Autre cas incomplètement observé
5. Dans la vessie urinaire d’une femme. Ziegler, Journ. littev. de Pise.)
On doit à M. Victor François, professeur de pathologie interne a rUniversité de Louvain , une notice sur la présence de larves Antho-
myes dans le tube digestif d’une jeune femme et sur leur sortie successive par l’anus. Cette notice a été communiquée à l’Académie de Bruxelles; nous donnons une figure de l’espèce qui en a été le sujet.
Un cas analogue est cité dans les publications de la Société microscopique de Londres, première année.
MM. Laboulbène et Ch. Robin en ont publié un troisième. Il s’agit d’une femme, observée par M. Jules Dubois , qui rendit , avec les matières vomies et avec les selles, des larves de Muscides vivantes appartenant à une espèce d’Anthomye :
Anthomyia ( Faunia ) saltatrix [ 1).
La lèpre a été attribuée par quelques auteurs à la piqûre d'un petit Diptère appelé Chlorops leprœ. C’est le Musca leprœ de Linné et. de Rolander.
MM. Arnaud et Livingstone (“2 parlent d’une Mouche de l’Afrique centrale, appelée Tzetse par les noirs, qui est si dangereuse par sa piqûre, qu’elle peut donner la mort même à un cheval. M. Arnaud a été piqué lui-même parmi de ces Insectes,
(1) Comptes rendus et Mcm. de la Soc. de biologie. Paris, 1856, iu-S, p. 8.
(2) Le docteur Livingstone a rapporté de l’intérieur de la Guinée un autre Iusccte dont nous ignorons aussi la classiûcittion, et qui sert aux noirs pour empoisonner leurs flèches. Quant il l’Insecte, également signalé par le même voyageur éonime une espèce de Mouche propre aux pays nègres situésau nord du lac N 'garni : c'ést le Tse-Tse , ou Tzetse, qu’on trouve aussi dans le Soudan et sous la zone du tropique méridional. Sa piqûre , inoffensive pour les bêtes sauvages, est dite mortelle pour les animaux domestiques, la Chèvre exceptée. Il suffit de trois ou quatre de ces Insectes pour tuer un gros bœuf. L'animal blessé maigrit rapidement et meurt au bout de. quelques jours. Le cœur, le foie, les pou-
Ttli'TKItE?.
et il en a souffert pendant plusieurs mois. Nous ignorons encore à quel genre les caractères de celte mouche doivent la faire rapporter et si c'est une espèce de la famille des Muscidés véritables.
Indépendamment de certains insectes qu’on appelle vulgairement des Mouches, et qui appartiennent à des familles différentes (1), plusieurs des nombreuses espèces de Muscidés sont nuisibles à l’agriculture. Une des plus connues est YOscinis frit, qui attaque l’orge; VO. pumilionis nuit au seigle, et le Chlorops lineala, au blé.
Un des principaux ennemis de l’olivier est aussi une espèce de Mouche, le Dacus oleœ dont la larve se tient dans l’intérieur de l’olive et en gâte la partie huileuse (2).
Les Tachinaires sont de petites Mouches dont les larves vivent comme celles des Ichneumons et des Chalcides aux dépens des autres insectes et en détruisent une grande quantité; sous ce rapport elles sont utiles aux agriculteurs.
Diverses larves de Mouches trouvées parasites de l’homme ont été quelquefois prises pour des entozoaires. Les Ascaris conosoma et stephanostoma de quelques helminthologistes ne reposent que sur des larves de Mouches incomplètement observées.
moüs sontdans un étatmorbideetlesangestaltéréetdiminué. Les Tsé-Tsé ne quittant pas les endroits où ils sesont'confinés, les indigènes évitent ces localités. S’ils sont forcés en cherchant des pâturages d’en traverser quelqu’une, ils le fontauc'lairde la lune et pendant les nuits les plus froides, parce qu’alors ces insectes ne piquent pas.
MM. Livingstone et Oswald, qui ont exploré ces régions, ont eu leurs bœufs et leurs mulets décimés par le Tsé-Tsé ( Revue des Deux-Mondes, seconde période, t. X, p. 671 ; 1857).
(1) Les personnes étrangères à l’entomologie, désignent souvent parla dénomination de Mouches des insectes étrangers nou -seulement à la famille des Muscidés, mais encore à l’ordre des Diptères. La plupart des Hyménoptères, beaucoup de Névroptères et même certaines espèces appartenant à des groupes encore plus différents de celui des Mouches par l’ensemble de leurs caractères, ont également reçu une même dénomination. On appelle les Abeilles des Mouches âmiel; les Cantharides des Mouches vésicantes, etc. Aussi, est-il à peu près impossible de pouvoir décider constamment, quel nom générique conviendrait aux insectes que les voyageurs signalent dans leurs relations comme étant des Mouches.
(2) L’olivier a plusieurs autres ennemis dans la classe des insectes : VHelysinus oleiperda et le Phloiotribus oleœ, de l’ordre des Coléoptères , passent leur état de larve sur les branches et les rameaux qu’ils dessèchent; le Coccus oleœ, espèce de la famille des Cochenilles, suce la sève des jeunes branches; le Psylla oleœ, autre Hémiptère homoptère, attaque les (leurs et fait avorter les fruits ; VElachisla olivella est un petit Lépidoptère qui ronge les feuilles, et l 'OEcophora o'ealla nuit à l’amande placée dans l’intérieur des noyaux.
