‹ Zoologie médicaleChapitre 6 sur 61 · MOUCSüt · texte numérisé non relu

MOUCSüt

Mollusque comme l’opercule véritable ; on le nomme épiphragme. L’Hélice passe l’hiver engourdie dans sa coquille; elle s’y retire aussi pendant que la saison est chaude et sèche.

Dans beaucoup de lieux, certaines espèces d’Escargots sont recherchées préférablement aux autres; leur chair est assez coriace, il est vrai, et de digestion diflicile; mais lorsque ces animaux ont été bien cuits et apprêtés d’une manière convenable, ils fournissent un mets agréable et qui constitue un véritable régal. Les Hélix aspersa, vermiculota et rhodostoma ou pixana, et même Y II. variabilis, sont ceux que l’on mange habituellement dans nos départements méridionaux; Y Hélix pomatia manque il beaucoup de localités du Midi ou y est rare. Dans le Nord, c’est ce dernier qui est le plus recherché ; ailleurs on emploie encore d’autres espèces.

On estime surtout les Escargots au premier printemps, alors qu’ils sont à jeun et que les premières pluies les ont fait sortir de leurs réduits. A d’autres époques, on est quelquefois obligé d’attendre que leur intestin se soit débarrassé des substances ingérées. Quelques plantes leur donnent, dit-on, un meilleur goût, et il en est d’autres qui peuvent les rendre malfaisants.

Les anciens Romains aimaient beaucoup les Escargots. Un rapport de Varron parle d’un certain Fulvius Herpinus qui avait formé une escargotière ( cochleariwm ). Addisson a décrit une escargotière que des capucins avaient établie à Fribourg.

Les Gastéropodes de ce genre ont aussi un emploi médical. On a quelquefois prescrit comme diurétique la poudre faite de leurs coquilles (Desbois de Rochcfort) et le bouillon fait avec leur chair a toujours eu une grande réputation. On a pensé que la bave qui suinte de leur manteau était un bon adoucissant, et l’on a surtout prescrit l’usage de ces Mollusques dans les cas de bronchites invétérées et dans la phthisie pulmonaire.

Dans ces derniers temps, les pharmaciens ont fait entrer l’extrait d’escargots dans plusieurs préparations. On vend aussi du smp, de la gelée, une pâte et des pastilles d'escargots.

Quelques chimistes ont étudié la composition du mucus des Escargots et ils y ont reconnu un principe particulier qui a reçu le nom d ’lwlicine et qui renferme du soufre. M. De la Marre Fa donné comme pouvant servir à combattre la phthisie. 11 est sans doute identique avec la limacinc de Braeonot.

En différents lieux, on se sert do certaines espèces d'Hélices pour la nourriture des canards. Aux environs de Montpellier, on emploie surtout pour cet usage les Hélix variabilis, lincata et rho-

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dostoma ou püana. Certains poissons, et en particulier les jeunes ] saumons, ne sont pas moins friands de la chair des Hélicos; lorsque l’on hache des Escargots et qu’on leur en donne les fragments, I ils se jettent rapidement dessus.

Ce genre est extrêmement répandu et fort nombreux; aussi at-il été subdivisé en un grand nombre de coupes secondaires par les conchyliologistes modernes. Plusieurs de ces espèces sont assez grosses, et il en est d’autres, au contraire, dont les dimensions sont presque microscopiques. 11 y a des Hélices sur tous les points du globe; beaucoup sont remarquables par l’élégance de leurs formes ou par la vivacité de leurs couleurs.

L’espèce principale de ce groupe, c’est I’Hélice vigneronne.

Fig. 102. — Hélice vigneronne.

[Hélix pomatia) escargot, limaçon ou colimaçon des vignes.

Cette espèce se trouve dans les régions un peu boisées de toute la partie centrale de l’Europe, et dans le nord de l’Afrique, principalement dans la province de Constantine. En Europe, elle ne s'étend pas au nord au delà du Danemark. On la mange presque partout en hiver. En été, ces animaux sont trop visqueux. La chair en est difficile à digérer. On en a recommandé l’emploi dans les maladies du poumon et du larynx. Anciennement on employait aussi l’épiphragme ou couvercle et la coquille elle-même était conseillée comme absorbant et diurétique.

L’Hélice chagrinée [Hélix aspersa ) est plus commune dans les jardins. Elle est un peu plus petite que la précédente et se distingue par sa couleur gris brunâtre irrégulièrement zonée et un peu jaspée. On la mange comme la précédente.

Toutefois, l’espèce la plus commune dans les jardins, est l’HÉi.ice némorale [Hélix nemoralis, y compris 17/. Iwrtensis). Elle se distingue par une taille inférieure à celle des deux précédentes

espèces et par ses bandes si variées de couleur et de nombre qui recouvrent la coquille. On en trouve un nombre infini de variétés.

Les plus grandes espèces de cette famille appartiennent aux genres Bulime et Agathine ; on les trouve dans les pays chauds.

Une grande Agathine ( Achatina bicarinata) est recueillie à 17/e dvt- Prince par les Anglais, et envoyée en Europe comme remède contre la phthisie pulmonaire.

