Adulte et pourra d'ailes
deviennent immobiles au moment de la ponte et restent appliquées contre les plantes sous la forme de petites galles; de là le nom de Gallinsecles et Progall insectes donné au groupe entier de
i l) Voyez Dallas, List of the spécimens of Hcmipterous Insectes, intheColl. of lhe British Muséum , in-8. London, 1851.
cos animaux par plusieurs entomologistes, et en particulier par Réaumur (1). Au contraire, les mâles, qui sont toujours beaucoup plus petits, ont des métamorphoses complètes, conservent leur agilité et acquièrent des ailes; toutefois ils diffèrent des autres Homoptères, en ce qu’ils n’ont que deux de ces organes, ceux de la paire supérieure. Le bec des mâles est rudimentaire, tandis que celui des femelles acquiert tout son développement. Les premiers ont aussi des antennes bien développées, d’apparence sétiforme, et leur abdomen est terminé par doux filets; ils ont seuls des yeux à réseaux. Les pieds des Cochenilles, au lieu de présenter les cinq parties ordinaires aux autres Insectes, sont établis sur un type plus l’approché de celui qui distingue les Crustacés. Le tarse n’a qu’un seul article, et il se termine par un seul ongle; la hanche est engagée dans le tégument sternal, et l’article qui vient ensuite, ou le premier de la portion mobile, est court et cylindrique.
Lorsque la fécondation a eu lieu, les femelles se fixent et se gonflent, et après avoir pondu leurs œufs , entre elles et le corps sur lequel elles reposent, elles leur servent de moyen de protection. C’est alors qu’elles se transforment en ces sortes de capsules dont on fait la récolte pour certaines espèces employées. en teinture.
Les femelles de plusieurs Cochenilles fournissent aussi de la cire, et les laques découlent de certains arbres après que ces Insectes en ont piqué la surface.
On distingue trois catégories parmi les Insectes de cette famille :
1 . Dans quelques espèces de Coccidés, les femelles peuvent encore se mouvoir lors de la ponte ; les anneaux du corps, les antennes et les pattes restent toujours distincts, et le corps a une apparence cotonneuse due principalement à la sécrétion cireuse.
2. D’autres espèces ont leurs femelles immobiles au moment de la ponte; mais les anneaux de leur corps restent encore assez distincts.
De ce nombre est la Cochenille bu nopal ( Coccus cacti ), dite aussi du Mexique ou de Honduras, qui est répandue dans le commerce sous la forme de petits grains brun rougeâtre, comparables à de petites groseilles racornies, desséchées, de forme irrégulière, mais montrant encore la trace des segmentations.
Ces grains de Cochenille sont les corps des femelles desséchés. On en distingue de plusieurs sortes sous les noms de Cochenille noire, Cochenille grise ou argentée , et Cochenille rougeâtre. Celle-ci
(1) Mêm, , t IV, p. 1 et 81.
INSECTES
est la moins estimée. On partage aussi les Cochenilles en Cochenille mestègue ou fine, qui est la Cochenille cultivée dans les nopaleries, et Cochenille silveslre ou Cochenille sauvage.
Ces Insectes vivent sur une espèce de raquette, le nopalier ou cactus nopal, qui est originaire du Mexique, et n'ont été connus en Europe qu’après la découverte de l’Amérique. Ce sont eux qui fournissent la plus belle couleur rouge. Les Mexicains s’eri servaient déjà avant l’arrivée des Espagnols dans leur pays.
C’est en effet la Cochenille qui donne la magnifique couleur rouge que l’on emploie dans les arts sous le nom de carmin. Mêlée à un sel d’étain, elle fournit l’ écarlate.
Cette espèce est aussi employée en médecine : on dit la Cochenille cordiale et diurétique; elle sert à colorer les bonbons ou certaines pastilles médicamenteuses, entre dans la teinture d’Huxman, et sert en outre à la fabrication de poudres dentifrices. On lui a reconnu des propriétés sédatives dans certaines toux opiniâtres, et quelques médecins prescrivent du sirop de cochenille contre la coqueluche.
Yoici les résultats de l’analyse des Cochenilles du commerce :
D’après John.
Cochenille ou matière colorante. 50
Gelée 10,15
Cire grasse 10
Mucus gélatineux 14
Matière éclatante 14
Hydrochlorate alcalin...
Phosphate de chaux. . . .
— de fer ..... .
— d’ammoniaque
D'après Lepelletier et Caventou.
Matière animale sut generis.
Principe gras composé d’élaïne et de stéarine.
Matière colorante acide.
Phosphate de chaux.
— de potasse.
Carbonate de chaux.
Carminé.
La cochenille extraite des Cochenilles du Mexique par John est d’un rouge carmin, fixe à l’air sec, gélatineuse sous l’action de l’humidité, soluble dans l’eau, l’alcool et les éthers, ainsi que dans les acides et dans les alcalis caustiques, non précipitable par l’infusion de noix de galle, et très avide d’alumine, d’oxyde d’étain et de quelques autres oxydes. La carminé de Pelletier et Caventou (1818) est d’un rouge pourpre, inaltérable à l’air sec, fusible à 50 degrés centigrades, très soluble dans l’eau, insoluble dans l’éther; elle ne donne pas d’annnoniaque en se décomposant; l’alumine se combine avec elle.
La Cochenille du nopal esl originaire du Mexique, principalement
UEMUTKUKS.
ij — t)
(le Guaxaea et tTüaxaca. Elle est une des richesses de ces pays, et il a été longtemps défendu parles Hispano-Mexicains de chercher à en exporter la graine vivante. Cependant, vers la fin de l'année 1700, un Français, nommé Thierry de Menouville, exécuta le projet qu’il avait formé d’enlever aux Espagnols ce précieux Insecte.
Tl aborda au Mexique, et cacha si bien le motif de son voyage, qu’il parvint à embarquer et à conduire à Saint-Dofningue plusieurs caisses renfermant des cactiers vivants chargés de Cochenilles.
La plante qui nourrit ces Insectes et les Insectes eux-mêmes ont ensuite été introduits dans plusieurs parties de l’Espagne et aux Canaries, et les Cochenilles ainsi élevées ont pu être versées dans le commerce.
Des plantations analogues ont été faites en Algérie : à Oran, à Alger, à Bone, etc. Elles ont également réussi. L’initiative en est due à M. Simonnet. En 1853, on comptait dans la seule province d’Alger \h nopaleries, contenant 61,500 plantes. L’administration achetait alors les récoltes au prix de 15 fr. le kilogramme.
On fait également de la cochenille dans les possessions hollan daises de la Sonde, h la Nouvelle-Galles du Sud, etc.
3. Un troisième groupe de Coccidés est celui des espèces dont les femelles sont immobiles lors de la ponte et ne montrent plus aucune trace des anneaux qui séparaient les articles de leur corps. Cette section reçoit plus spécialement le nom générique de Kermès (g. Kermes ).
Tel est entre autres le Kermès nu chêne, appelé en latin Kermes ilicis, parce qu’on avait cru à tort qu’il vivait de préférence sur le chêne vert ( Quercus ilex), tandis qu’il se développe presque exclusivement sur une petite espèce fort différente de celle-là, le Quercus coccifera, qui est commun dans les endroits arides sur un grand nombre de points de la région méditerranéenne ; d’ailleurs on trouve aussi quelquefois le Kermès sur le chêne vert.
Les femelles ou les (jraines de kermès, dites aussi graines d'écar late , kermès animal , et, dans les officines, Coccus baphica, sont de la grosseur d’une groseille ordinaire, à peu près régulièrement sphériques, noires, brun foncé ou marbrées; elles adhèrent aux rameaux des petits chênes, ont l’air de petites baies, mais sont sèches et cassantes, et ont été prises autrefois pour des graines ou des galles.
Garidel et Réaumur ont démontré leur nature animale (1).
(I) De Meuve exprime encore, en 1695, une opinion tout à fait erronée au sujet de la nature du Kermès, qu’il appelle Coccus infectorius, Coccus baphica
INSECTES
Ces cochenilles, très employées dans le midi de l’Europe, en Orient et en Afrique, avant que l’on possédât la cochenille du Mexique, fournissent une belle teinture rouge - 1 et servent aussi en médecine. Elles entrent également dans la confection alkerrnès [Margaritarum kermesina), dans les trochîques alkermès, dans le sirop de kermès et dans un électuaire aphrodisiaque. Il y en a dans Y alkermès, sorte de liqueur ou d’élixir que l’on sert sur les tables en Italie, principalement à Florence et à Naples.
