ÉCHINODERMES
Le type des Échinodermes (1) a ses limites nettement tranchées, et c’est à tort que, jusque dans ces derniers temps, on a confondu avec lui plusieurs genres de Vers qui sont, il est vrai, d’une cou- l formation très singulière, mais dont le développement mieux étudié a fait reconnaître la véritable nature (2).
La forme des Echinodermes véritables les éloigne de tous les animaux dont nous avons parlé jusqu’à présent : tantôt globulaires, tantôt étoilés, ils sont quelquefois aussi tubuleux et vermiformes ou bien encore disposés sous la forme d’une fleur régulière portée sur une longue tige, et leur division est toujours quinquennaire.
Leur peau est constamment dure et coriace; dans son épaisseur se déposent des corpuscules calcaires qui forment quelquefois un test solide, ou une charpente assez résistante pour conserver la forme de l’animal après sa mort.
A la surface de la peau on trouve, chez plusieurs, des piquants mobiles, dont la longueur dépasse quelquefois le diamètre du corps, et c’est à ces piquants ou aux autres pièces dures dont leur peau est incrustée qu’ils doivent leur nom d’Échinodermes. Entre les piquants on découvre ordinairement des tubes membraneux très érectiles, qui ne sortent pas des orilices de la peau et fixent le corps en s’étalant sur les objets environnants: ce sont les ambulacres. Ils servent aussi à la préhension et à la locomotion. Quand les piquants n'existent pas, ces ambulacres sont particulièrement réunis dans l’une des régions du corps. Ils ne manquent que dans une seule famille.
(1) Les Échinodcrmes ont été l’objet d’un grand nombre de travaux dont les plus importants sont dus à de Blaiuvilleet à MM. Agassiz et Desor, ainsi qu’à MM. J. Müller et Troschcl.
Leur développement a surtout été étudié par M. J. Müller. Voir .1. Müller,
U cher den allgemeinen Plan in der Enlwickelung der Echinodermen ( Mém . de l’Acad. de Berlin, 1846, 1848, 1830, 1832 et 1833, et Ann. des sc. nat., 1853 et 1854).
(2) Les Siponcles et les Écbiures, c’est-à-dire les Échinodcrmes sans pieds de Cuvier, sont de véritables Vers, et les Minyades, que le même auteur rapportait aussi aux Échinodermes, sont des Polypes de la catégorie des Actinies.
BCHINODEIÏMES.
Un voit encore à la surface de la peau des appendices souvent articulés et portés sur une tige, qu’on appelle des pédiceltaires. Ils représentent les ornithoramphes des Bryozoaires, et servent à la préhension. 11 existe à leur extrémité des pièces mobiles faisant la pince, et dont le nombre varie selon les groupes.
Quelques Échinodermes portent des taches que l’on a regardées comme des yeux; on en voit en particulier à l’extrémité des rayons dans les Étoiles de mer, et certaines espèces de l’ordre des Oursins en présentent aussi. D’ailleurs on ne connaît pas à ces animaux d’autre organe des sens.
Le système nerveux de ces ltadiaires consiste dans un simple collier œsophagien formant autant de doubles ganglions qu’il y a de divisions au corps et fournissant une paire de nerfs principaux pour chacune de ces divisions.
Le tuhe digestif est souvent complet. Les intestins, dont les parois sont toujours très délicates, sont maintenus en place par un mésentère, et la bouche est quelquefois armée de pièces calcaires mobiles agissant comme des dents, et que l’on appelle la lanterne cl'Aristote. La situation de l’anus, relativement à la bouche , est très variable.
La respiration s’effectue, dans certains cas, par un arbre aquifère, qui conduit l’eau dans l’intérieur du corps, comme les trachées conduisent l’air; ou bien encore l’eau circule entre les viscères pour agir directement sur le sang ou sur la lymphe qui ne s’en distingue pas.
Il existe des vaisseaux et quelquefois même un cœur; mais cette circulation est toujours peu active. Le sang est incolore.
Le foie est peu développé ; mais on trouve de bonne heure un organe sécréteur, qui devient plus tard, chez les Astéries, la plaque madréporique ; cet organe représente, sans aucun doute, l’appareil urinaire.
ILes sexes sont séparés, excepté dans une seule famille. Tl n’y a pas d’organes copulateurs. Les œufs sont petits, à enveloppe mince et délicate; ils sont fort abondants.
Les Échinodermes sont généralement ovipares ; rarement ils sont vivipares. Leurs larves sont d’abord couvertes de cils vibratiles, et ils ressemblent alors à des Infusoires; mais si quelques-uns . prennent directement leur forme radiaire sans subir un notable changement, la plupart éprouvent au contraire des métamorphoses et subissent des modifications dont nous ne voyons pas d’exemples dans les autres classes.