402 INSECTES
Famille des ŒSTRIDÉS. — Les < (Estridés, appelés aussi Œstrides et plus communément Œstres, ont pour genre principal celui des Œstres. Ce sont des Diptères assez peu différents des Mouches proprement dites, qui ont le même genre de vol, la môme apparence extérieure, et qui appartiennent à la môme grande division de cet ordre. Leur trompe est plus ou moins rudimentaire ou môme nulle. Leurs larves sont garnies de plusieurs rangées de crochets; elles vivent sous la peau des mammifères ou dans l'intérieur de leur corps, qu'elles abandonnent lorsqu’elles vont se transformer en nymphes. Leur peau durcit alors et forme une sorte de coque.
Les larves des Œstridés sont connues sous le nom de taons. Elles occasionnent souvent des accidents assez graves. On les trouve sur les bestiaux et sur quelques animaux sauvages, tels que les cerfs, les antilopes, les espèces du genre Lepus et d’autres encore. Il n’est plus permis de douter qu’elles attaquent également l’homme, principalement en Amérique.
Certaines larves d’Œstres, parmi lesquelles on peut citer celle qui vit dans le nez des moutons, étaient déjà connues des anciens, et leurs mœurs singulières, le mal qu’elles font aux troupeaux, l’habitude qu’ont plusieurs d’entre elles d’attaquer parfois l’homme lui-même, ont appelé sur ces insectes l’attention des naturalistes.
Les ruses auxquelles les Œstres adultes ont recours pour assurer la multiplication ne sont pas moins remarquables que leur structure: aussi beaucoup d’auteurs, les uns appartenant aux siècles précédents,les autres ayant écritdanslesiècle actuel, s’en sont-ils occupés sous ce double rapport. Parmi les premiers, nous citerons Yallisnieri (1), neveu du célèbre Malpighi. Ce fut lui qui découvrit les métamorphoses des larves d’Œstres en insectes diptères, ou qui du moins les fit connaître aux savants. Après lui, Réaumur, et plus tard de Geer publièrent d’excellents détails au sujet de ces mêmes insectes; et, depuis eux jusqu’à nos jours, beaucoup d'autres observateurs ont également fourni à la science des matériaux nouveaux qui ont contribué à perfectionner les notions qu'elle possédait au sujet de ces Diptères. Deux de ces observateurs méritent une mention particulière. Le premier est Bracy Clark, savant vétérinaire anglais, qui a publié dans les Transactions linéennes de Londres trois Mémoires sur les Œstres (2). Le second est M. Joly, professeur à Toulouse,
(1) Espcrienze el Osservazioni intorno ail' origine, sviluppi e coslumi di varj insetti.
(2) 1“ An Essay on the Bots of t ha Ilorscs and others animais; 1798. — An Essay on the Bots of the Ilorscs and others animais et Appendia: or Supplément
DIPTERES.
qui a donné, dans son travail, un résumé de la plupart des découvertes faites par Clark et par les autres observateurs, et qui a su y ajouter lui-même plusieurs faits intéressants (1 ). On consultera aussi avec profit Numann, Schrœder, Van der Uoethen, etc.
En tenant compte des circonstances dans lesquelles vivent leurs larves, on a partagé les QEstridés en trois tribus sous les noms de Gastricoles , C avicoles et Cuticoles, et diverses particularités de leur forme, soit sous le premier état, soit à l’état parfait, permettent de diviser en genres les espèces de chacune de ces tribus. Ces genres ont reçu les noms d 'Œstre ou Gastrus, de Cépkalémyie , de Céphanémyie, d ’ Hypoderme, d’Edémagène et de Cutérèbre. M. Macquart leur associe le genre Colax de Wiedemann, dont on n’a encore décrit qu’une seule espèce, le Colax macula, originaire du Brésil. Il nous semble qu’on peut également en rapprocher, au moins d’une manière provisoire , le g. Trichobie ( Trichobius, P. Gerv.), dont l’unique espèce connue (2) est fort petite et a été trouvée sur le corps d’une chauve-souris de la Guyane (le Desmodus ru fus).
I. Les QEstridés gastricoles, ou ceux de la première tribu, sont ainsi nommées à cause de l’habitude qu’ont leurs larves de s’introduire dans le canal intestinal des animaux dont elles sont alors parasites. Ces larves ont la bouche armée de deux crochets aigus en forme de hameçons qui leur servent pour s’attacher à la muqueuse dans l’organe où elles se sont introduites; c’est habituellement sur la muqueuse de l’estomac qu’elles se fixent. Leur corps est garni de crochets disposés régulièrement par zones et dirigés en arrière; leurs stigmates postérieurs sont renfermés dans une espèce de bourse formée par les derniers segments, et qui peut s’ouvrir et se fermer ; ils sont composés d’un grand nombre de petits trous percés dans six bandes écailleuses.
Les femelles de ces QEstridés déposent leurs œufs auprès de la bouche ou sur le corps des quadrupèdes, et c’est en se léchant
toa Treatise on the Œstri and Culerebra of varions animais; 1813. — On the Insect catled Oistros by the ancients and of the truc species intended by them under this appellation; 1827.
