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TRÉMATODES

tenir n ce genre : l’une [Microbdella chilensis) vit sur les branchies des écrevisses de ce pays; l’autre ( Microbdella Auriculæ ) dans la cavité respiratrice de VAuricula Dombeii (1).

Sous-ordre des Malacobdelles.

Animaux assez semblables aux Sangsues par la forme générale, également pourvus d’une ventouse postérieure discoïde et à bouche en ventouse bilabiée. Ils diffèrent des Hirudinées par leur corps plus mou et inarticulé, par leur sang qui est incolore et qui n’est, plus renfermé dans des vaisseaux, par leurs sexes séparés, et par conséquent diofques, ainsi que par leur système nerveux dont la chaîne ganglionnaire a ses deux cordons séparés l’un de l’autre et presque latéraux. Le canal intestinal est complet.

Si le tube digestif n’offrait pas ce caractère, nous n’hésiterions pas à placer les Malacobdelles dans l’ordre des Trématodes auquel ils conduisent d’ailleurs.

11 n’y en a qu’une seule famille, les MALACOBDELL1DÉS, dont le genre unique, Malagobdelle ( Malacobdella ) (2), ne comprend encore avec certitude qu’une seule espèce, la Malacobdelle épaisse [Malacobdella grossa ; Jlirudo grossa de Millier). On l’a trouvée sous h? manteau de plusieurs Mollusques bivalves propres aux côtes occidentales de l’Europe, tels que la Venus exoletu, le Mga truncatu et le Cyprina islandica.

Ordre des Trénisitudes.

Les Vers dont se compose cet ordre sont les Entozoaires trématodes de Rudolphi. Peut-être devrait-on y joindre encore les Cestoïdes, qui semblent n’ètre que des Trématodes dégradés et agrégés sous forme rubanaire. Les Malacobdelles, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, s’en rapprochent aussi à beaucoup d’égards.

Circonscrits tels qu’ils le seront ici , les Trématodes sont des animaux vermil’ormcs, allongés ou discoïdes, mous, inarticulés, ayant le canal intestinal incomplet. Ils ont habituellement les sexes réunis. Leur système nerveux se compose d’une masse cérébrale d’où partent deux filets latéraux. Tous ont des canaux urinaires que Ton a pris d’abord pour des vaisseaux circulatoires.

Ces Vers ne sont pas toujours parasites. Il en est qui sont libres à un certain âge, et, dans ce cas, ils sont, les uns fluviatiles, et les

(1) Gay, Compt. rend, de l' Acad, sc., t. II, p. 322; 1836.

(2) Malacobdella, Blaiav. ; 1827.— Xenistum, Blanchard; 1843.

192 vkus.

autres marins. Beaucoup sont parasites et se distinguent en deux catégories, suivant qu’ils sont ectoparasites, c’est-à-dire attachés superficiellement au corps de leur hôte, ou, au contraire, endoparasites, et alors cachés jusque dans la profondeur de ses organes. Toutefois ces derniers eux-mêmes ne passent pas toute leur vie dans le corps des animaux vertébrés chez lesquels on les trouve, et dans leur premier âge ils sont libres, et fort différents par la forme de ce qu’ils seront plus tard; ils présentent même des cas évidents de digénésie.

Les Douves ou Distomes appartiennent à cette dernière catégorie : ce sont des Trématodes endoparasites et digenèses. Les Polystomes et les Tristomes, au contraire, sont des Trématodes ectoparasites et monogenèses; ils naissent avec la forme qu’ils doivent conserver, et, sous ce rapport, ils sont plus semblables aux Vers qui nous ont déjà occupés.

En tenant compte de l’absence ou de la présence des métamorphoses, ainsi que de quelques autres caractères, on peut partager les Trématodes en deux sous-ordres : les Polycotylaires et les Distomaires.

Sous-ordre des Polycotylaires (1).

