‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 80 sur 96 · AC A RIDES · texte numérisé non relu

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une telle quantité de nourriture que leur corps se dilate et acquiert un volume bien plus considérable que celui qu’il avait d’abord. C’est ce qui fait le plus souvent reconnaître leur présence, car comme leurs appendices buccaux sont enfoncés dans le derme des animaux qu’ils sucent, le reste de leur corps, qui s’est gonflé, apparaît alors au dehors, et simule une loupe dont le volume égale souvent celui d’un gros pois.

Ces animaux paraissent assez indifférents sur le choix des individus et même des espèces auxquels ils s’attachent. Ils sont plus incommodes que nuisibles; cependant, lorsqu’ils sont en grand nombre, ils inspirent quelque crainte, et les voyageurs qui ont parcouru l’Amérique pendant le xvir et le xvme siècle ont été jusqu’à dire qu’ils pouvaient faire périr les bestiaux; c’est surtout à I’Ixode nigua [Acarus americanus, de Geer, actuellement Ixodes niguu ) que se rapportent leurs récits.

En Europe, on est surtout exposé aux attaques des ïxodes lorsqu’on va à la chasse, ou qu’on se promène dans les bois. Les Chiens en sont encore plus souvent inquiétés. C’est un fait connu depuis bien longtemps, et les Ixodes des Chiens ont déjà un nom dans la zoologie d’Aristote : ce sont ses Kuvopac<7rr?î ; cette dénomination est tirée de leurs habitudes.

En France et dans quelques autres pays, on appelle les Ixodes des Tiques, ou bien encore des Ricins, mais ce dernier nom appartient aux faux Poux des Oiseaux. Les Ixodes qu’on, a trouvés sur les Chiens sont de plusieurs espèces ( Ixodes ricinus, autumnalis, Du gesii, etc.;. Ces parasites et d’autres encore, qui varient suivant les pays, peuvent s’observer sur l’homme.

M. Koch a décrit récemment un Ixode du Brésil sous le nom {Y Ixodes hominis ; c’est en effet un des parasites appartenant à ce genre qui se fixent sur notre espèce.

On appelle Ixodes reduvius l’espèce qui se tient communément sur le Mouton; Ixodes camelinus , celle que l’on trouve sur le Chameau des steppes; Ixodes Rhinocerotis , celle du Rhinocéros du Cap, etc. (1).

Famille des ORIBATIDÉS. — Ces Acarides n’ont pas pour nous le même intérêt que ceux des autres familles, aucune de leurs espèces n’étant parasite comme ils le sont. Les Oribates (g. Oribates, etc.) vivent à terre, sous les herbes, dans les mousses et

(1) Voyez Walckenacr et P. Gênais, llisl , nat, des Insectes aptères, t. III, p. 23 4, et t. IV, p. 351 et 54G.

ARACHNIDES

quelquefois dans l’eau. Leur corps est revêtu d’une cuirasse solide ; leurs appendices buccaux sont raccourcis.

Famille des SARCOPTIDÉS. — Les uns ont le corps coriace; d’autres l’ont plus ou moins mou, et leurs pattes, qui sont en général terminées par des vésicules, peuvent être plus ou moins diversiformes; elles sont tantôt allongées, tantôt, au contraire, courtes et même incomplètes. Ces animaux, dont on pourrait faire deux familles différentes, se laissent aisément diviser en plusieurs genres.

Les Tyroglypiies ( Tyroglyphus , Latreille), auxquels on réserve souvent en propre le nom Acarus et ceux de Mites ou Cirons, qui en sont synonymes, ont le corps endurci et comme divisé, entre la deuxième et la troisième paire de pattes, par un étranglement circulaire qui semble le partager en thorax et en abdomen. Leurs pattes sont ambulatoires.

C’est à ce genre qu’appartiennent : TAcarus des fromages de

Hollande et de Gruyère ( Tyrogly phus Siro ou Acarus domesticus) ; l’Acare de la farine [Tyroglyphus farinœ; Acarus farina de Geer), et quelques autres encore, parmi lesquels nous citerons :

Le Tyroglyphe bicaude ( Tyro glyphus bicaudatus, P.Gerv.) , trouvé par myriades sur une Autruche d’Afrique, morte à la ménagerie du Muséum de Paris, en 1843.

Les Glycipiiages [Glyciphagus , Hering) ont le corps mou et sans étranglement médian. On en connaît des espèces sur le corps des oiseaux; une autre a été observée dans les croûtes cancéreuses développées à la face inférieure du pied d’un' Cheval (1) ; c’est le Glycipuage des Chevaux ( Glyciphagus hippopo-

Fig. 91* -Glyciphagus bippopodos dos} dé(ipit par M. Hering sous le (1res grossie;. ; 1 . °

nom de Sarcoptes hippopodos. Son

corps est entièrement recouvert de poils fins, qui lui forment une

(1) Ce Ctievnl était mort quand l'observation des Glycipiiages a eu lieu, et il est fort possible que ceux-ci n’aient envahi la plaie pendant la vie.