(1) N. Jolv, Recherches anatomiques , physiologiques et médicales sur les QEstridés en général, et particulièrement sur les Œstres qui attaquent l'homme, le cheval, le bœuf et le mouton (publiées dans les Annales de la Société royale d'agriculture de Lyon, pour l’année 1846).
(2) Trichobius parasitions, P. Gcrv. , Allas de zoologie (publié par G. Baillière), p. 14, pl. 53, fig. 2.
INSECTES
l\OU
que ceux-ci introduisent les jeunes larves dans leur propre corps. Parvenues au terme de leur développement, celles-ci quittent
Fig. 85. — OEstre du cheval ( OEstms equi). — I. Larves implantées sur la membrane de l’estomac. — 2. Une de ses larves. — 3. Sa partie antérieure. — 4. Sa partie postérieure. — 5. L’insecte parfait.
l’estomac, descendent le long des intestins et se transforment extérieurement.
Les QEstridés gastricoles répondent au genre Œstre tel que les travaux modernes l’ont circonscrit.
G. Œstre (Œstrus, Linné, partim; Gnstrus, Meigen). M. Macquart en établit ainsi les caractères : point de cavité buccale; deux
DIPTÈRES. Zj05
petits tubercules (palpes?) ; cuillerons médiocres; ailes couchées; première cellule postérieure entièrement ouverte.
Les espèces de ce genre qu’on a décrites sont déjà au nombre d'une douzaine environ ; en voici l’énumération :
CEsti'us equi, Fabr., etc. Il attaque les chevaux; on l’a observé dans toute l’Europe et dans l’Amérique septentrionale. Nous en représentons la larve et l’insecte parfait dans la figure 85.
Œstrus salutaris, Clark. Vit sur le cheval en France et en Angleterre.
Œstrus Selysii, Cartier (de Belgique, auprès de Liège).
Œstrus hemon'hoidalis, Linné. Sa larve est parasite de l’intestin des chevaux (Europe).
Œstrus veterinus, Fabricius ; Œstr. nasalis, Clark; Gasterophilus Clarkii, Leach. Sa larve vit également sur les chevaux; sa présence a été aussi constatée chez l’âne, le mulet, le cerf et la chèvre (Angleterre).
Œstrus flavipes, Olivier (des Pyrénées).
Œstrus pretus, Curtis (d’Angleterre).
Œstrus subjacens , Walker (de l’Amérique septentrionale).
Œstrus pecorum, Fabricius (de la Jamaïque).
Œstrus libycus , Clark (de la haute Égypte).
Œstrus Clarkii, Shuckard (du cap de Bonne-Espérance) .
IL ÜEstridés cavicoles. Les OEstridés de la deuxième tribu ont leurs larves cavicoles, c’est-à-dire vivant en parasites dans certaines cavités du corps des mammifères, principalement dans les cavités buccale et nasale, mais point dans l’estomac ou l’intestin.
G. Céphalémyie ( Cephalemyia ). Le corps est peu velu; la tête est grosse et arrondie antérieurement ; il n’y a point de cavité buccale ; deux petits tubercules représentent les palpes; le style des antennes est terminal ; les cuillerons sont grands, et la première cellule postérieure des ailes est fermée. Pendant leur état de larve, ces insectes ont le corps plus déprimé que celui des Œstres, à articles plus distincts et garnis, mais en dessous seulement, par des tubercules spiniformes, qui sont d’ailleurs plus courts et plus nombreux que ceux des Gastricoles. Les deux plaques postérieures qui recouvrent les stigmates sont à peu près circulaires. Il y a auprès de la bouche deux petits crochets en hameçon. Ces larves sont très faciles à distinguer, par les caractères que nous venons d’indiquer, de celles qui vivent dans l’estomac des chevaux, et qui appartiennent au genre des véritables Œstres. On en trouve fréquemment dans les cornets olfactifs et dans les sinus frontaux des moutons, aussi bien en Europe qu’en Asie et en Afrique.
INSECTES
On ne distingue encore qu’une seule espèce de Céphalémvie, la Géphalémyie bu mouton [Cëphàlemeyia ovis), que Linné, Fabricius, etc. appelaient Œstrus ovis. C’est un animal très anciennement connu. Les larves de cette espèce ont passé autrefois pour un remède souverain contre l’épilepsie. Les anciens disaient qu’Apollon lui-même en avait enseigné les propriétés aux hommes.
G. Céphénémyie ( Cephencmeyia , Latr.L La trompe est petite et arrondie ; les deux palpes, qui sont insérés au-dessus d’elle, sont réunis par leur base ; le troisième article des antennes est comprime; le style est basilaire ; l’abdomen est court, large et arrondi ; la première cellule postérieure des ailes est entr’ouverte à l’extrémité.
Le renne nourrit la larve d’une espèce de ce genre; elle se tient dans ses sinus frontaux; cette espèce est la CéphAkémyœ trompe {Cephanemeyia trompe) ou QEstrus trompe de Linné. Elle vit non-seulement en Laponie, mais aussi en Saxe où il n’y a pas de rennes, et il est probable qu’elle y dépose ses œufs sur les cerfs. M. Walker la cite également en France.