Suivant M. Lassaigne (1810), le kermès donne à l’analyse une matière grasse jaune ; une matière colorante rouge analogue à la carminé, de la coccine, qui est un principe animal particulièrement, ainsi que des phosphates et des hydrochlorates.
Le Kermès polonais [Fermes polonicus), que l’on trouve en Pologne, sur les racines du Scleranthus perennis, a des propriétés et des usages analogues. On s’en servait aussi beaucoup avant que le commerce eût reçu la Cochenille du nopal, et il a conservé de l’importance en Pologne, en Prusse et en Russie.
La laque, dont nous avons parlé comme devant quelquefois son origine aux Cochenilles, est une sorte de résine qui nous vient de la Chine et du Bengale. Elle transsude de certains arbres Ficus religiosa et inclica , llhamnusjujuba , Butea frotulosa, etc. . par suite de piqûres que leur font les femelles du Coccus lacca. La Laque en bâtons consiste en laque encore adhérente aux fragments du bois.
D’autres Cochenilles font sortir des arbres une sorte de manne, tel est en particulier le Coccus mammiparus, Ehrenberg, qui vit au mont Sinaï.
En Chine, on emploie, pour la fabrication des bougies, une espèce de cire ayant un peu l’apparence du sperma-ceti, qui est exsudée par une Cochenille, le Coccus sinensis de M. Westvvood (2).
Le Coccus ceriferus, Fabr., dont le nom indique une propriété analogue, vit au Bengale.
ou Grana tinctorurn. « C’est, dit-il, le fruit d’uu arbrisseau reuommé appelé Ilex. Cette graine n’est pas proprement le fruit de l'yeuse, mais plutôt un excrément et comme une salive rouge et luisante enfermée dans une petite vessie qui vient en dessous des feuilles, car cct arbrisseau ne porte pas seulement la graine dont il est parle ci-dessus, mais aussi le gland. »
(t) Les bonnets grecs sont teints avec celle substance.
(2) Voy. Daniel Hanburg, Phannaceutical Jom'n . , avril 1853, et J. Quckctt, ibid.
11E.MI ITERES.
Sous-ordre des l’oux.
Les Poux sont des insectes aptères, à bouche formée uniquement d'un suçoir en gaine inarticulée et armé à son sommet de cro-
Fig. 72. — Le rostre ou suçoir du Pou de tête. — 1. Le Rostre presque entièrement caché. — 2. Le même commençant à montrer des crochets. — 3. Les crochets épanouis. — 4. Le siphon perforant faisant saillie au-dessus des crochets.
chets rétractiles ; l’intérieur de ce rostre contient un tube corné composé de quatre soies; il n’y a ni palpes ni lèvre inférieure. Les antennes sont grêles, habituellement de cinq articles subégaux ou un peu décroissants, et dont le second est pl us long que les autres. Il n’existe point d’yeux composés et l’on n’aperçoit qu’un seul ocelle de chaque côté de la tête en arrière des antennes.
Le thorax est petit, presque toujours plus étroit que l’abdomen ; celui-ci est composé de sept à neuf segments qui portent des soies isolées et plus ou moins longues; on y voit six paires de stigmates. Les Poux ont les pieds grimpeurs, c’est-à-dire à jambe courte, épaisse et armée antérieurement à son extrémité inférieure d’une dent spiniforme, avec laquelle l’ongle du tarse, qui est luimême grand et recourbé, forme une pince, et c’est au moyen de cette pince qu’ils saisissent les poils des animaux sur lesquels ils vivent.
Les Poux manquent de jabot; ont les vaisseaux biliaires au nombre de quatre, libres, d’égale longueur et sans renflement; présentent deux paires de testicules dans le sexe mâle, et cinq follicules ovariens dans le sexe femelle; en outre, ils sont toujours privés de métamorphoses, les jeunes ayant déjà en naissant la forme qu’ils devront conserver pendant toute leur vie.
Fig. 73. — 1. Patle antérieure du Pou de tête. — 2. Patte postérieure du même.
INSECTES
Le dernier segment abdominal varie de forme suivant le sexe. Dans les mâles, il est proéminent, arrondi et percé à sa face supérieure du grand pore, qui est l’anus et dont on voit aussi sortir le pénis; celui-ci est charnu et armé d’une ou de deux pointes cornées. Dans les femelles, le môme segment est profondément échancré; quelquefois même il est comme bilobé; l’anus s’v ouvre entre ces lobes, et la vulve est à la face ventrale entre le dernier et l’avant-dernier segment; elle a son ouverture arquée, disposée transversalement et pourvue bilatéralement de caroncules subcornées. L’accouplement ne peut avoir lieu que lorsque la femelle se place sur le dos du mâle.
Les œufs sont attachés isolément ou en petits groupes aux poils des animaux sur lesquels vivent les Poux; on les connaît sous le nom de lentes.
Tous les Poux sont parasites des mammifères. Le groupe, peu naturel, dans lequel on les a souvent associés aux Ricins, a reçu le nom d ’Epizoïques (1). L’absence d’ailes, qui est un de leurs caractères les plus apparents, les a fait aussi ranger parmi les Aptères, dont ils sont alors une des divisions principales; mais en tenant compte de la forme de leur bouche et de leur défaut de métamorphoses, on a été conduit à les réunir aux Hémiptères, dont ils semblent, en effet, n’être que la dégradation extrême et les représentants privés d’ailes. Cette opinion avait déjà été émise par Fabrieius; elle a été reprise depuis lors par M. Burmeister et par quelques autres naturalistes.
Il n’y a qu’une seule famille de Poux, celle des PÉDICULIDÉS, que l’on partage en quatre genres sous les noms de Pediculus, Phthirius , Pedicinus et Hœmatopinus (2).
Genre Pou ( Pediculus ). L’abdomen est composé de sept segments ; l’apparence générale et l’ensemble des caractères sont les mêmes que dans le Pou de tête.
Ce genre n’a d’ailleurs que trois espèces qui sont toutes les trois parasites de l’homme.
(!) Epizoica ou Epizoa, Nitzsch, P. Gerv., etc. — Parasita, Latr. — Anoplura, Leach, Denny, etc.
(2) Voyez pour la description de leurs espèces et pour celle des Ricins : Redi, Œuvres diverses. — De Geer, Mém. pour servir à l'hist. des Insectes. — Nitzsch, Tliierinseklen ( Insecta epizoica), iu-8. Halle, ISIS, — Leach, Zoo/. Miscellany, t. lit, p. 45. — Burmeister, Généra Insccl. — Denny, Anoplurorum Britanniœ monogr., in-8. Londres, 1842. — P. Gerv. in Walkeuacr, llist. des lus. aptères, g III, p. 290; 1844.
Ces dégoûtants insectes vivent sur la tète et sur le corps; le Pediculus pubis e st une quatrième espèce, également particulière à l’homme, mais qui forme un genre à part, celui (les Pkthirius. Pou de tête ( Pediculus capitis). De couleur livide ou blanc cen-
Fig. 74. — Pou de tète.
dré ; tous les segments ont du noir au bord externe ; le thorax est en forme de carré long.
Swammerdam a donné une description détaillée de cette espèce dans son grand ouvrage intitulé Biblia naturœ. Linné l’appelle Pediculus humanus ; de Geer, Pediculus capitis, et Leach, Pediculus cervicalis. Elle est surtout fréquente sur la tète des enfants, en Europe du moins, car, dans beaucoup d’autres pays, les adultes en ont aussi en abondance ; ce qui tient à leur état de malpropreté.
En Europe, le Pou de tête des vieillards est plus petit que le Pou ordinaire des enfants et présente une autre apparence; il mériterait d’être examiné par les zoologistes.
On a aussi supposé que le Pou de la tête des nègres est d’une autre espèce que celui qu’on observe en Europe.
Cette opinion a été émise par M. Pouchet (1).
On a proposé plusieurs moyens pour tuer les Poux de tête : des lotions de petite centaurée ou de staphisaigre ; de la pommade additionnée d’onguent mercuriel , etc. Un des procédés les plus sûrs et en même temps les plus inoffensifs consiste à huiler largement les cheveux; ce corps gras tue les Poux en obstruant les trachées, ce qui empêche leur respiration de s’opérer.
