‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 81 sur 96 · AG A RIDES · texte numérisé non relu

AG A RIDES

nombre do stries curvilignes et de quelques élevures tuberculeuses. Sa partie céphalique fait saillie en avant et ses deux paires de pattes antérieures, qui sont entières et terminées chacune par une vésicule, dépassent sensiblement le pourtour du corps dans leur extension; les deux paires postérieures sont rudimentaires et terminées par de longues soies. 11 y a une sorte de collier pourvu d'une saillie épineuse autour du cou, et à la base de chacune des pattes on voit une semblable épine. L’abdomen a quelques grandes soies; quatre se voient, en général, à son bord postérieur; il y en a aussi une sur chaque flanc et une autre à chacune des pattes antérieures, à l’insertion des tarses.

Ce sont sans doute les rugosités du corps ainsi que ces épines et ces soies qui rendent surtout douloureuse la présence des Sarcoptes dans la peau.

Ces petits animaux se tiennent entre le derme et l’épiderme, principalement dans les endroits du corps où la peau est le moins épaisse : à la face antérieure du tronc, aux plis des membres, entre les doigts, etc. Les mâles sont d’un tiers environ plus petits que les femelles et ils ont moins de tubercules spiniformes sur le dos.

Les uns et les autres tracent dans l’épiderme des sillons plus ou moins réguliers à l’extrémité desquels on les trouve habituellement. Les vésicules purulentes qui accompagnent la gale indiquent les endroits où la femelle a déposé ses œufs. C’est à tort qu’on les a souvent données comme étant le point où il fallait chercher les Sarcoptes.

L'organe femelle de cesAcarides consiste en un oviducte dont l’ouverture se montre au tiers antérieur de la face ventrale, sous la forme d’une fente transversale pourvue de deux lèvres assez distinctes. L’organe mâle est un spiculé simple auquel aboutissent

in-8, 1834 (voyez aussi sa Chimie organique et sou Hist. nat. de la sanlé cl de la maladie). — Stannius, Medic. Vereinszeitung , 1833, n” 29. — Müilcr, Archiv , 1835, p, 228. — Dugès, Ann. sc. nat., 2« série, t. III, p. 245, pl. 11. — Leroy et Vandenhccke, Mém. de la Soc. des sc, de Seine-cl-Oise , 1835. — Heyland, De Acaro scabiei humano. Berlin, 1836. — Rohde, De scabio et Acaro humano. Berlin, 1836. — Schwartz, De Sarcopte humano. Leipzig, 1837. — P. Gervais, Ann. sc. nat., 3* série, t. X, p. 1 , pl. 2, fig. 7; 1840. — Id. , Hist. nat. des aptères, t. IV, p. 268, pl. 35, fig. 1. — Sonncnkalb, De Scabie humana. Leipzig, 1841. — Dcutschbcin, De Acaro humano. Halle, 1842. — Bourguignon, Soc. philomat. de Paris, 1846, p. 77.

La figure du Sarcopte que nous reproduisons dans ce livre sous le n" 02 est celle qu’en adonnée M. Bourguignon.

AUACHNIDES.

par un môme conduit trois canaux testiculaires curvilignes et bifurques placés les uns au-dessus des autres ; le spiculé ou pénis est placé entre les deux dernières paires de pattes.

L'histoire de ces animaux offre plusieurs phases distinctes.

Longtemps ignorés des hommes de science et des médecins, ils ont été cependant très anciennement connus du vulgaire, principalement dans les régions méridionales de l’Europe; vers le douzième siècle Abenzoar les signala très clairement dans les ouvrages relatifs à la médecine.

« Il existe, dit-il, une chose connue sous le nom de Saab, qui laboure le corps à l’extérieur; elle existe dans la peau, et lorsque celle-ci s’écorche à quelque endroit, il en sort un animal extrêmement petit et qui échappe presque aux sens. »

Au seizième, siècle la notion du Sarcopte de la gale était acquise aux naturalistes, même à ceux de l'Europe occidentale, comme on peut le voir par les écrits de Moufct, de Scaliger et de quelques autres. A plus forte raison l’était-elle dans le Midi où la connaissance de l’Acarus était depuis longtemps populaire. Vers 1580, Jouhert, élève de Rondelet et professeur à Montpellier, regardait le Sarcopte, qu’on nommait alors Sijro, comme étant la plus petite espèce de Son genre, et il enseignait qu’il vit sous l’épiderme, où il creuse, dit-il, des galeries à la manié) e de celles que les Taupes font dans la terre, ce qui produit les démangeaisons insupportables qui sont Un des caractères de la gale.

En 1657 Hauptmann publia à Leipzig un ouvrage sur les eaux thermales, dans lequel il traite de la ressemblance que les mites de la gale ont avec celles du fromage, et où il en donne en même temps lafigure. Il les représente pourvues de six pattes et de quatre crochet s.

Dans les ouvrages de Rédi, l'animalcule de la gale est décrit avec plus d’exactitude encore, et cet auteur célèbre publie à l’égard de ce parasite une lettre très détaillée qu’on sait aujourd’hui être de Cestoni, qui en écrivit aussi une à Vallisnieri. Les Acta eruditorum pour 1(582, et les Transactions philosophiques pour 1703 contiennent également des notices relatives au Sarcopte mais qui sont loin de valoir celle de Cestoni.

A l’époque de Linné on savait au sujet de l’Acarus de la gale à peu près tout ce que l’on en sait aujourd’hui, et Linné lui-même recommandait déjà de ne pas chercher le parasite dans les pustules, mais bien dans les sillons (1).

