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ASTÉRIES

eanthion rubens }, qui est si commune sur la plage dans la Manche et dans la mer du Nord, qu'on l’y emploie pour fumer la terre. On a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, de ce nouvel engrais; mais il nous semble qu'il y a trop peu de matière animale dans ces animaux pour qu’ils puissent fournir un engrais réellement avantageux.

On observe sur ces Étoiles de mer un phénomène assez curieux pour mériter d’être rapporté, et dont les personnes qui élèvent des animaux dans des Aquariums marins peuvent être aisément témoins. Ces Astéries se débarrassent quelquefois tout d’un coup de l’un de leurs rayons, et leurs parties molles flottent librement dans l’eau, adhérant encore à l’animal mutilé. Ce rayon reste en vie assez longtemps, et, à l’aide des suçoirs ou ventouses, l’individu mutilé et son rayon déchiré marchent chacun de son côté sur les parois du verre. Successivement les autres rayons tombent également jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un seul, et enfin ce dernier se sépare du disque. Nous avons vu de ces rayons vivre et se déplacer ainsi deux jours après leur séparation. C’est au mois de février que nous avons observé pour la première fois ce phénomène sur une femelle gorgée d’œufs, qui se répandaient avec une telle profusion que l’eau en était troublée. Ces œufs montraient encore leurs vésicules germinatives.

Les EURYALIDÉS ont déjà plus d’affinité avec les Ophiures par les caractères des bras et des viscères, mais ils s’en distinguent par les bras eux-mêmes qui sont divisés en rameaux secondaires plus ou moins nombreux, préhensiles et enroulés du côté de la bouche. La plaque madréporique est située du même côté et assez près d’elle. Le corps est subglobuleux et quinquangulaire.

D’après la division des bras, MM. J. Millier et Troschel les partagent en :

Astrophyton , dont les bras sont divisés dichotomiquement à la base, puis subdivisés en branches nombreuses et très grêles. Une espèce fort grande de ce dernier genre habite la mer du Nord (Astr. Linckii) ;

Trichcisler, qui ont les bras divisés par dichotomie j

Asteronyx, dont les bras ne sont pas divisés.

Chez les OPHIURIDÉS, le corps a la forme d’un disque plus oïl moins arrondi portant cinq bras simples, fort mobiles, souvent très longs et articulés avec le corps, dont ils se détachent facilement. Il n’y a pas d’anus, et la plaque madréporique disparaît dans l’âge adulte. Les bras n’ont point de sillons à leur face inférieure, mais

KNCKINBts.

ils portent souvent des piquants ou des sortes d’écailles qui les font ressembler à de petits Serpents. Les viscères ne s’étendent pas dans leur intérieur.

Ces Ëchinodermes ont souvent les bras tellement fragiles, qu’on a de la peine à s’en procurer des individus entiers.

Leur famille comprend les genres Ophiocoma, Ophiolepis, Ophiurachna, Ophiacantha , Ophiomastix, Opliiomyxa, Ophioscolex, Ophiothrix, Op/iiocnemis, Ophioderma, etc.

L’ Ophiolepis ciliata est une espèce commune sur les côtes de France et de Belgique, aussi bien du côté de l’Océan que du côté de la Méditerranée.

Ordre des Encrines.

Les Encrines, aussi appelées Crinoïdes, forment l’ordre le plus ancien de ce type, et pendant longtemps elles ont seules représenté la division des Ëchinodermes. On n’en trouve plus qu’un petit nombre dans l’époque actuelle. Ces animaux se distinguent surtout des autres Ëchinodermes par leur tige plus ou moins longue et mobile, qui balance le corps au gré des vagues. Le corps a la forme d’un calice, portant inférieurement la tige fixée au sol, et supérieurement une surface coriace au milieu de laquelle s’ouvrent la bouche et l’anus, non loin l’un de l’autre. Ce calice, formé de pièces calcaires solides, régulièrement juxtaposées, porte sur son bord des bras qui s’écartent et se rapprochent comme les pétales d’une Heur dont la corolle jouirait de mobilité.

