausses pattes mamelonnées, telles que l’on en voit chez beaucoup de chenilles ou dans certaines larves d'Hyrnénoptères.

Les différents articles dont se compose chaque patte d’un Insecte parfait ont été nommés hanche, trochanter, fémur ou cuisse, tibia ou jambe et tarse. Le tarse a un nombre d’articles variables suivant les groupes que l’on étudie ; il est habituellement terminé par une paire de griffes nommées ongles.

Les parties mobiles du corps des Insectes sont mues par des muscles très multipliés. Ceux du système de la vie animale sont formés de libres striées, et il en est de même de ceux de la vie organique, particulièrement pour l’estomac et intestin.

Le canal digestif comprend, en arrière de la cavité buccale, un œsophage qui traverse le thorax, un jabot ou ingluviès, un gésier ou proventricule, un estomac de succion qui manque à certains genres, un estomac proprement dit, appelé aussi ventricule, et un intestin ordinairement partagé en iléon, cæcum, côlon et rectum. L’anus est toujours à la partie postérieure du corps ; il manque ainsi que la bouche dans la plupart des chrysalides ou nymphes inactives.

La circulation a été niée chez les Insectes. Cuvier, dans un mémoire publié en 1798, a établi que les trachées, qui sont les

organes respiratoires de ces animaux, se rendant dans toutes les parties de leur corps, le sang s'y trouvait vivifié sur place et n’avait

(*) Circulation de YEplie-

tnera vulgala, d'après M. Carns. a. Le cœur. b. Le vaisseau dorsal, c. La poi tiou céphalique. dd. Les deux anses qt'elle déciità lu base des antennes, e. Point où les courants céphaliques se réunisseul pour aller vers Pabdomen. f Le plus petit et le plus faible des deux courants de retour.

g g. Les courants qu’il fournit aux pattes , et qui peuvent aller jusqu'en h. i. Le plus gros des deux courantsde retour ou courants iulen.es, ayant eu k des anastomoses avec le plus petit et avec le courant des soies caudales l, avant de retourner au cœur.

Fig. 46 (**).

((*) **) Circulation observée dans la partie posiérieui e de Pabdomen du meme insecte, a. Le cœur. ù. Le vaisseau dorsal, c. Le courant interne de retour, e t. Anastomoses entre les deux coûtants f f. Origine hypothétique des courants sanguins des soies caudales.

pas besoin de subir ce mouvement, comme il le fait chez les espèces des autres classes; il a même contesté au vaisseau dorsal

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le caractère de cœur allongé qu’on lui avait attribué. Cependant Swammerdam, Malpighi et d’autres anatomistes du xvn« siècle s’étaient déjà fait une idée suffisamment exacte de la circulation du sang dans le corps des Insectes, et, postérieurement à Cuvier, les observations de M. Carus et celles de plusieurs autres observateurs ont démontré que cet auteur s’était trompé.

Le vaisseau dorsal, agent principal de l’impulsion circulatoire, se termine en avant par une aorte dite céphalique, dans laquelle il chasse le sang; celui-ci passe ensuite dans des espaces lacunaires laissés entre les organes, forme plusieurs courants, qui reviennent sur les côtés du corps d’avant en arrière et pénètrent aussi dans les organes appendiculaires et il rentre ensuite dans le vaisseau dorsal par la partie postérieure de ce dernier. La circulation est plus active chez les larves que chez les sujets adultes. Les larves de quelques Coléoptères, les jeunes des Éphémères et des Semhlides, les Chenilles des Papillons, la laissent apercevoir plus facilement. Quelques espèces ont des organes pulsatils disséminés.

Le sang est incolore, sauf dans quelques rares exceptions; mais comme il charrie de petits globules graniformes, ses mouvements sont rendus sensibles par le déplacement de ces derniers. Quelquefois il est verdâtre. Chez les larves des Chironomes, il est de couleur rouge.