(1) Traité élém. dezool,. t. Il, p. 205; 1841.
J INSECTES
Fig. 75.— Pou du corps femelle.
Pou nu corps ( Pcdiculus veatimenti . Jaunâtre uniforme ou blanc sale; tête avancée; forme ovalaire allongée; thorax subarticulé;
second article des antennes allongé; point de noir sur le bord des anneaux; pattes plus grêles que celles du précédent, allongées.
C’est le Pediculus humanus corporis de de Geer et le Ped. hum., variété J3 de Linné. Nitzscli et M. Burmeister ont reconnu qu’il formait une espèce à part et non une simple variété.
Il vit sur les parties pileuses du corps chez les gens malpropres ou dans leurs vêtements, principalement dans ceux qui sont faits avec de la laine.
Pou des malades ( Pediculus tabescentiian) . Entièrement jaune pâle; tête arrondie ;torax plus grand que dans le précédent, carré ; antennes plus allongées; segments abdominaux plus serrés.
On en doit une description exacte à M. Alt (1) et à M. Burmeister (2). Ce Pou est celui qui occasionne la maladie pédiculaire, qu’on appelle aussi phthiriasis , et dans laquelle on voit apparaître avec rapidité une très grande quantité de ces Insectes.
Cette triste maladie a été observée par les anciens comme par les modernes, mais elle est encore loin d’être connue dans tous ses détails. On cite comme en étant morts quelques personnages illustres appartenant à différentes époques et à plusieurs nations. Aujourd’hui elle est encore commune dans certaines parties de l’Europe où les habitants sont sales et malheureux. En Galice et dans les Ast uries, elle n’est pas rare ; en Pologne, elle accompagne, dit-on, la plique. Dans certains cas de phthiriasis, les Poux apparaissent avec une telle rapidité et en tel nombre que le vulgaire ne s’en explique la présence que par une génération spontanée 3). Amatus Lusitanus, médecin portugais du xvi' siècle, raconte naïvement qu’ils se produisaient si vite et en telle abondance sur un riche seigneur atteint de cette maladie, que deux domestiques étaient exclusivement occupés à porter à la mer des corbeilles remplies de la vermine qui sortait du corps de leur maître.
(1) Alt, Dissertatio de Phlhiriasi, iu-4, avec pl.Bonn, 1824.
(2) Généra Insect. , et Handbuch der Entomologie.
(3) Peut-être est-ce uu fait de parthéuogéuésie.
llKMIi’TKIUiS.
On ne possède encore qu’une seule observation de phthiriasis recueillie avec exactitude. Les Poux s’étaient développés sur le corps d’une femme de soixante-six ans. Le soir, surtout au lit, elle était prise d’une démangeaison insupportable. Elle avait des Poux au cou, au dos et à la poitrine ; ceux-ci disparaissaient quand la malade se refroidissait à ces endroits, mais il en reparaissait bientôt après. Ils ne se communiquèrent pas et furent détruits par l’essence de térébenthine. L’épiderme des parties signalées était malade et couvert de petites croûtes, dans lesquelles les Poux s’arrêtaient volontiers.
On ne possède encore qu’un petit nombre d’observations relatives aux Poux qui sont parasites des autres races d’hommes; la comparaison de ces Insectes avec ceux que l’on connaît en Europe offrirait cependant un intérêt incontestable.
Les nègres d'Afrique ont des Poux de tète. Au rapport des voyageurs, il existe aussi des parasites du même genre dans les cheveux des Indiens asiatiques et américains et dans ceux des habitants de la Nouvelle-Hollande. Labillardière a écrit depuis longtemps que les femmes des malheureuses peuplades de l’Australie mangeaient les Poux qu’elles prenaient sur la tête de leurs enfants (1); les Hottentots ont aussi cette sale habitude, qu’ils partagent avec les singes. M. de Martius, cité par Perty (2), fait remarquer que les Indiens du Brésil ont rarement des Poux, mais que la vermine est fréquente chez certains colons dont la paresse et la saleté sont extrêmes. On verrait quelquefois, suivant lui, des mères refuser de marier leur fille, pour ne pas être privée dans leur vieillesse de l’occupation de lui chercher les Poux. Justin Goudot nous a appris que les Poux sont rares chez les Indiens de la Madalena, en Colombie. Enfin Oviedo, l’un des premiers écrivains par lesquels on connut en Europe l’histoire naturelle des pays conquis en Amérique parles Espagnols, a écrit que, par le travers des Açores, les Poux disparaissaient sur les Européens qui faisaient voile vers l’Amérique et qu’au retour les navigateurs en étaient de nouveau attaqués, et cela dans les mêmes parages ; mais on sait bien aujourd’hui qu’il n’en est rien, et il y avait même des Poux en Amérique avant l’arrivée des Espagnols. Il faut ajouter cependant qu'ils y étaient fort rares. Perty rappelle une citation déjà ancienne et dont on ignore
(1 ) Une tète en chair deTasmanicn adulte, rapportée au Muséum par F. Eydoux, avait beaucoup de lentes.
(2) Deliciæ lnsecl. Brasilia!.
1XSKCTKS.
l’auteur, dans laquelle il est question du petit nombre de ces parasites que les premiers visiteurs du Brésil virent dans ce pays; et encore ces Poux, trouvés dans les couches des Indiens, sont-ils signalés comme plus semblables aux Phthirius inguinalis qu’aux Poux proprement dits.
Genre Phthirius (. Phthirius , Leach, . Thorax large, non distinct de l’abdomen, qui a huit segments, pour la plupart appendiculés latéralement ; antennes un peu allongées ; pattes antérieures grêles, non chélifères, ambulatoires.
Phthirius du pubis ( Phthirius inguinalis ). Pâle, avec la partie
moyenne du corps brun rougeâtre et les pinces des quatre pattes postérieures roussâtre clair ; corps de forme triangulaire émoussée; pattes assez longues; longueur totale moindre que dans les Poux véritables.
Cette espèce est le Pediculus inguinalis de Redi ; 1 ePediculus pubis de Linné et le Phthirius pubis de Leach. Geoffroy en parle dans son Histoire des Insectes des environs de Paris sous le nom de Morpion, par lequel on la désigne vulgairement en France.
Elle est la seule que l’on connaisse dans ce genre ; elle est exclusivement parasite de l’espèce humaine et n’a encore été signalée que dans la race blanche. Elle s’attache aux poils des organes reproducteurs, à ceux des aisselles, et quelquefois à la barbe ainsi qu'aux sourcils. Les rapports vénériens avec des personnes infestées de ces parasites repoussants ne sont pas l’unique moyen d’en contracter. On peut en prendre par le simple contact, par le linge qui en conserve, parles habits, etc., et les personnes les plus réservées en attrapent quelquefois sans qu’il leur soit possible de s’en apercevoir au premier moment et de dire comment ils les ont envahies. On détruit d’ailleurs fort aisément les Phthirius à l’aide de frictions faites avec de l’onguent mercuriel. On emploie aussi une infusion de tabac, des bains sulfureux, de l'essence de térébenthine, etc.
M. Burmeister a inséré dans son Généra une description détaillée
du P/iChirius pubis que nous avons reproduite dans notre Histoire naturelle des Aptères (1).
Genre Pedicinus ( Pedicinus , P. Gerv.). Abdomen de neuf segments, ovalaire; tète allongée; antennes de trois articles.
L’unique espèce de ce genre est le Pedicinus eurygastre [Pedicinus cunjtjaster), qui vit sur les singes et que nous avons recueilli sur plusieurs des espèces de l’ancien continent (Cynocéphales, Guenons,
Macaques), que l’on tient dans les ménageries européennes. C’est de tous les Poux des animaux celui qui se rapproche le plus , par son apparence extérieure, des Poux qui vivent sur l’homme; le Pou des Ouistitis (2), qui sont les derniers des Simiadés, est , au contraire, plus semblable aux Poux des Mammifères ordinaires,
et il doit rentrer avec eux dans le genre des
• „ Fig. 77. — Pedicinus
Hematopmus. eurygastre (des singes).
Genre Hématopinus (. Hœmatopinus , Leach).