Les pièces du calice sont arrangées avec tant de régularité que l’on peut reconnaître les espèces d’après une seule d’entre elles. M. de Konninck, dans ses recherches sur les Crinoïdes du terrain carbonifère de Belgique, admet avec M. J. Millier des pièces basales, ou qui formentla base ; des pièces radiales , qui constituent les rayons ou la base des bras; des pièces sous-radiales, qui alternent avec les précédentes, et quelquefois des pièces sous-radiales de second rang, et enfin des pièces interradiales. On trouve en outre une pièce anale, et, pour les bras, des pièces brachiales et des articles brachiaux. La tige est souvent composée d’articles semblables entre eux, ayant dans beaucoup de cas la forme étoilée à cinq branches et qui répondent à ce que les anciens appelaient des trochites ou des entroques. On en voit dans plusieurs de nos marbres.

Cet ordre est divisé en trois familles: les Comatulidés, les Encrinides et les Cystocrinidès.

Les COMATULIDËS vivent encore actuellement, et sont même

EiVCRIXES.

très répandus dans différentes mers. Iis ont une tige dans le jeune âge, et pendant longtemps une jeune Comatule a figuré dans tous les ouvrages de zoologie sous le nom de Pentacrinus europæus comme formant une espèce d’Encrinidés. A l’âge adulte, l’animal vit librement au fond de la mer, comme les Astéries.

Le corps de ces Radiaires est aplati ; leur dos est formé d’une grande plaque calcaire, que l’on a comparée à la plaque madréporique. La surface ventrale présente deux orifices, dont celui du milieu correspond à la bouche, L’autre représente l’anus. Il existe cinq bras qui s’articulent directement avec la pièce basilaire, et qui se bifurquent immédiatement.

Les Comatules s’attachent par ces bras soit aux plantes marines, soit les unes aux autres ; elles abondent dans certains parages.

Ces Échinodermes n’apparaissent dans la série des formations géologiques qu’avec les terrains jurassiques, mais ils se sont montrés en abondance jusqu’à l’époque actuelle.

Us ont été divisés en deux genres, sous les noms de Comatule et A’Alecto.

Une espèce du premier genre est commune dans la Méditerranée ; elle était très abondante, il y a quelques années, dans le port de Cette (i Comatulameditérranea ) (1) ; une autre espèce plusgrande appartient aux mers du Nord [Comatula Eschrichtii).

Les ENCRINIDÉS sont tous pourvus d’une tige plus ou moins longue, au bout de laquelle se trouve le corps caliciforme de l’animal et ses bras longs et mobiles, dont la surface interne porte des tentacules dans une rainure. Au milieu des bras, on voit la bouche et l’anus. Ces Échinodermes appartiennent aux époques les plus anciennes, et ne sont plus représentés dans la nature actuelle que par une seule espèce particulière à la merdes Antilles; c’est le Pentacrinus caput-Medusæ.

L ’Holopus Rangii, aussi des Antilles, a été décrit par Dorbigny comme un nouveau genre d’Encrinides, mais sa forme est très différente de celle des Pentacrines, et ses véritables affinités n’ont pas encore pu être établies d’une manière définitive.

Les Pentacrines vivent à de grandes profondeurs et sont très

(I) C’est sur la Comatule que vit un singulier parasite (genre Myzostome), dont la classification embarrasse encore les zoologistes et dont nous avons déjà parlé ( t. I, page 302). Dcllc Chiajc fait mention d’un Mollusque également parasite des Comatules, et qu’il appelle Melania Cambessedesii ( Animait senza vertébré, t. H, p. 134, tab. GS, f. 16).

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rares dans les collections. On n'en connaît que six a sept exemplaires.

Il y a des espèces fossiles de ce groupe dont le squelette est composé de plus de cent cinquante mille pièces distinctes.

Les CYSTOCRINIDÉS ont le corps ovale ou sphérique, sont dépourvus de bras et sont attachés par une courte tige mobile. On leur reconnaît une bouche, un anus et un troisième orifice, qui dépend sans doute de l’appareil sexuel.

Gette famille, peu nombreuse, appartient aux époques les plus anciennes, et l’on en trouve les débris dans les terrains de transition. Elle comprend les genres Cystocrinus, Sphceronites, etc.

CLASSE TROISIÈME

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