Les Vers de cette division ont déjà le canal intestinal plus ou moins rameux et à un seul orifice ; leur bouche est antérieure et en forme de ventouse qui sert à les fixer; ils ont en outre plusieurs paires de ventouses postérieures. Cependant certains d’entre eux n’en ont qu’une seule, qui est alors plus ou moins semblable à celle des Sangsues, mais en même temps ils en ont deux plus petites auprès de la bouche. Leur corps est discoïde, aplati, inarticulé, à peau bien plus résistante que celle des Planaries. 11 n'y a pas de système vasculaire; c’est l’appareil excréteur de l’urine qui a été pris pour lui; il s’ouvre en arrière du corps et quelquefois sur le côté, par une vésicule pulsatile. Toutes les espèces sont monoïques. Le développement est direct. Les œufs sont grands, riches en vitellus, à coque cornée et pourvue de filaments extérieurs qui servent à les fixer; ce qui rappelle ceux des Poissons plagiostomes. Les embryons manquent de cils vibratiles; au moment de leur naissance, ils ont déjà la forme définitive qui caractérise leur espèce, et ils sont assez actifs pour pourvoir dès lors à leur nourriture.

Leur genre de vie est parasite, mais ce sont des parasites exté-

(1) Polycotylaires, Blainv., Dict. sc.nat., t. LVIt, pnge 569.

THÉMATODES.

rieurs (ectoparasites) ; ils se tiennent plus particulièrement sur les branchies des Poissons; il y en a cependant un genre (celui des L'donelles) qu’on ne trouve jamais que sur des Crustacés de la famille des Caliges qui vivent eux-mêmes sur le corps du Flétan. Ce sont donc des parasites de parasites.

On peut partager les Polystomaires en deux familles, sous les noms de Tristomidés et de Polystomidés.

Les TRISTOMIDÉS n’ont qu’une seule ventouse postérieure. 11 y en a de plusieurs genres (1) :.

Les Udonelles (g Udonella ) ressemblent encore complètement à des Sangsues, ce sont elles qui vivent attachées par leur ventouse caudale aux tubes ovifères du Calige parasite des Flétans.

Le 1 It y II nie cal i y i de Kroyer, V Amphibotvium Kvogevi de Froy et Lcuckart sont les mêmes animaux que VU. caligarum. Ce Ver est commun. Il n a que 5 a 6 millimètres de longueur.

Les Épibdelles (g. Epibdclla ) sont disciformes. lis ont deux petites ventouses buccales et une grande ventouse postérieure, qui est aimée de crochets. Leur ressemblance avec les Sangsues, et en particulier avec les Malacobdelles, est encore très évidente.

L Iu’IBDelle de l iiippoclosse ( Epibdclla hippoglossi ) vit sur la face étiolée des Flétans;— VE. Science vit sur le Maigre (Science aguiia).

Ces deux espèces sont de la mer du Nord.

Le g. Tristome ( Tristoma ) se distingue par une sion de la ventouse postérieure et par un développement, au contraire, plus considérable des deux ventouses buccales. Ses œufs ont plusieurs appendices.

On trouve les Tristomes sur les Squales, les Moles, les Esturgeons, etc. 11 y en a plusieurs espèces.

Le g. Ampkiptgchus , trouvé par Crabe et G. Wagner (2) dans le canal intestinal de la Chimère, avec des coquilles de Mactre, pourrait bien être

moindre dimen-

Fig. 154.

Tristoma papil latum.

un parasite de ce dernier Mollusque, se trouvant à l’état erratique dans le 1 oisson qui 1 a fourni. Il n’y a en effet aucun autre Ver polycotylaire vivant dans le tube digestif.

Les Peltogaster , que Thompson avait connus et nommés Saccu- Itna, ne sont pas des Trématodes, mais bien des Crustacés.

M) Voyez Van Beneden, Suppl, aux comptes rendus, vol. II, et llullct. de l'Acad. roy. de Belgique, t. XXIII, n" 10.

(2) Müller' s Archiv., 1852.

viens.

Les POLYSTÛMIUÉS ou Polycotylaires à ventouses postérieures multiples et garnies de crochets, sont plus petits que les précédents. Plusieurs de leurs genres méritent une mention spéciale.