M. Macquart rapporte au même genre :
Le Cephanemeyia auribarbis , décrit par Meigen (de l’Autriche) ;
Et le Cephanemyia stimidator , signalé par Clark (du nord de l’Europe) .
M. Walker ne sépare pas les Céphanémyies et les Céphalémvies d’avec les Hypodermes et les OEdémagènes, inscrits dans son catalogue à la suite de la Céphanémyie trompe; tels sont :
L 'Œstrus probifer, de Clark;
UŒstrus Clarkii, de Shuckard, qui vit au cap de Bonne-Espérance;
Et Y Œstrus supplens, dont M. Walker donne lui-même la description à la page 68 à de sa Liste des Diptères du Musée britannique. Cette dernière espèce est de la Nouvelle-Écosse, dans l’Amérique septentrionale.
III. Œstribés cuttcoles. Les CE s tri dé s de la troisième tribu ont des larves cuticolos, c’est-à-dire qui s’introduisent dans la peau des animaux dont elles sont parasites, au lieu de gagner leurs cavités sensoriales ou leurs intestins. Elles y déterminent des tumeurs qui s’abcèdent et produisent autant de fistules ou cautères qui affaiblissent plus ou moins les animaux qui en souffrent. Cette tribu a pour type le genre des Hypodermes, dont les larves ont auprès de la bouche plusieurs mamelons émoussés, mais point de crochets en hameçons. Ces larves ont les deux stigmates principaux situés à la
DIPTERES.
surface de deux pièces cornées en forme de croissants, visibles à l’extrémité postérieure du corps ; elles respirent en dirigeant ces stigmates vers l’orifice de la plaie qu’elles habitent. M. Macquart fait remarquer, en outre, que les pointes qui garnissent la partie antérieure de chacun de leurs segments sont dirigées en arrière, tandis que celles de la partie postérieure le sont en avant. Au moment de leur transformation, elles sortent à reculons de leur retraite, tombent à terre et y cherchent un abri où elles resteront jusqu’à ce qu’elles puissent prendre leur vol.
On rapporte encore à ce groupe les Œdémagènes et les Cutérè bre s, dont le genre de vie est analogue à celui des Hypodermes, mais toutes les larves des espèces rangées dans ce dernier genre n’ont pas les caractères principaux de celles des Hypodermes, et il en est dont la bouche a des crochets. L’étude de leurs transformations montrera si ces ÜEstridés appartiennent ou non à la troisième tribu.
C’est dans cette tribu qu’il faut classer, à cause de leur genre de vie, les Œstrusantilopœ, dont la larve se fixe sous la peau des antilopes. Pallas les a recueillis pendant ses voyages en Asie.
La même remarque s’applique à YŒ. titillator , Clark, trouvé en Syrie, sur des antilopes, par Savigny.
La plupart des ÜEstridés qu’on a signalés sur l’homme sont également cuticoles.
G. Hypoderme ( Hypoderma , Clark). La trompe n’est point distincte, et l’ouverture buccale, qui est petite, est en forme d’Y ; il n’y a pas non plus de palpes distincts; le troisième article des antennes est fort court et transversal ; la première cellule postérieure des ailes est entr’ouverte à son extrémité, et la nervure transversale de la cellule discoidale fort oblique.
L’Hypoderme du bœuf [Hypoderrna bovis), ou YŒstrus bovis des auteurs du xvm' siècle, est la seule espèce authentique de cegenre. A l’état d’insecte parfait, il a cinq à six lignes de long; son corps est noir avec des poils, les uns noirs, les autres fauves ; ses pattes sont en partie jaunâtres ; ses ailes passent au brun. Cet insecte vit dans toute l’Europe. Sa larve attaque les bœufs ; on la nomme Taon. C’est une des espèces sur lesquelles M. Joly donne le plus de détails dans son Mémoire.
11 y a aussi un OEstridé cuticole du genre Hypoderme qui attaque le cheval, et l’on en cite un autre sur le rhinocéros d’Afrique.
G. Édémagèn'E ( Œdemagena , Clark). La trompe est nulle; l’ouverture buccale est linéaire, élargie supérieurement, pourvue de deux palpes rapprochés et de deux articles chacun; les crochets et les
INSECTES
pelotles des tarses sont grands ; la première cellule postérieure des ailes est entr’ouverte à l’extrémité, et la nervure de la cellule dis— coïdale presque perpendiculaire à sa base.
L’Édémagène nu renne (Œdemagena tarandi, répondant à VŒstrus tarandi de Linné) est l’unique espèce de ce genre. 11 vit en Laponie; la femelle dépose ses œufs sur le dos des rennes, et les larves y produisent des tumeurs analogues à celles que les Hypodermes occasionnent aux bœufs.
G. Cutérèbre ( Cuterebra , Clark). La tête est un peu renflée en avant; la cavité buccale est étroite et triangulaire et la trompe très petite ; le troisième article des antennes est ovoïde et le style est plumeux; les pelotes tarsiennes sont assez larges ; enfin la première cellule postérieure des ailes est entr’ouverte à l’extrémité.