Tête petite, tronquée en avant ou obtuse; les segments moyens de l’abdomen séparés les uns des autres, souvent dentés ou en saillie aiguë à leur bord; pieds de derrière plus longs que les autres; yeux difficiles à apercevoir.
On en connaît déjà plus de trente espèces, toutes observées sur des Mammifères, et dont MM. Burmeister et Denny ont principalement établi la diagnose.
Le chien domestique nourrit I’Héma- TOPINUS pilifère [H 'œmatopinus pilifer) , qui est uniformément de couleur testacée et a le corps de forme ovalaire
(fie- 78)*
M. Lucas signale une autre espèce également propre au chien ; c’est Y Hœmatopinus bicolor, observé en Europe sur un chien domestique qui avait été amené de la Louisiane.
Fig. 78. — Hématopinus pilifère.
(4) Walkenaer et P. Gerv., t. III, p. 300.
(2) Pediculus ( Hœmatopinus ) hapalinus, P. Gerv. loc. cil. , p. 4G3.
38 li
INSECTES
On trouve sur le bœuf I’Héma topinus ecrysterxk Hœmatopimis eurystemus) , qui a sur le corps quatre rangées de taches noires
Fig. 79. — Hématopinus eurysterne.
Fig. 80. — Hématopinus ténuirostre.
Fig. 81. Hématopinus du cochon.
(fig. 79), et ^Hématopinus ténuibostre ( Hœmatopinus tenuirostris), dont les taches sont sur deux rangs seulement fig. 80:. Cette seconde espèce existe aussi sur le cheval.
Hématopinus du cochon [Hœmatopinus suis). Il est brun, avec l'abdomen clair et les segments membraneux, mais pourvus de chaque côté d'une plaque cornée qui porte sa stigmate (fig. 81.
U Hœmatopinus stenops est l'espèce ordinaire aux chèvres.
U Hœmatopinus saccatus a été recueilli sur des boucs venant d'Égypte; on n'en a décrit que la femelle.
U Hœmatopinus tuberculatus appartient aux butfles d'Italie.
U Hœmatopinus phthiriopsis est parasite des buffles du Cap Bos cafter).
L' Hœmatopinus asini vit sur l'âne.
h’ Hœmatopinus cameli se tient sur le corps des chameaux.
Plusieurs espèces de Rongeurs ont aussi montré des parasites de ce genre ; il y en a de même sur le daman ( Hœmatopinus leptocephalus ) et jusque sur le phoque commun ( Hœmatopinus phocœ ).
Sous-ordre des Podurelles.
Après les Pédiculidés, nous citerons, plutôt comme un groupe incer'tœ sedis que comme formant réellement un dernier sous-ordre de la série des Hémiptères, les Podurelles, Insectes aptères.
HÉMirTÈRES. 383
sons métamorphoses, déjà étudiés avec soin par de Geer (î), et qui ont été,, dans ces dernières années, le sujet de plusieurs publications spéciales (2). Leur histoire offre d’ailleurs assez peu d’intérêt pour la solution des questions traitées dans cet ouvrage.
Les Podurelles, dont l’organisation présente des particularités très curieuses, sont ces petits Insectes sauteurs que l’on trouve en quantité dans les bois ou dans les jardins, et dont quelques espèces vivent jusque dans nos appartements.
On n’a guère observé jusqu’à ce jour que les Podurelles de l’Europe, et seulement celles de quelques localités ; cependant on en connaît déjà plus de cent espèces. Ces insectes ne paraissent pas moins variés sur les autres points du globe.
Les Podurelles ne forment, à vrai dire, qu’une seule famille, celle des PODURIDÉS, que l’on peut partager en deux tribus , les Sminthtjrins (g. Sminthurus et Dicyrtoma ) et les Podurins (g. Macrotoma , Lepidocyrtus, Orchesella, Heterotoma , Degeeria, Desoria , Isotoma, Achorutes, Lipura et Anoura ).
On trouve certaines espèces de Podurelles sur les bords de la mer, dans des endroits qui sont recouverts par la marée durant une partie de la journée. Tel est Y Achorutes maritimus, du Tréport (Seine-Inférieure) .
D’autres ( Achoi'utes aquaticus, etc.), vivent sur les eaux douces, au bord des rivières ou à la surface des lacs, que l’eau soit liquide ou quelle soit gelée.
Le Desoria glacialis est très abondant sur les glaciers des Alpes ; il est de couleur noire, et ses réunions se détachent nettement à la surface de la neige, qui semble alors comme recouverte par de la poudre à canon.
Les Anoura sont des Podurelles qui ne sautent pas et dont la bouche forme une petite trompe; particularité remarquable qui rappelle la disposition buccale des Hémiptères, des Diptères et des Myriapodes polyzonidés.
On en cite deux espèces : A. tuberculala (de Suisse) et A. rosea (de Paris).
(t) Mémoires, t. VII, p. 13.
(2) Bourlet, Mém. sur les Podures. in Soc. r. des sc., d’agr. et des arts de Lille, et Soc. r. de Douai, 1843. — Nicolet, Rech. pour servir à l'histoire des Podurelles, iu-4, 1841, extrait des Mém. de la Soc. helv. des sc. nat., t. VI. — P. Gerv., in Walk., Hist. nat. des 1ns. aptères, t. III, p. 397 ; 1844.
INSECTES
Ordre <Icn Oij>«<;rcs.
Ainsi que l’indique leur nom, ces Insectes sont pourvus de deux ailes, du moins dans la majorité des cas, et ils n’en ont jamais plus de deux. Ces ailes sont membraneuses et assez semblables à celles des Névroptères ou des Hyménoptères dans leur apparence générale. Ce sont les ailes postérieures qui manquent aux Diptères, mais on trouve chez beaucoup de ces Insectes deux petits organes rudimentaires auxquels on a donné le nom de balanciers, et, à la base de ces balanciers, deux pièces membraneuses dites ailerons ou cuillerons. Les balanciers sont généralement considérés comme représentant la seconde paire d’ailes. Il y a des Diptères tout à fait aptères; on reconnaît qu’ils appartiennent à cet ordre à la nature de leur bouche et à leurs transformations, qui sont analogues à celles des autres Insectes du même groupe. Ainsi leurs mandibules et leurs mâchoires ont la forme d’une lancette écailleuse, et leurs lèvres forment un canal en suçoir entourant cet appareil ; de plus ils se présentent d’abord sous la forme de larves.
Les insectes Diptères ont les glandes salivaires bien développées et leur salive est le plus souvent irritante ; un autre caractère qui leur est propre est de subir des métamorphoses complètes. Ils passent successivement par l’état de larve et par celui de nymphe avant de prendre leur forme définitive.
Les Diptères sont fort nombreux en espèces. C’est parmi eux que se placent les Mouches dont il y a tant de genres différents et les Cousins. On doit rapporter au même ordre les Nyctéribies qui sont aptères et les Nymphipares, que leurs habitudes parasites et certaines particularités de leur organisation rapprochent évidemment de ces dernières. Les Puces elles-mêmes, dont on fait souvent un ordre distinct, sont semblables aux Diptères par les caractères de leur bouche, par leurs métamorphoses et l’absence d'ailes, qui les distingue, ne doit pas plus les faire éloigner des Diptères ailés que les Nyctéribies, dont les affinités avec les autres espèces de cet ordre sont d’ailleurs si évidentes.
Nous partagerons les Insectes de cette nombreuse série en quatre sous-ordres :
1° Les Suceurs ou les Puces;
2° Les Nymphipares ou les Hippobosques et genres voisins ;
3° Les Chétocères ou les Mouches ;
4" Les Némocères ou les Cousins et les Tipules.
On a également admis que c’était auprès des Diptères, sinon
DIPTJSRJÎS.
dans le même ordre qu'eux, qu'il conviendrait de placer les Strepsiptères ou Rhipiptères ; mais quelques naturalistes en font, d’après Kirby, un ordre à part, et Schiodte avait dit, il y a trente ans, que c’étaient des Coléoptères. Cette dernière opinion méritait plus d’attention qu’on ne lui en a accordée.
Sous-ordre des Rhipiptères.
Ces Insectes (1), dont nous dirons seulement quelques mots, sont peu nombreux et ne forment que quatre genres (. Xenos , Elenchus, Stylops et Ha/ictophaya), dont les espèces vivent en parasites sur les Hyménoptères. Un les a trouvés sur les Guêpes, les Polistes, les Àndrènes et les Halictcs.
