‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 67 sur 96 · T X SECTES · texte numérisé non relu

T X SECTES

peu moins grande (|uc VA. lectulario, avec laquelle elle pourrait être facilement confondue à la première vue. Elle en diffère répondant par les caractères suivants :

Forme en général moins orbiculaire; couleur plus foncée; prothorax a bords arrondis, non marginés, ce qui lui donne une apparence plus convexe, et la rapproche de VA. hirundinis, et en même temps plus transversal, ce qui établit une ressemblance entre cette espèce et VA. columbaria ; abdomen rétréci à sa partie postérieure; les deux derniers articles des antennes amincis et filiformes, ce qui n’a pas lieu dans cette dernière espèce; pubescence faible; poils courts.

La couleur de l'Insecte est, en général, plus rougeâtre que dans l’espèce ordinaire; lesélytres, également rudimentaires, sont plus claires, ainsi que lebord antérieur du prothorax, et les pattes sont fauves.

Cette Punaise vit à l’ile de la Réunion (ile Bourbon . Elle attaque l’homme comme le fait celle d’Europe (1 .

Acanthte ciliée [Acanthia ciliata, E. Eversmann (2). Cette espèce, qui a été observée dans les maisons de Kazan, diffère de celle des lits, non-seulement par sa forme, mais par ses habitudes. Elle ne se fixe pas comme elle en sociétés sous les rebords et les fentes, mais se promène isolément sur les murs et les couvertures. Elle est paresseuse et marche à pas lents; elle semble toujours comme engourdie. Sa piqûre produit des enflures fortes et persistantes ; elle est beaucoup plus douloureuse que celle de l’Acanthie des lits, ce qui tient à la plus grande longueur du bec.

Deux espèces du même genre, mais encore différentes des précédentes, vivent aux dépens des oiseaux, ce sont :

L ’ Acanthia hirundinis (3), des hirondelles, et VA. columbaria des pigeons domestiques.

On en connaît une septième qui est particulière aux chauvessouris de nos pays; elle a été nommée Acanthia vespertilionis.

Certaines espèces du genre Corize ( Coriza ), qui vivent au Mexique, méritent d’être mentionnées à cause des qualités particulières de leurs œufs. Voici en quels termes M. Virlet d’Aoust en parle dans une note qu’il a récemment publiée :

« Dans les endroits peu profonds, des milliers de petits moucherons amphibies, voltigeant dans l’air, vont en plongeant de plusieurs pieds, et même de plusieurs brasses, déposer leurs œufs au fond de

(1) Ann. Soc. entom. de France, 2* série, t. X, p. 540, pl. 16, fig. 2 et 2 a.

(2) Bull, de la Soc. imp. des nat. de .Moscou, 1841, t. II, p, 359.

(3) Ann. of nat. Hist. London, t. III, p. 244, pl. 5, fig. 1.

l’eau, d’où ils ne sortent que pour aller probablement mourir à quelque distance de là.

» En même temps que nous assistions à ce spectacle saisissant et si nouveau pour nous, nous eûmes l’avantage d’assister aussi à la pêche ou à la récolte de ces œufs, lesquels, sous le nom mexicain d 'hautle (haoutle), servent d’aliments aux Indiens, qui n’en paraissent pas moins friands que les Chinois de leurs nids d’hirondelles, avec lesquels nous sommes à même d’assurer qu’il y a quelque rapport de goût. Seulement l’hautle est loin d’atteindre les prix élevés de ceux-ci, réservés, pour cette raison, à la seule table des riches, car, pour quelque menue monnaie, nous pûmes en emporter environ un boisseau, dont, à notre prière, madame B... voulut bien nous faire préparer une partie.

» On accommode cette graine de différentes manières, mais le plus communément on en fait des espèces de gâteaux qu’on sert avec une sauce que les Mexicains relèvent comme ils le font, du reste, pour tous leurs mets, avec du chilé, qui se compose de piments verts écrasés.