Les LIMNÉADÉS n’ont qu’une paire de tentacules, souvent aplatis et triangulaires ou longs et effilés, et leurs yeux sont situés à leur base; ils ont une coquille tournée en spirale, dans laquelle ils peuvent se retirer entièrement. Cette famille comprend les genres Limnea, Amphipeplea, Physa et Planorbis, qui ont chacun plusieurs espèces, vivant dans l’eau douce, et communes dans toute l’Europe.

Ce sont ces Mollusques fluviatiles qui nourrissent et abritent les nombreuses Cercaires qui peuplent l’eau douce avant de devenir des Distomes. C’est aussi sur eux que vit la seule annélide parasite, le Chétogaster.

Les AURICULIDËS n’ont qu’une seule paire de tentacules, et ils portent tous une coquille assez épaisse, de forme ovale et formant plusieurs tours de spire; ils proviennent généralement des pays chauds, vivent à terre dans les lieux humides et acquièrent quelquefois une assez forte taille. Cette famille comprend les. genres Auricule, Carychie, Sccirabé et Conovule.

Le Carychium mininum est une petite espèce, grosse comme une tète d’épingle, qui est répandue dans toute l’Europe. On la trouve surtout sur le bois llottant pourri.

Les ONCHIDIDÉS ou le g. Onchibie ( Onchidium ) n’ont qu’une paire de tentacules, et ces tentacules sont oculifères. Leur corps est complètement nu; l’anus et l’orifice pulmonaire s’ouvrent en arrière ; l’orifice mâle est éloigné de l’orifice femelle avec lequel il communique seulement par une gouttière; outre le sac pulmonaire, ces Mollusques ont sur le dos des filaments ramifiés, qui semblent pouvoir leur servir de branchies.

On les trouve dans l’eau, et sur le bord de la mer ; surtout dans les pays chauds : Bengale, Ile de France, mer Rouge, etc.

On en cite une espèce sur les côtes occidentales de la France fl).

Les Onchidies semblent faire la transition aux Onchidores, aux Actéons et aux Aplysies.

B. Pulmonés dioïques. — Par les Ampullaires, il se fait une tran-

(1) Audouiu el Milnc Edwards, Recherches pour servir à l’histoire naturelle du littoral de la France, t. I. Paris, 1832.

CÉPIJALIDIENS. — GASTÉROPODES. 25

sition des Pulmonés ordinaires aux Gastéropodes branchifères, puisqu’elles ont, à la fois, des poumons et des branchies. Ces Mollusques possèdent tous une coquille operculée.

Les AMPULLARIDËS possèdent, comme les Pulmonés en général, quatre tentacules allongés et arrondis, dont les postérieurs surtout sont très développés et portent les yeux à leur base sur une coui’te éminence. Ils ont une cavité branchiale sur la nuque dans laquelle sont logées des branchies en peigne, et au-dessus de laquelle se trouve une cavité pulmonaire, séparée à l’aide d’une valvule. Ce double appareil s’ouvre au dehors par un canal membraneux que l’animal prolonge hors de la coquille. Cette coquille est fort grande, turbinée, à bouche de forme ovale et à bords lisses. Ils habitent les pays chauds, vivent dans les fleuves et restent quelquefois des mois entiers à sec. On en a envoyé dans des caisses à de grandes distances et qui sont arrivés en vie.

Genres Ampullaria et Lanisles.

Les CYCLOSTOMIDES n’ont que deux tentacules, avec les yeux à leur base; contrairement à l’opinion reçue, ils portent un sac pulmonaire et point de branchies.

On les trouve principalement dans les pays chauds, mais quelques espèces s’étendent assez loin vers le nord.

Genres Cyclostomu, Helicina, etc.

Sous-ordre des Gastéropodes Branchifères.

Le second sous-ordre des Gastéropodes se distingue par l’embryon qui, à la sortie de l’œuf, porte sur la nuque un voile membraneux cilié [vélum], et dont la partie postérieure du corps est toujours logée dans une coquille pendant l’âge embryonnaire. A l’état adulte tous respirent par des branchies ou par la surface de la peau. Ils vivent dans l’eau.

Ce sont, comme les précédents, des Gastéropodes proprement dits; ils ont comme eux, sous le ventre, un disque charnu au moyen duquel ils rampent et qui leur sert d’unique organe de locomotion.

Les Gastéropodes branchifères sont divisés comme les Pulmonées en deux grandes catégories : la première comprend les Mollusques nus que Cuvier avait désignés sous les noms d eNudibranches, Jnférobr anches, Scutibranches et Tectibranches, et qui sont tous hermaphrodites; la seconde ne comprend que des Branchifères à sexes séparés; ce sont les Pectinibranches, les Cyclobranches, etc., de Cuvier. Ceux-ci ont tous une coquille pour s’abriter.

MOI.LL'SijUBS.

Les Hermaphrodites ou monoïques sont subdivisés ensuite d’après la considération de leur coquille, qui est formée d’une ou de plusieurs pièces, et d’après leurs branchies, qui sont en lanières, en cercle, ou en peigne sur la nuque; ces derniers étant de beaucoup les plus nombreux, sont répartis en familles, d’après les yeux qui sont pédicules ou non (Podophtalmés ou Ëdriophtalmés), et d’après la présence ou l’absence d’une trompe.

