Rleistognatha : mâchoires nombreuses situées en dehors de
(1) Entomologiste suédois auquel on doit uu ouvrage considérable intitulé: Mémoires pour servir à l'histoire des Insectes, 7 vol. in-4. Stockholm. 1752-
(2) Auteur de V Histoire abrégée des Insectes des environs de Paris, 2 vol. in-4. Paris, 1 7G4.
la lèvre et fermant la bouche (les Crustacés décapodes brachyures).
10. Exochnata : mâchoires nombreuses en dehors de la lèvre et couvertes par les palpes (les Crustacés décapodes macroures).
11. Glossata: bouche munie d'une langue spirale située entre des palpes redressés (les Lépidoptères).
12. Rhyngota : bouche formée par un rostre à gaine articulée (les Hémiptères actuels et les Puces).
13. Antliata : bouche formée par un suçoir sans articulations (les Diptères, les Poux et les Arachnides dites trachéennes) .
C’est là plutôt un système entomologique qu’une classification réellement naturelle, et le principal ouvrage de Fabricius porte en effet le titre d ’ Entomologia systernatica. Il avait été précédé de celui qu'il a intitulé : Systema entomologice. Quoique la sériation des groupes y soit souvent intervertie et qu’il n’y soit tenu aucun compte de la valeur des caractères fournis par les ailes et les métamorphoses, cette classification, indépendamment des beaux et utiles travaux descriptifs de son auteur, a cependant rendu des services à la science, et elle a joui, même en France, d’une grande réputation; elle a en même temps conduit à une connaissance plus exacte des nombreuses variations que présentent les pièces buccales des Insectes. On peut néanmoins lui reprocher d’avoir perdu de vue ce que ces parties ont de commun entre elles et d’avoir ignoré, ce que d’ailleurs Savigny a démontré bientôt après dans un remarquable travail, que les mêmes appendices se retrouvent dans la bouche des différents ordres d’insectes, quelle que soit la disposition de cet organe. Le bec suceur d’une punaise et la bouche si propre à broyer d’un carabe ou d’un grillon sont formés des mêmes éléments, et leurs différences, en apparence fondamentales, ne sont que des différences dans la forme ou dans la disposition des parties; les mêmes éléments anatomiques s’y retrouvent, mais ils y sont diversement modifiés suivant les usages auxquels ils doivent servir.
Les ailes ou la bouche peuvent, comme on vient de le voir, fournir séparément des bases pour une classification systématique des Insectes. Il est un autre ordre de caractères qui, sans conduire à desdivisions aussi multipliées, peut être également employé, c’est la considération des changements plus ou moins complets que subissent les Insectes pendant la durée de leur vie; on a donné à ces changements le nom de métamorphoses.
Il y a des Insectes qui ne subissent aucun changement etn’éprou-
(1) Mémoires sur les animaux sans vertèbres, in-8. Paris, 1816.
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vent aucune métamorphose depuis le moment de leur éclosion jusqu’à celui de leur mort Insecta arnetabola de quelques auteurs . Tels sont les Lépismes, les Podures, les Poux, les Kicins et quelques autres encore. Ils n’acquièrent point d’ailes, il est vrai, mais on ne les voit jamais sous la forme de chenilles ou de larves vermiformes, comme les jeunes des coléoptères, des Papillons, \ des Mouches ou de tant d’autres; il semble qu’ils naissent à l’état de nymphes, et que, par un arrêt de développement qui compense la précocité dont ils sont doués sous ce rapport, il leur soit impos- ! sihle de parcourir en entier la courbe ascendante que traversent ceux des Insectes auxquels nous venons de les comparer.
D’autres ont des demi-métamorphoses, et on les a quelquefois appelés, à cause de cela, Insecta Itemimetabola. Ils naissent sous la forme de nymphes aptères et acquièrent, en se développant, des ailes ordinairement complètes et qui leur permettent presque toujours de s’élever dans les airs. Les Hémiptères et les Orthoptères, tels qu'on les définit aujourd’hui, sont plus particulièrement dans ce cas.
D’autres enfin, et ce sont les plus nombreux, ont des métamorphoses complètes; ils apparaissent sous l’état de larves ou de chenilles vermiformes, n’ont que plus tard l’abdomen bien distinct du thorax, et, comme les vraies nymphes, ils passent même la période ainsi nommée dans l’état de pupes ou chrysalides. Ce n’est qu'ultérieurement qu’ils ont des ailes, qu’ils peuvent s’élever dans les airs et qu’ils se recherchent pour se féconder, afin d'assurer la perpétuité de leurs espèces. On les a nommés Insecta metabola. Les Coléoptères, les Lépidoptères, les Hyménoptères, les Névroptères et les Diptères subissent tous des métamorphoses complètes.