Les trachées sont les organes respiratoires des insectes : ce sont des tubes aériens ouverts à l’extérieur par des bouches latérales, qu'on nomme stigmates, et qui se distribuent séparément dans l’intérieur du corps sans se réunir en organes parenchymateux, comme le font les ramifications bronchiques des animaux supérieurs; chaque tronc trachéen présente deux membranes, l'une externe, l’autre interne, et, entre elles deux, un fil spiral analogue aux trachées déroulables des plantes, et dont l’élasticité conserve à la trachée sa disposition tubulaire.

Les espèces qui volent le mieux sont celles dont la respiration montre aussi le plus d’activité, et l’on voit certains de ces animaux se gonfler d’air au moment où ils vont prendre leur essor. Chez la plupart d’entre eux les tubes trachéens sont renflés par endroits en poches vésiculeuses dont les parois manquent du fil spiral. Ces poches ne se voient pas chez leurs larves. Les Insectes aquatiques respirent par des trachées aussi bien que les Insectes aériens: ils ont des poils ou des faisceaux de poils pour retenir l'air et le faire passer dans leurs tubes trachéens, ou bien encore des appendices branchiformes, qui flottent dans le liquide, y pompent l’air

en dissolution et le font passer les larves aquatiques de certains Névroptères ou Diptères nous montrent de fréquents exemples , ont été appelés fausses branchies, tubes aérifères, ou mieux encore branchies trachéales.

Les sécrétions des Insectes sont très variées. Certaines odeurs répandues par ces animaux sont dues à des follicules arrondis situés sous l’enveloppe cutanée. Les glandes anales de différents Carabes donnent une liqueur explosive (1); d’autres glandes sont phosphorescentes comme celles des Élaters et des Lampyres ou vers luisants. La cire des abeilles est fournie par des cryptes placés sous leurs articles abdominaux : celle des pucerons et des cochenilles transsude de toute la surface de leur corps.

aux trachées. Ces appendices, dont

Fig. 47. — Système respiratoire du Mantis religiosa (*).

(I) Nous tenons de M. le professeur François que son frère a été atteint d’une violente inflammation de la conjonctive, pour avoir reçu dans l’œil de la liqueur d’un Carabe inquisiteur dont il s’était rapproché pour le saisir.

(') D'après Marcel de Serres ( Mémoires du Muséum d’hist. nat ., 1818, t. IV, p. 579). — a. Trachées des pulpes maxillaires, b. Trachées des gulètcs. c. Trachées des mâchoires, d. Trachées des palpes labiaux, e /. Trachées de la lèvre inférieure. g. Trachées mandibulairiçs. /». Nerfs tuienuaires. i. Trachée circulaire qui se rend dans les yeux composés, k. Trachées triangulaires qui proviennent de la division de la trachée circulaire. /. Tronc externe des trachées artérielles qui vont former la branche transversale, d’où part la trachée circulaire. m. Tronc interne des trachées artérielles, lequel se joint avec le tronc des trachées pulmonaires. n. Tronc des trachées pulmouaircs. o. Trachée transversale qui établit une communicacation directe des troncs des trachées pulmonaires avec les trachées artérielles, p. Trachées artérielles qui se rendent dans la première paire de pattes, q, Continualiou du tronc du corselet. s. Tronc qui établit la communication des trachées artérielles avec les pulmonaires. t. Disposition des trachées dans le premier anneau de l'abdomen, u et v. Trachées qui parlent des troncs pulmonaires pour se rendre dans les pattes, w. Anastomoses des trachées artérielles et jonctions de ces trachées avec les troncs pulmonaires, x. Branche des trachées artérielles qui s’anastomose avec la précédente, y. Ramifications fournies par les trachées qui se rendent daus les pattes, s. Branche secondaire principale fournie par le tronc commun artériel, et qui va se joindre au tronc des trachées pulmonaires. 1. Trachées qui se rendent dans la troisième paire de pattes. 2. Ramifications fournies par ces trachées. 3. Tronc commun des trachées artérielles qui, à l’aide des branches 4, va recevoir l’impression de l’air au moyen de l’ouverture des stigmates. 5 et 6. Trachées fournies par les troncs des trachées artérielles, et qui se rendent dans les organes de la génération. 7. Dernier stigmate de l’abdomen. 8. Trachées qui joignent les troncs des trachées artérielles avec les troncs des trachées pulmonaires,

