IV. SOUS-CLASSE DES BR ANCHIOPODES
Ce sont des Crustacés encore inférieurs à ceux dont il vient d’être question, et dont le principal caractère consiste en ce que leurs pattes, qui sont nombreuses, restent molles, lamelleuses et appropriées à la fonction respiratoire. Leur corps est diversiforme ; leurs yeux sont pédiculés ou sessiles. Tous subissent des métamorphoses.
Au moment de leur naissance, les Branchiopodes n’ont encore qu’un petit nombre de segments au tronc, et leurs premières paires de pattes sont seules développées; les autres pattes apparaissent ensuite après la formation de nouveaux segments.
L’ordre unique qui représente ces animaux dans la nature actuelle est celui des Phyllopodes. Nous parlerons en même temps des Trilobites, qui ont avec les Brachiopodes des rapports incontestables, mais dont la classification est encore douteuse.
Ordre des Phyllopodes.
Ces animaux vivent dans les eaux douces ou saumâtres. Ils ont des dimensions comparables à celles des Édriopthalmes; toutefois leur organisation est notablement différente.
Il y en a trois familles, savoir: les Apodidés, les Limnadiadés et les Branchipodidés.
Famille des APODIDÉS. — Les deux genres A pus et Lepidurus, qui s’y rapportent, ont la tête et la partie qui porte les pieds recouvertes par un grand bouclier assez semblable, par son apparence générale, à celui des Limules, et, en arrière, un abdomen caudiforme, multiarticulé, terminé par deux écailles natatoires et par deux longs blets sétiformes. On ne connaissait, il y a peu de temps encore, que les femelles de ces animaux et l’on croyait qu elles multipliaient, au moins dans les conditions où on les avait obser-
TR1L0BTTES.
vées, sans le concours des mâles. M. Kotzubowski (de Cracovie) a montré au congrès de Bonn, en 1857, des Apus mâles et il a fait connaître les caractères qui les distinguent des femelles.
Notre pays produit deux espèces de cette famille, l’A^ws cancriformis et le Lepidurus productus.
M. Zaddach a soutenu à Bonn, en 1861, une dissertation dans laquelle il expose les principaux faits relatifs au développement de l’Apus.
Famille des L1MNAD1ADÉS. — Les Limnadiadés, ou les g. I.imnadia, Estheria et Cyzicus, qu’on devrait peut-être réunir en un seul, ont le corps enfermé dans un bouclier bivalve qui leur donne une grande ressemblance extérieure avec les Mollusques lamellibranches du genre Cyclade.
L'espèce de France ( Limnadia Hermanni, Ad. Brongn.) a été observée à Fontainebleau et dans un petit nombre d’autres localités.
Famille des BRANCHIPÜDIDÉS. — Ils ont le corps nu et allongé; leurs yeux sont portés par de courts pédicules.
On en distingue cinq genres, savoir: los Branchipus, les Chirocephalus, les Streptocephalus, les Polyartemia, renfermant tous les quatre des espèces propres aux eaux douces, et les Artemia, qu’on trouve dans les eaux saumâtres qui avoisinent la mer.
On a observé ces derniers dans plusieurs parties de l’Europe, dans le nord de l’Afrique et dans l’ile Saint-Vincent, aux Antilles.
L’Artémie saline [Artemia satina ) des marais salins de l’Angleterre, du Languedoc et des environs de Nice, en est l’espèce la mieux connue. M. Joly en a décrit le développement dans sa thèse inaugurale soutenue en 1860 devant la Faculté des sciences de Montpellier.
Ordre des Trilohites.
Les Trilobites et leurs nombreuses divisions forment un groupe de Crustacés très singuliers que l’on a étudié avec beaucoup de soin, mais dont les caractères ne sont pas encore connus d’une manière complète. Leur grand bouclier céphalique, leurs yeux sessiles lorsqu’ils existent et divisés en deux groupes placés à la partie supérieure de l’organe précédent, les anneaux distincts, plus ou moins nombreux suivant l’âge ou les genres, et à peu près uniformes dont leur corps est formé, leur donnent une certaine analogie avec les ïsopodes sans les éloigner pourtant des Branchiopodes; mais comme ils paraissent manquer d’antennes et qu’on ne
CRUSTACÉS
leur connaît pas d’appendices, soit locomoteurs, soit respiratoires, il est encore ditiicile de décider si leur place naturelle est plus voisine des animaux du premier de ces groupes ou de ceux du second.
Toutes les Trilobites connues sont fossiles, et aucune de leurs espèces ne parait avoir existé postérieurement k la période primaire, aussi appelée par les géologues période paléozoïque ou de transition.
Leurs formes sont très variées, et Ton en distingue non-seulement un assez grand nombre de genres, mais aussi plusieurs familles.
Depuis Tannée 1698, époque où Lhwyd a signalé ces animaux à l’attention des naturalistes, beaucoup d’auteurs s’en sont occupés; un des travaux les plus complets auxquels ils aient donné lieu est dû à M. Barrande.
Les Trilobites dépassent habituellement en dimension les Crustacés édriophthalmes et branchiopodes. On en cite plusieurs gisements en France; d’autres, bien plus riches, sont connus en Bohème (1), dans l’Amérique septentrionale et ailleurs.
Les Trilobites étaient des animaux aquatiques. Elles doivent leur nom à la disposition trilobée de la face supérieure de leurs anneaux.