A. Brarchifères monoïques. — Les Gastéropodes branchifères qui sont hermaphrodites, et par conséquent monoïques, forment plusieurs familles.

APLYSIDÉS. — Leur pied est excessivement grand, large et ovalaire, souvent un peu relevé sur le côté ; on leur trouve communément une branchie à droite et elle est recouverte d’un lobe du manteau, soutenu par une coquille interne transparente et fragile. La tête est fort distincte et porte ordinairement quatre grands tentacules. Ils sont hermaphrodites et les orifices de leurs appareils sexuels sont séparés l’un de l’autre.

Cette famille comprend des Mollusques marins côtiers; quelques espèces atteignent une forte taille et sont connues sous des noms divers sur le bord de la Méditerranée ; elles répandent une odeur nauséabonde et sont souvent considérées comme vénéneuses. Leurs deux premiers genres sont remarquables parce qu’ils vivent hors de l’eau, et que leur appareil respiratoire se rapproche plus des poumons que des branchies, tandis que leur mode de développement et leur organisation les éloignent des Pulmonés; par les Gastéroptérons, ils se rapprochent d’un autre côte des Céplialidiens ptéropodes.

Les genres principaux sont : Onchidore, Elxjsie, Aplysie, Dota belle, Lophocerque, Lobiger, Gastéroptéron, Bulle et Bullée.

L’Aplysie dépilante [Aplysia depilans), appelée aussi Lièvre marin ou Bœuf de mer, est une grande espèce qui vil sur le bord de la Méditerranée, et qui atteint près d’un demi-pied de longueur; elle répand une odeur nauséabonde qui l’a fait considérer de tout temps comme un animal vénéneux. Elle porte une petite coquille demi-transparente dans l’épaisseur du manteau et qui recouvre les branchies. D’après Pline, non-seulement la chair du Lièvre marin ou l’eau dans laquelle on le fait infuser, seraient vénéneuses, mais, qui plus est, sa vue seule pourrait empoisonner. Une femme qui aurait voulu cacher sa grossesse, serait prise de nausées et de vojnissements à l’aspect d’une Aplysie femelle 1) ; elle ne tarde

(1) Oa sait maintenant que les Aplysies soûl hermaphrodites.

CÈI'HAUPIENS. — GASTÉROPODES. 27

me' me pas à avorter, si eWe ne porte un Lièvre marin mâle desséché ou salé dans sa manche. Ces contes ne sont plus admis même par le peuple, dans nos contrées du moins, et quelques personnes mangent des Aplysies cuites sans en éprouver d'inconvénients.

Divers médecins assurent néanmoins que l’empoisonnement par ces Mollusques produit les symptômes suivants : la peau devient livide, le corps s’entle, et l’urine, supprimée d’abord, sort ensuite pourpre, bleue ou sanguinolente ; la mort même pourrait s’ensuivre au milieu des coliques et des vomissements.

Tout cela parait imaginaire. Linné a appelé cette espèce dépitons; il croyait que la liqueur qu elle lance fait tomber le poil des parties du corps qu’elle touche.

Cependant il serait à désirer que l’étude do ce Mollusque fût reprise par un médecin instruit, ce qui serait facile sur les bords de la Méditerranée.

* L ’Aplysie des anciens est-elle bien l’animal que nous appelons aujourd’hui du même nom? C'est une question qui mériterait aussi d’être examinée.

Le genre Boxe (Butta) comprend la Butta lignaria, dont l’estomac est soutenu par une pièce calcaire que J. Gioeni, naturaliste sicilien (1) a décrite comme un genre distinct de Mollusques.

Les DORIDÉS ont toujours le corps nu et sans coquilles, la tête généralement garnie de quatre tentacules; point de lobes membraneux sur la nuque; des branchies sur le côté ou au milieu du corps, ou des appendices cutanés qui les remplacent ; il peut même y avoir absence complète de tout organe spécial de respiration. Le tube digestif est communément ramifié, et c’est chez eux que le phénomène du phlébentérisme est le plus évident. Ils sont hermaphrodites, et ils déposent leurs œufs en petits paquets ou en lamelles sur des plantes marines ou des polypiers.

Ces Mollusques sont de petite taille et tous habitent le littoral ; on en voit plusieurs sur les côtes de France et sur celles de Belgique. Ils sont répartis en genres d’après la perfection et la situation de l’appareil branchial; les Euploeames font la transition des Tritonies aux Doris, et les Polycères de ceux-ci aux Eolides.

Genres : Phyllidie, Diphyllidie , Tethys, Tritonie, Euplocamus, Idalie, Doris, Polycera, Glaucus, Eolide, Janus , Tergipes, Calliopée, Amphorina, Proctonotus, Scillea et Diplocera.

B. Branchifères dioïques. — Nous pouvons subdiviser les bran-

(1) Description d’une nouvelle famille et d’un nouveau genre do Teslaccs, in-8, Naples, 1782.

MOLLÜSUES.

chifèrcs dioïques, d'après la présence ou l’absence de trompe et d’après les yeux qui sont pédicules ou sessiles.