Les Cutérèbres sont des OEstridés cuticoles à la manière des Hypodermes et des Édémagènes, et leurs larves ont plus d’analogie avec celles de ces derniers qu’avec cellesdes Œstres véritables. Leur présence détermine des abcès. On les trouve principalement sur les bœufs ; il y en a aussi sur les lièvres et les lapins. En Amérique, les chiens en sont quelquefois atteints; on en a aussi observé sur le jaguar et même, assure-t-on, sur des singes. L’homme n’est pas exempt de leurs atteintes, et nous compléterons l’histoire de ce genre en rappelant les principales observations auxquelles la présence de ces animaux sur notre propre espèce a donné lieu.
La plupart de ces Diptères vivent en Amérique, et ce n’est que dans ce continent qu’on les a vus attaquer l’homme. On ne cite que deux espèces de Cutérèbres dans l’ancien monde, l’une et l’autre de la Russie, où elles vivent sur les lièvres et les lapins : Cuterebra leporina ( GEstrus leporinus , Pallas) ; des lièvres de l’Altaï. — Cuterebra cunicula , Clark, de la Géorgie; sur les lièvres et les lapins.
Les espèces américaines ont reçu les noms suivants :
Cuterebra buccata ( Œstrus buccatus , Fabr., et Cut. purivora, Clark). De la Caroline du Sud ; sur les lièvres.
Cuterebra cauterium, Clark (ou Musca americana, Fabr.). De l’Amérique septentrionale, dans les forêts de la Nouvelle-Écosse.
Cuterebra horripilum , Clark. De la Nouvelle-Écosse.
Cuterebra fontanella , Clark. De l’Amérique septentrionale.
Cuterebra ephippium , Latreille. De la Guyane.
Cuterebra cayennensis, Macquart. De la Guyane.
Cuterebra cyaniuentris , Macquart. Du Brésil.
Çy.(eycbrg nqxiojis, Goudot ( Ann.sc . nat., 3e série, t. III, p. 229,
DITTÉRES. Z»00
pl. U bis, fig. 1-6). La larve est parasite des bœufs, des chèvres, et accidentellement de l’homme. Vit en Colombie.
Cuterebra rufiventris, Macquart. Du Brésil.
Cuterebra analis, Macquart. Du Brésil.
Cuterebra terrisona, Walker. Du Guatimala.
Cuterebra apicalis, Guérin. De l’Amérique, région inconnue.
Cuterebra patagonica, Guérin. De Patagonie.
Des Larves d’Œstridés trouvées sur l’homme. — La Condamine, Barrère et d'autres voyageurs du dernier siècle, qui ont parcouru l’Amérique méridionale, disent que l’on voit parfois dans ce continent, soit sous la peau, soit dans les narines de l’homme, des larves d’insectes qu’ils comparent à des Œstres. Ils disent aussi que ces larves, toujours fort incommodes, occasionnent quelquefois do graves accidents.
En 1753, Arture, médecin du roi à Cayenne, communiqua à l’Académie des sciences de Paris que, dans la même partie de l’Amérique, il arrive, en effet, que des personnes malpropres ou peu vêtues sont souvent affectées de tumeurs considérables causées par la présence de vers semblables à ceux qui vivent sous la peau des animaux avant de se transformer en Mouches. Les habitants les nomment macaques. Ils les guérissent, ajoute-t-il, en faisant périr ces insectes par l’application de feuilles de tabac.
M. de Humboldt a rapporté des faits analogues. Il a vu des Indiens dont l’abdomen était couvert de petites tumeurs occasionnées, à ce qu’il présume, par la présence de larves d’Œstres. Cette indication est rapportée par Latreille, qui suppose que les Œstres dont il y est question appartenaient sans doute au genre des Cutérèbres.
Ces parasites ont reçu de plusieurs auteurs le nom d’ŒsiRE de l’homme Œstrushominis ) ; mais ce ne sont pas des Œstres véritables.
M. Roulin a vu à Marquita, dans la Nouvelle-Grenade (1), un homme qui avait au scrotum une tumeur conique dont le diamètre était de plus de deux pouces à la base et dont la hauteur avait sept ou huit lignes. Le sommet très rouge présentait au milieu une petite ouverture dont la largeur n’était guère que d’une ligne. M. Roulin, ayant agrandi cette ouverture avec la pointe d’une lancette, en fit sortir une larve, qui avait au moins dix lignes de long et cinq ou six de diamètre dans la partie la plus grosse, où elle offrait
(1) lin autre fait semblable, qui avait été observé au môme lieu, est rapporté par Treherne, et cité par M. Hope dans son Mémoire sur les insectes dont les larves ont été accidentellement trouvées sur l’homme.
INSECTES
MO
plusieurs rangées de petites épines noirâtres. L’auteur de l’observation ajoute que cette larve lui parut entièrement semblable k celles qui, dans la môme région, vivent en grande abondance sur la peau du bétail, principalement aux deux côtés du cou et sur les épaules.
On doit à M. Roulin l’indication d’un autre fait de ce genre. Il est relatif à une larve d’QEstridé qui s’était développée sur le cuir chevelu d’un homme. Cette observation avait été faite dans la même région, mais par une autre personne et elle lui a été communiquée.
Un semblable^parasite, trouvé aussi sur la tête d’un homme dans l’île de la Trinité, est déposé à Londres dans le Collège des chirurgiens. M. Hope l’inscrit dans son Mémoire sous le nom d ’OEstrus Guildingii.
