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staté ce fait pour l’Acarus du cheval (Psoroptes equi), qui a cependant des caractères très différents du Sarcoptes scabiei. Suivant MM. Bourguignon et Del a fond, on doit douter de cotte assertion puisqu’il résulte de leurs recherches que le cheval nourrit, indépendamment du Psoropte ordinaire, un sarcopte peu différent de celui de 1 homme et des carnivores, capable comme eux de tracer des sillons et pouvant aussi se communiquer de l’animal à l’homme, ce qui, suivant eux, ne s’observerait pas pour le véritable Psoropte. Le Cheval est donc sujet à deux sortes de gales, dues à l’action de deux Aeares différents.
Le Sarcopte du dromadaire (Sarcoptes Dromedarii, P. Gerv.), qui, tout en se rapprochant beaucoup du Sarcopte humain, en diffère cependant par des caractères réellement spécifiques, peut passer du Chameau sur l’homme. On a eu au Muséum de Paris, il y a déjà un certain nombre d’années, plusieurs exemples de la communication de cette gale des Chameaux à l’homme; et comme l’acaride de ces animaux est plus gros et que ses pattes sont mieux armées que celles du Sarcoptes scabiei, on conçoit aussi comment, dans ce cas, la gale a fait plus souffrir les personnes qui en ont été atteintes que ne le fait la gale ordinaire à notre espèce (1).
L’homme a également pris, dans certaines circonstances, la gale de quelques autres quadrupèdes : du Chien, du Chat, du Lapin et du Wombat ; mais aucun des auteurs qui en citent des cas n’avait recouru au microscope pour constater si les Acarus, qui ont été la cause de cette contagion, étaient semblables par leur espèce à ceux de l’homme ou à ceux qui vivent spécialement sur les animaux que nous venons de citer. Des observations analogues sont rapportées dans la thèse de M. Got (2).
M. Hering a spécialement étudié plusieurs des Acarus qui occasionnent la gale des'animaux et l’on trouve dans les Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences de Paris pour 1857 (t. XLIV, p. 706 la citation d’un travail que MM. Delafond et Bourguignon se proposent de publier sous le titre de Traité d'entomolo rjie et de pathologie de la gale des principaux animaux domestiques fi).
(1) En 1S27, Biett reçut daus son service dix employés du Muséum, qui avaient attrapé la pale en soignant des Chameaux d’Afrique, gravement affectés de cette maladie.
(2) De la gale de l'homme et des animaux produite par les Aeares et delà transmission de celte maladie à l’homme par diverses espèces d'animaux vertébrés (Faculté de médecine de Paris, -1814, n° 116).
(3) 11 y en a un extrait dans le Bulletin de l’Académie de médecine de Paris,
ARACHNIDES
tao
Parmi les Acarus qu’on a observés dans la gale des animaux, il en est plusieurs que leurs caractères spécifiques doivent faire réunir au même genre que les Sarcoptes scabiei et Dromedarii ; tels sont le Sarcopte dk Porc (Sarcoptes suis, Delaf. et Bourg, et le 8. Du Chat (S. cati, Hering).
Le Sarcopte du Chamois (Sarcoptes rupicoprœ, Hering , est fort semblable à celui du Chat.
Le Sarcopte ctnote (Sarcoptes cynotis, Hering , a été rencontré sur une ulcération de l’intérieur de l’oreille d’un chien. MM. Delàfond et Bourguignon ne le regardent pas comme un véritable Sarcopte, maisen se fondant principalement sur son habitat. Ils citent M. Nicolet comme ayant retrouvé un acarus analogue dans une plaie de l’oreille d’un chien qui venait de la Louisiane.
Nous terminerons cette histoire des sarcoptides 1) par une observation relative au Sarcopte nidulant ( Sarcoptes nidulans), signalé par Nitzsch, chez les Oiseaux. Ce naturaliste, qui a tant contribué à éclairer par ses beaux travaux l’histoire des Insectes parasites, a trouvé sous l’aile et sous la peau du thorax d’un Verdier (Fringilla chloris ) plusieurs tubercules jaunes, de trois à huit lignes de diamètre, formant des espèces d’abcès ouverts, qui consistaient en d’énormes nids de ces Acarides ; ils étaient recouverts d’une croûte membraneuse de couleur jaune et étaient pleins d’œufs ovales et de jeunes; il y avait aussi quelques sujets plus âgés.