Dans quelques-uns de ces groupes, on voit cependant certains genres dont les femelles ou même les deux sexes semblent ne pas s’élever au delà de l’état de nymphe, quant à la forme extérieure, mais acquièrent toutefois, comme les Insectes sans métamorphoses, leur entier développement en ce qui concerne les organes générateurs. Les femelles des Lampyres ou Vers luisants nous en otfrenl un exemple, et nous aurions pu rappeler, à propos des Insectes à demi-métamorphose, que les deux sexes des Punaises du genre Acanthie restent dans une condition également inférieure comparativement aux autres Insectes de la famille des Cimicidés.
Un fait plus singulier en apparence est celui des Diptères appelés pupipares, qui naissent à l’état de nymphes, tandis que les autres Insectes du même ordre se montrent d’abord sous la forme de larves vermiformes ; ces Insectes sont vivipares, et l’on constate
GENERALITES.
aisément que, pas plus que les autres Diptères, ils ne manquent du caractère larvaire ; seulement ils passent leur premier état dans les organes internes de la mère, et leur première métamorphose s'est déjà accomplie lorsqu'ils sont mis au monde. Doit-on supposer que de nouvelles observations cmbryogéniques plus suivies montreront que l’état vermiforme des Insectes à demi-métamorphose ou sans métamorphose a échappé aux investigations des naturalistes, et que, comme l’induction semblerait devoir le faire supposer, cet état existe aussi chez eux, mais qu’il a déjà cessé avant qu’ils ne sortent de l’œuf? C’est là une question trop grave pour que nous cherchions à la résoudre par une simple hypothèse, mais il nous a paru convenable de la soumettre aux naturalistes comme pouvant les mettre sur la voie de curieuses remarques.
Le fait que certains Insectes, appartenant, par la conformation de leur bouche et par la nature de leurs métamorphoses à des groupes pourvus d’ailes, sont cependant privés de ces organes, ou ne les ont que sous une forme tout à fait rudimentaire, a conduit à penser que les Aptères hexapodes de Linné, qui sont de véritables Insectes, devaient peut-être être associés, et cela d’après la considération de leur bouche ou de quelques autres caractères, aux groupes ailés auxquels ils ressemblent sous ces derniers rapports. L’ordre linnéen des Aptères a dès lors été abandonné, et les genres Hexapodes qu’il renferme ont été répartis entre les autres ordres, dont ils paraissent, en effet, n’être pour la plupart que des formes inférieures. Fabricius a déjà établi, et d’une manière fort heureuse, plusieurs de ces rapprochements; sa classification aurait encore plus de valeur qu’elle n’en a, si, en faisant cette répartition, il avait en même temps séparé d’avec les Insectes hexapodes les différents Insectes aptères de Linné qui ont plus de six pattes et forment aujourd’hui les différentes classes des Myriapodes, des Arachnides et Crustacés.
En tenant compte, autant que possible, des trois ordres de particularités que nous venons de rappeler et que l’on constate en étudiant les ailes, la bouche ouïes métamorphoses des Insectes, et en y associant les caractères différentiels dus à l’étude des principaux organes de ces animaux, faite par différents anatomistes, on reconnaît plusieurs séries primordiales dans cette classe, et, en faisant de chacune de ces séries un ordre à part, on arrive à distinguer six ou sept ordres d’insectes, dans chacun desquels il peut y avoir des espèces pourvues d’ailes et d’autres, en général moins nombreuses que les précédentes, toujours dépourvues de ces organes.
INSECTES
Ordres dénommés d’après la
Groupes aptères 6e rapportant aux
considération des ailes.
ordres de la coluuue précéieiite.
' Coléoptères.
Orthoptères <-t Névroptères (1). . .
f lépismes.
1 Ricins.
INSECTES
HEXAPODES. '
Hyménoptères.
' Lépidoptères.
1 Hémiptères
f Pour.
1 Pod ures.
Diptères
f Puces.
( [Sycleribies.
C’est conformément à la sériation établie dans le tableau ci-
dessus que nous parlerons des différents
groupes de la classe des
Insectes. Cette méthode s’éloigne, sous quelques rapports, de celle de Latreille que nous rappelions en note (2 . La principale différence vient de ce que le célèbre entomologiste français, reconnaissant avec Fabricius que les Hexapodes aptères de Linné diffèrent notablement les uns des autres par la conformation de leur bouche, n’a pas cherché à les rapporter aux groupes d’insectes ailés dont ils sont, voisins et qu’il en a fait plusieurs ordres à part. Une autre différence tient à ce que Latreille a laissé parmi les Insectes, et comme en constituant le premier ordre, les Myriapodes, dont il faut, au contraire, faire une classe distincte.
Ordre des Coléoptères.
Les Coléoptères forment le groupe le plus important de toute la classe des Insectes, et il n’est point d’ordre d’animaux qui renferme autant d’espèces. Dans l’état actuel de la science, on lui en connaît près de soixante-quinze mille. Ces animaux subissent des métamorphoses complètes, et ils ont les parties de la bouche disposées pour broyer, et formant distinctement un labre, une paire de mandibules, une paire de mâchoires et une lèvre infé-
(1) Il est difficile d’établir des différences bien précises entre les Orthoptères et les Névroptères.
(2) Latreille admet douze ordres d’insectes, savoir :