‹ Zoologie médicaleChapitre 24 sur 61 · TRÉMATODES. Î · texte numérisé non relu

TRÉMATODES. Î

eu beaucoup de difficulté ît eu reconnaître la véritable nature, et leur étude a conduit à quelques mé- Fl°- 1 5îi-

prises. Le corps singulier que Ahrens et Carus ont sP°rocyste <iu Dis- ■ , , toma echinatum;

trouve sur les Ambrettcs (g. Succmea), et dont le

dernier de ces naturalistes a fait son genre Leucochlo-

riilium, n’est qu’un Sporocystc de Trématodes.

C’est donc sous ce nom d eSporocyste que l’on désigne les sacs vivants et mobiles qui se développent dans la larve infusoriforme des Trématodes distomaires. Ces corps singuliers pourraient aussi être nommés Embryopliores , si Ton devait ne les considérer quo comme des sacs remplis d’embryons. Toujours est-il que, dans l’état actuel de la science, on les regarde comme étant de véritables individus, produisant, par génération agame, les Cercaires ou jeunes Distomes qu’on en voit bientôt sortir : c’est ce qui les a tait appeler aussi des Nourrices.

On voit quelquefois ces Sporocystes engendrer directement, au lieu de Cercaires, des Distomes :

M. de Filippi en a vu un exemple, et nous en avons observé un autre sur le Buccinum undatum.

Les Cercaires, qui sont de petits animaux aquatiques fréquents sur le corps ou dans les tissus des Lymnées et des autres Mollusques de nos eaux douces, ont le corps ovalaire, et terminé en arrière par Fig. 156. une sorte de queue simple ou bifide, ce qui ccrcairc du Distoma releur donne souvent quelque analogie avec les lusum; très grossi, têtards des Grenouilles , auxquels ils ressemblent aussi par leurs mouvements. Quoique ces animaux aient été considérés pendant longtemps comme des Infusoires (1), et qu’ils soient restés placés dans cette classe jusque dans ces dernières années, on ne saurait douter que ce ne soient les larves des Distomes ou des autres Vers du même ordre, leurs métamorphoses ayant été parfaitement élucidées par les helminthologistes contemporains.

En résumé, le Ver est cilié en sortant de l’œuf ; il représente alors

1) Genre Cercaria, O. F. Millier; 1786.

VKItS.

la forme de Prosoolex. Il ressemble it un sac pendant la seconde génération, et constitua alors un S/jorocyKtc ou Scolex. Ce Scolex engendra |i son tour une troisième forme, qui rappelle un têtard do Grenouille : c’est la Cercaire, qui devient bientôt un Distome. Nous comparons cette troisième génération à celle dont il sera parlé pour les Cestoïdes, sous le nom de Proglottis.

Dès 1778, Swammerdam avait déjà vu les Sporocystes et les Cercaires qu’ils renferment, et en 1817, ces derniers furent de la part, de Nitzsch l’objet d’un travail fort exact sur lequel de Blalnvllle se fonda quelque temps après, pour établir leurs aflinités avec les Planaires. Les Vers jaunes trouvés en 1808 par Hojanus sous la peau et dans la substance môme du foie des Lymnées sont des Sporo- ; eystes à Cercaires, ainsi qu’il en a déjà fait la remarque, mais c’est M. Steenstrup qui a le premier reconnu la transformation des Cercaires elles-mêmes en véritables Distomes.

L’un de nous, dans un travail qui est sous presse et qui a été analysé par M- de Quatrefages en 1853 (1), a apporté de nouvelles observations, qui ont peut-être contribué à élucider cette ditlicile question, et plus récemment, MM. Pli. de Filippi ;2 ,La Mallette de Saint-George (3), Moulinié (à ) , Pagen stecher (5) , G . XVagener, etc . (P, ont traité le même sujet.

Les Sporocystes ou nourrices dos Cercaires sont parasites ; les Cercaires elles-mêmes vivent lo plus souvent on état de liberté. Quoique recherchant fréquemment les Mollusques, oe n’est pas dans l’intérieur du corps de ces derniers qu’elles doivent se transformer définitivement on Distomes. Elles ne font que s’y enkyster et passentensuite avec ce premier hôte dans le canal digestif de quelque animal vertébré. Alors, tandis que le premier hôte est lui-même digéré, elles résistent à l’action dissolvante des sucs gastriques et deviennent de véritables Distomes. Après avoir perdu leur appendice

(1) Comptes rendus de l'Academie des sciences 1854, et diinnles des sciences naturelles i 1854. — Ce travail va paraître dans lo t. II des Suppléments aux Comptes rendus.

(2) Ann. des sc. nat. 4e série, t. III, p. Ht. 1855, et Mém, de l 'Acad, des to. de Turin. 2e série, t. XVI,

(3) Symbolœ ad Tremalçdum evolutionis hisloriam, 1855,

(4) De la reproduction chez les Trcmatodes endoparasites , (t. II de? Mcn ). de l'Institut genevois, 183(5).

(5) Pagcnstecher, Trematodenlarven uni l Tremaloden. Heidelberg, 1857.