1. La première section comprend ceux qui n’ont pas de trompe et dont les yeux sont sessiles : ce sont les Édriophtalmes sans trompe. Nous en mentionnons ici sept familles :

Les PALUDINIDÉS ont deux tentacules très longs et les yeux sont placés à leur base. Le canal du sac branchial est très court. La coquille est souvent fort mince. La bouche de la coquille est régulière et se ferme par un opercule corné ou calcaire.

Cette famille comprend des genres tluviatiles et marins; ce sont ceux des Paludina, Valvata, Melania, Littorina et Itissoa.

Le genre Paludine ( Paludina ) réunit plusieurs espèces qui sont répandues sur toute l’Europe dans les eaux stagnantes et les eaux tluviatiles.

L’espèce la plus remarquable par sa taille et par son mode de reproduction est la Paludine vivipare [Paludina vivipara ) . Elle porte une coquille turbinée, de couleur foncée, grande comme une noix à peu près et dont l’orifice est bouché par un opercule. Comme l’indique son nom spécifique, ce Mollusque est vivipare et loge pendant longtemps les jeunes Paludines, déjà couvertes d’une coquille, dans une poche particulière de son manteau (1).

La Paludina impura est plus abondante partout ; elle se distingue par sa forme, par sa taille moins grande, et se trouve dans les eaux les plus sales. Ces Paludines servent comme les Limnés et les Planorbes de patrons et de véhicules aux nombreuses Cercaires qui doivent devenir plus tard des Distonies.

Famille des VERMÉTTDÉS. — L’animal des Vermets ou Yermétidés a une forme allongée et ressemble à une Annélide; la tête est petite et possède deux paires de tentacules; les supérieurs portent des yeux. Le manteau se prolonge sur la nuque pour former une poche branchiale dans laquelle on voit des branchies pectiniformes. La langue cornée qui tapisse la bouche est très large et se recouvre de sept rangées de dents. Le pied est arrondi et petit; il porte un opercule corné. La coquille est très longue, tournée irrégulièrement en spirale. Elle est régulière dans le jeune âge, et elle conserve chez quelques genres une partie de sa régularité.

Cette famille comprend les genres Siliquaire, Magile et Ver met.

Les CYPRÉADÉS ont une trompe courte, deux longs tentacules portant les yeux sur leur trajet, point de lamelle linguale, mais

(1) Un mémoire intéressant a été publié sur ce Mollusque par Levdig, dans : Z eils f. IKiss. Zoologie, 1850, 11, 125.

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deux rangées de dents à la place, le pied ordinairement très large, le manteau formant souvent une expansion qui recouvre une grande partie de la coquille. Laf coquille est épaisse, dure et le plus souvent couverte par une sorte d’émail fourni par le pied ; quelquefois il y a un opercule. Ce sont tous des Mollusques à coquilles brillantes que les amateurs de coquillages recherchent particulièrement.

Quelques-uns d’entre eux font des plaies avec leur trompe et sont même considérés comme vénéneux.

Ils appartiennent surtout aux mers du Sud.

Les genres Ovula, Oliva et Cyprœa (1) appartiennent à cette famille.

Les CAPULIDÉS forment une autre famille; par leur forme ils se rapprochent un peu des Patelles, dont ils s’éloignent toutefois par plusieurs caractères importants. Ils sont pectinibranches et ils ont une langue cornée à sept rangées de lamelles. La coquille a la forme d’un bonnet phrygien et, avec son large disque charnu, l’animal s’attache solidement aux rochers. On trouve quelquefois une plaque calcaire au pied; mais elle n’a rien de commun avec un opercule.

Ils sont tous marins.

Genres : Calyptrœa et Capulus.

Dans les NATICIDÉS les tentacules sont tantôt assez courts, tantôt assez longs et larges, et portent les yeux sur le bord externe à leur base. Le pied est extraordinairement développé, et le manteau s’étend tout autour de la coquille au point de l’envelopper. La cavité branchiale communique à l’extérieur à l’aide d’un court canal formé par le manteau. Les mâchoires latérales sont composées de plusieurs pièces jointes comme une mosaïque et placées régulièrement à côté de la langue cornée. La coquille est souvent assez solide et porte une bouche grande et large.

Ils sont tous marins.

Genres : Natica et Sigaretus.

Les Natica ont longtemps été placés à côté des Néritines, à cause de la coquille qui est enroulée de la même manière, mais l’animal en diffère notablement.

Les CONIDËS ont une assez grande ressemblance avec les Cypréadés, mais ils en diffèrent toutefois par quelques traits de leur

(1) Si l’on accorde une prédominance aux caractères fournis par la Lame linguale, les Ovules et les Olives n’appartiennent pas à la même famille que les Cy~ prœa d'après M. Troschcl, et ces dernières sont plutôt voisines des Ancillaires et des Buccins,

30 MOLUISQDES.

organisation. La trompe est armée de deux rangées de crochets, comme chez les Pleurotomidés, et non de lamelles jointes ensemble. Ces crochets s’enfoncent assez profondément dans la plaie qu’ils font et souvent cette morsure n’est pas sans danger (1). Le pied est grand mais étroit, tantôt portant un opercule, tantôt n’en ayant pas. Les yeux sont situés vers le milieu de la hauteur des tentacules. La coquille est toujours épaisse, luisante et diversement colorée.

On les trouve surtout dans les mers du Sud, et certaines espèces sont encore très recherchées des amateurs de coquilles.

