CLASSE QUATRIÈME
CRUSTACÉS
Ces animaux forment une catégorie à la fois nombreuse et importante, dont les espèces (3), presque toutes aquatiques, vivent principalement dans les eaux marines, dont elles forment, à quelques exceptions près, la population Condylopode.
(1) Toutefois, l'opinion qui réunit ces animalcules aux AcariJes nous a paru devoir être préférée.
(2) Mémoire sur l'organisation et les rapports naturels des Tardigrades cl sur la propriété remarquable qu’ils possèdent de revenir à la vie après avoir été complètement desséchés. In-8, Paris, 1852 (Thèses de la Faculté des sciences de Paris).
(3) On en connaît déjà plus de 1500.
l\lh CRUSTACÉS.
Aristote, qui en connaissait plusieurs genres méditerranéens, en faisait une classe à part intermédiaire aux Poissons et aux Mollusques, à laquelle il donnait le nom de Malacoslracés. C'est principalement à des Crustacés analogues à ceux-là que les naturalistes modernes ont donné le nom de Décapodes, et ils en ont rapproche plusieurs autres groupes non moins curieux, quoique moins parfaits en organisation, parmi lesquels nous citerons dès à présent les Isopodes et autres JJdriophthalm.es, les Limules ou Xiphosures, les Trilobites, qu’on ne connaît qu’à l’état fossile, les Entomost racés et les Cirr bipèdes.
Linné a classé parmi ses Aptères les Malacostracés d’Aristote et les Crustacés de toutes sortes, tels que les définissent les naturalistes modernes, à l’exception toutefois des Cirrhipèdes et des Lernées; il les réunissait par conséquent aux Insectes hexapodes qui manquent d’ailes, aux Myriapodes et aux Arachnides, et il comprenait tous ces animaux, si différents qu'ils soient les uns des autres, sous le nom d’insectes aptères ( lusecla aptera ).
Lamarek a le premier senti la nécessité d’établir une classe à part pour les Condylopodes dont nous allons parler, et c’est lui qui les a définitivement inscrits dans la classification sous le nom de Crustacés, que plusieurs auteurs du dernier siècle avaient déjà employé. Ce mot fait allusion à la nature, en effet crustacée, qui distingue l’enveloppe extérieure chez la plupart des espèces auxquelles on l’applique, et il convient surtout à celles chez lesquelles le tôt sè trouve solidifié par une quantité assez considérable de substance calcaire, et forme au-dessus du corps, aussi bien que sur les membres, une véritable croûte solide soumise à des mues régulières, qui sont en général indépendantes des changements de forme que le corps peut subir. Les Crustacés sont faciles à caractériser.
La plupart ont des branchies qui dépendent de leurs appendices locomoteurs, et, dans le cas où ils manquent de ces branchies, leur respiration est cutanée, aucun d’eux n’ayant ni trachées, comme les Insectes, ni pseudopoumons analogues à ceux de beaucoup d’ Arachnides. Beaucoup portent aussi une double paire d’antennes, tandis que les Arachnides manquent entièrement de ces organes, et que les Insectes ou les Myriapodes n’en ont qu’une seule paire. 11 faut, toutefois, faire une exception pour les Limules, qui, tout (ni étant pourvus de branchies analogues, à certains égards, à celles de beaucoup de Crustacés, manquent pour-
CRUSTACÉS
tant d’antennes, et ont les différents appendices disposés comme ceux, des Arachnides (1).
La distribution méthodique des Crustacés et leur histoire descriptive sont très loin du point où les avait laissées Lamarck; on connaît aujourd'hui un bien plus grand nombre de ces animaux; leur anatomie et leur physiologie ont donné lieu à beaucoup d’observations intéressantes, et, de son côté, leur embryologie a fait des progrès rapides.
Beaucoup d’auteurs, parmi lesquels nous citerons Latreille, Desmarest, et surtout M. Milne Edwards, s’en sont occupés d’une manière spéciale, et l’on doit en particulier, au dernier de ces naturalistes, une Histoire naturelle des Crustacés, ainsi qu’un grand nombre de mémoires relatifs aux mêmes animaux.
Voici le tableau de la classification des Crustacés telle que l’établit M. Edwards dans son article Crustacés du Dictionnaire universel d’histoire naturelle.
Ordre des