Famille des DÉMODICIDÉS. — Les espèces qui s’y rapportent sont parasites; elles sont encore peu nombreuses. Celle qui sert de type au g. Demodex (Demodex), également appelé Simonée, vit sur l’homme. On ne la connaît que depuis quelques années.
C’est le Demodex des follicules (Demodex folliculorum), d'abord décrit sous le nom à’ Acarus folliculorum par M. Simon (2), et
t. XXIII, p. 110 (novembre 1857). C’est à cet extrait que nous avons emprunté les citations que nous avons faites plus haut de ce travail.
(1) Parmi les Acarides qui ont été décrits daus les dernières années, un des plus curieux est celui que Ncwport a fait connaître sous le nom d 'Heleropus ventricosus ( Trans , linn. soc., t. XX, part. 2), cl qui vit en parasite dans le nid des Hyménoptères appelés Anthophora rolusa.
(2) Archives (le Muller, 1812, p. 218, pl. 19 ( traduction dans Rayer, Archives Je médecine comparée, t. I, p. 45, et dans Walckenaer et P. Gervais, llist. nat. des aptères, 1. 111, p. 283).
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qui a reçu plusieurs dénominations génériques (1).
C'est un très petit parasite qui vit sur notre espèce, dont il habite principalement les cryptes sébacés, surtout ceux des ailes du nez qui sont affectés de tannes. On le trouve aussi à la base de follicules pileux de la face et dans les follicules nasaux qui sont distendus par des cellules épithéliales ou par de la matière
graisseuse. 11 en existe sur presque tous les individus, même chez les plus propres, et sa présence ne dé- IgS termine aucun accident. Les personnes qui ont la peau US grasse paraissent y être encore plus exposées que les |w autres. On ne peut guère reprocher aux Demodex, M
même dans les cas où ils sont le plus abondants, que W
de favoriser la production des tannes, et peut-être Fig. 93 (*). d’occasionner quelques légères démangeaisons.
Le Demodex des follicules est un Acaride de couleur blanchâtre, long de 1 à 3 dixièmes de millimètre seulement, et dont le corps se compose de deux parties : 1“ le céphalothorax, qui porte en avant les appendices buccaux, et sur ses côtés les pattes, au nombre de quatre paires dans les adultes et de trois seulement dans les jeunes; 2° l’abdomen, qui est le plus souvent allongé, et donne à l’animal une certaine apparence vermiforme.
On peut se procurer des Demodex en pressant entre les doigts, sur des individus vivants, les parties qui en sont affectées, telles que les ailes ou la pointe du nez, les lèvres, les joues, la peau du front, et en examinant ensuite au microscope la substance que ce pincement a fait sortir des follicules. Sur les cadavres, on les obtient plus aisément encore en enlevant, au moyen de sections perpendiculaires, des lames très minces de la peau, que l’on prépare de manière à ce qu’elles contiennent chacune quelque tanne. Les Demodex vivent le plus souvent par petites sociétés. Un même follicule en a fourni jusqu’à quinze et dix-huit exemplaires.
Ces Acares sont en général placés plus près de l’orifice des follicules que de leur fond. L’axe de leur corps est dirigé parallèlement à celui du follicule, la tête regardant le fond du sac, tandis
(1) Macrogaster, Miescher , Vcrhandlungen der Schwerischen Nalurforsch. Gesellschaft in Basel ; 1 8 i 3 (le même nom avait été appliqué bien avant à un genre de Coléoptères). — Enlozoon, E. Wilson, /lnrï. and Mag. of nul. hist., t. XIII; 18 i i. — Demodex, Owcn, ibid., 1814. — Simonca , P. ’Gcrv., Ilist. nal. des aptères, t. 111, p. 282; 1 8 4 4. — Stcazoon, E. Wilson.
(*) Demodex ou Simonea ( Acarus folticulorum) (très grossi).