Ce sont des Insectes à métamorphoses complètes, et leur larve, qui est apode, ressemble à celle de certains Diptères. A l’état adulte, ils n’ont aussi que deux ailes comme les espèces de ce dernier ordre, mais ce sont les ailes postérieures; elles sont grandes, membraneuses, nervées longitudinalement et plissées en éventail. Il n’y a pour représenter les ailes antérieures qu’une paire d’appendices rudimentaires qui sont comparables à des balanciers. Les pattes sont terminées par des crochets. Les yeux sont gros et grenus. Les mandibules ont la forme de petites lames linéaires croisées l’une sur l’autre, et il y a des palpes maxillaires composées de deux articles. La bouche des Rhipiptères rappelle donc, à certains égards, celle des Insectes broyeurs.
Sous-ordre des Suceurs.
Les Puces, dont de Geer faisait un groupe à part, sous le nom de Suceurs ( Suctoria ) , ont été indiquées par Kirby sous celui d ’ Aphaniptères , et par Latreille sous celui de Siphonaptères. Dans la classification de ces différents entomologistes, elles forment un ordre distinct.
La famille des PULICIDËS, la seule qui comprenne ce groupe réunit, indépendamment de la Puce ordinaire, un certain nombre d’espèces à corps ovale, comprimé, quelquefois assez allongé, ayant la peau résistante, la tête assez petite et pourvue d’une paires de stemmates, mais sans yeux composés ; à antennes en général fort petites ; dont le thorax a ses trois articles séparés et
(l) Schiodlc, Danm. Eleulh., p. 21 ; voyez aussi pour ce groupe : Wicgmanu, .\rchw ., 1831, p. 200; et Th. Slebold, lahresb.d. Schles. Gesclls; Breslau, 1833.
386 INSECTES
comme entoilés; sans ailes ni balanciers, et dont l'abdomen est ovalaire ou allongé. Leurs pattes sont assez grandes, surtout les postérieures, et elles peuvent servir au saut. Leur bouche se compose essentiellement de trois sortes de parties: l°des palpes qui sont quadriarticulés et portés par une lamelle foliacée; 2* de deux lames spadiformes dentées sur leurs deux tranchants et qui sont les agents principaux des piqûres faites par ces animaux ; en effet, c’est avec elles qu’ils percent la peau, l’irritent et y font affluer le sang, que les Puces hument ensuite au moyen des contractions de leur jabot; 3° d’une gaine articulée, recevant dans une gouttière et soutenant par-dessous, dans leur action, les lames en scie; c’est la languette ; cette gaine est regardée comme formée par la réunion des deux palpes labiaux qui seraient composés de trois ou quatre articles chacun.
L’abdomen des Puces présente une forme particulière dans son neuvième ou avant-dernier anneau que l’on nomme pygidium. Ce pygidium porte un certain nombre de soies épineuses implantées au centre d’autant d’aréoles irrégulièrement disposées sur sa surface.
Les mâles ont deux stylets pour la copulation. L’accouplement a lieu ventre à ventre et la génération est ovipare. Chaque œuf donne une larve apode; la nymphe s’enveloppe d’une petite coque; toutefois la Chique ou Puce pénétrante offre sous ce rapport quelques particularités sur lesquelles nous reviendrons.
Il y a des Puces non-seulement sur l’homme et sur certain nombre de mammifères, mais aussi sur les oiseaux, particulièrement sur les poules et sur les pigeons domestiques; on en trouve également dans des endroits qui ne sont pas fréquentés par les animaux, et certaines espèces paraissent vivre de substances végétales. Les naturalistes ont décrit une trentaine de ces Insectes, et ils en ont fait plusieurs genres sous les noms de Pulex, Dermatophilus, Ceratopsyllus et Mycelophila.
La Puce irritante, ou Puce ordinaire [Pulex irritons), a la tète courte et non dentée sur ses bords ; la lame basilaire des mandibules articulée et cultriforme; les antennes courtes et cachées dans une rainure derrière l’œil; les tarses assez peu allongés et subépineux, et elle est de couleur roux brun.
Cette Puce attaque plus particulièrement l'espèce humaine; elle est surtout répandue en Europe et dans le nord de l’Afrique. On la trouve aussi sur d’autres points du globe. Certaines conditions favorisent plus particulièrement la multiplication de ces Insectes. Il y en a beaucoup dans les habitations malpropres, dans les ca-
semés et surtout dans les camps; leur action sur les nouveaux venus y est des plus insupportables; ils pullulent souvent dans des lieux abandonnés, principalement dans les masures, et Von en trouve parfois en abondance dans les bois et jusque sur les dunes ou les sables qui bordent certaines plages. Les endroits où campent les pêcheurs et ceux qui sont fréquentés par les baigneuses en ont quelquefois en quantité étonnante ; et à Cette comme à Palavas, auprès de Montpellier, on est plus particulièrement exposé à leurs atteintes lorsqu’on veut se reposer sur certaines dunes.
Les Puces font plusieurs œufs à chaque ponte; elles les placent dans les ordures, aux endroits peu accessibles, dans les fentes des parquets, dans le linge sale, dans la sciure de bois et jusque sous les ongles des personnes malpropres, principalement sous ceux des pieds. De ces œufs, qui sont blancs, suballongés et de la grosseur d'une très petite tête d’épingle, naissent les larves qui sont apodes, ainsi que nous l’avons dit, et se transforment en nymphes au bout de dix à douze jours, après s’ètre blé une petite coque soyeuse. Ces larves sont d’abord blanches, mais elles deviennent bientôt rougeâtres; elles ont beaucoup d’activité. Leur première nourriture consiste habituellement en un peu de sang que la mère a eu soin de placer dans le même lieu que ses œufs. ,
On a quelquefois mis les Puces en spectacle, et d’habiles ouvriers ont réussi à en enchaîner et à leur faire exécuter divers exercices des plus singuliers.
Comme chacun a pu l’observer, la piqûre de la Puce se reconnaît à la présence de petits points d’un rouge foncé entourés d’une auréole plus pâle. Après quelques heures, ces morsures ont une certaine', ressemblance avec des pétéchies, et l’on a quelquefois de la peine à les en distinguer. Les gens sales, ou qui passent la nuit dans des lieux où il y a beaucoup de Puces, ont souvent une grande partie du corps marquée de semblables taches. Leur linge est toujours taché par ces Insectes.
La Puce chique (Pulex pénétrons) , dont on a fait un genre à part sous les noms de Dermatophilus et de Sarcopsylla, est plus petite que la précédente, et elle a les stylets plus allongés dans le mâle, ainsi que l’abdomen plus développé dans la femelle et susceptible de se rentier en boule après la fécondation, par suite de la turgescence des organes reproducteurs.
Cette espèce est commune dans les parties chaudes de l’Amérique, principalement au Brésil et dansles pays voisins. Sa petitesse la rend difficile à saisir; elle a l’habitude de se cacher sous la
INSECTES
peau, principalement aux orteils, et c’est là qu’elle dépose ses petits. Les animaux domestiques en sont également tourmentés.
Fig. 82. — La Chique ( Pulex penetrans). — 1-2. Mâle et sa bouche très grossie. — 3. Femelle et sa vésicule abdominale.
Dans certaines localités, il est presque impossible de se soustraire aux attaques des Chiques : on en trouve jusqu’au Chili, et il yen a dans la Nouvelle-Grenade à la hauteur de Santa-Fé de Bogota.
Les mâles sont encore plus petits que les femelles, et ces dernières sont les seules qui s’introduisent sous la peau. Encore ne le font-elles qu’après avoir été fécondées, et dans le but de se procurer une nourriture assez abondante pour produire leurs petits et fournir à ces derniers l’alimentation qui leur est nécessaire. L'abdomen gonflé des femelles est rempli par les œufs, qui sont retenus à sa propre substance au mdyen d’une sorte de court funicule. On n’a pas encore examiné les larves. Pohl et Kollar pensent que les Pulex penetrans déposent aussi bien leurs œufs à terre que dans le derme de l’homme ou des animaux. La présence de ces Insectes est on ne peut plus douloureuse, et il faut recourir à une petite opération pour s’en débarrasser. On s’adresse souvent, dans cette occurrence, à des enfants, dont les excellents yeux aperçoivent aisément le point rouge de la peau par lequel la Chique s'est introduite et qui réussissent à l’extraire. Ils sondent avec une aiguille et, après avoir élargi la voie, enlèvent bientôt la Vésicule, c’està-dire l’abdomen de la Puce et toute sa lignée. Approchée d’une chandelle allumée, elle éclate comme un grain de poudre ; mais si la vésicule s’est rompue avant l’extraction, l’opération devient ellemême la cause de nouvelles douleurs par suite de la dispersion des petits dans la plaie.