C’est encore à des larves analogues que se rapportent les détails recueillis au Brésil , dans la province de Minas Geraës, par le docteur d’Abreû, en 185â, et que M. von Siebold a reproduits dans son article Parasites du dictionnaire de Wagner.
Dans cette province, on nomme Berne un animal qui, dans plusieurs contrées, principalement dans le district de Rio das Yilhas, attaque l’homme. Il est en même temps commun sur les bœufs. Sa présence sur l’homme est indiquée par le prurit, la rougeur et ensuite le gonflement; au bout de quelque temps, ce gonflement diminue, et l’on découvre l’orifice par lequel le parasite s’est introduit. Cet orifice laisse épancher du pus et un liquide blanchâtre. Les gens ainsi attaqués ont de la céphalalgie et un peu de fièvre. Leurs plaies occupent surtout la région lombaire, le scrotum, les membres, c’est-à-dire les parties, autres que la face, qui sont le plus souvent exposées à l’air. On peut faire mourir en vingt-quatre heures ces OEstridés au moyen d’un emplâtre d’une certaine résine, et on les fait ensuite sortir par la pression. Les personnes sédentaires ne sont pas sujettes à cette maladie.
M. Guérin a publié une note sur des larves, semblables aux précédentes quant à leur genre de vie, que le docteur Guyon avait trouvées à la Martinique, sur un nègre atteint de la variole, et dont le chirurgien de la marine Busseuil a aussi rapporté des exemplaires en France. Ces larves avaient cinq lignes de long; leur diamètre était d’une demi-ligne environ à l’extrémité postérieure qui était comme tronquée, tandis que l’antérieure était, au contraire, fort amincie. Le corps paraissait compose de onze articulations indiquées par autant de zones garnies de crochets cornés, très petits et dirigés en arrière. Tl y avait près de la région buccale deux crochets un peu recourbés, ce qui devrait faire rapporter ces larves à
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des Œstres véritables, plutôt qu’à des QEstridés cuticoles; et, en effet, M. Guérin fait remarquer qu’elles avaient les caractères do celles des Gastricoles, sans être pourtant identiques avec celles figurées par Clark. Nous devons cependant rappeler ici que M. Goudot décrit la larve du Cuterebra noxialis comme ayant également deux crochets buccaux. Ces parasites, décrits par M. Guérin, différaient sans doute aussi par leur espèce de ceux signalés par MM. Roulin et Goudot.
De son côté, M. Howship a communiqué à la Société royale de Londres deux cas de larves d’Œstridés trouvées parasites sur l’homme; l’une et l’autre également observées dans l’Amérique méridionale; un de ces cas a été fourni par un soldat en garnison à Surinam.
M. Percheron en a signalé un autre pour le Pérou.
L’observation publiée par M. Justin Goudot, et que nous avons déjà citée, est plus complète; elle mérite donc d’être reproduite en détail.
Quoique ce naturaliste n’ait constaté les caractères zoologiques de l’insecte parfait que sur des individus qui avaient vécu sur des bestiaux, cependant il ne doute pas que les Cutérèbres qui attaquent l’homme dans la Colombie, n’aient les mêmes caractères que ceux du bœuf et du chien ; ils se rapprochent beaucoup du Cuterebra cyaniventris , mais ils lui paraissent néanmoins constituer une espèce à part (1). Il en a eu lui-même sur différente parties du corps. Un de ces parasites, qu’il a conservé pendant une quinzaine de jours sur sa propre cuisse, lui a permis de constater l’espèce de succion qu’exécutent les larves des Cutérèbres, principalement de grand matin et sur le soir. Il en compare la douleur à celle qu’on produirait en enfonçant vivement une aiguille dans la peau.
Dans l’Amérique septentrionale, les Œstridés peuvent occasionner de semblables accidents lorsqu’ils déposent leurs œufs sur le corps de l’homme. Say, entomologiste distingué de Philadelphie, a publié (2) la description de la larve d’un animal de cette famille, peut-être celle d’un Cutérèbre, que le docteur Drick avait retirée d’une tumeur survenue à sa propre jambe.
Ce que nous avons dit, d’après M. Guérin, au sujet des deux crochets buccaux existant sur les larves recueillies par M. Guyon doit nous faire supposer que les différentes larves d’Œstridés qu’on a observées sur l’homme dans les diverses parties de l’Amérique,
(1) Cuterebra noxialis, Goudot.
(2) Trans. Acad. nat. se. Philadelphia, t. II.
INSECTES
n’appartenaient pas toutes au genre des Gutérèbres. Les larves de ce dernier groupe passent en effet pour être dépourvues de semblables crochets; et comme il n’y a pas d’espèces congénères dans l’Europe centrale ou occidentale, il est bien évident qu’il faut rapporter à des Œstres véritables ou du moins à d’autres genres que celui des Cutérèbres, les larves d’Œstridés trouvées, en Europe, dans les oreilles, dans les fosses nasales ou dans l’estomac des différents sujets humains. Yoici quelques indications à cet égard :
1. Dans une notice intitulée : De vermibus per 'tiares exsertis, qui a paru dans les Actes des curieux de la nature, pour l’année 1790, Wohlfart fait mention de dix-huit vers qui furent rejetés des fosses nasales d’un vieillard qui se plaignait depuis plusieurs jours de violents maux de tête. Au bout d’un mois, ces vers se transformèrent en mouches. Malheureusement ce qu’en dit l’auteur ne permet pas de décider si c’étaient des Mouches ordinaires ou de véritables Œstridés; la première opinion parait la plus probable 1) .