(I) A carus sub ipsa pustula minime quœrcndus est; sed, longius reeessit ; se-

ACARIDES.

On continua à parler dans des termes analogues du parasite auquel est due la gale et à lui donner les mêmes caractères jusqu'à l’époque où M. Gales soutint sa thèse (t).

M. Gales, qui était interne à l'hôpital Saint-Louis de Paris, ayant fait représenter la mite du fromage ou celle.de la farine, au lieu du véritable Sarcopte, la question commença à s'obscurcir à ce point que le commissaire chargé par l’Académie des sciences de faire un rapport sur le travail du jeune docteur laissa passer l’erreur que ce travail consacrait, et la reproduisit même dans son rapport et dans un de ses ouvrages (2).

Ce fut seulement en 1829 que cette erreur fut relevée par M.Raspail, qui en commit lui-même une nouvelle en disant que la gale ne renferme pas de Sarcoptes, tandis que M. Vallot, de Dijon, soutenait d’autre part que les prétendus Sarcoptes de la gale ni; sont autre chose que des Tyroglyphes domestiques, observés sur des individus pustuleux, et que la malpropreté expose seule ces derniers aux insultes des mites, qui vivent alors sur eux tout aussi bien qu'ils le feraient sur le fromage.

M.Galès avait déjà discuté cette question dans sa thèse, mais comme il avait dit dans ce travail qu’il retirait les Sarcoptes dos pustules mêmes et que l’habitude avait fini par lui apprendre à reconnaître au premier coup d’œil les boutons qui en recédaient, ce qu’il rapporte dans un autre passage qu’il a trouvé deux fois l’espèce décrite par de Geer, « mais morte et ne pouvant prêter à un examen suffisant, » avait passé inaperçu. Aussi M. Raspail mit-il en doute la sincérité des prétendues démonstrations que M. Galès avait données à ses juges, et il l’accusa d’avoir « fait le plus joli tour d’étudiant qu’on puisse imaginer, » en substituant la Mite du fromage à celle de la gale.

Cette substitution était incontestable et l’on avait commis une erreur en croyant qu’il n’y a pas un Acarus spécialement parasite de la gale et susceptible d’être regardé comme la cause de cette maladie-

Cependant quelques médecins de Paris, acceptant la première opinion de M. Raspail, s’étaient refusés à croire à l’existence des

quendo rugam culiculœ obtervatur ; in ipsa puslula progeniem deposuil, quant séalpando effringimus et disséminâmes , ila cogenle nature. Nyander, Exanth.cmataviva (thèse inaugurale soutenue en 1757 sous la présidence de Linné).

(1) Essai sur le diagnostic de la gale, sur ses causes et Sur les conséquences médicales al pratiques a déduire des vraies notions de cette maladie (Faculté de Paris, 1812).

(2) Considérations générales sur la élassc de s Insectes, 1823, pl. 52, Fig. 4-7.

ARACHNIDES

Sarcoptes clans la gale, lorsque, en 183/!, M. Renucci donna de nouveau le moyen de trouver ces animalcules, dont il fit même le sujet de sa thèse inaugurale [Faculté de méd. de Paris . Cette nouvelle démonstration ayant fait quelque bruit dans le monde médical, il en fut parlé à R Académie des sciences de Paris qui entendit bientôt un rapport de Blainville sur ce sujet.

On trouvera dans ce rapport intéressant, dans les travaux deM. Raspail que nous avons déjà cités, et dans Y Histoire naturelledes Insectes aptères que nous avons publiée avec M. Walckenaer, des détails historiques plus nombreux au sujet des Sarcoptes; ceux que nous venons de reproduire nous ont paru suffisants. Quant à la description des phénomènes morbides qui accompagnent la présence de ces animalcules, elle a été trop bien faite dans la plupart des ouvrages consacrés aux maladies de la peau pour que nous y revenions ici. Nous m'ajouterons que quelques mots aux détails zoologiques et historiques qu'on vient de lire. Ils seront relatifs à la contagion psorique.

Personne n'ignore que la gale se communique facilement, soit par le contact, soit par la cohabitation, soit par l’usage des mêmes vêtements et du même linge. On l’a observée non-seulement en Europe mais encore sur quelques autres régions du globe. Il serait utile néanmoins de constater exactement les caractères des Sarcoptes qui la produisent dans ces diverses localités, car rien ne nous prouve quelle doive être partout le produit de la même espèce. Cette étude aurait d'autant plus d'intérêt qu'il est depuis longtemps reconnu que la gale elle-même présente plusieurs variétés.

L'homme peut communiquer cette maladie non-seulement à des individus de son espèce, mais aussi à des animaux d’espèces très différentes et il peut la reprendre ensuite de ces derniers. Nous avons cité ailleurs le fait d’un Maki galeux, mort à la ménagerie du Muséum, et dont les Acarus étaient fort semblables dans leur apparence générale à ceux de l'homme ; nous aurions pu ajouter qu'après avoir placé sur l’un de nos bras quelques-uns de ces Acarus, pour nous assurer de la possibilité de leur transmission, nous avons constaté l’apparition de deux pustules psoriques. M. Bourguignon vient de publier une notice dans laquelle il parle de la propagation de la gale humaine à plusieurs animaux retenus en captivité, et il annonce avoir également vérifié ce fait par l’examen microscopique des Acarus.

Bans d’autres cas il paraît que les Acarus de la gale des animaux passent sur le corps de l'homme. En effet, llering dit avoir cou-

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