Certains auteurs affirment qu’il résulte quelquefois de graves accidents de la piqfire de ces parasites, et ils recommandent de ne
pas négliger les petites cavités laissées à la peau par l'ablation des chiques.
Parmi les espèces de Pulicidés qui vivent sur les animaux, nous citerons les suivantes :
Pulex felis; du chat domestique.
Pulex canis; du chien domestique.
Pu/ex columbœ ; du pigeon domestique,
Pulex qallinœ; de la poule.
Sous-ordre des Nymphipares .
Ce sous-ordre comprend quelques genres de Diptères très singuliers qui vivent sur les Mammifères et les Oiseaux, et qu’on a quelquefois appelés, à cause de cela, Diptères épizoïques.
Ces Insectes ont le suçoir composé de deux soies insérées sur un pédicule commun, et leurs deux palpes servent de gaines à ce suçoir. Leurs antennes sont rudimentaires ou nulles, et ils manquent parfois d’ailes. Leur corps est coriace et plus ou moins raccourci; il s’élargit, en général, dans sa partie abdominale, ce qui, joint à la petitesse de la tête et à son rapprochement avec le thorax, donne aux Nymphipares quelque ressemblance avec les araignées. Ces Insectes ont les pattes robustes et terminées par des ongles en forme de griffes.
Ces singuliers Diptères sont vivipares ; leurs petits se montrent en naissant sous la forme de nymphes ou pupes, mais des observations récentes ont démontré qu’ils passaient leur premier état, ou l’état de larves, dans le corps même de leur mère. Les Nymphipares subissent donc les mêmes métamorphoses que les autres Diptères, et ce qui les distingue, c’est seulement la précocité de leur première transformation, celle-ci ayant lieu avant leur naissance. L’ignorance de cette particularité avait fait penser, mais à tort, que la natuv» les avait soustraits k l’obligation dans laquelle sont tous les aubes Diptères de passer d’abord par l’état de larves lorsqu’ils sortent Ce la vie embryonnaire. Ainsique nous l’avons déjà dit, il se pourrait que des observations encore plus suivies que celles auxquelles le développement des Insectes a donné lieu jusqu’à ce jour permissent de reconnaître des faits analogues chez les Hexapodes des autres ordres, que l’on considère encore comme étant privés de métamorphoses ou comme n’en ayant que d’incomplètes.
Les auteurs, qui ont étudié les Nymphipares, les ont signalés comme inférieurs aux autres Diptères. C’est là, en particulier, l’opi-
390 INSECTES
nion qu’en a émise M. Léon Dufour dans ses Etudes anatomique* et physiologiques sur les Pvpipares, publiées en 1 8'i5 dans les Annales des sciences naturelles. Cependant les principaux faits qu’on a observés sur les animaux de ce groupe pourraient tout aussi bien être interprétés dans un sens différent. La soudure de plusieurs de leurs anneaux, lorsqu’ils sont arrivés à l’âge adulte ; la concentration de leurs centres nerveux; la singularité même de leurs métamorphoses et le mode exceptionnel de leur parturition, tendent plutôt à les faire mettre au-dessus du reste des Insectes qui composent avec eux l’ordre des Diptères qu’au-dessous.
Il y a deux familles de Nymphipares : les Hippoboscidés et les Nyctéribidés.
Famille des HIPPOBOSCIDÉS. — Ceux-ci, qu’on appelle aussi Coriacés, ont la tête de grandeur médiocre, mais cependant très évidente encore, et le plus souvent ils ont des ailes. On n’en faisait autrefois qu’un seul genre, celui des Hippobosques, ainsi nommé parce que la principale de ses espèces vit sur les chevaux. Il y a aussi des Hippoboscidés sur d’autres mammifères et même sur des oiseaux, et l’on réunit provisoirement à leur famille un genre d’insectes parasite des abeilles. INitzseh, qui a fait une étude attentive des Insectes épizoïques, donne à ce dernier genre le nom de Braula, et l’espèce qu’il y place est le B. cœca.
Nous citerons aussi les autres genres actuellement admis, afin d’énumérer les espèces connues dans chacun d’eux; toutefois, leur caractéristique laissant encore quelque chose à désirer, nous renverrons, pour ce qui la concerne, aux ouvrages spéciaux dont les Hippoboscidés ont été l’objet (1).
Hutobosque (g. Hippobosca , Linné, partim; Feronia, Leach ; Nirmomyia, Nitzsch).
Hippobosca equina, Linn. ; la mouche-araignée de Réaumur vit en Europe, sur les chevaux).
Hippobosca camelina, Savigny (d’Égypte, sur les chameaux).
Hippoboscavariegata, Weidemann , ou H. macula ta. Leach Madras, nord du Bengale, cap de Bonne-Espérance).
Hippobosca ru ficeps, Wied., ou //. mandata, Macquart du Congo).
Hippobosca Francilloni, Leach (Bengale et intérieur de l'Afrique .
Hippoboscanigra, Perty (du Brésil, sur les chevaux'.
Mélophage ( Mclophagus , Latr. ; Melophila, Nitzsch).
(1) Leach, il Uni. de la Soc. veernerienne de Londres; 1817. — Nitzsch, Tliierinselcten (Insecla epizoica ,), in-S. Halle, 1818. — Macquart. Ilisl. nat. des Diptères , t. Il, p. G3i. — Walkcr, Diptères du Mus. britannique, p. 1110; 1848.
DirTÈRES.
Mdopliagus ovinus ou Hippobosca ovinn, etc. (parasite clans la laine des moutons).
LiroPTÈXE ( Lipoptenu , Nitzsch) .
Lipoptena cervina ou le Pediculus capreoli de Friscli, et le Pcdiculus cervi de Panzer (vit en Europe, sur les cerfs).
Lipoptena phyllostomatis, Perty (du Brésil, sur une espèce de Chéiroptères du genre Phyllostome).
Lipoptena Pteropi , Denny (de Flnde, sur la Roussette édule).
Strebla (g. Strebla , Dalman) :
Strebla vespertilionis, Daim, (du Brésil, sur une espèce de chauvesouris).
Ornitiiomyie ( Ornit/iomyia , Latr. ; Anapera , Meigen ; Cratœrim, Olfers ; Stenopteryx et Ocyptevum , Leacli; Omithobia, Meigen; Olfersia, Wiedemann).
O. avicutaria. — 0. hirudinis, etc. Ce genre, que Fon divise maintenant en plusieurs autres, renferme en tout une vingtaine d'espèces, dont Leach, Meigen, Walker, etc., ont donné la description. Elles vivent toutes sur les oiseaux. On en a quelquefois observé sur l’homme, mais elles y étaient venues à l’état adulte et étaient tombées du corps de quelques oiseaux, principalement de celui des hirondelles. Le dessin ci-contre représente au grossissement de la patte d’un de ces insectes ( Ornith . pallida) observés en Belgique sur un malade à l’hôpital de Louvain.
Un grand nombre d’Ornithomyes s’étaient attachés à sa peau au moyen de leurs griffes, et les draps de son lit furent tachés de sang.
Famille des NYCTÉRIBIDÉS. — Latreille 83. - Pattes d’un
Ormthomyia pallida
en fait sa tribu des Phtniromydes. Ce sont priS sur l’homme, des Diptères aptères à pattes très grandes et à tête, au contraire, fort petite et comme cachée sous la partie antérieure de l’abdomen. Les Nyctéribies (g. Nyctcribia, Latr.) sont de singuliers parasites, d’apparence aranéiforme, courant avec rapidité à l’aide de leurs trois paires de grandes pattes. On ne les a encore trouvées que sur le corps des Chéiroptères, où elles sont associées à diverses sortes de parasites du groupe des Puces et de celui des Acarides. Il parait en exister un assez grand nombre d’espèces, et l’on en trouve sur les chauves-souris de tous les pays et de tous
INSÜCTKS.
les genres. M. Westwood en a fait le sujet d une monographie, qui a paru dans les Transactions de la Société zoologique de Londres.