» Voici comment les naturels s’y prennent pour recueillir l’hautle : ils forment avec des joncs pliés en deux des espèces de faisceaux, qu’ils placent verticalement dans le lac à quelque distance du rivage, et comme ceux-ci sont reliés par un de ces joncs, dont les bouts sont disposés en forme de bouée indicatrice, il est facile de les retirer à volonté. Douze à quinze jours suffisent pour que chaque brin de ces faisceaux soit entièrement recouvert d’œufs, qu’on retire ainsi par millions. On laisse ensuite sécher au soleil, sur un drap, ces faisceaux pendant une heure au plus ; la graine se détache alors facilement. Après cette opération, on les replace dans l’eau pour une autre récolte (1). »

Ces singuliers œufs rappellent, à certains égards, par leur disposition, les fossiles si abondants à Saint-Gérand-le-Puy dans le Bourbonnais, qui forment le calcaire à indusies de cette localité.

M. Virlet, qui les compare aux oolithes, désigne par le nom de Mouches les insectes qui les pondent ; mais une note de M. Guérin fait connaître que ce sont des Hémiptères et qu’ils appartiennent au genre Corize.

Dès l’année 18â6, ces œufs avaient été signalés à l’Académie des sciences de Paris par M. Vallot, de Dijon (2). En 1851, M. Gué-

(1) Virlet d’Aoust, Comptes rendus hebd., t. XLV, p. 865.

(2) Compt. rend, hebd., t. XXIII, p. 774.

INSECTES

rin, alors de passage à Turin, reçut de M. Ghiliani une petite quantité des œufs dont on fait l’ haut le et quelques-uns des insectes qui les produisent. Ceux-ci sont des Corizesde deux espèces différentes. L’une a été nommée par Thomas Say Coriza raercemria dès l’année 1831, et cela d’après des exemplaires achetés au marché de Mexico ; l’autre parait nouvelle et reçoit de M. Guérin le nom de Coriza femorata.

Les œufs de ces deux espèces d’insectes sont fixés en quantité innombrable contre les feuilles triangulaires du jonc dont sont formés les faisceaux que l’on dépose dans l’eau pour en faire la récolte. Ils sont de forme ovalaire avec un petit bouton à un bout et en pédicule à l’autre.

Parmi ces œufs, qui sont très rapprochés et quelquefois fixés les uns sur les autres, il s’en trouve d’autres considérablement plus grands, allongés et de forme cylindrique, collés contre les mêmes feuilles de jonc. M. Guérin les attribue à un autre insecte plus grand qui serait du g. des véritables Notonectes [Notonecta) et très voisin des Notonecta americana et variabilis. Cependant comme l’insecte offre quelques caractères propres, il propose de le considérer comme spécifiquement distinct, et il l’appelle Notonecta unifasciata (1).

Sous-ordre des Homoptères.

Les Homoptères ont les ailes supérieures entièrement coriaces ou entièrement membraneuses, mais jamais sous la forme de demi-élytres ; leur bec naît de la partie inférieure de la tête. Ces insectes sont assez nombreux et rentrent dans trois grandes familles, les Cicadidés ou Cicadaires de Latreille; les Aphididés ou Pucerons ( Aphidii , Latr.) et les Coccidés ( Gallinsecta , Réaumur).

La famille des CICADIDÉS comprend, indépendamment des Cicadins ou Cigales proprement dites (g. Cicada), dont les mâles ont un appareil sonore, plusieurs autres tribus, parmi lesquelles nous citerons celles des Fulgorins ou Fulgores (g. Fulgora, etc.), dont les espèces, souvent phosphorescentes, ont été appelées porte-lanternes ; des Tettigonins (g. 7 ettigonia, etc.) ; des Membracins (g. Membracis , etc.).

Les Cigales sont variées en espèces dans les pays chauds ; elles sont déjà abondantes dans le midi de l’Europe ; et, pendant les mois de juillet et d’août, les localités les plus exposées aux ardeurs du soleil retentissent de leur chant monotone et strident.

