‹ Zoologie médicale (volume 2)Chapitre 93 sur 96 · ANATIFES · texte numérisé non relu

ANATIFES

rallies à des coquilles de Mollusques; la fente qu'il présente antérieurement laisse sortir six paires d’appendices pédiformes, ayant à leur base des rudiments de branchies, et terminés chacun par deux longues tiges multiarticulées et ciliées ; ccs organes représentent les pattes. L’agent principal de la circulation du sang a la forme de vaisseau dorsal.

A l’opposé des autres Crustacés, les Cirrhipèdes sont des animaux généralement monoïques; mais il y a, parmi eux, des genres dioïques comprenant des espèces dont les mâles atrophiés vivent en parasites sur leurs propres femelles. Ainsi que M. Darwin l’a démontré, ils se logent dans la cavité palléale de ces dernières et ils y sont retenus au moyen d’une paire d’appendices. D’autres sont encore moins parfaits. Ils restent dans un tel arrêt de développement qu’ils n’acquièrent ni coquilles, ni pattes; ceux-là vivent tixés dans la cavité palléale d’autres Cirrhipèdes (1).

On reconnaît deux ordres bien distincts parmi les Cirrhipèdes : ce sont les Anatifes et les Balanes.

Ordre des Anatifes.

Les Anatifes, qui comprennent les Cirrhipèdes LËPADIDÉS, sont toujours pédicules, et leurs valves, quelquefois rudimentaires, restent séparées les unes des autres sans jamais se relier entre elles au moyen de la membrane du manteau; leur corps est comprimé; le pédoncule qui lui sert de support fait suite à la région dorso-céphalique. Leurs jeunes, qui sont libres, ont une assez grande analogie avec ceux des Crustacés de la sous-classe des Cyclopigènes.

Le nombre et la disposition de valves, la présence ou l’absence de caroncules charnues et quelques autres caractères servent à la distribution de ces animaux en genres.

Nous en avons plusieurs espèces sur nos côtes, et entre autres I’Anatii-e roccE-HED l Lepas anatifera, L.), auquel un préjugé bizarre attribue la propriété d’engendrer des Bernaches et des Macreuses. On l’appelle aussi Anatifa lœvis; sa coquille est composée de cinq valves contiguës. On le trouve souvent sous la coque des navires, sur les bois flottants, etc.

Les Pollicipèdes (g. Pollicipes) ont en outre un grand nombre

(1) Genres Illia et Scalpellum, parmi les Lépadidés ; Alcippe et Cryplophialus, parmi les Balanidés.

Il 98 CRUSTACÉS.

de valves plus petites; l’espèce type de ce genre est également européenne.

Les Olion, les Cincras, les Dilepas, etc., ont les valves plus ou moins rudimentaires ou même en nombre inférieur à cinq.

Nous avons trouvé à Cette les Anatifes dont les noms suivent: Anatifa dentata, Lamarck ; A. striolntn , Risso; A. tricolor, Quoy etGaimard; Cineras vitt ata, Lamk. (le C. concolor de Risso,; Olion rissoanus, Leaeh; Dilepas cœrulesceris, P. Gerv.

Les Otions se fixent parfois sur les Baleines; une espèce de Cineras de l’Océan Indien a été observée sur la queue des serpents de mer et YAlepas squalicola se tient sur les Squales. D’autres animaux de même ordre vivent également en parasites.

Ordre des Bulancs.

Les Babines, que l’on peut diviser en plusieurs familles, n’ont jamais de pédoncule; leur coquille est sessile, plus ou moins régulièrement arrondie, en forme de réceptacle qu’on a parfois comparé à une tulipe, ou, au contraire, notablement déprimée et presque discoïde; les pièces qui la forment sont en général au nombre de six et soudées entre elles d’une manière fixe ; le fond, près duquel est la tête, est plus ou moins résistant, et l’ouverture supérieure, qui est dentée, est occupée par deux valves mobiles que l’animal ferme à sa volonté ou qu’il ouvre pour laisser passer la partie cirrhiforme de ses pieds. Les jeunes des Balanes sont libres; leur forme a plus d’analogie avec celle des Cypris qu’avec celle des Cyclopes.

Beaucoup de cesCirrhipèdes passent leur vie accolés aux rochers, et souvent ils en choisissent qui sont placés à une hauteur assez considérable au-dessus du niveau moyen des eaux; la marée ou les vagues poussées par la violence du vent leur portent, à des époques 'plus ou moins éloignées, l’eau qui est nécessaire à leur respiration. D’autres espèces du même ordre se fixent sur certains corps vivants ou même dans leur intérieur.

Les Coronules (g. Coronula ) et les Tudicinelles (g. Tubicinclla) sont de gros Balanes, les uns aplatis, les autres cylindracés, qu’on trouve dans la peau des Baleines. Les Tubicinelles sont fournies par la Baleine australe et les Coronules diadèmes par le llorqualus longimanus. 11 n’en existe pas sur la Baleine franche, tandis que la Baleine, voisine de celle-ci, que pêchaient les Basques, en porte au contraire de forts grandes.

LINGUATULES.

Les Chélonobies s’attachent habituellement à la carapace des Tortues marines ; les Acastes se logent dans la substance même des Éponges, et les Creusies ainsi que les Pyrgomes vivent dans celle des Polypiers.

Une espèce plus voisine des Balanes ordinaires se voit souvent sur la carapace de la Tortue matamata (g. Ckelys), qui fréquente les eaux saumâtres de la Guyane.

Enfin, le Balane ovulaire [Balanus ovularis ) est commun sur les coquilles des Moules qu’on pêche dans nos ports de mer; on le voit aussi très abondamment sur certaines jetées, à Ostende, par exemple, où il recouvre les pilotis.

Page 1