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que l’extrémité de l’abdomen est tournée du côté de son ouverture, du moins dans la majorité des cas.
En même temps que M. Simon découvrait ces curieux animalcules dans les follicules du nez, M. Henle les trouvait dans les follicules pileux du conduit auditif externe tt). M. Erasrnus Wilson (2) et plusieurs auteurs, presque tous étrangers, en ont fait depuis lors le sujet d’un examen plus ou moins détaillé. Nous citerons, parmi ces derniers, MM. Miescher, Valentin, Gruby, de Siebold et Remak.
D’autres observateurs ont trouvé des Demodex sur le corps des animaux, et il est probable que de nouvelles recherches augmenteront la liste des espèces de ce genre (3).
Demodex caninus. — M. Tulk, dans une communication faite, le 20 décembre 1843, à la Société micrographique de Londres Micro scopical Society ), a fait connaître une espèce de Demodex trouvée sur le Chien par M. Topping.
Selon M. Gruby (4), les Demodex du Chien produisent, par leur trop grande multiplication, une maladie grave de ces animaux. La peau perd ses poils , et il se forme des plaques de 2 à 3 centimètres de diamètre, couvertes de petites croûtes rouges et semblables à celles que l’on voit chez les individus affectés du prurigo senilis.
Demodex ovinus. — M. Simon a trouvé sur les moutons, dans les glandes palpébrales, des Demodex très peu différents de ceux de l’homme, mais dont le corps est cependant plus large en avant.
(1) Observateur de Zurich, décembre 1841.
(2) Researches into the structure and développement of a newly discovercd parasitée animalcule of the human slcin, the Entozoon follicuporum ( Trans. de la Soc. roy. de Londres ; 1844, pl. 15-17).
(3) Comptes rendus pour 1845.
(4) De nouvelles recherches feront aussi sans doute trouver sur l'homme luimême des parasites différents de ceux qu’on y a déjà signalés. Bateman cite même deux parasites dans le prurigo senilis, mais il donne malheureusement des détails trop imparfaits au sujet de leurs caractères pour que l’on puisse dire à quel groupe ils appartiennent au juste et s'ils doivent réellement être admis comme animaux ; ils mériteraient d’autant plus de fixer l’attention des observateurs. Celui qu’il figure dans ses Délinéations of cutaneous diseuses, publiées en 1815, fut trouvé dans la peau d’un homme atteint de cette sorte de prurigo, et il y était en très grande abondance. Bateman le compare à une Puce pour son mode de locomotion et la forme de scs pattes, ce qui peut faire douter de l’exactitude de son observation.
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Famille des ARCTISC0N1DÉS. — On nomme souvent Tardigrades de très petits animaux qui vivent dans la poussière des toits ou sous les mousses, et dont le corps, assez bien comparable à celui d’une petite larve, a, de chaque côté, quatre paires de petites pattes courtes, niais cependant articulées et pourvues chacune de plusieurs ongles ayant la forme de griffes. Leur corps est divisé assez distinctement en trois ou quatre articulations; il est un peu appointi en avant, où il présente une sorte de rostre et parfois deux points oculaires. En arrière, on ne lui voit pas de prolongement abdominal.
Les premiers auteurs qui ont parlé de ces animaux les ont classés parmi les Acares; mais plus récemment ils ont aussi été rapportés à la classe des Rotateurs ou Systolides (1), principalement par M. Dujardin et par M. Doyère. Ce dernier en a fait l’objet d’un excellent travail monographique (2).
Nous les nommons Arctisconidés,du mot Arctiscon, dontSchranck s’est servi pour désigner l’un de leurs genres. On les divise maintenant en Arctiscon, Macrobiotus, Milnésie et Emydie.
Ces petits animaux sont célèbres par l’extrême dessiccation et la température élevée qu’ils peuvent supporter sans perdre la propriété de recouvrer le mouvement et toute l’activité vitale dont ils jouissaient avant d’être ainsi desséchés ou chauffés. Ils partagent cette propriété curieuse avec les Rotifères et les Anguillules. Spallanzani et plusieurs autres observateurs les avaient déjà étudiés sous ce rapport.