L’un des plus curieux est sans contredit celui des Uii'LOZOONS (. Diplozoori , Nordmann), dont l’espèce

Uiplozoon paradoxal (D. paradoxum) a été trouvée sur les branchies de plusieurs Poissons fluviatiles, et entre autres sur celles de la Brème.

Les Vers de cette espèce sont simples dans le jeune âge (1) ; mais à l’époque de la reproduction, ils se conjuguent deux à deux, et ils vivent réunis pendant tout le reste de leur vie. Leurs œufs sont grands et pourvus d’un très long filament. On doit la découverte de ces Helminthes à M. Nordmann.

Le g. OcTouoTURiE [Octobothrium] tire son nom de la présence de huit ventouses postérieures.

On trouve 10. lanceolalum sur les branchies de l’Alose; 10. Merlangi sur celles du Merlan; l’O. cligitatum sur celles du Flétan et l’O. leptogaster sur celles de la Chimère.

L’Ogtobotiirie du merlan (0. Merlangi) est une grande et belle espèce, qu’on prend assez communément sur les branchies des Merlans. Ce Ver a l’aspect d’une Sangsue élargie à la partie postérieure du corps, et qui, au lieu d’une ventouse, en porterait quatre situées au bout d’autant de pédicules.

Le genre Pleurocotyle {Pleurocotylm) est établi sur un parasite des branchies du Maquereau de la Méditerranée, et qui est remarquable par ses quatre ventouses placées sur un des côtés du corps. Cette disposition est fort singulière, et M. Grube, qui a déjà parlé de ce Ver, n’était pas certain de ne pas avoir eu sous les yeux un Ver anomal ou mutilé (2).

Le g. Polystome ( Phylostoma ), qui adonné son nom à la famille, le doit lui-même à une méprise assez commune en helminthologie : on avait d’abord pris les ventouses, qui sont placées à la partie : postérieure de son corps, pour des bouches. Ce nom a été quelquefois remplacé par celui à’Hexathxjridium.

Une espèce de Polystome, le Polystome des Grenouilles [P. integert'imum ) est assez fréquente dans la vessie natatoire de la Grenouille d’Europe. Elle est remarquable par sa taille, par son tube digestif ramifié et à branches anastomosées au milieu du corps, par les I

(1) Dujardin a désigné ces jeunes sous le nom de Uiparpa.

(2) Trosehel's Aiclùv, 18ooi |>. 137.

TIIÉMATODES.

deux grands crochets qui sont logés au milieu de ses six ventouses, enfin par ses mouvements qui la font ressembler complètement à une Sangsue. On en trouve quelquefois plusieurs dans la vessie d'une même grenouille. M. Pagenslecher en a vu les jeunes munis de quatre yeux; mais jusqu’à présent personne n’en a observé les œufs (1).

Le genre Onchocotyle (Onchocotyle), dont le corps est bifurqué en arrière et porte six fortes ventouses , ne renferme que deux espèces :

L ’Onchocotylus appendiculatus, qui a été recueilli sur les branchies des Roussettes (Mustelus vulgaris),

Et l’O. borealis , parasite de celles du Scymnus glacialis.

Un autre genre, celui des AsrmooASTREs [Aspidogaster), a pour type VA. conchicola, parasite des Anodontes, dont M. Hermann Aubert vient de faire connaître l’anatomie et le développement. Ses œufs sont très grands, et l’on voit déjà l’embryon tout formé dans leur intérieur.

L’Aspidogastre est surtout remarquable par la présence d’un disque treillissé qui est placé sous la partie ventrale de son corps (2).

A côté de cette famille des Polystomidès se rangent des Vers microscopiques, que M. Nordmann a fait connaître le premier, et qui vivent pour la plupart sur des poissons fluviatiles. On les recueille en grattant les branchies avec un scalpel, et en portant les mucosités sur le porte-objet du microscope. Ce sont les genres Gyrodac.tyle, dont l’espèce principale a été observée d’abord sur les Cyprins (G. e(egcms)‘, Dactyiogyrus, établi par Diesing sur le G. nuriculatus, Nordmann, trouvé sur les mêmes poissons, et Cnlceostoma , que l’un de nous a trouvé sur le Maigre d’Europe (C. elegans ) (3).