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sorte de velouté, et son abdomen porte en arrière une saillie bordée de chaque côté par quatre soies plumiformes (1).

Les Psoroptes ( Psoroptes , P. Gerv.; Dermatodcctus , Gerlacli) sont des Sarcoptidés où les quatre paires de pattes sont entières et fort allongées (2). Ils vivent sur le corps de différents animaux et y déterminent la gale. On les trouve en famille dans les croûtes psoriques ; les femelles y déposent leurs œufs.

Tel est le Psoropte du cheval ( Psoroptes equi ) dont plusieurs auteurs ont donné des figures (3) ; c’est en partie YAcarus exulcerans des naturalistes linnéens.

Cette espèce jouit d’une résistance vitale très remarquable, comme on en pourra juger par les faits suivants qui ont été observés par M. Hering. Un lambeau de la peau d’un Cheval galeux qu’on venait de tuer ayant été mis dans une dissolution d’alun et de sel commun, où il resta huit à dix jours complètement plongé dans le liquide, on le fit sécher dans une chambre chaude et l'on s’aperçut qu’il renfermait un grand nombre de ces animaux encore vivants. Un semblable lambeau de peau fut tenu pendant quelques jours dans un endroit froid, plongé ensuite pendant quatre jours dans une dissolution d’alun et de sel, puis séché : il contenait encore des Acares vivants, près d’un mois après la mort de l’animal. 11 est probable que d'autres Acarides parasites possèdent comme ceux du Cheval une semblable vitalité.

On retrouve à peu près les mêmes caractères génériques dans le Psoropte du mouton ( Psoroptes ovis), dont MM. Delafond et Bourguignon font leur Dermatodectus ovis.

Choriopte (g. Chorioptes, P. Gerw). Ce genre a pour type l’Acarus de la gale des Chèvres ou Choriopte de)la Chèvre ( Chorioptes caprœ ) décrit sous le nom de Sarcoptes caprœ par MM. Delafond et Bourguignon; il est remarquable par la grosseur et la position presque

(1) Les vétérinaires signalent aux onglons des moulons affectés du crapaud la présence d’un Acarus formant une espèce particulière, mais dont nous ne connaissons pas de description.

(2) MM. Delafond et Bourguignon définissent ainsi ce genre qu’ils appellent Dermalodeclus , quoique ce nom soit postérieur à celui de Psoroptes .'palpes soudés en rostre; mandibules supérieure et inférieure réduites à des stylets exsertiles. (Chez le mAle la première paire de pattes postérieures très développées et terminée par une ventouse; la dernière est rudimentaire.)

(3) Baspail, Chimie organique, Paris, 1838, t. II, pag. 598, allas, pl. XV. — Bering, Nova acta nal. curios, l. XVIII, pl. 43, fig. 1-2.— P. Gcrv. , ylnn. sc. nat., 2 ' série, t.XV, pl. XV, fig. 9. — Dujardin, Obscrv. au microscope, pl. 17, fig. 1-9,

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sessilc des ventouses de ses pattes antérieures, et par la longueur de ses soies postérieures; sa tête est d’ailleurs plus semblable à celle des Sarcoptes qu’a celle des Psoroptes, et il n’a pas les spinules dorsales des premiers.

Le genre Sarcopte [Sarcoptes, Latreille) se reconnaît principalement a la forme plus arrondie de son corps, qui est spinuleux en dessus, et à ses deux paires de pattes postérieures manquant de tarses (1).

Ses espèces, qui sont parasites des animaux, vivent entre le derme et l’épiderme, et par leur présence elles donnent également lieu à la gale. C’est à ce genre qu’appartient l’Acarus de la gale humaine, ou le Sarcopte proprement dit, dont nous parlerons d’abord.

Sarcopte de la gale [Sarcoptes scabiei). Ce parasite a été bien décrit par de Geer il y a près de quatre-vingts ans, et cet excellent observateur en a donné une figure assez exacte et qui aurait permis, si l’on y avait eu recours, d’éviter les erreurs auxquels la même espèce a donné lieu depuis lors (2). C’est un très petit animal, pour ainsi dire punctiforme, n’ayant guère qu’un tiers de millimètre ou un

Fig. 92. — Sarcopte de la gale itrès grossi). — 1. Vu en dessus.

— 2. Vu en dessous.

demi-millimètre en longueur et un quart de millimètre en largeur. Son corps est d’un blanc laiteux, relevé en dessous d’un certain

(1) MM. Delafond et Bourguignon caractérisent ainsi ce genre : palpes distincts et mobiles ; mandibules supérieures terminées par un petit crochet ; les inférieures dentelées. (Chez le mâle la dernière paire de pattes postérieures développée et terminée par une ventouse.)

(2) Voyez De Geer, Mém. pour l'hisl. des Insectes, t. VIII, p. Û4, pl. 5, Cg. 12-15; 1778. — Raspail, Mém. comp. sur l'hisl. nat. de l'insecte de la gale,

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