(6) Guido Wngcncr, Beitraege zur Enlwickel. d. Eingeweidewiirmcr in Naluurliundige verhandelitngen. Haarlem, XIII deel. 1857.

THÉMATODES.

caudal ut avoir acquis lus organes génitaux qui leur manquaient pondant leur état cereaire, elles vont produire des œufs qui, à leur tour, ne se développeront qu’au dehors et donneront bientôt lieu il une nouvelle génération apte aux mêmes transmigrations ot aux mêmes métamorphoses.

Les Distomaires sont tous dos Vers parasites, au moins dans leur état adulte, et ils vivent alors dans l’intérieur du corps des animaux vertébrés. Ils s’introduisent plus profondément que les Polycotyles et sont dits îi cause de cela Trématodes endoparasites. Leur double mode de multiplication, par œufs donnant des larves à Sporocystes et par Cereaires naissant de ces Sporocystes par agamie, les a fait aussi désigner par le nom de Trématodes digénèses.

C’est à ce sous-ordre qu’appartiennent les Douves dont l’Homme nourrit plusieurs espèces. Les Amphistomes, etc., doivent également être classés dans le même groupe; ils ne constituent, avec les Distomes véritables, qu’une seule famille, celle des Distomidés.

Famille des DISTOMIDÉS. — Les Distomidés ont un tube digestif incomplet et dont l’orifice buccal est toujours terminé par une ventouse. Souvent il y a une seconde ventouse ; elle est énorme, et placée sous le ventre.

Ces Vers sont tous endoparasites pendant leur état adulte.

Le genre de cette division qui doit surtout nous occuper est celui des Douves ( Distoma ).

Le genre Distome (Distoma) (1) présente une ventouse antérieure située à l’orifice et autour delà cavité buccale et une seconde ventouse sous le ventre ; les orifices sexuels sont médians et toujours il existe un orifice urinaire unique ouvert en arrière. Ces Vers ont presque constamment le corps plus ou moins allongé, cylindrique et à parois fort contractiles. Us vivent dans les cavités naturelles, surtout chez les animaux vertébrés, mais on les trouve cependant aussi dans certaines espèces des classes inférieures, et il y en a jusque dans le tube digestif des Polypes.

On en observe dans les animaux d’eau douce et terrestres comme dans les animaux marins.

Il n’y a pas dans cette famille de genre plus riche en espèces que celui des Distomes: on en cite plus de cent cinquante; aussi attendon avec impatience que de nouvelles observations aient donné un moyen sûr de les partager en groupes naturels.

(1) Relzius, 1 78fi. - Ce genre avait aussi été appelé Fasciola par 0 F. Millier en 1787.

viens.

Plusieurs de ces Vers avaient d’abord été décrits séparément sous leur première forme et en même temps sous leur forme définitive comme des animaux de groupes différents. Les noms qu’on leur a donnés dans le premier cas, c’est-à-dire lorsqu’ils sont encore à l’état de Cercaires, devront disparaître des catalogues méthodiques.

Le Diplostomum volvcns est le jeune du Distoma nodulosum de la Perche. Le Leucochloridium des Ambrettes ou Succinées, qui a été découvert en 1810 par Ahrens (1), et dont M. Carus a donné plus tard une nouvelle description (2), est, d’après M. de Siebold,le jeune du Distoma holostomum. Plusieurs autres espèces sont également nominales, et la prétendue famille des Cercaires doit être entièrement supprimée, puisqu’elle ne repose que sur l’examen du premier âge des Distomes et des autres Trématodes digénèses. C’est donc avec surprise que nous avons vu M. Diesing s’occuper en 1855 d’une révision des Cercaires sans tenir compte des recherches embryogéniques dont ils ont été l’objet (3).

Le genre Distome ( Distoma ) a cinq de ses espèces qui s’ob- Fig. 157. servent dans le corps de l’Homme, mais dont Distonie hépatique, plusieurs sont probablement des espèces erratiques, c’est-à-dire qui , étant propres à des animaux qui habitent avec l’Homme , ne passent sur ce dernier que d’une manière occasionnelle.

Distome hépatique ( Distoma hepaticum). — Ce parasite, vulgairement appelé Douve , est l’un de ceux qui sont le plus anciennement connus et le plus généralement répandus. On ne peut le confondre avec aucun autre genre des Vers à cause de sa taille, de sa forme et de la complication de son intestin.

Le corps du Distome hépatique est ovaleoblong, aplati comme une feuille, d’un brun noirâtre, sale, montrant la bouche en avant au milieu d’une éminence conique et la ventouse ventrale ou postérieure à quelque distance de là. L’intestin est ramifié; les orifices sexuels sont situés entre la bouche et la ventouse ventrale, un peu plus près toutefois de cette dernière que de l’autre.

Il est long de 30 millimètres et large de 8 à 10.

(1) Mag. der Naturf. fr. su Berlin. 1810, p. 292, t.nb. 9.

(2) Nov. acl. ac nat. cur., vol. XVII, p. I.

(3) Ile vision der Cercarien ; Silsungsbericlile, vol. XV. p. 377. 1833.

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