Ces Vers, que M. Nordmann proposait de rapporter aux Cestoïdes, dont Creplin ne voulait pas faire des Entozoaires et qu’on ne peut pas, d’après Dujardin, classer convenablement parmi les Trématodes, appartiennent cependant à ce dernier ordre.

Le genre Gyrodactyle doit y servir de type à une petite division particulière dans laquelle viennent déjà se grouper un nombre assez considérable de Vers. Des travaux très importants ont été publiés, dans ces derniers temps, sur ces curieux parasites (à).

(I) Pagensteclier, Trematodenlarven uni Trematodcn ; Heidelberg, 1857.

(2j Zeit. f, IHiss. Zoologie, l. VI, p. 349; 1834.

(3) Vau Deuedcu, Al cm. sur les Vers inlesl. , dans les Suppl, aux Comptes Pendus, t- H, p. GO, pl. 7.

( i) V. Siebold, '/.cil. f. U'i's*. Zoologie, t. I, p. 347 ; 1818. — Wdtll, Acad, des sc. de Vienne, juillet 1857 et Journal de t" Institut, 1857, p. 339. —

196 VERS

Sous-ordre des Distomaires.

Los Distonies, vulgairement nommés Douves, Fascioles, Papillons, etc. (l),ont le corps assez mou, inarticulé et souvent déprimé; ils ont la partie antérieure rétrécie, souvent allongée et toujours pourvue d’un pore, en forme de ventouse, au fond duquel est la bouche. Leur canal intestinal est incomplet, comme celui des précédents, et souvent dichotome ou même rameux. Une seconde ventouse, également inerme, se trouve souvent sous leur corps en arrière; c’est la ventouse abdominale. Tous ont un système de canaux urinaires bien développés.

Leurs sexes sont toujours réunis, et leur appareil de la reproduction est extraordinairement développé. L’appareil mâle s’y montre toujours en premier lieu. Dans l’appareil femelle, nous voyons des organes spéciaux pour la formation des vésicules germinatives et du vitellus. C’est au moment où ces deux produits se réunissent pour constituer l’œuf, que les spermatozoïdes se précipitent autour d’eux et assurent l’acte de la fécondation. La coque de l’œuf se forme ultérieurement dans l’oviducte. Ces œufs n’ont donc pas besoin de micropile. L’un de nous a vu distinctement les spermatozoïdes des Distomaires se mouvoir autour de la vésicule germinative (2). Tous les Vers de ce sous-ordre se font remarquer par leurs métamorphoses, et ils nous offrent un curieux exemple de digénésie.

En effet, les Distomaires ne se développent pas complètement dans l’œuf, par suite sans doute de la petite quantité de vitellus qui s’y trouve contenue, et leurs œufs ne donnent pas directement naissance à des Distomes ayant la forme caractéristique des animaux de cet ordre. Les Vers qui en sortent ont souvent le corps cilié comme celui d’un Infusoire, et dans leur intérieur se développe un autre animal sous l’apparence d’un sac mobile n’ayant point d’organes internes, et par conséquent agame. Un pore lui sert de moyen propre à se fixer, et c’est en particulier sur certains Mollusques ou sur des Insectes aqfiatiques qu’on le trouve ; quelques animaux terrestres, les Hélices et les Limaces par exemple, le présentent aussi. Ce singulier état des Trématodcs digénèses est l’état des Sporocystes. Les naturalistes ont

Guid. Wageuer, mémoire couronné par la Société des sciences de Harlem. Ce mémoire est accompagné de 36 belles plauclies dessinées par l'auteur (Natuurhundiije verhand. van de Holland. Maalsch. d. Wetensch. HaarUnn). Harlem, 1837.

(1) Poroeéphalis, Blaiuv. JJicl. sc. nal., t. LVII, p. 388.

(2) Ballet, de V Acad. roy. de Belgique, 1858, n° 4. p. 312.

très grossi.

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