Les PLEUROTOMIDÉS. — Le pied est assez large, les tentacules sont courts et portent les yeux à leur base ; le pénis est volumineux; mais ce qui les distingue surtout de ceux avec lesquels ils ont le plus d’attinités, ce sont les deux rangées de dents, longues, aiguës et recourbées au sommet, dont la trompe est armée. Sous ce rapport surtout, les Pleurotomidés sont très voisins des Conidés. Leur coquille est très allongée et semblable à celle des Fuseaux, mais le bord externe y présente à sa base une forte échancrure dans laquelle se loge une partie du manteau.

Cette famille a des représentants dans la mer du Nord, mais c’est surtout dans les mers du Sud qu’elle acquiert tout son développement, et que l’on trouve ses plus grandes espèces.

Genres : Pleurotoma , Clavatula et Mangelia.

2. La seconde section des Branchifères dioïques comprend les Édriophtalmes à trompe. Ils ont une lame linguale étroite, couverte au plus de trois rangées de lamelles dont celle du milieu est large, et des mâchoires cornées latérales et petites.

Nous énumérons quatre familles dans cette section :

Les MURICIDÉS ont une trompe fort longue, les yeux généralement placés sur le trajet des tentacules, le pied placé sous le cou. Leur lame linguale est étroite et compte au plus trois rangées de lamelles; la médiane étant très large. La coquille est assez épaisse et porte en avant un canal plus ou moins allongé. Ils ont un opercule. Tous sont marins et se nourrissent, de chair.

(1) M. Lovcd a supposé que ces dents, que l’animal semble pouvoir lancer dans quelques cas comme une flèche , sont venimeuses. Ce qui coulirme celle supposition, c’est que le capitaine Belcher a été piqué par un Cène (Cohus aulicus ) au moment où il le retirait de l’eau, et que la piqûre a produit un gonflement très douloureux (Gapt. sir Ed. Ueeclicr, Sarralion of llœ voyage af II. M. S. Samarmg).

CKPHAUDIEMS. — OÀSTÉROPODES. • 31

Genres : Fusus, Fusicolario, Turbinella, Pyrula, Triton, Ranellu et Murex.

Le Murex brandaris est très commun dans la Méditerranée. On le mange sur presque tout le littoral de cette mer.

Ou a pensé que cette espèce et une autre appartenant à la même famille étaient les animaux dont on tirait autrefois 1a pourpre; mais il reste encore quelque doute à cet égard, et les coquilles de la pourpre qui sont figurés sur les anciennes médailles, quoique appartenant bien il la famille des Muricidés, ne sont certainement pas des Murex brandaris. La liqueur des Pourpres n’est pas contenue, comme le croyait Swammerdam, dans une poche particulière de l’animal, en connexion avec ses organes génitaux.

Les BUCCINIGIDÉS ont le pied très large, une longue trompe comme les précédents, mais leur siphon est beaucoup moins allongé. Leur coquille est turbinée, large au milieu, et au lieu d’un long canal, elle montre une échancrure pour loger le court siphon. Us sont pourvus généralement, sinon toujours, d’un opercule. Tous sont marins et habitent surtout les mers intertropicales. 11 n’y a qu’une espèce qui s’étende au nord, le Buccinum undatum.

Genres: Cancellaria, Purpura, Terebra, Eburna, Buccinum, Cassis, Dolium et Harpa.

Les VOLUTIDËS ont le pied très large; un long siphon charnu; la tète petite; les tentacules courts et souvent aplatis. 11 n’y a pas d’opercule. Leur trompe est longue et la glande de la pourpre sécrète un liquide très âcre que l’on croit même vénéneux. La coquille est souvent de forme ovale, sans canal pour le siphon, et le bord interne de la bouche y est presque toujours garni de plis.

Ils appartiennent surtout à l’océan Indien et quelques-uns d’entre eux deviennent assez grands.

Genres : Voluta, Mitra, Marginella, etc.

Les STROMBIDÉS ont une trompe très grosse, annelée et pouvant s’étendre très loin. Leurs tentacules sont courts, et leurs yeux sont portés sur des tiges fortement développées, à coté desquelles on voit un prolongement qui sécrète l’opercule. La coquille est grande, et le bord externe de la bouche est prolongé sous forme d’aile.

Ces Mollusques appartiennent surtout à la mer des Indes, et une espèce très commune, remarquable par sa belle couleur rosée à l’extérieur, sert souvent d’ornement.

Genres BostelLaria, Pterocera , Strombus, etc.

3. La troisième section des branchifères dioiques comprend les

Pectinibranches qui ont les yeux portés sur un pédicule, ou les Podophtalmcs; ces Mollusques sont remarquables en même temps par les nombreuses petites lamelles semblables à des fanons qui composent les parties latérales de leur lame linguale.

Les branchies de ces Gastéropodes sont, non en peigne, mais Ilottantes dans le sac branchial et, comme le dit avec raison M. Troschel, plutôt en forme de plumes.

Nous énumérerons trois familles dans cette section, ce sont :

Les TROCHIDÉS. — L’animal a la tête proboscidiforme; le pied court plus ou moins obtus ; des cirrhes tentaculaires sur les parties latérales du corps. Il porte généralement les yeux sur un pédicule ; la trompe est courte ; la langue couverte de plusieurs rangées de lamelles. La coquille est grande, épaisse et pourvue d’un opercule corné ou calcaire souvent très grand et montrant des spires.