(1) L'Institut, 1857, p. 409, cl Compt. rend, hebd., I. XLIV,

Telle est en particulier la Cigale commune ( Cicada plèbe i a ou Fraxinï). On la trouve quelquefois jusque dans la forêt de Fontainebleau. Les Romains et les Grecs mangeaient ces animaux; ils estimaient aussi leurs nymphes et les nommaient tettigom'etres.

La Cigale de l’orne ( Cicada orni ) est également propre au Midi. Elle fait découler de l’orne, en le piquant, un suc mielleux et purgatif qu’on a désigné sous le nom de manne, mais qui n’est pas la manne proprement dite. On la trouve aussi sur d’autres arbres, tels que les oliviers, les pins maritimes, les agaves, etc.

La famille des APHIDIDÉS ou des Pucerons (g. Aphis, L.) comprend de petits Insectes liomoptères, souvent même aptères, dont il y a plusieurs tribus. Les deux principales sont celles des Psyllins ou Psylles (g. Psylla) ; et des Aphidins ou Pucerons (g. Aphis).

Les Pucerons portent à la partie postérieure de l’abdomen deux petits tubes, sécrétant une matière sucrée, qui manquent aux Psylles, et ils n’ont pas comme eux la propriété de sauter. Ces Insectes, dont on a distingué un assez grand nombre d’espèces (1), vivent sur les végétaux; ils en sucent la sève et ils les couvrent souvent de la sécrétion sucrée qui leur est propre. C’est ce miellat qui attire vers eux les Fourmis; il enduit les feuilles du tilleul, de l’érable', du faux platane, du saule marsault, des orangers, des citronniers et de plusieurs autres espèces d’arbres. Les Pucerons se multiplient avec une extrême facilité et ils sont un des plus anciens exemples de parthénogénésie que l’on ait observés. Au printemps, les femelles font, sans accouplement préalable, des petits vivants, et il y a ensuite pendant l’été plusieurs générations successives pour lesquelles l’intervention des mâles est également inutile. Ces générations d’été ne donnent que des femelles, mais en automne les mâles reparaissent et fécondent les femelles, qui re deviennent alors ovipares et pondent sur les branches des œufs destinés à passer l’hiver.

Quelques Pucerons doivent aux dégâts qu’ils font d’être plus connus que les autres; de ce nombre est

Le Puceron lanigère ( Aphis lanigera), qui vit surtout aux dépens des pommiers, à la surface desquels il fait apparaître des excroissances. Quelquefois il occasionne la mort de ces arbres. Ce Puceron sécrète une matière blanche, d’apparence laineuse ou cotonneuse, dans laquelle il s’enveloppe. 11 n’était pas répandu aux environs de Paris avant 1832 ou 1833.

(1) Le genre Aphis proprement dit en réunit n lui seul plus de trois cents, i. 2â

INSECTES

D-’autrosespèces s’enveloppent dansdesvésicules,d nsdes feuilles ou dans de jeunes tiges, et elles y vivent en société. Il y en a de semblables sur l’orme, sur le pistachier, sur le peuplier, etc. Le pêcher, le rosier, plusieurs autres arbres de nos jardins sont également attaqués par les Insectes de cette famille.

Certains Pucerons déterminent sur les arbres des excroissances analogues aux galles produites par les Cynips ; les galles de l’orme, du térébenthe et du Dystylium racemosum sont, en particulier, dans ce cas.

Les COCCÏDÉS ou Cochenilles (g. Coccus, L.) forment une nombreuse famille, aujourd’hui partagée en une dixaine de genres, et dont on a déjà distingué plus de cent cinquante espèces 1 . Ce sont aussi de petits insectes, et ils vivent également sur les végétaux. Leurs caractères sont très singuliers et permettent de les reconnaître aisément.

Les femelles des Cochenilles sont aptères et larviformes; elles

Fig. 70.— Cochenille du Nopal, femelle.

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