Il ne semble pas que l'on doive gn séparer le Megistopode Pilatei de M. Macquart, qui a des habitudes analogues.
Sous-ordre des Chétocères.
Les Diptères de ce sous-ordre sont beaucoup plus nombreux que les précédents, et leur forme, au lieu de rappeler celle des Cousins, ressemble toujours notablement à celle des Mouches. Leur corps est plus ou moins élargi, leurs ailes sont ovalaires et recouvrantes, leur tête est grosse et les yeux composés y occupent une place considérable. Les antennes de ces Insectes présentent, comme caractère presque constant, d’avoir leurs trois premiers articles plus forts que les autres, qui forment une petite pointe sétiforme que l’on prendrait, au premier abord, pour un appendice du troisième article.
C’est par allusion à cette disposition que les Diptères ont reçu le nom de Chétocères. M. Macquart les appelle Brachocères.
Ces Insectes ont la bouche en forme de trompe appropriée à la succion. Ils sont ovipares, et leurs larves, qui ont l’apparence de vers et la tête rarement distincte, sont apodes ; il est facile toutefois de les distinguer des vers proprement dits, c’est-à-dire des Entozoaires et des autres Helminthes, car les articles dont leur corps est composé ne sont pas en nombre supérieur à quatorze, et leur respiration est toujours trachéenne.
Ce sont ces larves des Chétocères que l’on connaît sous le nom de vers à queue, d 'asticots, etc. Elles vivent dans la terre, dans les eaux croupies, dans les excréments, dans les fumiers, dans le parenchyme des végétaux, et parfois dans le corps des animaux vivants. Elles aiment aussi les cadavres, et leur rôle principal semble être de les débarrasser de leurs parties putrescibles. Leur goût pour les matières organisées les rend très nuisibles dans les maisons : elles y attaquent les substances alimentaires, et plus particulièrement la viande et le fromage. Tl est facile alors de suivre leur développement sur les œufs que les femelles viennent déposer dans ces substances elles-mêmes.
Les Chétocères sont répandus sur tous les points du globe, et presque partout ils sont fort nombreux en espèces. M. Robineau- Desvoidy en a décrit près de dix-huit cents, toutes de la famille des Mouches proprement dites, qu’il a recueillies pour la plupart dans
le seul département de l'Yonne. Beaucoup d’espèces exotiques et quelques-unes de celles qui vivent dans nos pays sont remarquables par l'éclat de leurs couleurs.
L'étude zoologique de ces animaux a aussi été faite avec soin par Meigen, Fallen et Wiedemann, en Allemagne, ainsi que parM. Macquart, en France. Nous en résumerons la classification d'après Y Histoire naturelle des Diptères, publiée par le dernier de ces naturalistes.
I. Une première catégorie de Chétocères comprend les Mouches dont le suçoir est pourvu de six soies dans les femelles, de quatre seulement sur les mâles; dont les palpes sont coniques et couchés dans les individus femelles, ovales, au contraire, et relevés dans les mâles. Le troisième article de leurs antennes est annelé. M. Macquart les appelle Hexachœtes. La seule famille qu’ils constituent est celle des Tabanidés ou des Taons.
Famille des TABANIDÉS. — Ces grosses Mouches, dont il y a des représentants sur tous les points du globe, volent avec rapidité et en faisant entendre un fort bourdonnement, surtout pendant les heures les plus chaudes du jour. Elles inquiètent de préférence les quadrupèdes qu'elles piquent jusqu'au sang, au moyen de leur trompe ; leurs larves vivent à terre.
On divise les Taons en plusieurs genres. Parmi les Taons proprement dits se classent le Taon des boeufs ( Tabanus bovinus ) et une quarantaine d’autres espèces.
Le Taon pluvial [Tabanus pluvialis, L.) est devenu le type du genre Hœmatopota de Meigen, et le Taon aveuglant [Chrysops cœcutiens, Fabr.), rentre dans le genre Chrysops; il s’attaque de préférence aux chevaux, qu’il inquiète au point de les rendre momentanément aveugles.
IL La seconde catégorie des Chétocères (ou les Tetrachœtes, Maori uart) comprend des espèces dont le suçoir est de quatre pièces pour l’un et l’autre sexe ; le troisième article de leurs antennes est rarement annelé, et la partie styliforme de celle-ci est terminale. Ces Diptères forment trois familles appelées, d'après Latreille, Xotacanthes, Tanystomes et Brachyslom.es.
Famille des NOTACANTHES. — Ce sont des Tétrachœtes, dont les antennes ont le troisième article annelé ; ils comprennent plusieurs genres qu'on a groupés en trois tribus, sous les noms de Sicaires, Xylophayins et Stratiomydes. La plupart de ces Insectes vivent dans les bois.
Famille des TANYSTOMES. — Le troisième article de leurs an-
INSECTES
tennes est simple, et la partie styliforme y est terminale : la trompe est ordinairement allongée et coriace; les lèvres sont menues. 11 y en a huit tribus distinctes, auxquelles on a donné les noms suivants : Mydasins, Asiliques, Ht/bolides, Empides, Vésiculeux (g. Panops, etc.), iXémestr inides, Bombyliers et Anthracins.
Leurs mœurs présentent quelques variétés. Les premières tribus sont agressives et détruisent d'autres Insectes; les dernières recherchent les fleurs. Quelques espèces se réunissent en troupes nombreuses dans les airs, à la manière des Cousins : quelques Némestrines, certains Bombyles et divers autres sont remarquables par le grand allongement de leur trompe.
Famille des BRACHISTOMES. — Ayant le troisième article des antennes simple avec la portion styliforme insérée sur la partie dorsale; la trompe courte et membraneuse; les lèvres épaisses. Ils forment quatre tribus sous les noms de Xylotomes (g. Thereva, etc. , Leptides, Dolichopodes et Syrphides. Ces derniers sont les plus nombreux.
III. La troisième catégorie des Chétocères est celle des espèces qui n’ont, comme les Mouches ordinaires, que deux soies au suçoir, lequel est enfermé dans leur trompe. Le troisième article de leurs antennes est habituellement patelliforme, et leur partie styliforme, quand elle existe, ce qui est d’ailleurs le cas ordinaire, est implantée à sa face dorsale. Cette division répond à la famille des Athériceres de Latreille. Elle est très riche en espèces et elle est partagée en huit tribus qui portent, dans l’ouvrage de M. Macquart, les noms suivants : Scénopiens, Céphalopsides, Lonchoptérines , Platypézines , Conopsaires, Myopaires, Aluscides et Œstrides. Les larves des Œstrides, des Conopsaires, des Myopaires et d'une partie des Muscides peuvent être parasites des animaux vivants ; elles n’en sortent que pour passer à l’état de nymphes; celles des autres se développent dans les corps organisés, animaux ou végétaux, en voie de décomposition.
Chacune de ces divisions mérite une mention spéciale.
1. Les Scénopiniens ( Scenopinii , Meigen) sont principalement composés par le genre Scénopine ( Scenopinus , Latr.), dont les espèces se trouvent le plus souvent sur les vitres de nos appartements [Sc. fenestrcilis, etc.) ou sur les murs exposés au soleil.
2. Les Céphalopsides ( Cephalopsida , Latr., Megacephala, Meig.) sont de petits Diptères communs dans les buissons ou sur les herbes des prairies. Genres Pipuncule ( Pipuncidus ) . Atélé.nèyre Atelcncvra , et Ciialuue (Chai unis).
DIPTERES.
3. Los Lonchoptérines (ou le g. Lonchoplcra ) sont également peu nombreuses en espèces ; elles vivent sur les herbes dans les lieux aquatiques.
k. Les Plattpézines ne sont guère plus variées; elles se montrent, au mois de septembre, sur le feuillage des buissons et des haies (g. PlaUjpeza, etc.).
5. Les Conopsaires recherchent les fleurs pendant leur état adulte, mais leurs larves vivent en parasites dans le corps des bourdons (g. unique Conops).