Ce sont tous des Mollusques marins parfaitement abrités dans leur coquille, et qui sont surtout nombreux et d’assez grande taille dans les mers des pays chauds.

Cette famille comprend les genres : Trochus, Rotella , Monodonta Delpliinula, Turbo et Phasiane.Ua.

Les NÉRITIDÉS ont le corps gros, le pied très large, le tortillon peu considérable, les yeux portés sur des appendices à la base des tentacules qui sont très longs et grêles. Leur langue est couverte de plus de sept rangées de lamelles. Leur coquille est fort épaisse, à bouche grande et avec le bord souvent étendu, ce qui lui donne la forme semi-lunaire. Ils sont operculés.

Ils n’atteignent jamais une grande taille.

Les genres ont été appelés Nerita, Neritina, Clithon, Velates, Pileolm et Navicella.

On trouve une Néritine sur les pierres, dans les eaux courantes de presque toute l’Europe : Neritina fluviatilis (1).

HALIOTIDÉS.— -Leur cavité branchiale renferme deux branchies pectinées et qui sont toujours placées sur le dos; la tête porte deux longs tentacules à la base, et en dehors desquels on voit généralement les yeux. Le pied charnu est très large ; le cœur est situé sur le rectum comme chez les Acéphales. La coquille est grande et a la forme d’un bouclier montrant un ou plusieurs orifices, ou bien une échancrure pour livrer passage à l’eau. La lame linguale est

(1) M. Ed. Claparède (de Genève) vient de publier uu travail intéressant sur ’anotomie et le développement de ce mollusque ( Muller’s Archiv, 1357).

CÉPHALIDIENS. — GASTÉROPODES. 53

remarquable par des rangées externes de lamelles terminées en pointes ou en crochets. Us s’attachent aux rochers au moyen de leur pied charnu, comme le font les Patelles et ils vivent tous dans la mer.

Cette famille comprend les genres Patelloïde, Parmophore, Émarginule , Fissurelle, Stomatelle et Bal lotis.

U. Les branchifères dioïques à branchies en lanières forment la famille des PATELLIDÉS, qui se distinguent surtout par leur pied grand et charnu, en forme de disque, au moyen duquel ils s’attachent aux rochers avec une extrême solidité. Leur corps a une apparence conique et leurs branchies forment un cercle tout autour du pied. La tête est distincte et porte deux longs tentacules qui ont des yeux à leur base. La langue cornée de ces Mollusques est plus longue que l’animal ; elle se replie plusieurs fois dans l’intérieur du corps. La coquille a la forme d’un couvercle ou d’un pain de sucre surbaissé, avec des côtes partant du sommet.

Les Patellidés sont marins; ils vivent sur les rochers et peuvent restera sec pendant la marée basse.

On en trouve dans toutes los mers : il y en a dans la Méditerranée ; on en possède aussi une espèce très commune dans la Manche [Patella vulgata ) ; la Patelin testudinalis vit sur la côte du Groenland. On mange ces Mollusques. Leurs genres sont nommés Patelin et Acmea.

5. D’autres branchifères dioïques forment la famille des DEN- TALIDÉS qui se distinguent de tous les autres Gastéropodes par leurs branchies en pinceaux. Ce groupe est très remarquable et il se lie difficilement avec les autres Mollusques ; on a même douté à diverses reprises qu’il appartînt réellement à ce type. L’animal a une forme allongée et se loge dans une coquille plus ou moins arrondie, terminée en pointe d’un côté, élargie du côté opposé et légèrement courbée comme une dent canine ou connue une défense d’éléphant. Cette coquille est ouverte aux deux bouts. Le corps est entouré d’un manteau assez fin qui enveloppe en grande partie la tête comme un capuchon. Il laisse passer en avant le pied qui a une forme conique. La tête est fort petite, peu distincte, sans yeux, et les branchies consistent en deux faisceaux de filaments, ce qui a fait donner à ce groupe les noms de Cirrhobranches et de Nématobranches. L’anus s’ouvre en arrière (1) .

(1) fin travail complet sur l'organisation cl le développement de ces Molusques vient d'èlre publié par M. I.acaze-Dulhicrs dans les Annales des sciences naturelles; 1857. M. Dcsliayes et de Hlain ville s’en étaient occupés antérieurement,

il. 3

3/j MOLLUSQUES.

Les Dentales vivent dans le sable au fond de la mer, la tête en bas; on en trouve dans toutes les mers et elles se montrent déjà dans les terrains de transition.

Cette famille ne comprend que le genre Dentalium. Mais il faut éviter de confondre avec elle certains animaux dont les coquilles ont une forme assez semblable et dont l’animal est cependant très différent. Ce sont les Ditrupidés [g. Dilrupa ) qui prennent rang parmi les Annélides et dans le même ordre que les Serpules.

(3. La sixième division des Branchifères ou les CHITONIDÉS se distingue de toutes les autres par la présence d’une coquille rnullivalve. Ils constituent un groupe très remarquable qui joint à l’ensemble du Mollusque quelques caractères du type des Vers.