2. Bateman parle, d’après Heysham, de trois larves d’Œstridés qui furent retirées du gosier d’un homme, en Angleterre.
3. Bracy Clark rapporte à l’Œstre du bœuf (g. Hypoderma ] une larve qui fut extraite de la mâchoire d’une femme morte en 1687.
k. D’après le même auteur, il faut attribuer au même genre des larves qui furent rejetées des sinus frontaux d’une femme; fait dont il devait la communication au savant ornithologiste anglais Latham.
6. M. Hope cite le fait de larves analogues qui furent observées dans l’estomac d’un homme mort à Londres.
7. D’après Rudolphi, on a vu en Prusse, le cas d’une larve d’Œstridé parasite sur un homme. Il la désigne sous le nom d 'Œslrus hominis, mais ce nom revient à des larves d’Œstridés américains, c’est-à-dire à des Gutérèbres. C’est dans le même sens qu’Olivier et divers autres s’en sont servis.
8. Des cas analogues ont été constatés en Italie, et Metaxa a publié à Rome, en 1835, l’histoire de deux larves d’Œstres qui furent extraites de l’oreille d’un paysan.
Nous terminerons cette énumération en rappelant que M. Eschricht (de Copenhague) a observé trois fois des larves de l’Œstre du bœuf fixées dans la peau du front chez la femme.
(I) On a vu plus haut que les larves des Mouches proprement dites peuvent aussi vivre sur l’espèce humaine, et que l’on en rencontre assez souvent dans les plaies ou simplement à la surface du corps chez les gens malpropres.
DirTÈRES. Z* 1 3
Soiis- ordre des !S émotives.
Les Diptères de ee sous-ordre sont plus connus sous les noms vulgaires de Cousins, Ti pûtes , Moustiques , Maringouins , etc. Ce sont des insectes à corps allongé; à ailes plus ou moins étroites et membraneuses; à pattes grêles et déliées. Leur tête est petite, mais leurs antennes sont toujours plus ou moins grandes et formées d'articles uniformes dont le nombre s’élève jusqu’à quatorze et ne descend pas au-dessous de six; leurs antennes sont souvent plumeuses ou en panaches, ce qui a surtout lieu chez les mâles.
Ils sont avides du suc des fleurs ou du sang des animaux, et leur bouche, composée de pièces sétiformes, peut s’introduire dans les tissus qu’elle irrite souvent de manière à déterminer une sorte d’enflure et un prurit qui est parfois l’origine d’accidents assez graves.
Les larves des Némocères vivent dans les eaux ou dans la terre humide. Elles ont le corps composé d’articles uniformes et la tête d’apparence écailleuse ; elles manquent de pattes proprement dites.
L’état de nymphe se passe dans une immobilité plus ou moins complète, mais l’insecte parfait jouit d’une grande activité, s’éloignant rarement des lieux où il s’est développé; il s’élève dans les airs et voltige par troupes nombreuses et en bourdonnant audessus des marécages, sur les bords des lacs, au milieu des routes ou près de quelques arbres où les oiseaux insectivores viennent s’en repaître.
Les vents, il est vrai , transportent quelquefois des moustiques à une assez grande distance, et , dans beaucoup de localités, on est surtout inquiété par ces animaux lorsque le vent y arrive après avoir passé au-dessus de quelque marais. Si sa direction vient à changer, on est, au contraire , débarrassé de ces insectes incommodes. Ce sont surtout les femelles qui nous piquent et, comme chacun a pu l’éprouver, elles nous poursuivent jusque dans nos appartements où elles sont surtout nombreuses si l’on n’a pas eu le soin de fermer les fenêtres avant d’allumer les flambeaux. Dans les pays chauds, où ces précautions sont difficiles ou même impossibles , on se soustrait aux Moustiques en enveloppant les lits dans des gazes connues sous le nom de moustiquaires ou de cousiniaires.
On sait par les récits des voyageurs combien les atteintes des Cousins sont insupportables et souvent douloureuses dans les contrées
INSECTES
MU
chaudes et humides; nous en ressentons nous-mêmes les atteintes lorsqu’on été nous quittons la ville pour la campagne, ou que nous nous promenons le soir dans les lieux où ces animaux voltigent.