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A part ces glandes, qui sont composées de cellules sphériques, les Insectes en présentent d’autres, principalement sur le trajet du canal intestinal ou pour la reproduction. Celles-ci ne sont jamais conglomérées à la manière des glandes principales chez les vertébrés ou chez la plupart des mollusques. Ce sont des tubes, et il yen a pour la sécrétion de la salive 'glandes salivaires., ainsi que pour la sécrétion biliaire et pour l’urine. Celles-ci sont plus connues sous le nom de vaisseaux de Malpighi. L’aiguillon des abeilles est en communication avec une glande de cette forme, et il y en a également une pour la sécrétion de la soie. Celle-ci est souvent plus considérable qu’aucune autre; elle s’ouvre dans la lèvre inférieure.

Le système nerveux se compose du cerveau et de la chaîne sousintestinale qui lui est unie par l’intermédiaire du collier œsophagien. On remarque fréquemment de grandes différences dans la disposition de ce dernier, suivant l’âge des Insectes ou suivant leur genre. Le cerveau donne naissance aux nerfs qui vont aux yeux et à ceux des antennes; il fournit aussi les nerfs stomato-gastriques qui se rendent aux organes de la digestion. Les nerfs de la bouche naissent du ganglion sous-œsophagien ; ceux des pattes des ganglions thoraciques, et ceux de l’abdomen, ainsi que des organes reproducteurs et des tarières ou oviscaptes, des ganglions abdominaux. Le dernier de ceux-ci est habituellement le plus volumineux.

Les organes des sens montrent aussi des particularités curieuses. Les palpes buccaux, qui sont , pour ainsi dire, les tarses des appendices masticateurs, sont les principaux agents du tact ; le goût résidé dans la bouche, et peut-être aussi dans ces palpes. Les antennes servent au toucher, mais elles ont pour mission spéciale de percevoir les odeurs. Les yeux manquent rarement, et, comme il a été dit plus haut, ils peuvent être de deux sortes, lisses ou composés. L’existence du sens de l’ouïe n’est pas contestable, puisque beaucoup d’insectes produisent des bruits déterminés et qu'ils s’appellent et se répondent ; mais on n’en connaît pas le siège d’une manière précise. On a cependant observé, à la tète de certains Orthoptères, une poche auditive pourvue d’un petit tympan.

Classification. — Les dénominations dont on se sert aujourd'hui pour désigner les différents ordres de la classe des Insectes ont été imaginées par Linné ; elles sont tirées des principales particularités que présentent les ailes : Coleoptera (élytres ou ailes en étui , en 1735; Hemiptcra (ou demi-élytres), en 1742; Aptera sans ailes , en 17â4; Ilymenoptera (ailes membraneuses) et JYeuropte?'a (ailes

à nervures), en 1768; Diptera (deux ailes), en 1767. La dénomination d ’Orthoptera (ailes droites) n’a été proposée que plus tard, par le naturaliste français Olivier, et il en est de même de plusieurs autres, d’ailleurs moins importantes ; quelques-unes sont dues à Latreille; elles ont principalement trait à des divisions du groupe linnéen des Aptères.

Mais revenons à la classification du naturaliste suédois.

La circonscription qu’il a donnée à chacun de ses six ordres est pour quelques-uns différente de celle qu’ils ont reçue plus tard.