Les lamelles cornées de la langue indiquent clairement que ce sont des Mollusques et ces Mollusques ont pour pied un disque charnu comme tous les vrais Gastéropodes; toutefois ils portent dans l’épaisseur de la peau de leur dos une coquille multivalve qui leur donne une apparence annelée. Cette coquille est toujours formée de huit pièces qui se recouvrent partiellement. Des branchies, sous forme de feuillets, sont situées sur le côté du corps, à droite et à gauche. L’anus est percé en arrière sur la ligne médiane ; les organes sexuels sont symétriques et. leurs orifices s'ouvrent bilatéralement. Le cœur est allongé et occupe sur le dos la ligne médiane. Les yeux et les tentacules manquent. La peau est souvent couverte d’écailles, de soies ou d’épines. Les Chitonidés, plus connus sous le nom d’Oscabrions, sont tous marins et habitent surtout les mers intertropicales; nous n’en avons que quelques-unes sur nos côtes 1 ).

De Blainville les séparait des Mollusques; mais leur lame linguale et quelques autres caractères indiquent que ce sont bien des Gastéropodes.

Leurs genres principaux sont ceux des Chiton et Chitonella.

Ce groupe a fait son apparition dans les mers dévoniennes, a reparu dans les mers tertiaires, et a pris son principal développement dans les mers actuelles. Ses espèces sont pour la plupart très difficiles à distinguer d’une manière précise; elles ont donné lieu à plusieurs publications importantes.

(1) Les jeunes Chiions portent un cercle ciliaire, et il y a plusieurs cercles de ces cils chez les embryons des Dentales (voir pour le développement des Chitons, un mémoire de Loven qui a été traduit par Troschel dans ses Archives, 1856, p. 206, et pour l’anatomie, indépendamment de Foli et de Blainville, SchilT, lieit. s. anal., v. Chiton piceus, dans les 1 cil. f. I l’iss. Zoot.; 1857, t. IX.

CÊPHALIDIENS. — t'TÉItOrODES.

Ordre des Ifétéropodes.

Los Mollusques heteropodes forment un petit groupe très naturel qui se distingue de celui des Gastéropodes par la forme allongée du corps, par la disposition des viscères qui sont réunis eu un nucléus, et surtout par le pied qui consiste en une nageoire impaire et médiane. Tls ont tous une langue cornée couverte de sept rangées de dents. Leurs sexes sont séparés.

Ces Mollusques nagent toujours dans une position renversée.

Ce sont des animaux pélagiens, et on ne les voit près des rivages que lorsqu ils y sont poussés par la tempête.

Dans certains parages, surtout sous la zone torride, ils fourmillent au point de couvrir la surface des mers.

Ce groupe comprend d’abord trois genres à corps nu, dont le premier n’a pas encore de pied : P/njlliroe (1), Firoloidea et Firota, La ventouse des Firoles se trouve seulement chez les mâles. Elle manque dans les femelles (Philippi et Leuckart).

tue seconde section sc distingue par une coquille mince et transparente qui ne recouvre toutefois qu’une faible partie du corps; elle comprend les genres Carinai-oide et Carinaria.

La troisième section est formée par le genre Atlante dont la coquille recouvre entièrement le corps ,2,.

Ordre des l'téropodcs.

Cet ordre a été établi par Cuvier. Il le plaçait entre les Céphalopodes et les Gastéropodes; mais, si l’on doit s’en rapporter au mode de développement, il est bien évident que les Ptéropodessont des animaux d’une organisation inférieure à celle des Gastéropodes véritables.

Le corps de ces Mollusques est généralement divisé en deux parties : l’antérieure représente la portion céphalique, la postérieure la portion abdominale. Chez tous, il se trouve sur le côté de la por-

(1) Soulcvet pense que les Phylliroôs doivent être ranges parmi les \udihanches, à côté des Énlides, malgré l’absence du pied et la forme particulière du corps. {Voyage autour du monde de la Bonite, Zoologie, I. Il, p. 399; 1852 )

(2) Voyez sur le développement de ces Mollusques et des Ptéropodes ’ Gegeubaur, Cutersuchungcn ucber Pteropoden und Jleleropoden, Leipsig, 1855, et la communication récente de .1. Muller daus le Mon astbericht der Koningl. Ak'ademig der Wiss. zu Berlin, 19 mars 1857, reproduite dans l'Institut pour 1 858.

lion céphalique deux lames musculaires semblables à des ailes qui les ont fait appeler l'téropodes. M. Muller a vu le premier des cellules chromatophores chez quelques-uns ( Cymbulia radiata, que M. Troschel croit être une Tiedemannie). Certains Ptéropodes ont des tentacules et des ventouses pédiculées autour de la bouche. Ils sont pour la plupart privés d’yeux, mais tousont une oreille interne. La bouche est protractile chez quelques-uns, et sur le côté de la cavité buccale on voit deux cæcums ayant les parois internes cornées et finement dentelées. 11 y en a qui ont le corps nu ; d’autres portent une coquille plus ou moins développée et ordinairement à parois minces et transparentes. Le tube digestif est complet. L’anus s’ouvre à droite, et l’estomac est quelquefois tapissé de dents cornées qu’un célèbre voyageur avait prises pour des Atlantes avalées par les Ptéropodes. Les branchies sont très développées chez quelques-uns, tandis que la respiration s’effectue chez d’autres par la peau. Ils ont un cœur composé d’une oreillette et d’un ventricule, et, parmi les glandes, un foie énorme et un appareil excréteur urinaire, dont la cavité entoure le péricarde. Tout en concourant à l’élimination, cet appareil sert en même temps à introduire l’eau de l’extérieur jusque dans le péricarde. Les sexes sont réunis.