Beaucoup d’auteurs ont écrit au sujet des piqûres des Cousins. M. le docteur Boufliers, le seul que nous citerons, à cet égard, s’exprime ainsi dans la relation de la campagne du Gassendi (1), au sujet des Moustiques qu’il a eu l’occasion d’observer sur le Parana et dans d’autres lieux : « Chaque soir, à la tombée de la nuit, le navire était littéralement envahi par ces insectes. Leurs bourdonnements incessants, leurs piqûres qu’accompagnait toujours une démangeaison vive et cuisante, en faisaient des hôtes plus qu’incommodes. Leur acharnement était tel que les vêtements de drap ne garantissaient pas de leurs atteintes. Le matelot à qui une fatigue excessive permettait le sommeil quand même, s’éveillait le matin le corps couvert de petites élevures au milieu desquelles se voyait un point noir. Les démangeaisons qui l’assaillaient alors l’engageaient à se gratter; il excoriait inévitablement le sommet de ces élevures et créait ainsi des plaies dont la guérison était interminable. Les lotions émollientes, les cataplasmes, les pommades opiacées ou excitantes, le chlorure d'oxyde de sodium, soit pur, soit étendu d’eau; l’alcool camphré, le vin miellé, les poudres de quinquina ou de camphre, sucre et charbon mélangés en parties égales : aucune de ces médications n'a empêché ces plaies d’avoir une durée fort longue. Le pansement qui m’a le mieux réussi consistait à mettre sur les parties malades de la poudre de camphre, sucre et charbon, et à recouvrir le tout d’un cataplasme. Plus tard, la plaie étant devenue vermeille, j’appliquai des bandelettes de diac.hylon, sous lesquelles se formait la cicatrice.
» Du reste, la piqûre de la plupart de ces insectes renfermait une matière septique, car il n’était pas rare de voir apparaître, au milieu de l’élevure primitive, un léger amas de sérosité noirâtre, et autour d’elle se dessiner un cercle fauve foncé, comme on l’observe à la circonférence des anthrax gangréneux. Dans ce cas, la portion de la peau voisine de la piqûre tombait en mortification, et il en résultait une plaie profonde, irrégulière, dont la guérison était fort lente. Aux îles Marquises, des faits pareils à ceux que je raconte se sont offerts à mes yeux. Là, comme dans le Parana, des piqûres de Moustiques ont été suivies de plaies gangréneuses. »
On distingue un grand nombre d’espèces dans le sous-ordre
(1) Thèses inaug. de la Faculté de tnéd. de Montpellier, aunéc 1857.
DIPTERES.
des Némocères, et l’on rapporte leurs différents genres à deux familles auxquelles on a donné les noms de Cousins ( Culicidés ) et de Tipules ( Tipulidés ).
Famille des CULICIDÉS. — Leur trompe, longue et menue, renferme au suçoir six pièces sétiformes. Leurs palpes sont droits.
Leurs espèces, répandues dans tous les pays, forment une dixaine de genres. L'une des plus abondantes dans nos pays est le Cousin commun, Culex pipiens.
Les larves des Cousins et autres Culicidés vivent dans l’eau ; elles ont une forme assez curieuse et nagent par soubresauts. Les femelles ont soin de déposer leurs œufs à la surface du liquide sous la forme de petites agglomérations naviculaires.
Famille des TIPULIDÉS. — Leur trompe est courte et épaisse; leur suçoir n’a que deux soies et leurs palpes sont recourbés.
On les divise en quatre tribus dont les caractères peuvent être établis ainsi qu’il suit :
1. Tripulidés culiciformes. Antennes égalant le plus souvent ou même dépassant en longueur la tête et le tborax réunis, habituellement de plus de douze articles , plumeuses chez les mâles, simplement poilues chez les femelles.
Leurs larves sont aquatiques ; Réaumur, qui en a bien connu la nature, les a décrites sous le nom de Vers polypes (1).
Genres Corètkre, C/iironome, Tanype, Ceratopoyon , Macropèze, etc.
2. Tipulidés terricoles. Antennes aussi longues que chez les précédents, mais non plumeuses; tête prolongée en forme de museau ; point d’ocelles.
Leurs larves vivent dans la terre humide.
Genres nombreux (2). Celui des Tipules proprement dites en fait partie.
3. Tipulidés fongicoles. Antennes comme chez les précédents; tête ordinairement sans museau; souvent des ocelles; hanches allongées; jambes terminées par deux pointes.
Leurs larves vivent dans les champignons.
G. nombreux : Bolitophile, Mycétophile, Mycêtobie, Sciare , etc.
U- Titulaires gallicoles. Antennes comme chez les précédents, à articles pédieellés dans les mâles; point d’ocelles; hanches de longueur ordinaire; jambes sans pointes.
(I) Quelques-unes de ces larves, observées incomplètement, d’après des individus qu’on disait avoir été rejetés par les eaux d'un puits artésien des environs de Pézenas, ont été décrites, il y a quelques années, comme des Crustacés iso- Rodes d’un genre nouveau.
(!z) Voyez les ouvrages de MM. Macquart, Walkcrct autres diptérologistca.
MV Kl APODES.
Leurs larves vivent dans des galles produites sur les végétaux par la piqûre qu’y a faite la mère en déposant ses œufs. On en trouve sur le saule, le grenadier, le pin, l’épine-vinette, l’aristoloche, le bouillon-blanc et beaucoup d’autres.
G. LesCrémie, Zyyonèvre , Cécidomie , Lasioptère, Psychode, etc.
5. Tipulaires florales ou musci formes. Antennes plus courtes que la tête et le thorax réunis, grenues ou perfoliées, ayant ordinairement moins de douze articles ; pieds de longueur médiocre.
Les larves de cette tribu vivent ordinairement dans les bouzes. Certains Moustiques des régions intertropicales appartiennent a cette catégorie.
G. Rhyphe , Glochine , Simidie , Petit hé trie, Plécie, Dilophe, Ribion, Aspiste, Scatopse, etc.