Les Coléoptères de Linné renferment non-seulement nos Coléoptères actuels, mais aussi le genre Forficulc, que l’on a rapporté depuis aux Orthoptères ou dont on a même fait un ordre à part.

Les Hémiptères, L. sont non-seulement nos Hémiptères d’aujourd'hui, mais encore une partie de nos Orthoptères (Blattes, Mantes et Grillons). *

Les Lépidoptères, L. ont conservé leurs limites. Linné en reconnaissait trois genres principaux sous le nom de Papilio, Sphinx et Phalœna.

Les Neuroptères, dont le nom a été changé depuis lors en Névroptères, sont délimités comme de nos jours.

Les Hyménoptères ont également conservé leurs limites.

11 en est de même des Diptères.

Quant aux Aptères, ils renferment non-seulement les véritables Insectes aptères, c’est-à-dire les hexapodes privés d’ailes, mais encore le reste des animaux articulés condylopodes, et par conséquent les Myriapodes, les Arachnides et les Crustacés, qui n’en ont été séparés que plus tard, principalement par Olivier, Lamarck, Latreille et de Blainville. Les Aptères formaient donc alors une association fort disparate. On en jugera par la liste suivante des genres que les naturalistes linnéens y ont associés. Ils sont groupés en trois catégories :

t. Ceux qui ont six pattes et dont la tête est distincte du thorax; ce sont les Hexapodes aptères des auteurs français (g. Lepisma , Podura , Termes 1), Pediculus et Pulex).

2. Ceux qui ont de huit à quatorze pattes et dont la tête et le thorax sont réunis (ils répondent à nos Crustacés et Arachnides et sont partagés en genres, sous les noms suivants : Acarus, Hudrachne, Aranea, Phalangium, Scorpio, Cancer , Monoculus et Oniscus).

3. Ceux qui ont un grand nombre de pattes et dont la tête est

(1) Les Termites ont été plus tard reportés parmi les Névroptères.

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distincte du thorax (on en a fait plus récemment la classe des My ri apodes ) : g. Scolopendra et Julus.

Malgré le respect que les disciples de Linné avaient pour l'édifice élevé à la science par leur maître, l'un d'eux, Fabricius, mort en 1807, professeur d'histoire naturelle et d’économie rurale à Kiel, essaya de réformer la classification entomologique dont nous venons de rappeler les bases. Linné, et k son imitation, de Geer 1 , Geoffroy (2) et beaucoup d’autres avaient mis en première ligne les caractères tirés de la forme des ailes; Fabricius eut recours à ceux que l’on peut obtenir de la conformation de labouche. Dans ses importants ouvrages, Fabricius comprend encore sous le nom A’Insecta les Insectes proprement dits, c’est-à-dire à six pattes, et les Arachnides, les Crustacés ainsi que les Myriapodes, et il admet treize ordres ou groupes principaux de ces animaux qu'il appelle des classes. En voici une énumération, dans laquelle nous avons eu soin d'indiquer leur correspondance avec les ordres admis par Linné.

1. Eleutherata : mâchoires nues, libres, palpigères (ce sont les Coléoptères ).

2. Ulonata : mâchoires couvertes par une galette obtuse ou lobe (ce sont les Orthoptères actuels) .

3. Synistata : mâchoires coudées à leur base et soudées avec les lèvres (les Névroptères de Linné, moins les Libellules, mais avec les Termites et même les Thysanoures).

k. Piezata : mâchoires cornées, comprimées, souvent allongées (les Hyménoptères ) .

5. Odonata : mâchoires cornées, dentelées ; deux palpes les Libellules et genres analogues).

6. Mitosata : mâchoires cornées, voûtées, non palpigères les Myriapodes ) .

7. Ugonata : mâchoires cornées, armées d’un crochet les Arachnides dites pulmonaires ).

8. Polygonata : six palpes dans la plupart des cas; mâchoires nombreuses situées en dedans de la lèvre (les Crustacés isopodes et brachiopodes de Latreille).

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