6. Les Mvop aires , qu’on réunit souvent à la tribu précédente, forment plusieurs genres f Myopa, etc.) qui vivent sur des fleurs.
7. Les Muscides ou les Mouches ( Myodaires , Robineau-Desvoidy), dont les espèces sont extrêmement nombreuses, ont la partie styliforme des antennes ordinairement dorsale, et les ailes ainsi caractérisées quant à la disposition des nervures : une cellule sous-marginale ; trois postérieures et une anale courte.
Parmi ces Mouches, les unes recherchent les substances animales ( Muscides créophiles, Macq.), principalement la chair, soit celle des animaux vivants, soit celle des animaux morts; il y en a parmi elles qui vivent dans le corps des autres insectes ;
D’autres vivent sur les fleurs [Muscides anthomyzides, id. ) ;
D’autres, également très variées en espèces, mais en général plus petites et sans cuillerons, forment un troisième groupe ( Muscides acalyptères, Macq.) qu’on partage, ainsi que les deux précédents, en un grand nombre de genres.
Quoique les Mouches ne soient pas venimeuses par elles-mêmes, elles sont parfois k craindre, soit pendant leur état de larves, soit pendant leur état parfait. Dans le premier cas, elles envahissent nos substances alimentaires, et on les trouve quelquefois jusque dans nos organes; dans le second, non-seulement elles sont importunes, mais elles peuvent être dangereuses et déterminer des phénomènes morbides fort graves. C’est ce qui a lieu lorsqu’elles se sont nourries de substances en putréfaction et qu’elles viennent ensuite se poser sur quelque point dénudé de notre corps, et nous inoculer les éléments putrides dont leur trompe ou leurs pattes sont encore chargées. Ainsi certaines maladies infectieuses, et en particulier le charbon ou pustule maligne, prennent souvent naissance de cette manière, et des espèces très différentes de Mouches peuvent en porter le germe avec elles. C’est surtout en été et dans les établissements d’équarrissage, ou dans le voisinage des endroits où
insectes.
l'on tient des matières animales, en putréfaction, que ces phénomènes se présentent. Les malades ont souvent conscience de la manière dont l’infection leur a été communiquée.
Les Mouches les plus communes dans nos habitations appartiennent à plusieurs des genres qu’on a établi dans la tribu des Muscides. Il y a par exemple :
Des Stomoxes, dont les larves vivent dans le fumier et dont les adultes sont extrêmement importuns. Tel est, en particulier, le Stomoxe piquant ( Stomoxys calcitrans).
Des Lucilies (. Lucilia , Rob.-Desv.), comme la Mouche Cæsar Musca cœscrr, Linn.) qui est longue de trois ou quatre lignes et dont le corps est vert doré avec les pieds noirs.
Des Calliphores ( Calliphora , Ilob.-Desv.,, comme la Mouche a viande [Musca vomitoria, Linn.), longue de trois à six lignes et remarquable par son abdomen bleu à fdets blanchâtres.
La Musca vomitoria, est l’un de nos hôtes les plus dégoûtants et les plus incommodes. Cette Mouche dégorge sur la viande une liqueur qui en accélère la putréfaction et ensuite elle y dépose ses œufs. Les larves vermiformes qui en sortent se développent rapidement et se répandent sur toute la substance.
Des Mouches proprement dites [Musca, Rob.-Desv.), comme la Mouche domestique ( Musca domestica, Linn.), espèce cendrée, variée de noir, qui est surtout commune dans l'intérieur des appartements;
Et d’autres encore.
Les espèces de Diptères qu’on pourrait appeler domestiques changent d’ailleurs d'un pays à un autre.
La multiplication des Mouches est très rapide, ce qui faisait dire à Linné que trois mouches de l’espèce de Musca vomitoria pouvaient débarrasser la terre du cadavre d'un cheval aussi vite que le ferait un lion.
La Mouche du fromage, ou le Piophilus casei, dépose ses œufs sur le fromage, et il en sort des larves ayant également la forme de vers, qui se nourrissent aux dépens de cette substance.
C’est aux Muscides, et plus particulièrement a la Musca vomitoria et à la camaria, ainsi qu’aux espèces s’en rapprochant, que se rapportent les larves de cette famille que Ton trouve sur l’homme, soit chez des individus sales, soit chez d’autres atteints de plaies plus ou moins graves.
Diverses larves de Mouches ont, en effet, été trouvées parasites du corps de l’homme. On en a signalé dans un grand nombre de
DIPTERES.
circonstances, et l'on a reconnu qu’elles étaient de plusieurs espèces et même de plusieurs genres; voici quelques indications à cct égard :
Un mendiant du Lincolnshire mourut, en 1829, dans les circonstances suivantes : par un temps très chaud, cet homme s’étendit sous un arbre, après avoir placé sur sa poitrine entre sa chemise et sa peau, comme le font souvent les gens du peuple, le peu de pain et de viande qu’il destinait à son prochain repas. La viande fut attaquée par les Mouches, et les vers déposés par celles-ci passèrent des aliments sur la peau même de cet homme. Lorsqu’il fut trouvé, il était déjà tellement attaqué, que sa mort paraissait inévitable. On le transporta à Asbornby, et l’on fit venir un chirurgien qui déclara qu’il ne survivrait pas longtemps au pansement. Il mourut, en effet, peu d’heures après. Quand le chirurgien le vit pour la première fois, il présentait déjà un aspect effrayant; de gros vers blancs, dont l’espèce a été regardée comme étant la Musca carnaria, se remuaient dans l’épaisseur de sa peau et dans ses chairs qu’elles avaient profondément labourées (1).
Beaucoup d’autres faits, ayant avec celui-là une analogie plus ou moins grande, ont été enregistrés, et la présence de semblables larves de Diptères dans le corps de l’homme ou des animaux a même reçu un nom particulier, celui de Myasis (2).
M. W. Hope, dans son mémoire déjà cité, en énumère un grand nombre d’exemples dont nous allons donner la liste d’après lui, en conservant l’ordre suivant lequel il en parle :
1 . Des larves de Mouches ont été constatées en Irlande, dans l'estomac d’une femme. (Voyez Pickelh et Thompson, Tram. Coll. Physicians, t. V, p. 172.)
2. Musca vomitoria. Dans l’estomac d’une autre femme, en Irlande. Voyez D. Thompson, ibid. , p. 17Zt.)
3. Musca ctësar ? Dans l’estomac d’une femme, en Irlande. (D; Thompson, ibid. )
(1) Kirbyct Spcncc, 1. 1, 138; Roulin. Is. Geoffroy, etc. ( Journaux scienti -» fiques, pour l’année 1833).
(2) On a donné ce notn de Myasis au fait pathologique de la présence de larves de Diptères dans le corps de l'homme et des animaux, et, d’une manière plus générale, celui de ScAechiasit (Kirby et Spensc) à la présence des larves d’insectes dans les mêmes conditions. Nous avons déjà cité dans cct ouvrage les principaux cas connus qui ont été fournis par les larves des Coléoptères (p. 313), et par celles des Lépidoptères (p. 339).
INSECTES
li. Larves d’une petite espèce de Diptères. Kn Irlande, dans l’estomac d’une femme. (U. Thompson, ibid., p. 175.
5. Musca carnaria. Sur un mendiant du Lincolnsliire. Cas déjà reproduit ci-dessus.
6. Musca carnaria. Ayant occasionné la perte des yeux. J. Cloquet.
7 .Musca carnaria. Danslesintestins. Brera cité par Bremser, p. 32â.
8. Espece indéterminée. Dix-huit exemplaires dans les sinus frontaux d’un homme âgé. D’après Vohlfant. Ann. onatom. Soc., p. 521 .
9. Espèce indéterminée. Dans le sinus maxillaire d’une femme, d’après Latham. (Voyez les Medical Transact.
10. Espèce indéterminée. Dans les sinus frontaux, d’après Mangles. (Voyez Owen, Catal., n° 609.)
11. Espèce indéterminée. D’après Brookes, Owen. Catalogue, n° 609.) Cas observé en Angleterre.
12. Musca domestica. En France, sur la poitrine d’un enfant. (Fourcault, Echo dumonde savant, t. VIII, p. è02.)
13. Musca domestica. Des voies urinaires d’un homme, d’après Ruyset, cité par Clark.
1 h. Autre cas analogue.