Dans l’âge embryonnaire, ces Mollusques ont des ailes membraneuses ciliées [vélum) comme les Gastéropodes branchifères et les Hétéropodes, et qui se flétrissent; ce sont des attributs de la larve; elles ne se transforment pas en nageoires, comme on l’a cru avant le travail de M. Müller sur ce sujet. Les Pneumodermes diffèrent surtout des autres Ptéropodes par les cercles de cils qui recouvrent alors leur corps, ce qui les rapproche des larves d’Annélides, tandis qu’à l’état adulte ils paraissent avoir plus d’aflinités avec les Céphalopodes. Les Cléopsis semblent conserver le cei’cle ciliaire pendant toute la vie. M. Huxley a vu le corps de quelques jeunes Ptéropodes (genre Euribie ) également entouré en arrière de deux cercles de cils (1).

Les Ptéropodes, et surtout les Hyales, se meuvent avec vitesse par le secours de leurs nageoires. Ils les agitent comme des ailes. Ces Mollusques nagent dans une position renversée.

Ils apparaissent principalement durant la nuit ou au crépuscule, et se tiennent à une certaine profondeur pendant le jour. Ils sont généralement de haute mer, mais quelques-uns se rapprochent parfois de la côte.

(1) Phil, Transact t853, p, L

cÉriiALiDiKNS. — ptéropodes. 37

On en trouve dans toutes les mers, depuis les régions de la zone torride jusqu’au milieu des glaces polaires, où quelques-uns d’entre eux servent de nourriture aux baleines.

Les Ptéropodes sont divisibles en trois familles :

Les HYALIDÉS ont le corps couvert d’une coquille mince, transparente, et excessivement délicate, qui a tantôt la forme d’une bonbonnière , tantôt celle d’un étui , ou bien encore la forme ordinaire de la coquille des Limaçons. La portion céphalique est formée de deux grandes nageoires qui ne rentrent pas dans la coquille. La tète n’est pas distincte. La portion abdominale est plus volumineuse que la précédente et la peau forme un sac ouvert en avant, qui adhère seulement à la partie supérieure. La bouche est située entre les deux nageoires au fond de l’échancrure, et l’intérieur est tapissé de mâchoires cornées et d’une lame linguale. L’orifice du pénis est à droite de la bouche. L’estomac est tapissé de plaques cartilagineuses. L’anus s’ouvre non loin du bord libre du manteau un peu à gauche.

Cette famille comprend les genres Egale, Pleurope, Cleodore, Criseis, Cuvierie, Euribie , Limacine, Spiriale et Vaginelle.

La Limacine arctique [Limacina arctica) est un petit animal très commun dans la mer du Nord (cercle polaire), où il sert principalement de pâture aux baleines avec un autre Ptéropode, le Clio boréal is dont nous allons parler. Fabricius dans la faune du Groenland l’a appelé Argonauta arctica, et dans le Voyage de Phipps au pôle nord il porte le nom de Clio helicina; de Blainville l’a appelé Spiratella.

Les Egales et les Spiriales ont la fente branchiale sur le dos, tous les autres Ptéropodes l’ont au contraire sous le ventre.

Les CYMBULIDÉS portent une coquille assez grande en forme de sabot et que l’animal perd très facilement. Cette coquille est membraneuse ou cornée, à parois souples, et d’une transparence très grande. Les deux ailes sont réunies et forment un grand disque membraneux et charnu. La bouche est située au milieu de l’échancrure du disque et il existe deux tentacules au-dessus d’elle. Dans le sac branchial se trouve une branchie à droite et une autre à gauche; le cœur est au milieu. L’anus s’ouvre dans le sac branchial.

Cette famille ne comprend que les genres Cymbulie et Tiedeinanniu, qui habitent l’un et l’autre la Méditerranée.

La famille des CLIODIDËS se distingue par l’absence complète de toute coquille, par les ventouses qui entourent l’orifice de la

bouche, par l’abdomen qui est en forme de sac, et par les ailes membraneuses qui sont petites; il n'y a point de branchies. La cavité buccale est protraelile et porte une langue cornée sur le côté de laquelle on voit deux cæcums doublés d’un étui corné, à surface dentelée servant à la mastication.

Elle comprend les genres Clin, Cliopsis et Cneurrfùiîrme.

Le Cmo boréal [Clio borealis ) est un l’téropode d’un pouce à peu près de long, qui vit comme la Limacine en grande abondance sur la côte du Groenland et du Spitzberg, et qui sert comme cette dernière à la nourriture des baleines propres à ces parages. C’est le Clio limacim de Phipps. Elle porte à la tête deux tentacules et six appendices couverts de très petites ventouses.

On doit à M. Escbricht un bon travail sur cet animal 1;.

CLASSE TROISIÈME

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